Tu es monté dans le train de ta formation avec enthousiasme. Les premières gares ont défilé : rentrée, premiers partiels, quelques nuits blanches à scroller des slides en espérant que les infos s’imprègnent par osmose… Et puis, quelque part entre une prise de notes en pilote automatique et une sieste involontaire en amphi, une petite voix s’est mise à trottiner : et si tu n’étais pas dans le bon train ? Avant d’atteindre le terminus sans trop de conviction, rappelle-toi qu’une destination se rejoint souvent par plusieurs chemins. Des correspondances existent pour t’y mener autrement.
Se réorienter dans le supérieur est moins l’exception que l’usage. Par exemple, rien que sur Parcoursup, près de 20 % des candidats étaient en recherche de réorientation en 2025, soit un chiffre en hausse de plus de 8 % par rapport à l’année précédente. Et Parcoursup ne représente qu’une partie du tableau : de nombreuses formations recrutent des réorientés complètement en dehors des plateformes officielles. Dans le public comme dans le privé, les outils pour changer de cap sans tout perdre existent, du bac+1 jusqu’au bac+5. Ces outils, ce sont les passerelles. Diplomeo t’en dresse le panorama complet !
Les passerelles après un bac+1
Certains étudiants comprennent dès la fin du premier semestre que leur formation ne leur convient pas. D’autres attendent juin. Dans les deux cas, la question est la même : qu’est-ce qu’on peut faire avec une seule année dans le supérieur ?
Avant de détailler les cas de figure, il y a un repère de calendrier à ne pas rater : une réorientation après un bac+1 passe le plus souvent par Parcoursup, dont les inscriptions ouvrent généralement en janvier pour une rentrée en septembre. Pour la session 2026, les vœux étaient à formuler jusqu’au 12 mars. Autant ne pas découvrir ce calendrier le jour où les délais sont déjà passés !
Après un PASS ou une LAS
La PASS (Parcours Accès Spécifique Santé) et la LAS (Licence Accès Santé) sont les deux voies d’entrée vers les études de médecine, pharmacie, maïeutique, odontologie et kinésithérapie, le tout regroupé sous le sigle MMOPK. Ces deux parcours ont remplacé la PACES depuis la réforme de 2020.
Le redoublement de la PASS est strictement interdit. Et pas d’exception possible en changeant d’université ou de ville : ton numéro INE (Identifiant National Étudiant) te suit partout. Si le projet MMOPK tient encore, une deuxième tentative reste possible via la LAS. Contrairement à la PASS, on peut y tenter sa chance sur plusieurs années. Pour un étudiant issu de PASS, l’entrée se fait directement en LAS2 et non en LAS1, puisque son année de PASS vaut déjà comme première tentative. Condition : avoir validé ses 60 crédits ECTS de PASS.
Si le projet MMOPK est définitivement abandonné, d’autres trajectoires s’ouvrent. Les BUT en biologie, en génie biologique, en chimie ou en HSP (Hygiène, Sécurité, Protection de l’environnement) peuvent t’ouvrir leurs portes, généralement en BUT1, avec parfois une option de rentrée décalée en janvier, si tu quittes le PASS avant la fin. Du côté des licences, les 60 crédits ECTS de PASS peuvent ouvrir l’accès direct à une L2 dans un domaine scientifique proche (biologie, physique, chimie, sciences de la vie). Pour des domaines plus éloignés, un retour en L1 sera souvent demandé.
Et si l’univers de la santé reste ta boussole, les formations paramédicales (ostéopathie, orthophonie, ergothérapie, psychomotricité…) restent de bonnes options pour ta poursuite d’études. Ce sont surtout des BTS et des diplômes d’État qui préparent à ces métiers.
Et si le projet médical s’évanouit définitivement en cours de LAS, il n’y a pas d’impasse pour autant : la licence principale (droit, psychologie, STAPS, biologie, informatique ou autre selon la majeure choisie) continue indépendamment. Tu peux tout à fait décider de ne plus candidater aux filières MMOPK et terminer ta licence normalement, sans que ton parcours en soit affecté. C’est d’ailleurs l’un des atouts structurels de la LAS sur la PASS : elle offre un véritable plan B intégré dès le départ.
