Entourée par plusieurs mers et océans, la France fait partie des pays maritimes. Grâce notamment aux outre-mer, le pays dispose de près de 11 millions de km² de zone économique exclusive (ZEE). Selon la Marine nationale, ce sont plus 4000 hommes et femmes qui sont formés et recrutés chaque année.
La France peut notamment compter sur le port du Havre concernant le commerce maritime et la ville de Saint-Nazaire pour la construction navale. Bien que certaines branches restent tendues, l’évolution de la filière permet de recruter pour certains postes, comme dans l’environnement, la construction navale, les énergies et les services portuaires. Grâce à la diversité des branches du secteur maritime, ce sont des métiers aussi bien très qualifiés comme manuels qui sont recherchés et qui restent à pourvoir.
©Capture d’écran / Marine nationale
La Marine nationale est également un établissement qui poste constamment des offres d’emploi. Un processus de recrutement particulier est mis en place. La Marine nationale est ouverte pour tous les citoyens français, avec un niveau minimum 3e. Après envoi du dossier de candidature, un entretien de motivation et des tests d’aptitudes, les personnes sélectionnées passent une formation entre 1 à 4 ans, en fonction du poste et du diplôme.
« À la Marine, nous avons un besoin permanent et nous proposons des postes en fonction des appétences des étudiants », explique Madeen N., chargée de recrutement des officiers mariniers pour le CIRFA de Toulon. « En ce moment, nous recrutons beaucoup dans le secteur de l’aéronautique, des techniciens en aéronautique, des pilotes de la marine, des mécaniciens, électriciens et informaticiens », ajoute-t-elle. « Il suffit de postuler en ligne, tous les postes à pourvoir se trouvent sur le site internet de la Marine nationale. Les candidats peuvent émettre jusqu’à trois choix différents de métiers », indique Madeen.
On peut distinguer différentes branches dans le secteur maritime, parmi lesquelles :
- Transport
- Industrie navale
- Pêche
- Énergies fossiles et renouvelables
- Biotechnologie
- Aquaculture
- Tourisme
- Environnement
- Sécurité
- Câbles sous-marins
- etc.
Si vous rêvez d’intégrer la Marine nationale, lancez-vous ! « Même si ce n’est pas pour y faire carrière, la Marine nationale est une belle expérience ! C’est un secteur avec des valeurs importantes. Il ne faut donc pas avoir peur de tenter ! », affirme la chargée de recrutement.
Pour les plus aventureux, voici donc une liste des métiers qui recrutent dans la mer !
1. Chargé d’étude environnement
Avec les politiques de transition écologique, le chargé d’étude environnement est devenu un acteur indispensable. Auprès d’une entreprise, une institution publique ou d’une association, le chargé d’étude s’occupe de rassembler les informations nécessaires et d’élaborer un rapport, un diagnostic ou un état des lieux en fonction du projet sur lequel il travaille. Il peut, par exemple, aider une institution publique sur les investissements à faire en matière d’aménagement du territoire côtier ou travailler sur un moyen de protéger les espèces marines en voie de disparition. Il doit donc connaître les dernières politiques en matière environnementaleet ses enjeux. Le chargé d’étude environnement peut aussi animer des formations ou des ateliers de sensibilisation sur le sujet.
En milieu marin, le chargé d’étude environnement va notamment travailler sur des projets liés aux enjeux maritimes et à la protection de la biodiversité. Il peut aussi travailler sur des projets liés à l’implantation d’éoliennes en mer. Il peut être considéré comme un chef de projet en milieu aquatique.
Pour travailler en tant que chargé d’étude environnement en milieu marin, un diplôme de niveau bac+5 minimum est obligatoire. En école d’ingénieurs, en école d’agronomie ou à l’université, plusieurs formations spécialisées dans l’environnement marin existent : master sciences de la mer, master environnement, master biologie marine, diplôme d’ingénieur environnement…
2. Mécanicien de marine
Spécialiste des bateaux, le mécanicien de marine travaille exclusivement sur les engins flottants : depuis un simple bateau de plaisance, au chalutier, au pétrolier, jusqu’au navire de la marine nationale et au sous-marin. Comme un mécanicien auto, il s’occupe de la maintenance de la machinerie, répare et installe les nouveaux matériaux sur les bateaux dont il a la charge. Il peut aussi bien travailler sur terre qu’en mer. Il doit avoir des connaissances pointues sur les règles de sécurité et les normes à suivre. Il peut aussi exercer le métier d’électrotechnicien naval.
