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Passion ou insertion : comment bien choisir ses études après le bac ?

Se connaître, comparer les formations, éviter les pièges : tout ce qu'il faut faire pour bien choisir ses études après le bac et partir du bon pied.
Mis à jour le / Publié en juin 2012
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Le bac, c’est pour bientôt, ou alors c’est déjà fait ? Avec lui arrive une question que tu t’es peut-être déjà posée, tard le soir, en fixant le plafond : qu’est-ce que je veux vraiment faire de ma vie ? Pour beaucoup, la réponse commence par là : les études. Quelle formation choisir ? Dans quel domaine ? Pour quel métier ? Le brouillard s’installe vite et il est épais.

C’est là que les conseils fusent de toutes parts. Les uns t’exhortent à suivre ta passion, comme si l’enthousiasme suffisait à payer un loyer. Les autres t’agitent sous le nez des tableaux de débouchés, des taux d’insertion et des salaires moyens à la sortie, comme si choisir ses études relevait d’un calcul purement stratégique.

Passion ou insertion ? Ces deux logiques ne s’opposent pas, elles se complètent. À condition de les comprendre chacune pour ce qu’elle vaut vraiment. La passion sans lucidité sur le marché du travail, c’est risqué. L’insertion sans intérêt pour ce qu’on fait, c’est épuisant et c’est souvent ce qui mène au décrochage en milieu de cursus. Le secret, c’est justement d’apprendre à faire dialoguer les deux, et ça commence par une étape que beaucoup de lycéens zappent allègrement : prendre le temps de se connaître !

Tu ne sais pas encore vers quoi t'orienter ? 🤔

Se connaître avant de choisir : le préalable à ne pas zapper

Avant même de comparer les formations, il y a une étape que beaucoup d’élèves brûlent et qui peut leur coûter cher plus tard : se connaître. Pas au sens d’une révélation mystique, mais au sens concret du terme. Quelles matières titillent réellement ta curiosité au lycée ? Dans quels contextes te sens-tu compétent, à l’aise, voire bon ? Est-ce que tu as besoin d’action, de contact humain, de résolution de problèmes, de création ?

Évidemment, à 17 ou 18 ans, et même plus tard, on ne se connaît pas entièrement et c’est tout à fait normal. Tu es encore en train d’évoluer, de découvrir ce qui te stimule, ce qui t’ennuie ou ce dans quoi tu excelles sans trop d’efforts. C’est d’ailleurs pour ça que des adultes bien installés dans leur carrière se retrouvent, dix ou vingt ans plus tard, à se reconvertir : leurs aspirations ont changé et leur métier ne leur correspond plus.

Autant dire que se poser ces questions tôt, même imparfaitement, reste un avantage. Le but n’est pas de tout savoir sur soi avant d’avoir vécu. Ce travail d’introspection n’est pas une perte de temps : c’est précisément ce que les commissions d’examen des candidatures sur Parcoursup, par exemple, analysent à travers ta lettre de motivation.

Comment fonctionne Parcoursup ? 🤔

Tout ce qu'il faut savoir sur l'algorithme

Pour aller plus loin sur ce sujet, les tests d’orientation disponibles sur des plateformes comme l’ONISEP peuvent constituer un premier outil d’exploration, mais ils ne remplacent pas une réflexion personnelle ni un échange avec des personnes de confiance : tes proches qui ont traversé ces mêmes questions d’orientation, des étudiants déjà engagés dans la voie qui t’intéresse, des enseignants qui te connaissent bien ou encore des professionnels spécialisés dans l’enseignement supérieur, formés pour t’aider à démêler tout ça.

Passion ou débouchés : arrête de choisir

On t’a peut-être déjà servi cette formule : « Fais un métier qui te passionne et tu n’auras jamais l’impression de travailler ». C’est beau et c’est aussi parfois un peu simpliste. Cette injonction cache souvent une réalité plus rugueuse : celle du coût de la vie, d’un marché du travail où certains secteurs sont saturés, ou encore, celle d’une sélection parfois impitoyable à l’entrée des formations les plus prisées.

Mais le raisonnement inverse, c’est-à-dire se jeter dans une filière uniquement pour ses débouchés et sans aucun intérêt pour le contenu, est tout aussi risqué. La démotivation en cours d’études est l’une des premières causes de décrochage et de réorientation.

Tu veux te réorienter ? As-tu pensé à la rentrée décalée ? 🔎

Rentrée décalée en licence : est-ce trop tard ? Comment faire ?

