💰 Salaire mensuel net : de 4 500 € à 8 000 €
🎓 Niveau requis : bac+10
🔒 Sélectivité : 7/10
Les missions du médecin généraliste : le couteau suisse de la santé
Imagine : tu ouvres ton cabinet à 8 h et déjà trois patients attendent. Léa, 25 ans, arrive stressée avec une angine. Monsieur Durand vient renouveler son traitement pour l’hypertension. Et la petite Emma, 3 ans, a des boutons suspects. En tant que médecin généraliste, tu es le premier maillon de la chaîne des soins, celui vers qui tout le monde se tourne en premier recours.
Ton quotidien, c’est d’abord l’écoute et l’examen clinique. Tu accueilles tes patients, tu les questionnes sur leurs symptômes, leurs antécédents médicaux, leur hygiène de vie. Est-ce que ce mal de dos vient d’une mauvaise posture au bureau ? Cette fatigue cache-t-elle une carence en fer ? Tu mènes ensuite l’examen physique : tension, auscultation du cœur et des poumons, palpation des ganglions, examen de la gorge et des oreilles. Tes mains et ton stéthoscope sont tes meilleurs alliés pour identifier ce qui cloche.
- Salarié / Profession libérale
- Métier stressant
- Horaires contraignants
- Contact avec le public
- Métier utile
- Métier à haute responsabilité
Une fois ton diagnostic posé, tu prescris le traitement adapté ou tu orientes vers des examens complémentaires. Prise de sang, radio, échographie, IRM… Parfois, tu réalises toi-même certains gestes comme des vaccins, la pose d’une attelle ou encore le retrait d’un corps étranger superficiel comme une écharde. La médecine générale, c’est cette capacité à jongler entre gynéco, pédiatrie et gériatrie sans sourciller ! Quand le cas nécessite une expertise pointue, tu orientes ton patient vers un cardiologue, un dermato ou un rhumatologue. Ton rôle ? Être le chef d’orchestre qui coordonne tous les soins.
Les séries médicales nous font rêver avec leurs diagnostics ultra-rapides et leurs urgences non-stop, mais la réalité du médecin généraliste, c’est surtout… beaucoup d’angines, de renouvellements d’ordonnances et de certificats médicaux ! Pas de musique épique en fond sonore quand tu examines une otite. Et contrairement à Dr House qui ne voit jamais ses patients deux fois, toi, tu les suis pendant des années. PS : contrairement à lui, tu n’as pas le droit d’être aussi désagréable avec eux !
La prévention fait aussi partie intégrante de ta mission. Tu proposes des dépistages (diabète, cholestérol, cancers), tu assures le suivi des vaccinations, tu sensibilises tes patients aux risques liés au tabac, à l’alcool ou à la sédentarité. Parfois, tu dois même repérer des situations à risque, comme la maltraitance ou une addiction, et orienter vers les services sociaux ou judiciaires compétents. En bref, tu veilles sur la santé globale de tes patients.
Tu exerces principalement en cabinet libéral, seul ou en groupe, mais tu peux aussi travailler dans un centre de santé, un hôpital, une maison de retraite ou même assurer des visites à domicile. Certains généralistes optent pour la médecine scolaire, la médecine du travail ou encore la médecine humanitaire. Au quotidien, tu collabores avec d’autres professionnels de santé : infirmiers, kinés, orthophonistes, techniciens de laboratoire. Le travail en équipe, c’est la clé pour offrir un suivi complet et efficace à tes patients.
En libéral, tu gères aussi l’administratif : dossiers de patients, feuilles de soins, comptabilité. Selon une étude réalisée par Doctolib, un généraliste réalise en moyenne 22 consultations par jour. Et oui, les journées sont bien remplies et comptent souvent plus de 50 heures par semaine !
Selon la DREES, au 1er janvier 2025, la France comptait environ 100 000 médecins généralistes en activité, soit 42 % de l’ensemble des médecins. Après plusieurs années de baisse, le nombre de généralistes repart à la hausse (+1,0 % en un an) !
Les études pour devenir médecin généraliste : cap sur 10 années de formation
- Coût : de gratuit (si boursier à l’université) à 10 000 €/an (prépas privées)
- Durée des études : 10 ans
- Alternance et stages : stages hospitaliers obligatoires dès la 2e année
- Concours : sélection via épreuves (PASS/LAS) puis classement national (EDN + ECOS)
Au lycée, si la médecine te fait vibrer, mise sur des spécialités scientifiques : SVT (Sciences de la Vie et de la Terre) et physique-chimie sont tes meilleurs atouts. Les maths peuvent aussi t’aider, notamment pour la rigueur logique. Ce qui compte surtout, c’est ta motivation à toute épreuve et ta capacité à encaisser un cursus long et exigeant.
