- Salaire moyen mensuel net : 1 500 à 2 500€
- Niveau de diplôme : Aucun diplôme à bac+5
- Sélectivité : 4/10
Les missions et le quotidien du comportementaliste animalier : décrypter le langage animal
Tu l'as compris, le comportementaliste animalier n'est pas là pour apprendre à ton chien à s'asseoir sur commande. Son rôle ? Comprendre pourquoi Médor détruit tout dès que tu pars bosser ou pourquoi Minou refuse catégoriquement d'utiliser sa litière. C'est un peu le psychologue des animaux, celui qui analyse la relation entre le maître et son compagnon pour identifier l'origine des troubles comportementaux.
Au quotidien, ce professionnel commence par observer l'animal dans son environnement naturel, souvent au domicile du propriétaire. Il pose des questions, beaucoup de questions : depuis quand le problème existe-t-il ? Comment réagissez-vous face à ces comportements ? Quelle est la routine de votre animal ? Grâce à cet entretien approfondi et à ses observations, il établit un diagnostic comportemental. Par exemple, un chat qui fait pipi partout peut exprimer un stress lié à un déménagement récent ou à l'arrivée d'un nouveau membre dans la famille.
Savais-tu que chaque chat miaule différemment selon la personne à qui il s'adresse ? En effet, les chats n'utilisent pas le miaulement pour communiquer entre eux, mais uniquement avec les humains ! Chaque félin adapte son langage à chaque membre de la famille.
Une fois le problème identifié, le comportementaliste propose des solutions concrètes et personnalisées. Il peut s'agir de modifier l'aménagement du lieu de vie de l'animal, d'ajuster certaines habitudes du propriétaire ou de mettre en place des exercices de désensibilisation progressifs. Il ne travaille pas seul : il peut collaborer avec des vétérinaires pour écarter toute origine médicale au trouble, ou avec des éducateurs canins pour compléter son intervention par du dressage.
Le comportementaliste peut aussi intervenir en prévention, notamment avant l'adoption d'un animal. Il conseille alors les futurs propriétaires sur le choix de l'espèce et de la race les mieux adaptées à leur mode de vie. Une personne vivant en appartement qui travaille 50 heures par semaine ne devrait peut-être pas adopter un Border Collie qui a besoin de courir trois heures par jour !
- Métier passion
- Horaires contraignants
- Déplacements requis
- Contact avec le public
La plupart du temps, ce professionnel exerce en libéral et se déplace au domicile de ses clients. Mais il peut aussi travailler dans des structures comme des refuges, des élevages ou des cabinets vétérinaires. Ses interlocuteurs sont variés : propriétaires d'animaux bien sûr, mais aussi vétérinaires, éducateurs canins, éleveurs et parfois même des entreprises possédant des chiens de travail.
Il ne faut pas confondre comportementaliste et éducateur canin ! L'éducateur apprend à l'animal des ordres et des règles de vie, tandis que le comportementaliste s'intéresse à la psychologie de l'animal et aux troubles émotionnels qui affectent sa relation avec son maître.
Les études pour devenir comportementaliste animalier : plusieurs chemins pour un même objectif
- Coût de la formation : de 0 à 7 000€ par an
- Durée des études : de quelques mois à 5 ans
- Alternance et stages: oui
- Concours : non
Tu veux te lancer dans cette aventure ? Bonne nouvelle ! Il n’y a pas besoin de diplôme pour exercer ce métier. Toutefois, cela peut rassurer tes clients.
Quelles spécialités au bac pour devenir comportementaliste animalier ?
Si tu es encore au lycée et que tu vises ce métier, privilégie le bac général avec certaines spécialités scientifiques. La SVT (Sciences de la Vie et de la Terre) est incontournable car elle te donne des bases solides en biologie animale et en écologie. Tu peux la combiner avec la physique-chimie, pour approfondir ta culture scientifique, ou avec les mathématiques, si tu envisages des études longues en éthologie, qui comportent des aspects statistiques et de modélisation.
Les formations universitaires en éthologie (bac+5)
La voie royale pour devenir comportementaliste passe par l'université. Après ton bac, tu peux intégrer une licence sciences de la vie (bac+3). Cette formation te donne des connaissances approfondies sur le vivant, l'anatomie, la physiologie et l'écologie. Certains étudiants passent aussi par une licence en psychologie, mais le parcours sera plus difficile pour accéder aux masters spécialisés.
Ensuite, direction un master mention éthologie (bac+5), la discipline scientifique qui étudie le comportement animal. Plusieurs universités proposent ce cursus : l'université de Rennes avec le parcours « Comportement animal et humain », Sorbonne Nord avec « Éthologie fondamentale et comparée » ou encore l'université de Saint-Étienne. Ces masters te forment à observer, analyser et comprendre les comportements des animaux dans leur milieu naturel ou en captivité. Si tu veux aller encore plus loin, tu peux poursuivre avec un doctorat (bac+8) pour devenir chercheur en éthologie.
Les écoles privées et les formations professionnelles
Tu peux aussi te former via des écoles privées qui proposent des formations de quelques mois à deux ans. Ces cursus sont souvent accessibles à distance et s'adressent aussi bien aux jeunes diplômés qu'aux adultes en reconversion professionnelle.
Attention toutefois : tous les centres de formation ne se valent pas. Avant de t'engager, renseigne-toi bien sur la qualité de l'enseignement, les retours d'anciens élèves et la reconnaissance du diplôme sur le marché du travail.
Si tu souhaites travailler légalement avec des animaux, il est fortement recommandé de passer l'ACACED (Attestation de Connaissances pour les Animaux de Compagnie d'Espèces Domestiques). Cette certification est délivrée par la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) et atteste que tu possèdes les connaissances nécessaires pour manipuler et prendre soin des animaux. Attention : elle n’est valable que 10 ans.
