- Salaire mensuel net : de 1 450€ à 2 100€
- Niveau d'études : CAP à bac pro
- Sélectivité : 4/10
Les missions et quotidien du grutier : perché au sommet du chantier
Du haut de sa tour, le grutier, c'est un peu le chef d'orchestre du chantier. Perché à 10, 20 ou 30 mètres de hauteur, il doit déplacer des charges lourdes (parpaings, poutres, blocs de béton, etc.) d'un point A à un point B avec une précision millimétrique, presque chirurgicale. Sans lui, impossible de faire parvenir les matériaux aux ouvriers qui en ont besoin. Et tu t’en doutes, les immeubles se transformeront rapidement en Tour de Pise !
Si tu penses que sa journée débute dans sa cabine, tu te mets le doigt dans l’œil ! Dès son arrivée, le grutier échange avec le chef de chantier pour connaître ses consignes et missions. Il doit planifier le tracé de ses déplacements de charges en tenant compte des contraintes du site.
Et ce n’est pas fini ! En tant que grutier, tu dois IMPÉRATIVEMENT effectuer un contrôle méticuleux de ta machine. Freins, câbles, systèmes de sécurité, visibilité... Tout y passe ! Pas question de prendre le moindre risque !
Le vent est l'ennemi numéro un du grutier ! Au-delà de 70 km/h, les opérations sont suspendues pour des raisons de sécurité. Le grutier doit donc surveiller constamment les conditions météorologiques.
Une fois installé dans son poste de commande, le grutier travaille en binôme avec des signaleurs qui le guident depuis le sol, souvent par radio. Il pilote sa grue avec une précision d'orfèvre : levage de la charge, déplacement horizontal via le chariot sur la flèche, puis descente au millimètre près à l'emplacement prévu. Une chorégraphie qu’il répète des dizaines de fois par jour.
- Métier de plein air
- Métier stressant
- Travail physique
Au-delà de la simple manœuvre, le grutier participe au montage et au démontage de son engin en début et fin de chantier, aux côtés des monteurs spécialisés. Il assure aussi l'entretien courant : graissage, détection des pannes mineures, petites réparations. En fin de journée, il applique les procédures de sécurisation avant de redescendre.
Avec ce job, finie la routine ! Le grutier peut exercer sur différents types de chantiers : construction de bâtiments résidentiels ou commerciaux, travaux publics (ponts, barrages), zones portuaires, chantiers navals, voire plateformes offshore.
Mais attention, ce métier peut être stressant ! Tu vas travailler par tous les temps, exposé au froid comme à la chaleur dans ta cabine souvent spartiate de 2m². Les horaires peuvent être étendus avec des astreintes, du travail le week-end, voire de nuit selon les projets. La solitude fait partie du quotidien : une fois dans sa cabine, le grutier passe de longues heures seul face aux commandes. Mais cette responsabilité s'accompagne d'une vue imprenable sur le chantier et d'une satisfaction unique : voir un bâtiment sortir de terre grâce à son travail.
Tu ne vas pas descendre et remonter de ta cabine toutes les deux minutes. C’est pour cela qu’elle se transforme en deuxième appartement pour le grutier. Frigo, micro-ondes et parfois même WC : les espaces peuvent être aménagés pour te permettre d’être confortablement installé à ton poste.
Les études pour devenir grutier : les fondations de ta carrière
- Coût de la formation : de 0€ à 4 500€
- Durée des études : de 2 à 3 ans
- Alternance et stages possibles
- Concours : non
Tu es intrigué par le métier de grutier, mais tu veux pouvoir exercer rapidement ? On a une bonne nouvelle à t’annoncer ! Les études pour devenir grutier sont relativement courtes. Plusieurs parcours s'offrent à toi selon ton niveau et tes ambitions. Toutefois, un élément reste incontournable, quelle que soit ta formation initiale : le CACES R487 (Certificat d'Aptitude à la Conduite en Sécurité), obligatoire pour pouvoir manipuler une grue à tour. Mais avant cela, direction le lycée professionnel !
Les formations de niveau CAP
Dès la fin de la 3ᵉ, tu peux t'orienter vers un CAP conducteur d'engins de travaux publics et carrières. Cette formation de deux ans te permet d'apprendre les bases de la conduite d'engins de chantier. Attention : à l'issue de ce CAP, tu n'es pas encore suffisamment qualifié pour conduire une grue. Il faudra compléter ton parcours avec le CACES R487 et acquérir de l'expérience sur le terrain.
