Cette année encore, le droit a été la star des vœux en licence sur Parcoursup® avec plus de 280 000 vœux sur la plateforme en 2021, mais un bon nombre d’étudiants ne parviennent pas à valider leurs crédits ECTS. Que faire si vous venez de louper votre première année de droit ? Comment rebondir et trouver un moyen de réussir vos études ? Faut-il se réorienter ou redoubler ? Diplomeo vous donne toutes les clés pour trouver votre voie après un échec en première année de droit.
Redoubler sa première année de droit
Première possibilité si vous avez raté votre première année de droit dans l’enseignement supérieur après l’obtention de votre baccalauréat : le redoublement. Si vous avez obtenu des notes insuffisantes lors des deux semestres, que vous avez eu des difficultés à réviser pendant les partiels, cette solution peut probablement être la bonne. Vous recommencerez ainsi la prochaine année universitaire en ayant conscience des difficultés, du programme et des efforts à faire pour réussir.
Mieux se préparer en révisant toute l’année
Réussir en première année de licence de droit n’est pas chose aisée. Il faut travailler toute l’année pour obtenir de bons résultats, car la sélection n’est pas simple, que ce soit à l’université ou dans le cadre d’études. En UFR ou IUT par exemple. Si vous n’y êtes pas parvenu, il est important de commencer par réfléchir aux raisons qui ont causé votre échec en première année de droit. Avez-vous suffisamment suivi les cours durant l’année ? Vos révisions ont-elles été satisfaisantes ? N’avez-vous pas eu trop de pression lors des épreuves de rattrapages ?
Si vous n’avez pas réussi votre année, c’est peut-être parce que votre méthode de travail n’est pas la bonne. Vous devez être efficace dans votre travail et réviser de manière régulière tout au long de l’année de cours. L’idéal en première année de droit : faire des fiches de révisions. Cela vous permettra de reprendre votre cours de manière régulière en structurant vos idées, et de le revoir lorsque sera venu le temps des révisions intensives.
Surtout, ne perdez pas espoir : rien n’est perdu. Échouer en première année ne veut pas forcément dire que vous n’êtes pas fait pour les études de droit. D’ailleurs, une grande partie des élèves échouent lors de cette année difficile. En France, seuls 4 étudiants de première année sur 10 réussissent à passer en deuxième année de droit.
Mais sachez que si vous persévérez, que vous révisez de manière plus intensive et que vous êtes rigoureux dans votre travail : il n’y a aucune raison pour que vous ne réussissiez pas à valider votre première année de droit. Le premier semestre n’est pas à négliger, car si vous le bâclez, ce sera déterminant pour la suite de vos études supérieures.
Mieux se préparer en suivant une mise à niveau en droit ou un stage intensif
Autre possibilité en plus du redoublement : suivre une mise à niveau ou un stage intensif en droit, en parallèle de vos cours, ou pendant les vacances universitaires. Formation intensive sur les différentes matières (introduction au droit, droit civil, droit constitutionnel…), partiels blancs, conseils de spécialistes sur la manière de réviser, corrections et devoirs supplémentaires, accès à des vidéos de révision tournées par des professeurs : ces stages ou ces mises à niveau sont un excellent moyen de rattraper votre retard et de progresser rapidement.
Certains étudiants décident de suivre des stages durant une courte période, pendant les vacances pour se remettre à niveau, ou avant les examens pour se préparer. D’autres, décident d’opter pour une formule annuelle, avec un coaching hebdomadaire, un accompagnement. En fonction de vos besoins, choisissez la formule qui vous convient le mieux. Dans tous les cas, ces stages et remises à niveau ne peuvent que vous apporter un plus et vous permettre de réussir votre première année de droit plus facilement.
Se réorienter dans le domaine du droit
Si vous n’avez pas réussi votre première année de droit et que vous estimez que la marche est trop haute à franchir, alors mieux vaut peut-être vous réorienter. Il existe d’autres possibilités qui vous permettront de travailler dans le domaine juridique.
Se réorienter en BTS Notariat
Première opportunité intéressante : le BTS Notariat. Ce diplôme de niveau bac+2 vous permettra d’assister un notaire dans l’accomplissement de certaines tâches (rédaction des actes simples, suivi des dossiers, négociation des biens à vendre ou à louer…). Vous pourrez ensuite continuer vos études en licence professionnelle activités juridiques et obtenir un diplôme de niveau bac+3.