Première étape : l’accès aux études de santé via PASS ou LAS
Depuis 2020, deux voies te permettent d’accéder aux études de médecine : le PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé) et la LAS (Licence avec option Accès Santé). Au printemps 2025, le gouvernement a évoqué une possible réforme de ces dispositifs. Le but : créer une voie unique d’ici 2027. Mais pour l’instant, le PASS et la LAS sont toujours d’actualité.
Le PASS est un parcours centré essentiellement sur la santé, avec une mineure dans une autre discipline (droit, biologie, chimie, etc.). La LAS, c’est l’inverse : une licence classique (maths, économie, lettres, etc.) avec une option santé.
Le premier cycle : DFGSM (bac+1 à bac+3)
Après ta PASS ou ton année de LAS réussie, tu accèdes à la 2e année de médecine. Là, tu entames ta formation pour accéder au Diplôme de Formation Générale en Sciences Médicales (DFGSM). Au programme : anatomie, physiologie, pharmacologie, sémiologie médicale… et tes premiers stages hospitaliers ! C’est là que tu commences à toucher du doigt la réalité du terrain. À la fin de la 3e année, tu valides ton DFGSM, équivalent à une licence.
Les frais d’inscription en médecine s’élèvent à 170 € par an en licence et 243 € par an en master (tarifs 2024-2025). À cela s’ajoute la CVEC (Contribution de Vie Étudiante et de Campus) de 100 € à régler une fois par an. Si tu es boursier, tu es exonéré des frais d’inscription ET de la CVEC.
Mais attention, d’autres frais s’ajoutent ! Selon les fédérations étudiantes en santé, en PASS ou LAS, compte entre 1 800 € et 1 850 € de frais spécifiques à la rentrée (complémentaire santé, assurance logement, matériel pédagogique). En 4e année (début de l’externat), l’achat des référentiels (livres de cours obligatoires) peut représenter jusqu’à 1 400 € supplémentaires. Si tu optes pour une prépa privée en 1re année, la note grimpe entre 5 200 € et 7 400 € !
L’externat : FGSM et DFASM (bac+4 à bac+6)
Tu poursuis avec le deuxième cycle, où tu deviens externe. Les stages s’intensifient : tu passes la moitié de ton temps à l’hôpital, dans différents services (chirurgie, médecine interne, pédiatrie, psychiatrie…). En 5e année, tu passes un examen pour valider tes acquis.
Puis arrive le moment décisif : en 6e année, tu passes les EDN (Épreuves Dématérialisées Nationales) en octobre et les ECOS (Examens Cliniques Objectifs Structurés) en mai. Tes résultats détermineront ton rang de classement et donc ton choix de spécialité (la médecine générale, donc) et de région pour l’internat.
Spoiler : pas vraiment auprès des internes ! Selon le classement ECN 2024 de What’s Up Doc, la médecine générale arrive en 37e position sur 44 spécialités — loin derrière la chirurgie plastique, l’ophtalmo ou la dermato qui trustent le podium. Longtemps boudée au profit de spécialités jugées plus prestigieuses, elle représente pourtant 40 % des postes ouverts (3 211 places sur 7 974 au total) et affiche un bon taux de remplissage (98 % des places pourvues en 2024).
L’internat en médecine générale (bac+7 à bac+10)
Bienvenue dans la dernière ligne droite ! L’internat de médecine générale dure 4 ans. Tu effectues des stages dans différents lieux : hôpital, cabinet de ville, structures de soins, etc.
Pendant cette période, tu rédiges aussi ta thèse de doctorat en médecine. Une fois ta thèse soutenue et ton Diplôme d’Études Spécialisées (DES) en médecine générale validé, tu obtiens enfin ton Diplôme d’État de docteur en médecine. C’est le Graal qui te permet d’exercer !
Inscription à l’Ordre des Médecins
Dernière étape avant de pouvoir accrocher ta plaque à la porte de ton cabinet : l’inscription au Conseil national de l’Ordre des médecins. C’est obligatoire pour exercer légalement en France, que tu sois en libéral, salarié ou dans la fonction publique.
