Quels sont les métiers qui recrutent dans l'agriculture ?

L'agriculture est un des secteurs clés de l'économie française et pourtant de nombreuses professionnels viennent à manquer. Diplomeo fait le tour des métiers qui embauchent le plus dans l'agriculture !
Mis à jour le / Publié en février 2020
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Le secteur de l'agriculture compte aujourd'hui près de 1,2 million d'actifs, selon le ministère de l'Agriculture. Un chiffre qui tend à diminuer d'année en année à mesure que les générations d'exploitants partent à la retraite. Premier producteur agricole de l'Union européenne, la France reste une puissance de tout premier plan du secteur primaire, portée par la diversité de ses filières agricoles, des grandes récoltes céréalières à la viticulture.

Le marché de l'emploi s'ouvre néanmoins, car de nombreuses exploitations familiales sont mises en vente, ce qui laisse la place à de nouveaux venus dans le domaine agricole. Et le monde rural n'est plus l'apanage des hommes : les femmes représentent aujourd'hui 28 % des actifs agricoles, et un quart des chefs d'exploitation.

Si tu es attiré par les travaux agricoles, l'élevage d'animaux ou encore le secteur industriel lié à l'alimentaire, voici un aperçu des métiers qui recrutent dans le secteur agricole et agroalimentaire.

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Les métiers agricoles qui recrutent le plus

Dans le domaine de l'agriculture, certains métiers concentrent l'essentiel des besoins, portés à la fois par les départs à la retraite et par la modernisation des exploitations, quand d'autres restent plus discrets. Tour d'horizon des professions qui recrutent !

Agriculteur et exploitant agricole

C'est le cœur battant du secteur, et l'un de ses plus gros chantiers. Avec 82 000 projets de recrutement recensés par France Travail en 2026, le métier d'agriculteur figure parmi les plus recherchés du territoire, tous secteurs confondus. La raison tient en grande partie à la démographie : près d'un exploitant sur deux atteindra l'âge de la retraite d'ici 2030, et toutes ces exploitations agricoles devront trouver repreneur. Le marché du travail s'ouvre donc à de nouveaux profils, y compris à celles et ceux qui n'ont pas grandi dans une ferme ou en milieu rural.

Le métier lui-même a peu à voir avec l'image d'antan. L'agriculteur d'aujourd'hui pilote une véritable entreprise : il gère des cultures ou un élevage, mais aussi une comptabilité, des salariés saisonniers, du matériel connecté et des contraintes environnementales de plus en plus fines. Robotisation des engins, capteurs, agriculture de précision, cahiers des charges bio : les compétences attendues se sont largement étoffées, et c'est justement ce qui rend les profils formés si recherchés.

Pour s'installer, plusieurs diplômes ouvrent la voie, du niveau CAP jusqu'au bac+2 :

  • CAP agricole métiers de l'agriculture
  • Bac pro Conduite et gestion de l'entreprise agricole (CGEA)
  • Bac techno Sciences et technologies de l'agronomie et du vivant (STAV)
  • BTSA Analyse, conduite et stratégie de l'entreprise agricole (ACSE)
  • Brevet professionnel Responsable d'entreprise agricole (REA)
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Ouvrier agricole, viticole et arboricole

Voilà le vrai champion du recrutement. Regroupés par France Travail, les viticulteurs, arboriculteurs et ouvriers agricoles forment le troisième métier le plus recherché sur le marché de l'emploi en France, avec près de 83 800 projets de recrutement pour 2026, juste derrière les métiers de la restauration. Aucun autre poste du secteur ne concentre autant de besoins.

Une caractéristique domine toutefois ce chiffre : la saisonnalité. Plus de neuf embauches sur dix se concentrent autour des vendanges, des récoltes et des cueillettes, avec un pic marqué à l'automne. L'ouvrier agricole plante, taille, traite les sols, récolte et entretient les récoltes ou le vignoble tout au long de la saison. C'est un emploi exigeant physiquement, en extérieur par tous les temps, mais c'est aussi la porte d'entrée la plus accessible du secteur : beaucoup de contrats se décrochent sans diplôme, sur la motivation et l'endurance.

