Comment financer ses études en école privée ?

Le coût de la vie étudiante ne cesse d’augmenter : entre logement, mode de vie et frais de scolarité. Comment financer son école privée ? Voici toutes les solutions pour vous aider.

Jeune femme qui met un pièce dans une tirelire
À vous les écoles de commerce, de graphisme, d'ingénieurs...

Les effectifs des étudiants dans le supérieur explosent. Si les universités restent le choix le plus naturel pour bon nombre d’étudiants, d’autres préfèrent intégrer une école spécialisée. Celles-ci sont davantage orientées vers le monde professionnel et la technique.

Seul hic : contrairement à l’université gratuite, les écoles privées requièrent un budget conséquent. Difficile à financer pour les familles des étudiants. « Il faut préparer le financement d’une école, lance Isabelle Assassi, directrice du programme grande école de Toulouse Business School. Surtout, ne pas s’y prendre au dernier moment. Pour les familles aisées, la question ne se pose pas. Mais les autres familles doivent s’en préoccuper dès la première année de prépa », ajoute-t-elle.

Des filières en tension

Très prisées par les étudiants, les écoles de commerce et les écoles d’ingénieurs voient selon l’INSEE, respectivement 141 600 et 134 300 d’étudiants inscrits en 2014. Deux filières très demandées et souvent onéreuses : à l’ESSEC par exemple, pour quatre années d’études, il faudra débourser entre 40 000 et 45 000 euros de frais de scolarité. De même pour toutes les écoles privées post-bac, dans lesquelles les cursus peuvent durer entre 3 et 5 ans.

Souvent, ces tarifs permettent de financer l’intégralité de la scolarité : les équipements (ordinateurs, logiciels, etc.), les locaux (les campus internationaux, les résidences, etc.), les professeurs, les partenariats et la mobilité internationale des étudiants. Un tarif « tout compris », mais qui n’est pas abordable pour toutes les familles.

Financer son école : penser à l’alternance ou l’apprentissage !

Aujourd'hui, une grande partie des écoles privées intègrent l'alternance dans leurs cursus. « L’alternance est une excellente solution, vante Elian Pilvin, directeur des opérations et du développement de l’EM Normandie. 54% de nos étudiants de master sont en contrat d’apprentisage ou de professionnalisation. Leurs frais de scolarité sont entièrement pris en charge par l’entreprise, et ils touchent un salaire. C’est le meilleur moyen pour eux de financer quelques années de scolarité », ajoute-t-il.

Se lancer dans une formation en alternance est un très bon moyen de se professionnaliser tout en financant ses études. Accessible à tous les niveaux, l’alternance permet de poursuivre de longues études (souvent jusqu’à bac+5), de prendre en charge le prix des études et d’avoir une meilleure insertion professionnelle à l’issue de la formation. Dans un monde où les diplômés bac+5 courent les rues, la différence se fait grâce à l’expérience professionnelle.

Les aides de l’État et des écoles pour financer ses études

Pour vous aider

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L’éducation et l’enseignement supérieur créent les générations de demain. Les écoles et l’État donnent des coups de pouce aux étudiants pour qu’ils accèdent aux études supérieures. On trouve de nombreux dispositifs, en fonction des profils et des études choisies.

Les bourses d’études

La plus connue reste la bourse délivrée par le CROUS sur critères sociaux. Répartie sur 7 échelons, elle dispense jusqu’à 6654 euros par an, sur 10 mois. À cela, peut s’ajouter une bourse au mérite de 800 euros par an pour les boursiers qui auraient eu la mention très bien au bac. Seules les écoles privées reconnues par l’État sont habilitées à accueillir des élèves boursiers.

L’aide à la mobilité internationale propose 400 euros par mois pour ceux qui effectueraient une formation à l’étranger de 2 à 9 mois. Des bourses régionales à montant variable permettent aux étudiants en paramédical ou en école du social de financer leurs études.

Les aides ponctuelles et réductions de frais

Certaines écoles soucieuses de la diversité du profil de leurs élèves proposent des aides supplémentaires. C’est le cas de l’ESSCA, une école de management, qui offre aux 10 meilleurs boursiers du concours d’entrée un aide de 300 euros par mois.

D’autres écoles offrent aussi une réduction de frais. « Il y a des bourses spécifiques proposées par la fondation à l’EM Normandie, témoigne Elian Pilvin. Nous finançons entièrement une place sur le programme grande école et une place sur le bachelor. Et il y a d’autres aides spécifiques », ajoute-t-il. Même chose du côté de Toulouse Business School : « La fondation de l’école a de nombreuses bourses. Mais celles-ci ne couvrent qu’un tiers ou 50% de la scolarité d’une année », spécifie Isabelle Assassi.