Après une première année de licence
Changer de parcours en cours d’année de L1 ou à l’issue d’une L1 est possible à la fac, sous réserve de domaines plus ou moins liés et de places disponibles. Un étudiant en L1 de droit qui se rend compte que la gestion ou les sciences politiques l’intéressent davantage peut solliciter une passerelle interne auprès de son université.
Pour ceux qui souhaitent changer de structure, le BTS et le BUT offrent un rythme plus encadré avec un suivi plus personnalisé. La candidature en première année passe par Parcoursup. Pour les BTS, certains établissements recrutent également hors Parcoursup.
Les écoles spécialisées en communication, design, informatique ou commerce, par exemple, proposent leurs propres procédures d’admission et, pour beaucoup, des rentrées décalées dès janvier. L’entrée se fait généralement en première année de bachelor (un cycle de trois ans débouchant sur un niveau bac+3) si tu te réorientes en cours d’année, avant d’avoir achevé ton année en cours dans le supérieur. Certains établissements permettent toutefois une admission directe en deuxième année de bachelor (bachelor 2) pour les profils issus d’une L1 validée, selon la cohérence du parcours et les places disponibles.
Après un BTS ou un BUT (première année)
Il arrive que la voie choisie après le bac ne corresponde pas aux attentes, mais avant de tout envoyer valser, pose-toi la bonne question : c’est la formation qui ne te convient pas ou l’établissement ? Si c’est ce dernier, la solution la plus simple est de changer d’école ou de CFA entre la première et la deuxième année, sans changer de spécialité ni perdre d’acquis. Les BTS et les CFA recrutent régulièrement des profils en cours de cursus, sur dossier et entretien.
Si c’est bien la formation elle-même qui ne te correspond plus, d’autres options existent. En BUT, il est peut être envisageable de changer de mention en interne au sein de ton IUT, selon les places disponibles et la cohérence du projet. Renseigne-toi directement auprès de ton service de scolarité. Si cette option n’est pas possible, pour candidater à un autre BUT ou à une première année de licence, la candidature se fait via Parcoursup.
Après une première année validée, l’accès direct en L2 est en principe possible, mais elle reste conditionnée à la proximité des domaines et aux places disponibles dans l’université visée. Du côté des écoles privées, certains établissements acceptent des profils en provenance de BTS1 ou de BUT1 directement en deuxième année de bachelor, mais les règles varient d’un établissement à l’autre. La démarche reste la même : contacter directement les écoles qui t’intéressent et demander les modalités d’accueil. Sinon, une candidature en première année reste toujours possible.
Après une première année d’école de commerce ou d’ingénieurs
Après un an en école, changer d’établissement dans le même réseau, ou complètement ailleurs, est envisageable via les admissions sur titre (ou parallèles), sans forcément perdre une année, à condition de présenter un projet cohérent et d’expliquer les raisons du changement.
Une rentrée en L1 (via Parcoursup) ou L2 à la fac (selon les domaines et les conventions de l’université visée) est aussi une voie sérieuse. Pour candidater en L2, il faut suivre la procédure interne à chaque université. Très souvent, elle passe par eCandidat.
Pour ceux qui souhaitent rejoindre un BUT, deux options existent. Une entrée en BUT1 via Parcoursup, ou une intégration directe en BUT2 possible sous conditions : il faut avoir validé 60 crédits ECTS au préalable et déposer un dossier directement auprès de l’IUT via eCandidat. Les places en BUT2 sont limitées et la sélection se fait sur dossier.
Après une première année de prépa
Dans les lycées publics, la double inscription dans une université partenaire est obligatoire. Ce dispositif sert de filet : il permet d’intégrer le second semestre d’une L1 (voire même le début d’une L1 si tu quittes la prépa assez tôt) sans attendre septembre.
Les universités partenaires et les licences accessibles sont consultables directement sur la fiche Parcoursup de ta prépa, sous l’onglet « Découvrir la formation et ses caractéristiques ».