Les formations de niveau bac
Pour accéder plus facilement au métier et avec davantage de responsabilités, tu peux viser un diplôme de niveau bac. Deux options s'offrent à toi. La première, c’est le BP (Brevet Professionnel) Conducteur d'engins : travaux publics et carrières. Il est accessible directement après un CAP. Cette formation de deux ans te donne un niveau technique plus élevé et augmente tes chances de décrocher un premier poste de grutier. Tu vas approfondir la conduite d'engins, les règles de sécurité et la maintenance.
La seconde, c’est le bac pro Maintenance des matériels, option matériels de construction et manutention. Ici, tu te formes plutôt à l'entretien et à la réparation des grues. C'est une excellente base si tu veux comprendre le fonctionnement mécanique de ton engin et être capable d'anticiper les pannes.
Tu peux aussi accéder au métier via un Titre Professionnel Conducteur de grue à tour, idéal si tu es en reconversion professionnelle. Cette formation d'1 à 3 mois, finançable via le CPF, te permet d'acquérir toutes les compétences nécessaires.
Le CACES R487 : le sésame indispensable
Peu importe ton parcours, tu dois absolument obtenir le CACES R487 pour exercer légalement. Cette certification prouve que tu maîtrises les règles de conduite et de sécurité des grues à tour. La formation dure entre 7 et 15 jours, selon ton niveau d'expérience. Elle comprend une partie théorique (réglementation, technologie des grues, règles de stabilité) et une partie pratique sur le terrain.
Tu dois également prendre en compte le coût de la formation. Il faudra débourser entre 3 000 et 4 500 euros pour te former, selon le centre de formation que tu choisis.
Le CACES se décline en trois catégories selon le type de grue :
- Catégorie 1 : grues à tour à montage par éléments, à flèche distributrice (GME)
- Catégorie 2 : grues à tour à montage par éléments, à flèche relevable
- Catégorie 3 : grues à tour à montage automatisé (GMA)
Le CACES est valable 5 ans. Après ce délai, tu devras le renouveler avec une formation de recyclage de 2 jours.
- CAP Conducteur d'engins de travaux publics et carrières
- BP Conducteur d'engins : travaux publics et carrières
- Bac pro Maintenance des matériels, option matériels de construction et manutention
- CACES R487 (obligatoire)
- Titre Professionnel Conducteur de grue à tour
Qualités et compétences requises pour devenir grutier : pas le droit à l'erreur
Le métier de grutier ne s'improvise pas. Au-delà des diplômes, tu dois posséder certaines qualités indispensables pour exercer en toute sécurité. Et, sans surprise, les premières sont la rigueur et la précision. Ce sont les maîtres-mots de ce métier ! Quand tu manipules plusieurs tonnes de matériaux au-dessus de tes collègues, la moindre erreur peut avoir des conséquences dramatiques. Tu dois être capable de poser une charge au millimètre près.
Le sang-froid est également incontournable. Perché dans ta cabine isolée, parfois à plus de 20 mètres de hauteur, tu dois garder ton calme en toutes circonstances. Une situation imprévue, un coup de vent soudain, une charge instable : tu dois savoir prendre des décisions rapides et réfléchies.
La concentration est une autre qualité dont tu dois être absolument doté. Les journées sont longues, et tu passes de nombreuses heures seul dans ta cabine, à répéter les mêmes gestes. Mais impossible de relâcher ton attention, même une seconde. Chaque manœuvre exige une vigilance totale pour garantir la sécurité de tous.
La dernière qualité – et non des moindres -, c’est l'écoute. La coordination avec les équipes au sol est cruciale. Tu travailles souvent sans visibilité directe. Tu dois donc suivre les instructions des signaleurs par radio ou par gestes et faire confiance à ton équipe. Une bonne communication est la clé pour travailler efficacement et en sécurité.
- Lecture des graphiques de charge : tu dois savoir interpréter les diagrammes qui indiquent le poids maximum que ta grue peut soulever en fonction de la distance et de la hauteur.
- Maîtrise des commandes de la grue : pilotage du chariot, du treuil de levage, des mouvements de flèche, que ce soit depuis la cabine ou au sol par radiocommande. La coordination des différents mouvements demande un véritable savoir-faire.
- Entretien et maintenance de l'engin : graissage des pièces mécaniques, vérification des câbles, détection des pannes simples… Un bon grutier prend soin de sa machine et sait anticiper les problèmes techniques.