Se réorienter en DUT Carrières juridiques
Autre possibilité pour une réorientation après un échec en première année de droit : le DUT Carrières juridiques. Ce diplôme forme des techniciens supérieurs qui travailleront :
- en secrétariat juridique auprès d’avocats
- au sein de collectivités territoriales
- dans un service juridique
- dans les ressources humaines ou relations internes des entreprises
- dans la gestion de dossiers contentieux au sein de banques ou organismes de prêts
- dans le conseil à la clientèle dans des banques ou organismes de crédit
Après un DUT Carrières juridiques, vous pouvez poursuivre vos études en droit dans de nombreuses universités ! Il existe des passerelles qui permettent d’intégrer la fac de droit en cours d’année d’études. Le DUT est donc un moyen pour vous de contourner les difficultés de la première année de droit à l’université en y revenant après avoir obtenu un bac+2.
Notez que depuis la rentrée 2021, le DUT CJ est devenu le BUT CJ (Bachelor Universitaire de Technologie). Un diplôme reconnu par l’État de niveau bac+3 qui dispose du grade de licence.
Les écoles privées de droit
Dernière possibilité si vous souhaitez rester dans le domaine du droit et que vous êtes étudiants étrangers par exemple : les écoles spécialisées (et privées). Celles-ci sont peu nombreuses, mais elles sont une alternative intéressante pour effectuer un cursus dans le domaine des métiers du droit et de la justice. Certaines de ces écoles sont accessibles après le bac et permettent donc à ceux qui ont échoué en première année de droit à l’université de rebondir.
La plupart du temps, ces établissements privés proposent des formations allant de deux à cinq ans. Ils dispensent un enseignement de qualité et font intervenir de nombreux intervenants professionnels. Cependant, la formation est plus coûteuse que dans des universités puisque ces établissements sont privés.
Nonobstant qu’il en existe moins que dans la sphère publique, certaines d’entre elles proposent des rentrées décalées en école de droit. Nous pouvons citer l’ESAM (école de Management Finance et Droit) en janvier ou février, quel que soit votre niveau d’études, ou encore l’ESMD (école supérieure des métiers du droit), qui vient d’ouvrir une seconde rentrée le 14 février 2022.
L’ESMD propose en effet une rentrée décalée en droit s’adresse à tous publics, que vous soyez déjà étudiant en droit ou non. La différence avec la fac se fera dans la professionnalisation du cursus. En effet, l’alternance ou de longues périodes de stages en entreprise sont proposées dès la première année d’études supérieures. Les enseignants sont à la fois des universitaires et des professionnels du droit. Comme dans la majorité des écoles privées, les classes sont à taille humaine en comparaison des grands amphithéâtres universitaires. Ces classes à petit effectif apportent à chaque étudiant un accompagnement personnalisé et une formation axée sur tous les nouveaux métiers des juristes, selon l’établissement.
Les formations de l’ESMD aboutissent à la délivrance de diplômes de bac +2 à bac +5.
On peut citer :
- le titre RNCP de niveau 5 Assistant juridique
- le Bachelor en Droit des affaires (titre RNCP de niveau 6)
- le Mastère Juriste d’entreprise (titre RNCP de niveau 7 juriste d’affaires)
- le Mastère Droit et conformité (titre RNCP de niveau 7 juriste d’affaires)
Se réorienter dans un autre domaine
Autre possibilité : après une première année loupée dans le domaine du droit, vous souhaitez totalement vous réorienter. Quelles possibilités s’offrent à vous ? Vers quelles formations pouvez-vous vous orienter ? Voici quelques éléments de réponse.
Partir en école de commerce
Après un échec en première année de droit, vous pouvez décider de vous inscrire en école de commerce. Les premières années d’études de commerce sont généralistes et vous permettront de réfléchir encore un ou deux ans à l’orientation précise que vous souhaitez prendre. Pour intégrer une école de commerce, vous pouvez vous inscrire aux concours communs via la plateforme Parcoursup®. Ces concours vous donneront la possibilité de candidater dans plusieurs écoles en même temps. Certains concours sont cependant individuels et donc propres à chaque école ou grande école de commerce.
En revanche, ne vous étonnez pas si certains concours communs ou propres, à post-bac ne figurent pas sur Parcoursup®. Nombre d’écoles de commerce recrutent en dehors de la plateforme. La plupart du temps, vous devrez passer au moins une épreuve écrite et/ou orale qui accompagne un dossier de candidature suivi d’un entretien de motivation. N’hésitez pas à vous renseigner au préalable auprès des écoles de commerce qui vous intéressent pour connaître les modalités d’admission.