En prépa scientifique, ce sont généralement les licences de mathématiques, physique, chimie, informatique et MIASHS (Mathématiques et Informatique Appliquées aux Sciences Humaines et Sociales) qui s’ouvrent. En ECG (Économique et Commerciale Générale, ex-ECE), les licences d’économie-gestion et d’AES (Administration Économique et Sociale) sont les plus fréquentes. En prépa littéraire, les portes mènent vers les lettres, la philosophie, les langues ou l’histoire.
Tu préfères attendre septembre pour repartir sur de meilleures bases ? Parcoursup te permet de formuler de nouveaux vœux dès janvier. Et le passage en prépa, même partiel, n’est jamais anodin sur un dossier de candidature : rigueur, niveau d’exigence, culture générale solide… ce sont autant d’atouts à valoriser dans une lettre de motivation.
Les passerelles après un bac+2
Avec un bac+2 en poche, deux ans de formation validés et une idée bien plus nette de ce qu’on veut (ou de ce qu’on ne veut décidément pas), les portes des réorientations s’élargissent. C’est souvent à ce niveau que les passerelles sont les plus nombreuses et les plus concrètement accessibles.
Après un BTS ou un BUT
C’est sans doute le cas de figure le plus balisé. Après un BTS, la suite la plus fréquente pour ceux qui veulent poursuivre leurs études est l’intégration en troisième année d’une licence générale à l’université, ou l’entrée en licence professionnelle (en un an), selon le domaine.
Les écoles privées constituent une autre voie tout aussi sérieuse : beaucoup de bachelors en commerce, marketing, communication, informatique et design recrutent directement en deuxième ou troisième année (selon le niveau) des profils issus de BTS.
C’est ici qu’entrent en jeu les admissions parallèles et notamment les concours de type AST1 (Admission Sur Titre niveau bac+2), qui permettent d’intégrer directement la troisième année d’un Programme Grande École (en cinq ans) en école de commerce.
Après deux ans à l’université
À la fac, une demande de passerelle vers une L3 ou L2 (selon ton niveau et les programmes) dans un domaine adjacent est envisageable, par exemple, de la psychologie vers les sciences de l’éducation, du droit vers la gestion, ou de la sociologie vers les sciences politiques. Ces changements dépendent du dossier et des places disponibles dans l’établissement visé. Le service d’orientation de ton université est ton premier interlocuteur.
Pour ceux qui souhaitent quitter le cadre universitaire, un niveau bac+2 ouvre les portes des admissions parallèles dans les écoles de commerce et, pour certaines filières scientifiques, dans les écoles d’ingénieurs. Les écoles spécialisées (journalisme, traduction, architecture intérieure, design, numérique, etc.) ont leurs propres procédures, généralement sur dossier et entretien.
Après deux ans en école de commerce ou d’ingénieurs
La mobilité entre établissements existe, mais elle demande un dossier solide et un projet bien construit. Passer d’une école à une autre via les admissions sur titre est possible. Tu intégreras directement l’année qui s’inscrit dans la suite logique de ton parcours. Les formations visées examineront la cohérence du changement et la solidité du projet professionnel avant tout.
Une arrivée à la fac est également envisageable via une L3 dans un domaine proche. Les universités accueillent des profils issus d’écoles dès lors que le domaine de formation est suffisamment similaire. N’hésite pas à contacter directement le responsable pédagogique de la licence qui t’intéresse pour connaître les modalités.
Après deux (ou trois) ans de classe prépa
À l’issue de deux années de CPGE, la passerelle principale reste évidemment les concours (ENS, grandes écoles de commerce et d’ingénieurs selon la filière, etc.). Mais, si les résultats ne sont pas au rendez-vous, ou si le projet a évolué entre-temps, d’autres voies sont accessibles.
L’université accueille les étudiants issus de deux ans prépa en L3. Une année de CPGE correspond à 60 crédits ECTS, soit une L1, ce qui permet, au bout de deux ans, de solliciter une entrée directe en troisième année de licence dans de nombreuses universités. Les commissions d’équivalence statuent au cas par cas, sur dossier.
Après trois ans de prépa, tu peux candidater via Mon Master en première année de master. Attention : certains masters exigent que tu sois également titulaire du diplôme national de licence obtenu via ta double inscription universitaire. Souvent, tu l’obtiens en même temps que tu valides tes trois ans de prépa.