Pour se professionnaliser et viser un poste stable ou à responsabilités, plusieurs formations existent, du CAP au niveau bac+2 :

  • CAP agricole métiers de l'agriculture
  • Bac pro Conduite de productions horticoles ou Vigne et vin
  • BTSA Viticulture-œnologie
  • BTSA Agronomie et cultures durables
  • Certificat de spécialisation (CS) dédié à une production

Un saisonnier motivé qui se forme peut vite grimper vers un emploi de poste de chef d'équipe ou de responsable de culture. Débuter comme ouvrier agricole, ce n'est donc pas rester cantonné aux petits contrats d'été : c'est souvent le premier échelon d'une carrière qui se construit sur le terrain.

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Conducteur d'engins agricoles

Moins connu du grand public, ce métier fait pourtant partie des plus recherchés et des plus tendus du secteur. La mécanisation croissante des exploitations a rendu ces profils indispensables : sans conducteur qualifié, pas de semis, pas de récolte, pas d'épandage. Or, la région Paca a même dû ajouter les conducteurs d'engins agricoles et forestiers à sa liste des métiers en tension, signe que la pénurie de bras formés se fait sentir sur le terrain.

Le quotidien de ce professionnel tourne autour de la maîtrise de machines de plus en plus sophistiquées : moissonneuses-batteuses, tracteurs guidés par GPS, machines à vendanger ou épandeurs. Le conducteur ne se contente pas de piloter, il assure aussi l'entretien courant et les premières réparations de son matériel. À l'heure de l'agriculture de précision, savoir lire les données d'une console embarquée compte désormais autant que tenir un volant. Un permis de conduire valide est généralement requis pour accéder au poste.

Plusieurs formations mènent à ce métier, orientées conduite et maintenance du matériel agricole :

  • Bac pro Agroéquipement
  • CS Pilotage de machines agricoles et travaux mécanisés à haute technicité
  • BTSA Génie des équipements agricoles (GDEA)
  • Certificat de spécialisation Tracteurs et machines agricoles
Un métier agricole qui recrute sans relâche ?

Technicien et ingénieur agronome

Face aux enjeux climatiques, à la transition agroécologique et à l'agriculture de précision, les exploitations et les coopératives ont besoin de profils capables d'analyser les sols, d'optimiser les rendements et de repenser les systèmes de culture. Le technicien agricole conseille les exploitants au quotidien, tandis que l'ingénieur agronome intervient plus haut, sur la recherche, l'expérimentation ou le pilotage de projets. France Travail le confirme d'ailleurs dans sa lecture du secteur: parmi les besoins de 2026 figurent explicitement des techniciens et des professionnels de l'agronomie, et pas seulement des ouvriers.

Ces métiers qualifiés demandent des études plus longues, mais ils ouvrent sur des fonctions à responsabilités et des salaires plus élevés. L'ingénieur agronome, notamment, est un scientifique du vivant capable de travailler aussi bien dans une coopérative que dans l'agroalimentaire, la recherche publique ou un cabinet de conseil.

Le niveau visé va du bac+2 pour la fonction de technicien au bac+5 pour l'ingénieur, avec plusieurs chemins possibles :

  • BTSA Agronomie et cultures durables
  • BUT Génie biologique parcours agronomie (GB)
  • Licence professionnelle en agronomie ou productions végétales
  • Diplôme d'ingénieur en agronomie en école d'ingénieurs (bac+5), accessible après une prépa BCPST via le concours Banque Agro-Véto, ou en admission parallèle à partir de bac+2

Les grandes écoles d'ingénieurs du domaine, comme AgroParisTech ou les établissements de l'Institut Agro, délivrent le grade de master et mènent aussi bien vers l'entreprise que vers la recherche.

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Horticulteur et maraîcher

L'arboriculture, le maraîchage et l'horticulture concentrent une demande forte mais souvent invisible, alors que ce sont des filières où les bras qualifiés manquent cruellement. L'horticulteur cultive fruits, légumes, fleurs, arbres et plantes ornementales, en pleine terre ou sous serre, de la plantation à la récolte. Le maraîcher, lui, se concentre sur les productions légumières, avec un rapport direct au marché : circuits courts, vente à la ferme, AMAP. Deux métiers proches, tournés vers le vivant et le travail en extérieur, qui séduisent particulièrement les profils en quête de sens et de contact avec la nature.