La vraie question à te poser n’est donc pas « passion ou insertion », mais plutôt : dans quel secteur peux-tu trouver une formation qui mobilise tes points forts ET qui t’ouvre des portes sur le marché du travail ? Ces deux cercles se chevauchent bien plus souvent qu’on ne le croit. Un passionné de jeux vidéo peut viser le développement informatique, le game design, le marketing digital ou la 3D. Un amoureux des sciences humaines peut s’orienter vers les ressources humaines, le journalisme, le droit ou la communication.

Selon une enquête du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche publiée en 2024, le taux d’emploi salarié des diplômés de licence professionnelle s’établit à 79,8 % à 12 mois après l’obtention du diplôme, contre 70,4 % pour les diplômés de master et 61,9 % pour ceux de licence générale.

Autrement dit, le secteur que tu choisis compte, mais le type de diplôme et le cursus que tu empruntes pour y arriver comptent tout autant. Ce n’est donc pas une question de passion contre insertion. C’est une question de lucidité sur ce que tu veux et sur ce que le marché peut t’offrir en retour. Et ça, ça se travaille : en s’informant sur les métiers, en allant à la rencontre de professionnels, en visitant des salons d’orientation. Ce qui nous amène naturellement à la question du cadre dans lequel tu vas te former.

Des cursus recrutent en dehors de Parcoursup ⬇️

Public ou privé : une question de projet, pas de prestige

Entre université publique et école privée, le débat est souvent mal posé. Ce n’est pas l’un contre l’autre : ce sont deux environnements différents, avec chacun leurs logiques, leurs forces et leurs contraintes.

L’université t’offre une formation solide en théorie et culture générale autour de ton domaine, une certaine liberté d’organisation et des frais d’inscription accessibles (autour de 170 € en licence pour l’année universitaire 2025-2026). Elle demande aussi une véritable capacité à être autonome : personne ne viendra te chercher si tu décroches. C’est une formation qui prouve, sur un CV, que tu sais travailler seul et tenir dans la durée : des qualités appréciées des recruteurs.

Les écoles privées, comme les écoles de commerce, certaines écoles d’ingénieurs, de communication et de design, misent davantage sur l’encadrement, le réseau d’anciens élèves et les liens directs avec les entreprises. L’accès à des stages, à l’alternance et parfois à un premier emploi s’en trouve facilité. En contrepartie, les frais de scolarité peuvent être élevés, même si des bourses et surtout l’alternance permettent souvent de les couvrir.

École privée après le bac 🚀

Avantages et inconvénients avant de te décider

Il existe aussi un troisième territoire, souvent méconnu : celui des formations publiques qui n’ont rien à voir avec la fac classique. Le public, en France, ce n’est pas que l’université généraliste, c’est aussi un écosystème d’établissements spécialisés, sélectifs et reconnus dans leurs domaines :

  • Pour le management et la gestion, les IAE (Instituts d’Administration des Entreprises), rattachés aux universités, affichent un taux d’insertion professionnelle à 6 mois de 84 %, d’après les résultats de l’enquête d’insertion sur les diplômés de 2024 menée par le réseau des IAE. Compte aussi des frais d’inscription comparables à ceux de l’université : autour de 170 € pour les formations en licence et 250 € pour les formations en master.
  • Pour les arts et le design, des écoles comme l’EnsAD (École nationale supérieure des Arts Décoratifs), l’ENSBA (École nationale supérieure des Beaux-Arts) ou encore l’ENSCI-Les Ateliers sont des établissements publics sous tutelle du ministère de la Culture, sélectifs sur concours, dont les diplômes confèrent le grade de master (ce ne sont pas des « mastères »).
  • Pour les sciences sociales et humaines, l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales) constitue une référence de rang mondial dans son domaine.
  • Et pour ceux qui visent la communication ou les sciences de l’information, le CELSA, rattaché à Sorbonne Université, combine la légitimité académique du public et l’exigence d’une grande école spécialisée.
  • Etc.

Ces formations méritent d’être explorées avant de conclure trop vite que « public » rime nécessairement avec « généraliste ».

Pour comparer les établissements, les taux d’insertion publiés par les écoles constituent un bon point de départ, mais tu ne dois pas t’en arrêter là. Le marché de la formation privée compte malheureusement quelques établissements qui misent davantage sur le marketing que sur la qualité pédagogique. Vérifie que la formation est bien reconnue par l’État, c’est-à-dire qu’elle mène à un diplôme national ou à un titre certifié inscrit et actif au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).

