Comment financer ses études en école privée ?

Le coût de la vie étudiante ne cesse d’augmenter : entre logement, mode de vie et surtout écoles privées. Souvent très onéreuses, ces écoles restent pourtant formatrices pour bon nombre de jeunes. Alors, comment financer son école ? L’alternance, le prêt étudiant, les bourses ou les jobs étudiants apportent des éléments de réponse.

À vous les écoles de commerce, de graphisme, d'ingénieurs...

Les effectifs des étudiants dans le supérieur explosent. Selon les prévisions du gouvernement, l’année 2016–2017 devrait compter 40 000 étudiants supplémentaires, pour atteindre 335 000 de plus d’ici 2025. Si les universités restent le choix le plus naturel pour bon nombre d’étudiants, d’autres préfèrent intégrer une école spécialisée, davantage orientée vers le monde professionnel et la technique. Seul hic, contrairement à l’université gratuite, les écoles privées (et certaines publiques) requièrent un budget conséquent, difficile à financer pour les familles des étudiants. Les écoles ont souvent à cœur, depuis quelques années de diversifier les origines sociales des étudiants. Les boursiers observent aussi une réduction de leurs frais de scolarité, c’est le cas notamment Science Po, dont les frais de scolarité varient dans une large fourchette de 0 à 15 000 euros. De peur de manquer des profils de talent, les écoles privées et le ministère de l’Éducation nationale s’ouvrent à la diversité et aident les élèves qui auraient des difficultés financières.

Des filières en tension

Très prisées par les étudiants, les écoles de commerce et les écoles d’ingénieurs voient selon l’INSEE, respectivement 141 600 et 134 300 d’étudiants inscrits en 2014. Deux filières très demandées et souvent les plus onéreuses : à l’ESSEC par exemple, pour quatre années d’études, il faudra débourser entre 40 000 et 45 000 euros de frais de scolarité. De même avec les écoles post-bac, où les cursus peuvent durer entre 2 et 5 ans. Souvent, ces tarifs permettent de financer l’intégralité de la scolarité : les équipements (ordinateurs, logiciels, etc.), les locaux (les campus internationaux, les résidences, etc.), les professeurs, les partenariats et la mobilité internationale des étudiants. Un tarif « tout compris », mais qui n’est pas abordable pour toutes les familles.

Financer son école : penser à l’alternance ou l’apprentissage !

Aujourd'hui, toutes les écoles privées intègrent l'alternance dans leurs cursus. Réelle expérience professionnelle, l’alternance ou l’apprentissage confèrent à la clef, un salaire (environ 80 % du SMIC). L’entreprise qui prend en charge l’étudiant s’engage également à financer sa formation. Faire une formation en alternance apparaît alors comme le meilleur moyen pour se professionnaliser et financer ses études. Accessible à tous les niveaux, l’alternance permet de poursuivre de longues études (souvent jusqu’à bac+5), de prendre en charge le prix des études et d’avoir une meilleure insertion professionnelle à l’issue de la formation. Dans un monde où les diplômés bac+5 courent les rues, la différence se fait grâce à l’expérience professionnelle.

Les aides de l’État et des écoles pour financer ses études

L’éducation et l’enseignement supérieur créent les générations de demain. Les écoles et l’État donnent des coups de pouce aux étudiants pour qu’ils accèdent aux études supérieures. On trouve de nombreux dispositifs, en fonction des profils et des études choisies.

Les bourses d’études :

  • la plus connue reste la bourse délivrée par le CROUS sur critères sociaux. Répartie sur 7 échelons, elle dispense jusqu’à 6654 euros par an, sur 10 mois. À cela, peut s’ajouter une bourse au mérite de 800 euros par an pour les boursiers qui auraient eu la mention très bien au bac. Seules les écoles privées reconnues par l’État sont habilitées à accueillir des élèves boursiers.
  • l’aide à la mobilité internationale propose 400 euros par mois pour ceux qui effectueraient une formation à l’étranger de 2 à 9 mois.
  • des bourses régionales à montant variable aident les étudiants en paramédical ou en école du social à financer leurs études.

Les aides ponctuelles et réductions de frais :

  • certaines écoles soucieuses de la diversité du profil de leurs élèves proposent des aides supplémentaires. C’est le cas de l’ESSCA, une école de management, qui offre aux 10 meilleurs boursiers du concours d’entrée un aide de 300 euros par mois. D’autres écoles offrent aussi une réduction de frais.
  • l’aide ponctuelle allouée par le CROUS et l’État permet à chaque étudiant inscrit dans l’enseignement supérieur (universitéclasse préparatoire, école) de bénéficier d’une aide d’urgence pour pallier des frais éventuels. L’offre, versée en une fois, ne peut dépasser 1669 euros, mais il est possible de faire plusieurs demandes par année, n’excédant pas 3338 euros.

Passer le cap du prêt étudiant : des taux favorables pour financer ses études

Il fait peur, mais le prêt étudiant peut être une bonne alternative. Souvent octroyé à des taux très avantageux et remboursable lors de votre premier emploi, le prêt étudiant peut financer l’intégralité des études supérieures. Le montant du prêt varie selon les banques, mais on trouve de 700 euros jusqu’à 50 000 euros. Avant de se lancer, il faut se renseigner sur le coût des études mais surtout sur la durée du prêt. Seul problème, assez paradoxal : les banques demandent un garant. Or, les familles n’ont pas toujours le bon profil. Sans caution, l’étudiant ne peut prétendre à un prêt. L’autre alternative, c’est de demander l’aide de l’État, qui va se porter caution (le prêt étudiant garanti). Ce dispositif, bien que méritant, n’est que peu pratiqué et les conditions d’accès restent difficiles. Certaines banques proposent des prêts sans caution, pour de petites sommes (autour de 1000 euros). Ces emprunts peuvent, par exemple, financer vos frais de matériel. Les établissements les plus concernés par les prêts étudiants restent les écoles de commerce, c’est ce que révèle une enquête de « Conditions de vie des étudiants » en 2010 avec 17,09 % des prêts.

La vieille méthode : travailler pour payer ses études

Letudiant.fr révélait dans son enquête de 2014, que 73 % des étudiants travaillent (à degré variable) pour financer leurs études. Bien que contraignant, le travail apporte beaucoup d’avantages : un meilleur mode de vie, une gratification personnelle, une expérience professionnelle, etc. Beaucoup d’étudiants travaillent l’été, pendant les vacances scolaires, d’autres tout au long de l’année, à temps partiel. Parmi ces étudiants, selon une enquête de Diplomeo, ils sont même 51% à travailler l’été pour financer leurs études. Les jobs basiques tels qu’équipier dans un fast-food, babysitter, professeur ou hôtesse aident à financer les études supérieures et apportent en prime, de nouvelles compétences. En cumulant les aides sociales, un job étudiant ou une alternance, des étudiants peuvent accéder aux formations de leur choix, sans condition de tarifs. L’enseignement pour tous et accessible à tous, sans hiérarchisation sociale s’améliore, même si le chemin reste encore long.

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