L'engouement pour le bio, le local et les circuits courts a d'ailleurs redonné du souffle à ces professions. S'installer comme maraîcher bio près d'une ville, c'est aujourd'hui un projet crédible, porté par une clientèle qui cherche à savoir d'où viennent ses produits. Le métier reste physique et rythmé par les saisons, mais il offre une autonomie rare et la satisfaction concrète de nourrir son territoire.

Côté formation, plusieurs diplômes agricoles préparent à ces métiers, du CAP au bac+2 :

  • CAP agricole métiers de l'agriculture
  • Bac pro Conduite de productions horticoles
  • BTSA Métiers du végétal, alimentation, ornement et environnement
  • BTSA Production horticole
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Salaires et débouchés dans l'agriculture

Parlons chiffres, car c'est souvent là que le bât blesse dans l'imaginaire collectif. La réalité est nuancée : à l'entrée, la plupart des métiers agricoles démarrent autour du SMIC, mais les écarts se creusent vite selon le niveau de qualification et le type d'exploitation. En moyenne, un salarié agricole peut prétendre à un salaire d'entrée compris entre 22 000 € et 25 000 € bruts annuels soit entre 1 300 et 1 500 euros nets mensuels, une fourchette qui grimpe nettement pour les profils techniques et d'encadrement.

Le diplôme change la donne. Un ouvrier agricole débute au niveau du salaire minimum, tandis qu'un ingénieur agronome attaque déjà autour de 24 000 à 31 000 € bruts en début de carrière, avant de dépasser les 45 000 € avec l'expérience professionnelle, soit près de 3 000 euros nets par mois. Entre les deux, l'exploitant qui gère sa propre structure voit ses revenus dépendre entièrement de sa filière : selon la Mutualité sociale agricole, le revenu moyen d'un agriculteur avoisine les 34 000 € brut par an (2 100 euros nets), mais les grandes productions céréalières ou la viticulture haut de gamme peuvent le porter bien plus haut.

Voici les fourchettes de départ pour trois métiers représentatifs du secteur :

MétierSalaire débutant (brut annuel)Avec expérience (brut annuel)
Ouvrier agricole22 400 €28 900 €
Agriculteur / exploitant22 400 €43 900 €
Ingénieur agronome24 300 €61 000 €

Le vrai atout du secteur reste l'employabilité. Dans un domaine qui peine à recruter, décrocher un poste après une formation agricole relève rarement du parcours du combattant. Gagner sa vie dans l'agriculture, ce n'est pas s'enfermer dans un salaire plafonné : c'est entrer dans un marché où la demande travaille en ta faveur.

Se reconvertir et se lancer dans l'agriculture

L'agriculture n'est plus une affaire d'héritage, et c'est sans doute l'une de ses évolutions les plus marquantes. Alors que de nombreuses exploitations agricoles cherchent repreneur, les formations et les métiers s'ouvrent à des profils venus d'horizons très différents, souvent poussés par l'envie d'exercer un emploi qui a du sens et un ancrage réel dans le terrain. Pour ces nouveaux venus, la reconversion vers un métier agricole passe par des formations pensées pour les adultes, du CAP agricole jusqu'au BPREA, ce diplôme de niveau bac qui donne accès aux aides à l'installation.

Cette ouverture ne concerne d'ailleurs pas que la production : certains métiers font le pont entre l'agriculture et d'autres univers, à l'image du conseiller bancaire agricole, qui accompagne les exploitants sur leurs projets et permet à un profil venu du commerce ou de la finance de basculer vers le monde agricole tout en restant dans son propre secteur.

S'installer dans une exploitation agricole suppose de la préparation et un projet mûri, parfois un accompagnement, mais les dispositifs ne manquent pas, portés à la fois par les chambres d'agriculture et par les aides publiques dédiées aux porteurs de projet. Ainsi, se lancer dans l'agriculture après une première vie professionnelle, ce n'est donc pas tout recommencer : c'est mettre une expérience professionnelle déjà constituée au service d'un secteur qui réclame autant de bras que d'idées neuves.

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