Ne tombe pas dans le piège des écoles frauduleuses ⚠️

Consulte les avis d’anciens étudiants sur plusieurs sources ou contacte-les via LinkedIn,par exemple. Visite le campus et pose des questions précises sur les débouchés réels et les entreprises partenaires. Une bonne école n’a rien à cacher !

Alternance ou temps plein : une question de rythme et de maturité

L’alternance (contrat d’apprentissage ou de professionnalisation) a le vent en poupe depuis quelques années et pas sans raison. Elle te permet d’être rémunéré pendant ta formation, de construire une expérience professionnelle réelle dès le départ et de mettre un pied dans une entreprise qui pourrait t’embaucher ensuite.

Reste que l’alternance ne correspond pas à tous les profils. Le rythme est exigeant : tu jongleras entre les semaines en cours et les semaines en entreprise, avec des responsabilités concrètes dès le départ. Certains étudiants ont besoin d’une phase de formation plus immersive avant de se frotter au monde professionnel, et c’est tout à fait légitime. Les formations en temps plein (pas en alternance) permettent souvent plus de mobilité internationale, de projets académiques et d’exploration théorique.

La bonne question à te poser : as-tu déjà une idée du secteur dans lequel tu veux travailler ? Si oui, l’alternance peut être un accélérateur redoutable. Si tu es encore en phase d’exploration, une formation classique te laissera plus de marge pour tâtonner sans pression. Et si l’alternance ne te parle pas du tout en sortant du bac, rien ne t’oblige à y recourir immédiatement. Beaucoup d’étudiants la découvrent plus tard, en cycle master, une fois leur projet professionnel mieux défini.

Il existe aussi d’autres façons de construire une expérience professionnelle solide sans passer par l’alternance. Un stage long intégré au cursus, comme c’est souvent le cas à l’université, notamment en master, ou une année de césure avec un stage en entreprise, pratique courante dans les écoles de commerce, peuvent tout à fait remplir le même rôle. L’essentiel, c’est d’avoir mis un pied dans le monde professionnel avant de décrocher son diplôme.

Par ailleurs, l’alternance n’est pas une exclusivité du secteur privé ni des grandes écoles. Les BUT (Bachelor Universitaire de Technologie) et les licences professionnelles (en un an) y ont largement recours, souvent dès la deuxième ou troisième année.

Tu recherches une formation en alternance ? 🔎

C’est toi le personnage principal de ton orientation : mène l’enquête

L’orientation ne doit pas être subie. Elle se construit activement ! Et cela demande un minimum d’investigation. Commence par visiter les journées portes ouvertes (JPO) : c’est fait pour ça et c’est souvent là que les discours de façade s’effritent au contact de la réalité.

Lis attentivement les maquettes pédagogiques des formations, disponibles sur les sites des établissements, ainsi que les fiches Parcoursup des formations. Elles te disent concrètement ce que tu vas faire pendant trois ou cinq ans, semaine après semaine, et ce qu’on attend de toi pour être sélectionné. Ces informations t’aident aussi à savoir si tu peux te plaire dans cette formation ou non.

Fiche formation Parcoursup 📝

Comment bien les lire et les comparer ?

Interroge des étudiants actuels ou des anciens : un témoignage honnête vaut infiniment plus qu’un prospectus bien écrit. Et surtout, garde en tête que personne ne fera ce travail à ta place. Tes parents peuvent t’accompagner, tes profs peuvent t’orienter, Internet peut t’informer, mais c’est toi qui vas vivre cette formation pendant deux, trois ou cinq ans. C’est toi le personnage principal.

Et si malgré tout ça tu te rends compte, en cours de route, que tu t’es trompé de voie ? Pas de panique : la réorientation existe et elle n’est pas synonyme d’échec. Loin de là. Elle est même souvent le signe que tu te connais mieux qu’avant, ce qui est déjà une forme de progression. Et surtout, tu n’es pas forcément condamné à reprendre à zéro : les passerelles sont nombreuses.

Prêt(e) à trouver ta formation ? 🚀

Les écoles privées recrutent régulièrement en admissions parallèles (en deuxième ou troisième année) sur dossier et concours. À l’université, des équivalences permettent de changer de filière sans tout perdre. Après une classe préparatoire (CPGE), une intégration en licence 3 est tout à fait envisageable si le concours ne s’est pas passé comme prévu. Entre filières professionnelles, les passerelles existent aussi : d’un BTS vers une licence pro, d’un BUT vers un master. Autrement dit : une mauvaise orientation de départ n’est jamais définitive.

Ce qui compte, c’est de ne pas rester immobile. L’enseignement supérieur français est truffé de portes dérobées, à condition de savoir qu’elles existent et de frapper au bon endroit.

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