Les passerelles après un bac+3
Un diplôme de niveau bac+3 en poche, les horizons s’élargissent franchement.
Après une licence
La suite logique, c’est le master. Et depuis 2023, ce chemin passe par la plateforme Mon Master : le pendant de Parcoursup pour le deuxième cycle universitaire. Sur Mon Master, plus de 3 500 mentions de masters et quelque 8 000 parcours ou spécialisations différents sont référencés. Le principe est proche de Parcoursup : on formule des vœux (jusqu’à 15 en formation initiale et 15 en alternance), on constitue un dossier et on attend les réponses.
Une précision qui a son importance : Mon Master ne se limite pas à la discipline de ta licence. Des passerelles existent entre des domaines proches : un juriste peut postuler en sciences politiques, un historien en journalisme ou en communication, un économiste en gestion ou en relations internationales.
Pour ceux qui souhaitent sortir du cadre universitaire, les écoles de commerce et d’ingénieurs recrutent à bac+3 via les admissions parallèles : on parle ici des concours AST2 (bac+3 et plus), qui donnent accès, par exemple, à la première année de master d’un Programme Grande École (en cinq ans), mais aussi à la première année de MSc ou MBA (débouchant sur un bac+5).
Les IEP (Instituts d’Études Politiques) organisent leurs propres épreuves pour des candidats titulaires d’un bac+3. Les écoles spécialisées, que ce soit en journalisme, design, cinéma, mode, numérique, ou traduction, ont généralement leurs propres procédures sur dossier et entretien. Là, tu entres souvent en mastère (cursus en deux ans, débouchant sur un niveau bac+5).
Après un bachelor
Les masters universitaires dans les domaines du commerce, de la communication, du numérique et du management peuvent accueillir des profils issus de bachelors d’écoles privées, à condition que celui-ci confère le grade de licence. Sans ce grade, la candidature via Mon Master reste possible, mais son acceptation est entièrement laissée à l’appréciation de chaque université, sans garantie.
Pour ceux qui restent dans l’univers des écoles, la suite au sein du même établissement (via un mastère, mastère spécialisé, MBA ou MSc) est souvent la voie la plus fluide.
Si ton école actuelle ne propose pas le parcours de spécialisation qui t’attire, ou si tu souhaites découvrir un autre environnement pour ta dernière ligne droite, la mobilité entre établissements privés est tout à fait envisageable. Les MS, MSc et MBA recrutent sur dossier et entretien, indépendamment de l’école d’origine. Un bachelor en poche, tu peux candidater dans une autre école que la tienne pour ce niveau bac+5, à condition de bien vérifier les prérequis demandés par chaque formation : niveau d’expérience professionnelle exigé, score GMAT ou TAGE MAGE pour certains MBA, certification en anglais, et cohérence du projet dans la lettre de motivation.
L’école que tu as repéré délivre des titres RNCP ? Pour candidater l’esprit tranquille, récupère le code RNCP de la certification obtenue à l’issue de la formation qui te fait de l’œil. Il doit normalement figurer sur la page de présentation du cursus sur le site de l’établissement ou dans sa rubrique Diplômes. Rends-toi ensuite sur francecompetences.fr et saisis ce code dans le moteur de recherche. Trois points à vérifier absolument : (1) la certification est-elle bien active ? (2) le niveau RNCP correspond-il bien au niveau annoncé (niveau 6 pour un bac+3, niveau 7 pour un bac+5) ? (3) Ton école figure-t-elle bien dans la liste des organismes habilités à délivrer ce titre, en bas de la fiche ?
Après une formation paramédicale (IFSI)
Plusieurs Diplômes d’État (DE) paramédicaux se préparent en trois ans après le bac et confèrent un niveau bac+3 (180 crédits ECTS, niveau 6 du RNCP) : c’est le cas du DE d’infirmier, d’ergothérapeute, de pédicure-podologue, de psychomotricien, d’audioprothésiste, de manipulateur d’électroradiologie médicale et du certificat de capacité d’orthoptiste, entre autres. À ce titre, leurs titulaires partagent les mêmes options de réorientation que les licenciés, avec quelques spécificités liées à leur parcours dans le soin.
