- Salaire mensuel net : de 3 500€ à 8 000€
- Niveau de diplôme : bac+11 à bac+12
- Sélectivité : 1/10
Les missions et le quotidien d'un chirurgien : dans la peau de celui qui sauve des vies
Tu te dis que le chirurgien est juste un « mécanicien du corps humain » ? Détrompe-toi ! Chirurgie viscérale,orthopédique, cardiaque, neurochirurgie... Chaque spécialité a son terrain : fractures, tumeurs, prothèses, transplantations. En bref, il y a autant de disciplines qu’il y a de parties dans ton corps.
Son job ne s'arrête pas au bloc. En amont, il reçoit ses patients en consultation, prescrit des examens (scanners, IRM), pose son diagnostic et décide avec le patient si l'opération est nécessaire. Options, risques, temps de récupération : cette phase de dialogue est cruciale pour rassurer.
Le jour J, au bloc, le chirurgien devient chef d'orchestre : infirmiers de bloc, aide-soignants, anesthésistes, internes... Il vérifie que tout est parfait côté stérilisation et que chacun connaît son rôle. Pendant l'opération – de 30 minutes à plusieurs heures –, concentration absolue et dextérité millimétrique : il va déployer tout son talent pour guérir la personne qui est sur la table. Un geste trop rapide ? Les conséquences peuvent être dramatiques. Autant te dire que la gestion de la pression, ça le connaît !
Après l'intervention, il assure le suivi post-opératoire : cicatrisation, gestion de la douleur, traitements adaptés. Une mission de long terme qui exige autant de compétences médicales que d'empathie et d’écoute. Chaque détail divulgué par le patient compte.
Le chirurgien peut exercer en hôpital public, clinique privée, CHU (où il enseigne aussi) ou en cabinet libéral avec des interventions en clinique. Certains combinent hôpital et libéral, c'est l'activité mixte.
- Métier à haute responsabilité
- Horaires contraignants
- Métier stressant
Soigne ton cardio : le quotidien du chirurgien, c'est du sport. Les journées peuvent démarrer aux aurores avec des opérations qui s'enchaînent, des consultations ou des réunions. Et quand tu es de garde, l’intervention à 3h du matin est possible.
Peu importe l'heure, tu ne seras jamais seul. Tu auras toute une myriade d’interlocuteurs : patients, confrères, infirmiers, infirmiers de bloc, aides-soignants, internes, parfois même la direction de l’hôpital… En bref, tu collabores avec tous ceux qui n’ont qu’une priorité : assurer la guérison de tout un chacun.
Les chirurgiens participent à un système d'astreintes et de gardes pour pouvoir intervenir en urgence, 24h/24 et 7j/7. Pas de week-end tranquille garanti !
Les études pour devenir chirurgien : un marathon académique
- Coût de la formation : de 170€ à 600€/an
- Durée des études : 11 à 12 ans minimum
- Alternance et stages possibles : oui (externat et internat en milieu hospitalier)
- Concours : oui (Épreuves Dématérialisées Nationales)
Devenir chirurgien, c'est s'engager dans l'un des parcours les plus longs et les plus exigeants de l'enseignement supérieur. Accroche-toi bien : il te faudra au minimum 11 ans d'études après le bac. Autant dire que la motivation et la détermination sont tes meilleures alliées !
Quelles spécialités au bac pour devenir chirurgien ?
Pour maximiser tes chances d'être admis en PASS ou LAS sur Parcoursup, certaines spécialités sont fortement recommandées :
- Physique-Chimie + SVT : le duo gagnant ! Ces deux matières sont les plus choisies par les admis. Elles te préparent parfaitement aux enseignements scientifiques de la première année.
- Mathématiques + Physique-Chimie : une combinaison solide, surtout si tu es à l'aise avec l'analyse et la rigueur scientifique. Les maths sont utiles pour les statistiques et la méthodologie scientifique.
- Mathématiques + SVT : moins fréquent mais tout à fait envisageable, notamment si tu vises une LAS scientifique.
D'après les données du ministère de l'Enseignement supérieur, près de la moitié des admis en PASS suivaient la combinaison Physique-Chimie+SVT en Terminale.
PASS et L.AS : les débuts dans le monde de la santé
Tout commence par l'accès aux études de médecine. Depuis la réforme de 2020, il existe deux voies principales sur Parcoursup : le PASS (Parcours d'Accès Spécifique Santé) et la L.AS (Licence avec Accès Santé). Le PASS propose une majeure santé (biologie, biochimie, anatomie, physiologie) complétée par une mineure au choix (droit, lettres, économie...). La LAS, elle, te permet de suivre une licence classique (droit, STAPS, sciences...) avec une option santé en parallèle.
