- Salaire mensuel net : de 1 440 à 2 800 €
- Niveau de diplôme requis : bac+2 à bac+3
- Sélectivité : 6/10
Les missions de l’orthopédiste : réparer la marche, redonner confiance
Être orthopédiste, c’est bien plus qu’un métier technique : c’est jouer un rôle clé dans la chaîne de soins, au carrefour entre médecine, ingénierie et relation humaine. Ton objectif au quotidien ? Concevoir des dispositifs médicaux qui s’adaptent parfaitement aux besoins de chaque patient. Que ce soit après une chirurgie, un accident ou pour corriger une malformation, tu es là pour redonner confort, mobilité, autonomie et surtout beaucoup de confiance.
Première grande mission : concevoir et fabriquer des appareillages orthopédiques sur mesure. Ici, pas question de taille unique. Chaque patient est différent, et toi tu conçois des orthèses, prothèses, corsets, ou encore semelles personnalisées. Tes créations sont uniques, calibrées au millimètre, parce qu’un centimètre de trop ou un mauvais angle peut changer totalement le confort et l’efficacité du dispositif. C’est un peu de l’artisanat de haute précision… Sauf qu’au lieu de fabriquer des chaussures de luxe, tu crées de la mobilité.
Ensuite, tu dois adapter ces dispositifs aux besoins médicaux de chaque patient. Ça veut dire analyser des comptes-rendus médicaux, discuter avec les équipes soignantes et surtout observer ton patient : sa posture, sa démarche, ses habitudes de vie. Tu deviens un traducteur entre le diagnostic médical et la réalité quotidienne. Parfois, il faut assouplir un corset pour qu’il soit supportable au quotidien, ou retoucher une prothèse pour qu’elle suive le rythme d’un sportif.
- Salarié ou indépendant
- Métier utile/d’avenir
- Contact avec le public
Tu ne travailles jamais en solo : la collaboration avec les médecins, chirurgiens et kinésithérapeutes est constante. Un orthopédiste est un maillon d’une équipe de soins. Le chirurgien propose une opération, le kiné rééduque, et toi, tu fournis l’appareillage qui permet de mettre tout cela en pratique. Bref, sans toi, le puzzle reste incomplet.
Autre aspect essentiel : le conseil et l’accompagnement des patients. Parce qu’avoir une orthèse, un corset ou une prothèse, ce n’est pas évident psychologiquement. Toi, tu prends le temps d’expliquer, de montrer comment mettre l’appareil, comment l’entretenir, et surtout tu rassures. Le patient n’achète pas un simple objet : il adopte un outil qui change sa vie, parfois pour longtemps. Ton écoute et ta pédagogie font toute la différence.
Enfin, ton travail ne s’arrête pas une fois l’appareillage livré. Tu assures le suivi technique et médical : ajustements réguliers, réparations, vérifications des appareillages… Un dispositif peut évoluer avec le temps – parce que le corps du patient change, parce que son état de santé progresse ou régresse, parce que son activité physique s’intensifie. Toi, tu es là pour que l’orthèse ou la prothèse continue de remplir sa mission.
Concrètement, tu travailles dans des ateliers spécialisés, des centres hospitaliers, des cliniques, des entreprises de matériel médical ou en tant qu’indépendant. Tu es en contact direct avec les patients, médecins orthopédistes, chirurgiens, kinésithérapeutes, infirmiers et techniciens de santé.
En France, environ 4 000 orthopédistes-orthésistes exercent aujourd’hui, mais les besoins augmentent avec le vieillissement de la population et le développement de la chirurgie orthopédique.
Études pour devenir orthopédiste : entre santé et technique
- Coût de la formation : entre gratuit et 4 700 euros par an
- Durée des études : 2 à 3 ans
- Alternance et stages possibles
- Concours : non
Pour devenir orthopédiste, il faut suivre une formation spécialisée avant et après le bac. Avant d’entamer des études supérieures en lien avec l’orthopédie, il faut réaliser :
- un CAP opérateur en appareillage orthopédique-spécialité orthoprothèse
- un bac général avec des spécialités scientifiques (mathématiques, physique-chimie…)
- un bac technologique ST2S ou STI2D (spécialité innovation technologique et écoconception)
La voie post-bac la plus connue est le titre RNCP d’orthopédiste-orthésiste, sans oublier le BTS orthoprothésiste. Attention, le BTS prothésiste-orthésiste fait partie des rares BTS dispensés en trois ans de formation au lieu de deux. Il est accessible en alternance pour réduire les frais de scolarité et bénéficier d’une expérience sur le terrain.
L’orthopédiste doit obtenir une certification professionnelle pour exercer. Selon le niveau visé (bac+2, bac+3, bac+5), tu peux devenir technicien orthésiste, concepteur d’appareillage complexe ou même ingénieur spécialisé dans la recherche médicale.