Avec la réforme des études de santé de 2020, les passerelles entre formations paramédicales et le cursus médical ont été partiellement renforcées. Un titulaire du Diplôme d’État d’Infirmier (DEI), ou plus largement tout professionnel paramédical diplômé d’État ayant suivi au minimum trois années d’études, peut candidater via la procédure passerelle pour intégrer directement la 2e ou 3e année de médecine, maïeutique, odontologie ou pharmacie (MMOP).
Attention : la kinésithérapie n’est pas couverte par ce dispositif dans la grande majorité des universités, et les places réservées à cette procédure représentent au moins 5 % de la capacité d’accueil de chaque formation, ce qui reste un volume très limité. Deux tentatives sont autorisées au maximum et il est interdit de candidater simultanément dans plusieurs établissements ou plusieurs filières la même année. La procédure se fait directement auprès de la faculté visée, sur dossier et entretien oral, généralement avant la mi-mars.
D’autres options existent pour les diplômés du paramédical qui souhaitent évoluer sans nécessairement viser le cursus médical : masters en santé publique, en management des établissements de santé, en ingénierie de la santé ou encore en sciences de l’éducation pour se tourner vers la formation et la pédagogie.
Des licences professionnelles spécialisées permettent aussi d’élargir le champ de compétences (notamment dans la coordination des soins, le management des structures sanitaires et sociales ou l’éducation thérapeutique du patient), et la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) peut ouvrir des portes vers des niveaux de qualification supérieurs pour les professionnels déjà en poste.
Les passerelles après un bac+4 et au-delà
Les passerelles à ce niveau n’ont plus rien à voir avec celles du premier cycle. Entre le bac+1 et le bac+3, changer de formation peut encore impliquer de reprendre à presque zéro. À bac+4, c’est une autre logique : tu arrives avec un bagage académique solide et l’ensemble des portes qui s’ouvrent te permettent d’entrer directement dans un cycle master. Au pire, tu commences en première année de ce cycle (M1 ou équivalent) dans un nouveau domaine. Tu ne repars pas de zéro : tu bifurques, avec ton niveau, vers une autre direction.
Après un master 1
Après un M1 validé, la suite logique est la deuxième année de master, dans le même établissement ou dans un autre. Mais si c’est le parcours ou le domaine de spécialisation qui ne te convient plus, plusieurs options existent pour changer de cap sans repartir de zéro.
Tu peux passer par Mon Master pour tenter une rentrée dans une nouvelle première année de master. Certaines écoles de commerce et privées, spécialisées en général, proposent également des admissions en dernière année de cycle master pour les titulaires d’un M1 solide, sur dossier, avec parfois des épreuves écrites et/ou orales. Sinon, il faudra reprendre en première année de ce nouveau programme, quel qu’il soit : mastère, MSc, MBA, etc.
Après un bachelor en 4 ans (BBA)
Après un BBA en quatre ans, les portes du bac+5 s’ouvrent principalement via les écoles privées. La raison est simple : les universités n’accueillent pas systématiquement ces profils en master. Tout dépend de si le BBA en question confère le grade de licence et dispose d’une fiche RNCP active. C’est donc la première chose à vérifier avant de postuler.
Dans les écoles, les trois grandes options sont le MBA (généraliste, fort à l’international), le MSc (spécialisé dans un secteur précis) et le PGE (son cycle master).
Dans le cas d’un PGE, l’entrée se fait en première année du cycle master (M1) : il reste encore deux ans pour obtenir le bac+5, ce qui porte le cursus total à six ans depuis le bac. Le MSc et le MBA ne fonctionnent pas comme un master universitaire découpé en M1 et M2 : ce sont des programmes autonomes que tu intègres dans leur intégralité, généralement en un an à dix-huit mois.
Et après un bac+5 ?
Détenteur d’un master, d’un diplôme d’ingénieur ou d’un PGE (Programme Grande École), les portes du troisième cycle s’ouvrent.
Le mastère spécialisé (MS), dispensé dans les grandes écoles membres de la Conférence des Grandes Écoles, permet de se spécialiser en un an après un bac+5 pour approfondir une expertise métier ou acquérir une double compétence en sortie de diplôme. C’est le bac+6 par excellence.