Les perspectives d'insertion professionnelle du grutier : un métier où la demande décolle
Si tu hésites encore à te lancer dans cette voie, sois rassuré : les grutiers sont très recherchés sur le marché de l'emploi ! Le secteur du BTP manque cruellement de profils qualifiés et les carnets de commandes des entreprises de construction sont bien remplis.
Aujourd’hui, on compte moins de 1 000 grutiers en France. Cette rareté s'explique par la technicité du métier et les certifications spécifiques requises. Résultat : il y a bien plus d'offres que de demandes.
Le taux d’insertion à la sortie de l’école tourne autour des 85%. L'embauche se fait généralement rapidement après l'obtention du CACES. La majorité des postes sont proposés en intérim ou en CDD, pour des missions allant de quelques mois à plusieurs années selon la durée des chantiers. Certains grutiers parviennent à décrocher un CDI dans de grandes entreprises du BTP.
Les opportunités d'emploi se trouvent partout en France, mais les régions où les grands projets de construction sont nombreux (Île-de-France, grandes métropoles, etc.) offrent naturellement plus de débouchés et des salaires plus attractifs.
Les perspectives d'évolution professionnelle du grutier : grimper les échelons
Le métier de grutier offre de belles perspectives d'évolution, surtout si tu gagnes en expérience et en expertise technique. Au début de ta carrière, tu commenceras sur des grues de faible tonnage, souvent en binôme avec un conducteur plus expérimenté. Mais au fil des années, tu pourras évoluer vers des engins de plus grande envergure, capables de lever jusqu'à 120 tonnes. Pas mal, non ?
Après plusieurs années de pratique, tu peux conjuguer passion et spécialisation. Tu peux devenir grutier portuaire, grutier sur chantiers navals, grutier offshore sur plateformes pétrolières ou même grutier dans l'armée. Bonus : tu seras mieux rémunéré, car ces spécialités exigent des compétences très pointues.
Tu peux également évoluer vers des postes d'encadrement. Tu peux devenir chef d'équipe grutiers sur les grands chantiers qui nécessitent plusieurs grues, puis chef de chantier si tu souhaites prendre davantage de responsabilités. Ta vision globale des opérations de levage et ta connaissance du terrain sont des atouts précieux pour gérer une équipe.
Autre possibilité : devenir monteur de grues. Ce métier consiste à assembler et démonter les grues en début et fin de chantier, à réaliser les réglages de sécurité et à superviser leur bon fonctionnement. Si tu préfères rester dans ta zone de confort, c’est une évolution logique pour les grutiers qui maîtrisent parfaitement les grues !
Enfin, certains grutiers expérimentés choisissent de devenir formateurs pour transmettre leur savoir-faire aux nouvelles générations. Ils interviennent alors dans les centres de formation CACES pour enseigner les techniques de conduite et les règles de sécurité.
Salaire du grutier : combien ça rapporte de prendre de la hauteur ?
Débutant :
- 1 450€ à 1 560€ nets mensuels
- 22 000€ à 24 000€ bruts annuels
Expérimenté :
- 1 950€ à 2 100€ nets mensuels
- 30 000€ à 32 000€ bruts annuels
Accroche-toi à ta grue, le salaire n’est malheureusement pas très important pour ces chevilles ouvrières du chantier. Au début de ta carrière, tu démarreras généralement au SMIC, soit 1 440 euros nets, mais tu peux grimper à 1 560 euros nets rapidement.
Après quelques années sur le terrain, tu peux espérer atteindre un salaire médian autour de 1 900€ nets mensuels. Les grutiers très expérimentés, capables de manipuler les grues les plus imposantes et intervenant sur des chantiers complexes, peuvent dépasser les 2 100€ nets par mois.
Ton salaire de base peut être complété par de nombreux avantages : les intérimaires bénéficient en plus d'une majoration de 10% sur leurs congés payés et d'indemnités de fin de mission.
Toutefois, la chance te sourit et tu peux espérer toucher des primes de risque ou pour horaires décalés. Sache également que ta rémunération varie selon le type de structure qui t'emploie. Les grutiers portuaires bénéficient, par exemple, de conditions salariales avantageuses grâce à la Convention collective nationale unifiée ports et manutention ! N’hésite donc pas à faire rimer passion et spécialisation pour t’assurer d’exercer un métier que tu aimes et rémunérateur.