Partir en école spécialisée
Outre les écoles de commerce, d’autres écoles spécialisées peuvent vous accueillir après le bac.
- Les écoles de gestion
- Les écoles de management
- Les écoles de communication
- Les écoles du web et de l’internet
- Les écoles de santé
- Les écoles des métiers de l’art
- Les écoles d’architecture
- Les facultés de médecine
- Les écoles d’informatique
- Etc.
Ces établissements vous donneront la possibilité d’intégrer une formation et de vous spécialiser rapidement dans un domaine qui vous intéresse. Le plus important pour intégrer ces établissements est d’avoir une idée de votre projet professionnel et de faire preuve de beaucoup de motivation.
Intégrer un bac+2 ou une licence
Si vous n’avez pas réussi en première année de droit, rien ne dit que vous ne réussirez pas dans une autre licence, à l’université ou au lycée, dans le cadre d’un BTS ou en IUT pour la réalisation d’un BUT en trois ans ou d’un DUT en deux ans. La faculté peut être un très bon moyen de vous réorienter si vous souhaitez abandonner les études de droit. De nombreuses possibilités s’offrent à vous :
- BTS management en hôtellerie et restauration — BTS MHR
- BTS assistant de gestion PME-PMI — BTS AG
- BTS support de l’action managériale — BTS SAM
- BTS assurance
- BTS banque
- BTS commerce international - BTS CI
- BTS communication
- BTS comptabilité et gestion — BTS CG
- BTS édition
- BTS négociation et relation client — BTS NRC
- BTS professions immobilières — BTS PI
- BTS technico-commercial — BTS TC
- DUT génie civil construction durable — DUT GCCD
- DUT génie thermique et énergie — DUT GTE
- DUT génie biologique option agronomie — DUT GBA
- DUT génie biologique option analyses biologiques et biochimiques — DUT GB ABB
- Licence en art
- Licence en économie et en gestion
- Licence en biologie
- Licence de lettres et de langues
- Licence langues étrangères
- Licence physique
- Licence industrie
- Etc.
Témoignages : elles se sont réorientées après une licence de droit
Découvrez les témoignages de Charlotte et Anne-Claire, qui ont su rebondir après une première année en fac de droit.
Anne-Claire : de la licence de droit à la licence d’histoire
C’est le choix qu’a décidé de faire Anne-Claire, 23 ans. Elle raconte son expérience : « Je me suis orientée vers des études de droit, mais je me suis vite rendu compte que les seuls cours qui m’intéressaient étaient les cours d’histoire. J’ai donc arrêté de suivre mon cursus en droit et suis allée, en auditeur libre, écouter des cours d’histoire et m’assurer de mon choix de réorientation. L’année qui a suivi, j’ai intégré une licence d’histoire et tout s’est bien passé. La deuxième année, la charge de travail était importante et le rythme assez dense, mais c’est toujours faisable », témoigne-t-elle.
Charlotte : du droit au community management
Charlotte, 22 ans, elle aussi, a pris la décision de se réorienter en licence, après une première année de droit ratée. Elle détaille : « J’ai intégré une première année de droit après un bac littéraire. C’est un domaine qui m’intéressait beaucoup. Mes parents étaient tous les deux des travailleurs sociaux, j’ai donc été en contact très tôt avec beaucoup de professionnels dans le milieu social, mais aussi, juridique. En faisant du droit, je voulais mettre ma pierre à l’édifice, aider, comprendre, faire avancer les choses ! Mais avec du recul, je me considère comme étant profondément inadaptée à l’université. Au cours de ma scolarité, j’ai eu beaucoup de facilités, mais l’autonomie et le travail personnel sont des choses qui m’étaient inconnues. »
Et de préciser : « en première année de droit, ce que j’étudiais m’intéressait et je m’en sortais. Le vrai problème, c’est qu’au fond, je ne suis pas juriste, je n’en ai pas l’esprit. Je suis littéraire dans l’âme. Je ne me voyais donc pas continuer dans cette voie, ne m’y sentant pas à ma place. Je me suis finalement réorientée en licence d’histoire pour rester à l’université, mais j’ai également abandonné, car la fac ne me convenait pas. Aujourd’hui, je travaille dans le community management ».
L’expérience de Charlotte, qui s’est réorientée puis qui a démissionné de la fac, démontre bien qu’au-delà du programme, la structure même d’enseignement peut être inadaptée à votre profil. Aussi, le système universitaire, les différents campus tout comme les écoles privées ne correspondront pas à tous les étudiants.