Pour ceux qui anticipent cette envie de spécialisation dès le départ, une autre option existe : opter pour un double diplôme dès la première année du cycle master (M1, niveau bac+4), en s’inscrivant dans un programme qui articule deux spécialisations ou deux établissements partenaires en parallèle (business school x Sciences Po, business school x école d’ingénieurs, deux masters universitaires dans des domaines différents ou complémentaires, ou encore deux diplômes dont l’un issu d’une école étrangère…).
Le doctorat, lui, s’adresse à ceux qui veulent faire de la recherche leur terrain de jeu professionnel. Il se prépare en trois ans minimum après un bac+5, au sein d’une école doctorale rattachée à une université ou à une grande école, et aboutit à la soutenance d’une thèse, soit un niveau bac+8. C’est la voie incontournable pour envisager une carrière académique ou de recherche, en laboratoire public, dans un organisme comme le CNRS, ou dans la R&D d’une grande entreprise.
Le MBA (Master of Business Administration), enfin, mérite qu’on clarifie ce qu’il est vraiment et ce qu’il n’est pas. Dans sa version la plus reconnue, il s’adresse à des professionnels ayant déjà trois à sept ans d’expérience, et vise à propulser vers des postes de direction ou à faciliter une reconversion sectorielle. Cette option colle parfaitement à ceux qui ont travaillé plusieurs années depuis leur diplôme et ressentent le besoin de remettre les pieds dans un cadre académique pour changer de trajectoire, monter en responsabilité ou s’ouvrir à d’autres secteurs.
Les écoles privées : un levier de réorientation souvent sous-estimé
Jusqu’ici, beaucoup des mécanismes évoqués dans cet article fonctionnent aussi bien vers des formations publiques que privées. Mais les écoles privées méritent un focus particulier, parce qu’elles offrent une souplesse structurelle que le monde universitaire ne propose pas toujours et qui peut faire toute la différence dans un projet de réorientation.
Première différence notable : les rentrées décalées sont beaucoup plus répandues dans le privé. Écoles de commerce, de communication, de design, d’informatique, de journalisme… un nombre croissant d’établissements organisent des sessions d’entrée en janvier ou en février, pensées pour accueillir des profils en réorientation. Le programme du premier semestre est condensé sur quelques mois, et les étudiants rejoignent leurs camarades en deuxième année à la rentrée suivante. C’est une façon concrète de ne pas perdre une année complète.
Deuxième différence : les parcours dits atypiques y trouvent souvent une oreille plus attentive. Un parcours en PASS suivi d’un virage vers le management de la santé, une licence de philosophie qui débouche sur un bac+5 en communication digitale, un BUT génie électrique qui se réoriente vers le design d’interfaces : ces trajectoires, qui peuvent surprendre à l’université, sont souvent mieux reçues dans les établissements privés, où l’entretien de motivation joue un rôle central dans la sélection. Ce que tu as fait avant importe moins que ce que tu comptes en faire.
Troisième différence : l’alternance est souvent plus intégrée et plus accessible dans les cursus privés. Et dans le cadre d’une réorientation, l’alternance a un double avantage : elle permet de financer sa formation (les frais de scolarité sont pris en charge par l’entreprise d’accueil) et d’acquérir une expérience durable dans la nouvelle voie choisie, ce qui renforce la cohérence du projet sur le CV.
Il faut, en revanche, aborder la question des frais de scolarité avec honnêteté. Les formations privées représentent un investissement annuel qui varie considérablement : de quelques centaines d’euros pour certaines écoles reconnues à plusieurs milliers pour les plus sélectives. L’alternance et certaines aides peuvent compenser tout ou partie de cet investissement, mais c’est un paramètre à intégrer dès le départ dans la réflexion.
Dernier point, et pas des moindres : tous les diplômes délivrés par des établissements privés ne se valent pas. Avant de t’engager, vérifie que la formation est reconnue (avec au moins un titre certifié au RNCP et actif). C’est la garantie que ton diplôme sera compris et reconnu par les recruteurs, quelle que soit la taille de l’entreprise en face de toi.