- PASS ou LAS (bac+1)
- DFGSM : diplôme de formation générale en sciences médicales (bac+3)
- DFASM : diplôme de formation approfondie en sciences médicales (bac+6)
- DES médecine générale : diplôme d’études spécialisées (durant l'internat, bac+7 à bac+10)
- Thèse de doctorat en médecine (durant l'internat)
- Diplôme d'État de docteur en médecine (bac+10) : obtenu après validation du DES + soutenance de la thèse
Qualités et compétences requises pour devenir médecin généraliste
Pour réussir dans ce métier, l’empathie et l’écoute sont tes super pouvoirs. Tes patients te confient leurs angoisses, leurs douleurs, leurs secrets. Certains arrivent en larmes, d’autres minimisent leurs symptômes par pudeur. À toi de créer un climat de confiance où chacun se sent libre de tout dire. Imagine : madame Leroux, 65 ans, vient pour un simple mal de dos, mais en discutant, tu découvres qu’elle est isolée et dépressive. C’est là que ton côté « médecin de famille » entre en jeu.
La rigueur scientifique et la curiosité sont tout aussi essentielles. La médecine évolue sans cesse : nouveaux traitements, protocoles actualisés, recommandations des autorités de santé… Tu dois te former en continu pour rester à la pointe. Participer à des congrès, lire des publications médicales, échanger avec tes confrères : en médecine, on n’arrête jamais d’apprendre !
Enfin, tu dois posséder une sacrée résistance physique et mentale. Les journées sont longues, les plannings surchargés, les cas difficiles parfois bouleversants. Entre le petit garçon qui a avalé une bille et le patient en soins palliatifs que tu accompagnes depuis des mois, les émotions sont fortes. Gérer ton stress, prendre du recul et savoir dire « stop » quand c’est nécessaire, c’est vital pour tenir sur la durée.
- Maîtriser l’examen clinique : Auscultation, palpation, interprétation des signes cliniques pour poser un diagnostic fiable
- Connaître la pharmacologie : Prescrire le bon traitement, au bon dosage, en tenant compte des interactions médicamenteuses et des contre-indications
- Savoir gérer les urgences : Réagir vite face à un malaise vagal, une détresse respiratoire ou un choc anaphylactique
Perspectives d’insertion professionnelle : un contexte favorable malgré les déserts médicaux
Selon la DREES, au 1er janvier 2025, la France compte 237 200 médecins en activité, dont 100 000 généralistes. Le nombre de généralistes repart à la hausse après plusieurs années de baisse, avec une augmentation de 1 % entre 2024 et 2025. Mais attention, les besoins restent immenses : selon un rapport de l’Assemblée nationale, 11 % des Français n’ont pas de médecin traitant !
Depuis 2004, chaque personne assurée par la Sécurité sociale doit déclarer un médecin traitant pour bénéficier d’un meilleur remboursement de ses consultations. Ce médecin, souvent un généraliste, devient ton référent santé : il te connaît, suit ton dossier médical dans le temps, coordonne tes soins avec les spécialistes et assure un suivi global. En gros, c’est ton allié santé au long cours ! Sans médecin traitant, tes remboursements sont réduits et tu paies plus cher.
Les déserts médicaux sont une réalité dans de nombreuses régions. Selon l’Insee, les médecins généralistes s’installent souvent à proximité de leur lieu de naissance ou d’internat. 57 % des médecins généralistes sont localisés dans les grands pôles régionaux où résident 43 % de la population.
Résultat : certaines zones rurales peinent à attirer des praticiens. Pour y remédier, de multiples aides à l’installation existent : primes, allégements fiscaux, logements de fonction… Si tu es prêt à t’installer dans une zone sous-dotée, les collectivités te dérouleront le tapis rouge !
En termes de statut, plusieurs options s’offrent à toi. Toujours selon les chiffres de la DREES de juillet 2025, 57 % des médecins exercent en libéral (42 % en libéral exclusif, 13 % en exercice mixte, alliant activités libérales et salariées).
La profession de médecin généraliste se féminise à grande vitesse ! Selon la DREES, les femmes représentent désormais 52 % des médecins généralistes en 2025, contre 41 % en 2012. Cette évolution s’explique par le départ à la retraite des générations majoritairement masculines et l’arrivée massive de nouvelles promotions, largement féminisées.