Les formations pour devenir mécanicien de marine commencent dès la 3e avec plusieurs CAP, comme le CAP réparation et entretien des embarcations de plaisance et le CAP maritime de matelot. Ces diplômes peuvent être suivis par la mention complémentaire mécatronique navale. Au lycée, les bacs professionnels électromécanicien de marine, maintenance nautique, et maintenance des systèmes de production connectés en option marine nationale permettent aussi d’accéder à ce métier. En études supérieures, le BTS conception et industrialisation en construction navale et le BTS maritime maintenance des systèmes électro-navals le permettent également.
3. Marin pêcheur
Le marin pêcheur a une double casquette. Il s’occupe aussi bien du bateau et de son entretien, que du poisson en participant aux activités de pêche. Ce spécialiste du monde de la mer ne se limite pas à entretenir le bateau. Il s’occupe également du matériel de pêche, qu’il doit réparer s’il se casse, par exemple. Filets de pêche, lignes… Rien ne lui échappe, pas même les poissons ! Sur le navire, il les pêche, les lave et assure leur conservation en les salant et en les mettant dans des congélateurs. Ce métier nécessite d’avoir une grande capacité de résistance et de bonnes conditions physiques pour résister aux longs horaires de travail et aux intempéries. Évidemment, il faut aimer la mer et être passionné par la nature.
Pour devenir marin pêcheur, vous pouvez réaliser un CAP maritime, un bac pro électromécanicien de marine, un bac pro conduite et gestion des entreprises maritimes, options pêche et commerce ou bien un BTS maritime, pêche et gestion de l’environnement marin.
©Capture d’écran / Marine nationale
4. Ingénieur énergie marine
Au-delà d’un simple ingénieur en énergies renouvelables, l’ingénieur en énergie maritime se spécialise dans la production en mer. Il va notamment concevoir et superviser la mise en place d’un parc d’énergie en mer (éoliennes, hydraulique, énergies thermiques…). Avec son équipe, il réalise les différentes étapes de construction d’un système, en prenant en compte l’impact environnemental, la législation et le coût. En tant que chef de projet, il communique avec la direction afin de se mettre d’accord sur le plan à suivre.
À l’université et en école d’ingénieurs, les formations en énergie marine sont nombreuses : master en énergies renouvelables, master environnement… On peut également préparer un diplôme d’ingénieur généraliste et poursuivre vers un master spéen expert en énergies marines, en ingénierie marine, en éolien offshore, etc.
Autre métier qui recrute, celui d’ingénieur en construction navale. Ce professionnel intervient dans la conception et dans la fabrication du navire, tout en essayant de résoudre les éventuels problèmes qui peuvent surgir. Pour exercer ce métier, il faut détenir un diplôme de niveau bac+5 d’une école d’ingénieurs.
5. Charpentier de marine
À l’inverse du simple charpentier, le charpentier de marine s’occupe exclusivement de la construction de la coque d’un bateau de plaisance ou de pêche. Il réalise la charpente entière d’un bateau en s’appuyant sur le plan d’un architecte naval. Outre le squelette du bateau, il peut également fabriquer des éléments intérieurs du bateau en bois comme les meubles ou les escaliers. Il réalise également une maintenance des coques, à travers son entretien. Le charpentier de marine travaille principalement pour un constructeur naval.
Pour devenir charpentier de marine, il ne faut pas faire de très longues études. Vous pouvez commencer par un CAP charpentier de marine, un CAP menuisier installateur ou encore un CAP charpentier bois. Si vous souhaitez aller plus loin dans vos études, vous pouvez opter pour un bac professionnel technicien de fabrication de bois et matériaux associés, un bac pro technicien menuisier agenceur ou un bac pro maintenance nautique. Si vous voulez suivre des études supérieures, il existe le BTS CICN (construction et industrialisation en construction navale).
6. Matelot
Le matelot est au bateau ce que le responsable de cabine est à l’avion. Il assure le transport des passagers et des marchandises, en veillant aux consignes de sécurité, le tout sous les ordres du capitaine du navire. En plus d’accueillir les passagers, il peut aussi réaliser des missions dans la cuisine ou le bar du bateau. Évidemment, certaines tâches d’entretien et de réparation peuvent lui être incombées. Bien que le matelot vit une aventure au quotidien, ce métier n’est pas donné à tout le monde, car le rythme de travail est très soutenu. Les horaires sont décalés et la vie de famille est souvent placée au second plan.
Les formations pour devenir matelot sont sensiblement les mêmes que pour devenir marin pêcheur. On retrouve le CAP maritime, le bac pro électromécanicien de marine et le bac pro conduite et gestion des entreprises maritimes, options pêche et commerce. Vous pouvez aussi intégrer l’École des matelots. N’hésitez pas à vous informer directement sur le site de la Marine nationale.