Autre solution : l’aide ponctuelle allouée par le CROUS et l’État. Elle permet à chaque étudiant inscrit dans l’enseignement supérieur (université, classe préparatoire, école) de bénéficier d’une aide pour pallier des frais éventuels. L’offre, versée en une fois, ne peut dépasser 1669 euros, mais il est possible de faire plusieurs demandes par année, n’excédant pas 3338 euros.

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Passer le cap du prêt étudiant : des taux favorables pour financer ses études

Le prêt bancaire classique

En plus

Notre article pour tout
savoir sur les prêts étudiants
 

Il fait peur, mais le prêt étudiant peut être une bonne alternative. Souvent octroyé à des taux très avantageux et remboursable lors de votre premier emploi, le prêt étudiant peut financer l’intégralité des études supérieures.

Le montant du prêt varie selon les banques, mais on trouve de 700 euros jusqu’à 50 000 euros. Avant de se lancer, il faut se renseigner sur le coût des études mais surtout sur la durée du prêt. Seul problème, assez paradoxal : les banques demandent un garant. Or, les familles n’ont pas toujours le bon profil. Sans caution, l’étudiant ne peut prétendre à un prêt.

L’autre alternative, c’est de demander l’aide de l’État, qui va se porter caution (le prêt étudiant garanti). Ce dispositif, bien que méritant, n’est que peu pratiqué et les conditions d’accès restent difficiles.

Certaines banques proposent des prêts sans caution, pour de petites sommes (autour de 1000 euros). Ces emprunts peuvent, par exemple, financer vos frais de matériel. « À TBS, nous avons négocié avec nos partenaires le fait de financer des jeunes sans la caution des parents », précise Isabelle Assassi.

Les établissements les plus concernés par les prêts étudiants restent les écoles de commerce, c’est ce que révèle une enquête de « Conditions de vie des étudiants » en 2010 avec 17,09 % des prêts. Mais « toutes les grandes écoles ont des accords partenariaux avec les plus grandes banques françaises, précise Elian Pilvin. Et celles-ci proposent des packages avec des taux d’intérêts extrêmement bas », ajoute-t-il.

L'alternantive au prêt bancaire : le crowlending

Vous connaissez le crowfunding, qui est l’appellation anglaise pour définir le financement participatif d’un projet. Découvrez aujourd’hui le crowlending !

Sur le même principe, au crowlending s’ajoute la notion de prêt d’argent. L’étudiant qui souhaite financer ses études par cette méthode présente son projet à de potentiels prêteurs. Ces derniers sont alors libres de déterminer si l’objet du financement est réaliste et mérite d’être soutenu.

Tout le processus est strictement encadré par des plateformes de crowlending, comme Edukys : le site se charge de mettre en relation prêteurs et emprunteurs, et de protéger les partis grâce à la signature d’un contrat à valeur légale. Les plateformes de crowlending assurent aussi la circulation des flux financiers, qui peuvent s’élever jusqu’à 12 000 euros.

Une excellente alternative au prêt bancaire donc, qui permet de financer ses études, mais aussi tout ce qui va avec : loyer, matériel de formation, etc.

La vieille méthode : travailler pour payer ses études 

En complément

Pour tout savoir sur les
jobs étudiants
 : comment postuler ?
Où le trouver ? etc.

Letudiant.fr révélait dans son enquête de 2014, que 73 % des étudiants travaillent (à degré variable) pour financer leurs études. Bien que contraignant, le travail apporte beaucoup d’avantages : un meilleur mode de vie, une gratification personnelle, une expérience professionnelle, etc. Beaucoup d’étudiants travaillent l’été, pendant les vacances scolaires, d’autres tout au long de l’année, à temps partiel.

Parmi ces étudiants, selon une enquête de Diplomeo, ils sont même 51% à travailler l’été pour financer leurs études. Les jobs basiques tels qu’équipier dans un fast-food, babysitter, professeur ou hôtesse aident à financer les études supérieures et apportent en prime, de nouvelles compétences. En cumulant les aides sociales, un job étudiant ou une alternance, des étudiants peuvent accéder aux formations de leur choix, sans condition de tarifs.

L’enseignement pour tous et accessible à tous, sans hiérarchisation sociale s’améliore, même si le chemin reste encore long.

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