L'admission en deuxième année de médecine est ultra-sélective et se joue sur ton dossier et tes examens. Si tu échoues en PASS, tu ne peux pas redoubler mais tu peux poursuivre en L.AS 2 et retenter ta chance. En L.AS, tu as deux chances de candidater pendant ton cycle de licence.
Le parcours des études de médecine en 5 ans
Une fois admis en deuxième année, tu entames deux cycles de médecine. Celui des fondamentaux (2 ans), puis celui de l’externat (3 ans). Tu découvres concrètement le milieu hospitalier, les différentes spécialités médicales et chirurgicales, et tu apprends progressivement les gestes techniques de base.
À la fin de la sixième année, tu passes les Épreuves Classantes Nationales (ECN), rebaptisées EDN (Épreuves Dématérialisées Nationales) et complétées par des ECOS (examens cliniques objectifs structurés). Ton classement à ce concours national détermine ta spécialité et ton CHU de rattachement. Les spécialités chirurgicales, très prisées, nécessitent un excellent classement.
La chirurgie est l'une des voies les plus compétitives. Seuls les meilleurs classés pourront choisir les spécialités les plus demandées comme la neurochirurgie ou la chirurgie cardiaque.
L'internat de chirurgie en cinq ans
Bienvenue dans le troisième cycle ! L'internat dure cinq ans pour les spécialités chirurgicales. Tu es désormais interne en chirurgie et tu travailles quasi exclusivement en milieu hospitalier, encadré par des chirurgiens seniors. C'est le moment où tu apprends véritablement ton art au contact de tes pairs, en réalisant des actes de plus en plus complexes sous supervision. L'internat est une période intense mais fondatrice, où tu effectues de nombreuses gardes et où tu acquiers ton expertise technique.
À l'issue de l'internat, tu soutiens ta thèse de médecine et tu obtiens ton Diplôme d'Études Spécialisées (DES) en chirurgie.
Les qualités et compétences du chirurgien : une main de fer dans un gant de latex
Le chirurgien doit posséder un cocktail de qualités humaines et techniques assez unique. Commençons par le sang-froid. Face à une hémorragie imprévue au bloc ou à une complication pendant l'intervention, impossible de paniquer. Tu dois garder ton calme, analyser rapidement la situation et prendre les bonnes décisions en quelques secondes. C'est la vie du patient qui est en jeu et ton équipe compte sur toi pour garder le contrôle.
La précision et la dextérité manuelle sont tout aussi cruciales. Tes gestes doivent être millimétrés, surtout en microchirurgie ou en neurochirurgie où tu opères sur des structures minuscules et fragiles. Certains chirurgiens comparent leur métier à celui d'un artisan horloger !
Ces opérations peuvent durer parfois jusqu'à 10 heures ! Pendant tout ce temps, tu restes debout, concentré et sans pause. L'endurance physique et mentale est donc indispensable ! Pendant tout ce temps, tu restes debout, concentré, sans pause. Tu devras garder une condition physique solide et une capacité à rester lucide même après une nuit de garde éprouvante.
Enfin, ne néglige pas les compétences relationnelles. Contrairement aux clichés, le chirurgien n'est pas qu'un technicien froid et distant. Tu dois savoir écouter tes patients, comprendre leurs craintes, expliquer clairement les enjeux d'une intervention et travailler en équipe avec d'autres médecins, anesthésistes et infirmiers. L'empathie et la pédagogie font partie intégrante du métier !
- Maîtrise de l'anatomie humaine : une connaissance parfaite du corps humain est indispensable pour intervenir en toute sécurité sur les différents organes et structures.
- Techniques opératoires avancées : de la chirurgie classique à la microchirurgie en passant par la cœlioscopie (chirurgie mini-invasive), tu dois maîtriser un large éventail de gestes techniques et savoir utiliser des technologies de pointe comme la robotique chirurgicale.
- Gestion de crise et réanimation : savoir réagir face aux complications per-opératoires (hémorragie, arrêt cardiaque) et connaître les protocoles de réanimation immédiate.
Les perspectives d'insertion professionnelle pour le chirurgien : longue vie à ce professionnel de santé
Avec cette spécialité de médecine : pas de galère d'insertion. Le métier de chirurgien offre d'excellentes perspectives d'insertion. La demande est forte et constante, tant dans le secteur public que privé. Selon les données disponibles, c'est un domaine où la concurrence est réduite en raison de la longueur et de la difficulté des études. Une fois ton DES en poche et tes années de chef de clinique effectuées, tu as de grandes chances de trouver rapidement un poste.