Tu peux aussi venir d’un parcours médical (infirmier, kiné, podologue) et te spécialiser. Par exemple, certaines universités proposent des DU en orthopédie pour les étudiants en pharmacie. La formation associe cours théoriques (anatomie, physiologie, biomécanique, psychologie) et pratique en atelier : prise de mesures, moulage, conception assistée par ordinateur, finitions manuelles.
- CAP opérateur en appareillage orthopédique-spécialité orthoprothèse
- Titre RNCP d’orthopédiste-orthésiste
- BTS orthoprothésiste
Qualités et compétences : précision, empathie et patience
Être orthopédiste, c’est un métier qui demande un savant mélange de rigueur scientifique, de savoir-faire manuel et d’humanité.
Tu dois d’abord être minutieux et rigoureux. Chaque millimètre compte lorsqu’il s’agit d’un appareillage orthopédique : un corset mal ajusté ou une semelle mal taillée peut provoquer plus de douleur que de soulagement.
Ensuite, il faut une grande dose d’empathie et de patience. Tu travailles avec des patients qui ont subi une chirurgie, un accident ou qui vivent avec une pathologie chronique. Certains peuvent être découragés, inquiets ou souffrants. Tu dois savoir écouter, rassurer et accompagner dans la durée.
La créativité est également une qualité précieuse. Même si tu travailles dans un cadre médical, tu dois parfois imaginer des solutions adaptées à des situations uniques. Pas deux patients ne se ressemblent : tu ajustes sans cesse tes techniques et tes appareillages.
Enfin, être orthopédiste demande un vrai sens du travail en équipe. Tu collabores avec des médecins, des kinés, des ingénieurs biomédicaux. Ton rôle est de faire le lien entre la théorie médicale et la pratique concrète, en tenant compte à la fois des prescriptions médicales et des besoins du patient.
- Analyser la prescription médicale, puis la traduire en un appareillage adapté. Cela passe par la prise de mesures précises, le moulage du corps du patient, l’utilisation de logiciels de conception assistée par ordinateur (CAO) et la manipulation de matériaux modernes (résines, fibres de carbone, alliages).
- Réaliser des orthèses pour soutenir une articulation ou des prothèses pour remplacer un membre manquant. Tu ajustes chaque appareillage directement sur le patient, en veillant à son confort et à sa sécurité.
- Assurer le suivi régulier des appareillages : ton activité implique aussi une dimension de maintenance. Tu répares, ajustes ou modifies si besoin.
- Respecter les normes médicales et de sécurité, car chaque appareil est considéré comme un dispositif médical soumis à une certification stricte.
Marché de l’emploi : un secteur en pleine expansion
Le marché de l’emploi des orthopédistes est dynamique. Avec le vieillissement de la population, la hausse des maladies chroniques et les progrès de la chirurgie orthopédique, la demande en appareillage ne cesse de croître.
Tu peux travailler dans :
- Les hôpitaux et cliniques
- Les cabinets spécialisés en appareillage orthopédique
- Les entreprises de matériel médical
- À ton compte en tant qu’indépendant
Les offres sont nombreuses dans les grandes villes, mais aussi en zones rurales où les professionnels de santé sont très recherchés. Bref, si tu cherches un emploi stable et utile, le métier d’orthopédiste coche toutes les cases.
Évolution de carrière : vers la spécialisation ou l’indépendance
Après quelques années d’expérience, tu peux choisir de te spécialiser : appareillages pédiatriques, orthopédie du sport, appareillages post-chirurgie lourde, etc. Tu peux aussi devenir responsable d’atelier, encadrer une équipe de techniciens, ou t’orienter vers la recherche médicale en collaboration avec des ingénieurs biomédicaux.
Beaucoup d’orthopédistes choisissent également la voie de l’indépendance en ouvrant leur propre cabinet. C’est une activité exigeante mais gratifiante, qui permet une grande autonomie et un lien privilégié avec les patients.
Salaire de l’orthopédiste : du sur-mesure aussi dans la paie
Orthopédiste débutant :
- Salaire net mensuel : 1 440 € - 1 600 €
- Salaire brut annuel : 22 200 € - 24 000 €
Orthopédiste expérimenté :
- Salaire net mensuel : 2 300 - 2 800 €
- Salaire brut annuel : 34 700 - 42 200 €
En début de carrière, un orthopédiste gagne environ le SMIC et 1 600 € net par mois. Avec de l’expérience et quelques spécialisations, le salaire grimpe rapidement entre 2 300 et 2 800 € net mensuels. Un orthopédiste indépendant ou dirigeant de son propre cabinet peut aller beaucoup plus loin, selon sa réputation, sa clientèle et son implantation géographique. Certains professionnels spécialisés dans les appareillages complexes ou sportifs dépassent les 3 500 € nets mensuels.