- Licence en biologie ou sciences de la vie
- Licence en psychologie
- Master mention éthologie
- Formations privées en comportementalisme animalier
- ACACED (certificat recommandé)
Les qualités et compétences requises pour devenir comportementaliste animalier : patience et observation
Pour exceller dans ce métier, la passion des animaux est évidemment indispensable. Mais elle ne suffit pas ! Tu dois aussi développer un sens de l'observation aiguisé. Les animaux ne parlent pas, alors il faut savoir décrypter leurs postures, leurs regards, leurs mouvements d'oreilles ou de queue. Un chien qui bâille n'a pas forcément sommeil : il peut exprimer du stress ou de l'inconfort. Un chat qui détourne le regard montre qu'il se sent menacé. Ces signaux subtils sont la clé pour comprendre ce qui se passe dans la tête de nos compagnons.
L'empathie est une autre qualité essentielle. Tu travailles non seulement avec l'animal, mais aussi avec son propriétaire, qui est souvent désemparé ou culpabilise face aux comportements de son compagnon. Il faut savoir rassurer, expliquer avec pédagogie et ne jamais juger. Certains maîtres ont des réactions inadaptées par manque de connaissance, et ton rôle est de les accompagner avec bienveillance.
Enfin, tu dois faire preuve d'une grande adaptabilité. Chaque situation est unique : un husky hyperactif dans un studio parisien ne demandera pas les mêmes solutions qu'un chat anxieux dans une maison à la campagne. Tu dois aussi être capable de gérer des animaux parfois agressifs ou craintifs, tout en gardant ton calme et ta sécurité.
- Maîtrise de l'éthologie : connaître les comportements naturels de chaque espèce, comprendre leurs besoins physiologiques et émotionnels, et savoir interpréter le langage corporel animal.
- Techniques de rééducation comportementale : savoir utiliser les méthodes de renforcement positif, de désensibilisation progressive ou de contre-conditionnement pour modifier les comportements problématiques.
- Compétences en gestion d’entreprise : étant indépendant, tu dois apprendre à gérer tes finances, faire la promotion de ton activité ou manager des équipes si tu développes ton projet.
Les perspectives d'insertion professionnelle : un marché en développement, mais concurrentiel
Le métier de comportementaliste animalier connaît un vrai essor depuis quelques années. Les Français sont de plus en plus sensibilisés au bien-être animal et cherchent des solutions pour comprendre et accompagner leurs compagnons. Le secteur se développe fortement, notamment grâce à l'influence des réseaux sociaux qui sensibilisent le grand public aux comportements canins et félins.
Cependant, la concurrence est rude, surtout dans les grandes villes où les comportementalistes sont nombreux. La plupart exercent en libéral, ce qui signifie que tu devras te constituer une clientèle solide et te faire connaître via le bouche-à-oreille, les réseaux sociaux ou les partenariats avec des vétérinaires et des éleveurs. Les premiers mois peuvent être difficiles financièrement, le temps que ta notoriété se construise.
Les débouchés existent aussi dans des structures spécialisées : refuges, cabinets vétérinaires, centres de formation, ou même en tant que consultant pour des collectivités ou des entreprises possédant des animaux. Certains comportementalistes développent également une activité de formateur pour transmettre leurs connaissances à d'autres professionnels du secteur animalier.
Les perspectives d'évolution professionnelle : diversifier son activité
En tant que comportementaliste, tu peux choisir de te spécialiser dans une espèce particulière. Devenir comportementaliste équin (aussi appelé "chuchoteur de chevaux"), comportementaliste félin ou expert en comportement des NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie) peut te permettre de te démarquer sur un marché de niche.
Avec de l'expérience, tu peux aussi évoluer vers des métiers connexes. Certains comportementalistes deviennent formateurs dans des écoles spécialisées ou des centres de formation professionnelle. D'autres se tournent vers l'éducation canine en combinant les deux casquettes pour proposer une offre complète : analyse comportementale et apprentissage des ordres de base.
Si tu as un profil académique, tu peux poursuivre vers la recherche en éthologie en intégrant un laboratoire ou une université. Enfin, certains comportementalistes expérimentés deviennent consultants auprès de structures animalières (zoos, parcs, refuges) pour améliorer les conditions de vie des animaux et former les équipes sur place.
Le salaire du comportementaliste animalier : un revenu variable selon l'activité
Débutant :
- Mensuel net : 1 500€ à 1 800€
- Brut annuel : 22 000€ à 27 000€
Expérimenté :
- Mensuel net : 1 900€ à 2 400€
- Brut annuel : 29 000€ à 37 000€
Le salaire d'un comportementaliste animalier dépend énormément de son statut et de son activité. En début de carrière, si tu es salarié dans une structure (refuge, cabinet vétérinaire), tu peux t'attendre à un salaire proche du SMIC, soit environ 1 500 euros nets par mois. Mais la plupart des comportementalistes travaillent en libéral, et dans ce cas, ta rémunération dépendra directement de ton nombre de clients et de tes tarifs.
En général, une consultation à domicile se facture généralement entre 50 et 100 euros, selon ton expérience, ta localisation géographique et la complexité du cas. À Paris et dans les grandes villes, les tarifs peuvent grimper jusqu'à 80-100 euros par séance. En zone rurale, ils sont généralement plus modestes. Le salaire médian de la profession s'établit autour de 2 400 euros nets mensuels pour un comportementaliste confirmé.
Garde en tête que les comportementalistes qui cumulent plusieurs activités (consultations, formations, interventions en entreprise) ont également des revenus plus élevés et plus stables. De quoi vivre pleinement de ta passion.








