Se réorienter en cours d'année n'est pas une décision facile. Il va falloir rattraper le retard accumulé dans ton nouveau cursus, et surtout tourner la page de celui que tu suis. Mieux vaut donc être sûr de ton choix avant de te lancer.
Plus tu te décides tôt, plus c'est simple. La plupart des réorientations se font à la fin du premier semestre, grâce à des passerelles entre cursus ou à des formations qui proposent une rentrée décalée. Tes options dépendent surtout de deux choses : le type de formation que tu suis et ton niveau d'études.
En première année : le moment le plus simple pour changer
Tu es en première année ? Bonne nouvelle, c'est le moment où changer de voie est le plus facile, et le système le prévoit. Fac, BTS, BUT, prépa ou école : tes options et ton calendrier dépendent de ta formation de départ. On a tout détaillé, cas par cas, dans notre article dédié.
À la fac : se réorienter en L2 ou en L3
Une fois la première année passée, la marge de manœuvre se réduit. Mais des solutions existent, à condition de bien choisir ton moment.
En deuxième année de licence
Tu as passé le cap de la L1, mais tu te rends compte, en L2, que ce programme n'est pas pour toi ? La réorientation est plus délicate qu'en première année. Les passerelles se font surtout entre domaines proches, et les places restent rares en cours d'année.
Le meilleur calcul est souvent de t'accrocher pour valider ta L2. Avec un bac+2 en poche, de nouvelles portes s'ouvrent : une L3 dans une autre mention proche de la tienne, une troisième année de bachelor, ou encore certaines écoles de commerce qui recrutent en admissions parallèles.
Qu'en est-il d'une licence professionnelle ou d'une entrée en BUT ? C'est possible sur le papier, mais soyons francs : ces places vont surtout aux étudiants de BTS ou de BUT, aux profils plus techniques. Dans tous les cas, il faudra en général viser une formation en lien avec ton cursus d'origine, et défendre ton projet dans ta lettre de motivation.
En troisième année de licence
Certaines universités proposent des passerelles en L3 pour les étudiants qui ont déjà suivi deux années dans un domaine proche. Ce n'est pas le cas partout, et la L3 reste une année clé à valider, notamment pour candidater en master.
Tu décides quand même d'arrêter en plein milieu de ta L3 ? Tu repars alors avec un niveau bac+2. Il te permet de viser, à la prochaine rentrée ou en rentrée décalée, une dernière année de bachelor ou une école accessible en admission parallèle.
En BTS : quelles options en cours de formation ?
Le BTS (brevet de technicien supérieur) ne dure que deux ans, mais il peut paraître interminable si la filière ne te convient pas. Bonne nouvelle : rien ne t'oblige à aller jusqu'à l'examen final.
En première année de BTS
Le diplôme que tu prépares n'est pas en phase avec ton projet ? Deux portes s'offrent à toi :
- intégrer un bachelor, un autre BTS ou un BUT en rentrée décalée, souvent dans le privé, en janvier, février ou mars
- viser une licence, un autre BTS ou un BUT pour la rentrée de septembre, via Parcoursup
En attendant septembre, tu peux aussi travailler ou t'engager dans un service civique, pour garder un rythme et enrichir ton dossier.
En deuxième année de BTS
Si près du but, tu as envie de tout arrêter ? Réfléchis bien : sans l'examen final, tu n'as pas de diplôme en poche, seulement un niveau bac+1. Certaines universités étudient tout de même les demandes d'entrée en licence au cas par cas, en première ou en deuxième année selon ton dossier.
Si ce sont les cours qui te pèsent, et non le domaine, une autre option existe. Tu peux suivre ta deuxième année à distance et passer l'examen en candidat libre.
En BUT : se réorienter en deuxième ou en troisième année
Le BUT (bachelor universitaire de technologie) se prépare en trois ans à l'IUT, une composante de l'université. Ce statut universitaire facilite les passerelles vers la licence.
En deuxième année de BUT
Tu as validé ta première année, mais ce BUT n'est décidément pas le tien. Tu peux viser une autre filière universitaire, si tes compétences validées ont des équivalences. Certaines écoles de commerce et écoles d'ingénieurs recrutent aussi dès la deuxième année de BUT.
Notre conseil, si tu le peux : t'accrocher jusqu'à la fin de l'année. En validant tes deux premières années, tu peux obtenir le DUT, délivré comme diplôme intermédiaire du BUT. Avec ce bac+2, tu pourras rejoindre un bachelor, une licence professionnelle ou une autre formation, en rentrée décalée ou à la rentrée suivante.
En troisième année de BUT
En plein milieu de la troisième année, celle de la spécialisation ? Là encore, notre conseil est de t'accrocher. Avec un bac+3, tu pourras viser un master, une école d'ingénieurs ou de commerce grâce aux admissions parallèles. Certaines matières de ton BUT t'ont plu ? Appuie-toi dessus, en mettant en avant tes bons résultats dans ces enseignements, sur Mon Master ou directement auprès des écoles.
En prépa : ton filet de sécurité à la fac
Rythme soutenu, pression, masse de travail : la prépa n'est pas faite pour tout le monde, et ce n'est pas grave. Grâce à ton inscription en parallèle à l'université, tu peux souvent rejoindre une licence au second semestre. Seule condition : lancer la démarche dès novembre ou décembre.
En école privée : commerce, ingénieurs ou école spécialisée
Tu n'es pas à ta place dans ton école, au bout d'un semestre ou d'une année ? Avant de claquer la porte, parle à ton responsable pédagogique. Changer d'option ou de spécialité suffit parfois à retrouver la motivation. Et si tu as déjà payé ton année, relis ton contrat de scolarité : les conditions de remboursement des frais varient d'une école à l'autre, et c'est ce document qui fait foi.
Tu veux vraiment partir ? Plusieurs options s'offrent à toi :
- intégrer une autre école en rentrée décalée, avec un rattrapage accéléré du premier semestre
- rejoindre l'université ou une autre formation à la rentrée suivante
- prendre le temps de réfléchir à ton projet pour préparer l'année prochaine
Dans tous les cas, ne te mets pas de barrière. L'orientation se construit avec tes envies, mais aussi avec tes capacités, tes moyens et ce qui est faisable. Et il vaut mieux changer de route tant que le moteur tourne encore !