En France, près de 25% des chirurgiens exercent en libéral, 63 % sont salariés (notamment en hôpital public) et près de 12% ont une activité mixte. Les hôpitaux publics recrutent régulièrement des praticiens, tandis que les cliniques privées recherchent activement des chirurgiens compétents pour étoffer leurs équipes. Certaines régions, notamment rurales ou désertées médicalement, offrent même des primes d'installation pour attirer les jeunes praticiens.
En 2024, plus de 9 millions d’interventions chirurgicales ont été réalisées au sein de l’Hexagone. Un chiffre qui a été multiplié par 3 en près de 50 ans.
Évolution pro du chirurgien : quelle mutation pour l’ADN de cet expert du corps humain ?
Le métier de chirurgien offre plusieurs possibilités d'évolution au fil de la carrière. Si tu exerces à l'hôpital, tu peux gravir les échelons et devenir chef de service, avec des responsabilités managériales et organisationnelles en plus de ton activité opératoire. Tu encadres alors une équipe de médecins, d'internes et de personnel soignant, et tu participes à la définition des orientations stratégiques de ton service.
Les chirurgiens en CHU peuvent également se tourner vers l'enseignement et la recherche. En devenant Maître de Conférences des Universités - Praticien Hospitalier (MCU-PH) ou Professeur des Universités - Praticien Hospitalier (PU-PH), tu combines activité clinique, enseignement aux futurs médecins et projets de recherche médicale. Une voie prestigieuse mais exigeante !
Si tu es davantage attiré par l'entrepreneuriat, tu peux te mettre à ton compte en libéral et ouvrir ton propre cabinet, tout en pratiquant tes interventions dans des cliniques partenaires. Certains chirurgiens exercent même à l'international, dans des cliniques de renommée mondiale en Suisse, aux États-Unis ou au Moyen-Orient, où les salaires peuvent être nettement supérieurs.
Enfin, tu peux te sur-spécialiser dans un domaine ultra-pointu : chirurgie de la main, chirurgie robotique, chirurgie bariatrique… Ça t’intéresse ? N’hésite pas à te tourner vers des Diplômes Universitaires (DU) ou Diplômes Inter-Universitaires (DIU) pour devenir un expert reconnu dans ces domaines !
Le salaire du chirurgien : entre prestige et réalité
Débutant :
- Net mensuel : 3 500€ à 4 500€
- Brut annuel : 50 000€ à 65 000€
Expérimenté :
- Net mensuel : 6 000€ à 8 000€
- Brut annuel : 90 000€ à 120 000€
Le salaire d'un chirurgien varie énormément selon plusieurs facteurs : son statut (public, privé, libéral), son expérience, sa spécialité et sa localisation géographique. Dans la fonction publique hospitalière, la grille indiciaire fixe les rémunérations. Un chirurgien praticien hospitalier débutant gagne environ 4 600€ bruts par mois, auxquels s'ajoutent des primes et les gardes, qui peuvent représenter un complément conséquent (entre 500€ et 2 000€ par mois selon le nombre de gardes effectuées). Au total, cela fait donc entre 3 500 et 5 000 euros nets par mois.
Avec l'expérience, un chirurgien hospitalier peut atteindre 8 000€ à 10 000€ bruts mensuels en fin de carrière ! Soit 7 800€ net à la fin du mois.
Dans le secteur privé, les rémunérations sont souvent plus attractives, surtout en libéral. Un chirurgien en clinique privée peut gagner entre 7 000€ et 10 000€ nets mensuels en moyenne, voire beaucoup plus pour certaines spécialités très demandées comme la chirurgie esthétique ou la chirurgie orthopédique.
En libéral, tu es payé à l'acte, ce qui signifie que ton revenu dépend directement du nombre d'interventions que tu réalises. Les chirurgiens en secteur 2 (avec dépassements d'honoraires) peuvent même atteindre des revenus annuels de 200 000€ à 300 000€, voire plus pour les plus réputés.
Les chirurgiens libéraux doivent supporter des charges importantes : cotisations sociales, assurance responsabilité civile professionnelle (très coûteuse !), location du cabinet, matériel médical... Ces frais peuvent représenter 50% à 60% du chiffre d'affaires. Un revenu brut élevé ne signifie pas forcément un revenu net confortable !
La spécialité joue également un rôle clé. Un chirurgien de la main peut dépasser les 240 000€ brut annuels en raison de la complexité et de la technicité de ses interventions. Les neurochirurgiens et chirurgiens cardiaques figurent également parmi les mieux rémunérés, avec des salaires moyens autour de 94 000€ à 96 000€ brut par an.
En Suisse, au Luxembourg ou aux États-Unis, les chirurgiens peuvent gagner le double de ce que perçoit un professionnel en France ! De quoi envisager une expatriation si tu vises les sommets financiers.