Évolutions professionnelles : que faire après quelques années en médecine générale ?
Après quelques années d’exercice, tu peux te spécialiser dans un domaine précis. La gériatrie, la nutrition, la médecine d’urgence, l’addictologie, la médecine du sport… Les Diplômes Universitaires (DU) et Diplômes Inter-Universitaires (DIU) te permettent d’acquérir une expertise pointue tout en restant généraliste. Certains médecins se tournent aussi vers la médecine esthétique, un secteur en plein boom et souvent bien rémunéré.
Tu peux également rejoindre la médecine scolaire ou la médecine du travail. Ces postes, souvent salariés, offrent des horaires plus réguliers et une dimension préventive forte. En médecine scolaire, tu assures le suivi des enfants et des adolescents (bilans obligatoires, dépistages, accompagnement des situations de handicap). En médecine du travail, tu veilles à la santé des salariés, tu évalues les risques professionnels et tu proposes des aménagements de poste.
Si tu as l’âme d’un enseignant, tu peux devenir maître de stage en médecine générale et accueillir des internes dans ton cabinet. C’est une manière gratifiante de transmettre ton savoir-faire tout en restant connecté aux nouvelles pratiques. Certains généralistes s’orientent aussi vers la recherche ou l’enseignement universitaire en devenant professeurs associés dans les facultés de médecine.
Enfin, pour les plus aventuriers, l’engagement dans l’humanitaire est une option. Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde, la Croix-Rouge… De nombreuses ONG recrutent des généralistes pour des missions courtes ou longues, en France ou à l’étranger. Voilà qui promet une expérience humaine intense et inoubliable !
Salaire du médecin généraliste : combien gagne-t-on vraiment ?
- Médecin généraliste débutant
- Salaire net mensuel : 4 500 € - 4 600 €
- Équivalent brut annuel : 69 000 € - 70 000 €
- Médecin généraliste expérimenté
- Salaire net mensuel : 7 700 € - 8 000 €
- Équivalent brut annuel : 117 000 € - 120 000 €
Selon Hellowork, un généraliste débutant touche entre 69 000 € et 70 000 € brut par an, soit environ 4 500 € à 4 600 € net mensuels. Avec l’expérience, cette rémunération peut grimper entre 117 000 € et 120 000 € bruts annuels, soit 7 700 € à 8 000 € net par mois.
D’après France Travail (données du T3 2025), 80 % des offres d’emploi pour les médecins généralistes proposent un salaire compris entre 3 100 € et 7 400 € net mensuels (soit 4 000 € à 9 500 € brut). Les salaires médians constatés par l’Insee (2022) montrent des écarts importants selon l’âge : les médecins de moins de 35 ans gagnent en moyenne 2 170 € net par mois (2 788 € brut), tandis que ceux de 35 ans et plus touchent environ 6 090 € net mensuels (7 813 € brut). Tous âges confondus, le salaire médian s’établit à 4 770 € net par mois (6 117 € brut) : le salaire médian, c’est celui qui sépare pile en deux la population, 50 % des médecins gagnent plus, 50 % gagnent moins.
En libéral, tu peux choisir entre le secteur 1 (tarifs fixés à 30 € la consultation, sans dépassement d’honoraires), le secteur 2 (tarifs libres, mais tes patients sont remboursés sur la base du secteur 1) ou le secteur 3 (hors convention, tarifs totalement libres, mais dans le respect de la déontologie médicale). La grande majorité des généralistes exerce en secteur 1 pour garantir un meilleur remboursement à leurs patients et bénéficier d’une prise en charge partielle de leurs cotisations sociales.
En libéral, tes revenus dépendent du nombre de consultations réalisées et des honoraires pratiqués. La plupart des généralistes exercent en secteur 1 (tarifs conventionnés sans dépassement d’honoraires). Si tu reçois 20 patients par jour, 5 jours par semaine, tu factures environ 12 000 € par mois (30 euros la consultation). Mais attention, de cette somme, tu dois déduire tes charges : loyer du cabinet, secrétariat, assurances, cotisations sociales… In fine, ton revenu net sera bien inférieur au chiffre d’affaires brut, mais assez coquet tout de même !
En milieu hospitalier ou dans la fonction publique, les salaires sont fixés par une grille indiciaire. L’avantage ? Des revenus stables, des congés payés et moins de stress administratif. L’inconvénient ? Un plafond de rémunération plus bas qu’en libéral.