©Capture d’écran / Marine nationale
7. Ouvrier aquacole ou aquaculteur
Il existe l’agriculteur, qui s’occupe des productions et de l’élevage de la terre, mais aussi l’aquaculteur, qui lui intervient en milieu aquatique. Les missions restent les mêmes, c’est l’espèce animale qui change. Pendant que l’agriculteur élève des vaches, des cochons et des moutons, l’aquaculteur s’occupe lui de poissons, de coquillages, de crustacés et d’algues. L’ouvrier aquacole veille au bien-être des espèces, à leur reproduction et assure les soins si nécessaire. En plus de les élever, c’est lui qui procède ensuite à la vente des produits.
Il existe plusieurs voies pour devenir aquaculteur, allant du CAP à la licence professionnelle. Vous pouvez opter pour un CAP conchyliculture, un CAP développement option gestion et entretien en milieu marin, un bac pro productions aquacoles, un BTSA aquaculture, une licence professionnelle productions animales, etc.
8. Chaudronnier naval
Le chaudronnier naval est capable de construire tout type de bateau grâce à sa maîtrise des métaux et de la soudure. Contrairement au charpentier qui maîtrise la technique du bois, le chaudronnier lui travaille avec du métal, dans le but de réaliser des constructions solides. À travers des dessins et des plans détaillés, il découpe, plie, soude et monte le matériel pour arriver à un résultat final. Pour réaliser ses missions, il se doit d’être minutieux, organisé, autonome et d’avoir une grande résistance physique. En effet, les matériaux qu’il manipule sont lourds, il doit donc avoir de la force.
Vous pouvez devenir chaudronnier naval par le biais de cursus variés, comme le bac pro technicien en chaudronnerie industrielle ou le bac pro fonderie. Ces derniers peuvent être complétés par une mention complémentaire technicien en tuyauterie ou technicien en soudage. Pour aller plus loin, il existe également plusieurs BTS, comme le BTS CRCI (conception et réalisation en chaudronnerie industrielle), le BTS AMCR (architectures en métal : conception et réalisation), le BTS CICN (conception et industrialisation en construction navale) ou encore le BTS Fonderie.
9. Scaphandrier
Plus connu sous le nom de plongeur professionnel, le scaphandrier n’est pas un moniteur de plongée. Il utilise ses compétences sous-marines pour intervenir pour le compte d’une entreprise ou d’une institution publique. Ses tâches sont variées et dépendent de son employeur. Sous l’eau, on peut lui demander de réaliser des travaux industriels sur des plateformes, lors de travaux ou travailler au côté d’un archéologue marin. Il peut, par exemple, faire de la soudure, de la tuyauterie ou de la maçonnerie.
Dans la Marine nationale ou la Police nationale, ce professionnel fait référence au plongeur-démineur qui va plonger pour identifier et neutraliser un engin explosif ou rechercher une épave ou une personne recherchée.
Ce métier est accessible via des formations spécialisées, proposées par des écoles reconnues comme l’École nationale des scaphandriers ou l’Institut national de plongée professionnelle, par exemple.
10. Technicien de maintenance
Affecté à bord des bâtiments de la Marine ou à terre, le technicien de maintenance participe à la conduite, l’entretien, la maintenance et le dépannage des appareils propulsifs (diesel, vapeur, turbine à gaz), des installations frigorifiques, hydrauliques, ou encore pneumatiques. Il intervient également dans la mise en œuvre et la maintenance des réseaux de chauffage et de climatisation, de production et de distribution d’eau et d’air sous pression.
Ce professionnel peut occuper des postes à haute compétence technique à bord des sous-marins. Pour effectuer ce métier, de nombreuses qualités comme le sens de l’organisation et de l’initiative, l’esprit d’équipe, et avoir des capacités d’analyse sont indispensables. Des diplômes comme le BTS maintenance peuvent vous donner accès à ce métier.
Sachez que le panel des métiers proposés par la Marine nationale est bien plus large ! N’hésitez pas à consulter les offres d’emploi directement sur sa plateforme. D’autre part, notez que peu importe votre diplôme, vous bénéficierez toujours d’une formation en interne. « Tout le monde peut entrer dans la Marine. Même sans le bac, les candidats peuvent postuler, puis évoluer en interne », explique Madeen. « Personne ne reste 15 ans dans le même grade. Les professionnels sont formés tout au long de leur carrière pour pouvoir gravir les échelons », ajoute-t-elle. « L’essentiel est d’être motivé, curieux, responsable et de savoir où ils mettent les pieds. La Marine nationale est un réel engagement, et les étudiants doivent en être conscients », conclut la chargée de recrutement.
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