- Salaire net mensuel : de 1 800 € à 2 300 €
- Niveau de diplôme : bac à bac+5
- Sélectivité : 10/10
Missions et quotidien de l’agent secret : au cœur de la sécurité nationale
Agent secret, c’est un vrai métier ! Tu as raison d’envisager cette carrière. Elle n’existe pas que dans les films d’action. Concrètement, le cœur de métier d’un espion, c’est de récolter des informations à l’international pour le compte de son pays - ici, la France. L’objectif ? Contribuer à la sécurité du pays et à son influence dans le monde.
- Métier stressant
- Horaires contraignants
- Déplacements requis
- Métier international
- Métier à haute responsabilité
- Recrutement sélectif
Souvent détaché à l’étranger, un agent de renseignement a carte blanche pour réaliser ses missions. Elles servent des enjeux majeurs :
- Déjouer les attentats qui visent le territoire national en identifiant les organisations terroristes, ainsi que leurs filières de recrutement
- Garder un œil sur le développement d’armes de destruction massive dans le monde (menaces nucléaires, biologiques, chimiques, etc.) : Par exemple, tu peux être amené à surveiller les transactions suspectes de matériaux radioactifs ou à analyser les programmes militaires de certains États.
- Surveiller les crises géopolitiques : en analysant les tensions diplomatiques ou les mouvements armés dans des zones sensibles, par exemple.
- Anticiper les cyberattaques dirigées contre la France et ses infrastructures critiques (hôpitaux, centrales électriques, ministères, etc.).
- Identifier les tentatives d’espionnage étrangères à l’encontre des intérêts politiques, économiques, scientifiques ou industriels français : Tu peux par exemple repérer qu’une puissance étrangère tente de voler des secrets industriels d’une entreprise française de pointe !
Il n’est pas rare que l’agent secret se retrouve dans des situations périlleuses et il est constamment sous pression. Agir dans l’ombre, ce n’est pas rien ! L’agent secret agit souvent sous une fausse identité pour infiltrer les groupes de qui il doit soutirer des informations. Il doit garder ses réelles intentions secrètes.
Mission Impossible, Kingsman, James Bond, OSS 117… Le gros de l’image que tu peux avoir du métier d’agent secret te vient sûrement des fictions. Il faut savoir que ces œuvres ne représentent qu’une partie de la réalité ! L’agent secret n’est pas toujours sur le terrain, que ce soit en plein milieu du désert, dans un sous-marin ou dans un laboratoire hautement sécurisé. Le terrain peut désigner des lieux plus communs. Il passe aussi une grande partie de son temps à faire de l’administratif : rédaction de rapports, analyse et synthèse de données, préparation pour réussir sa couverture, etc.
Il est amené à mentir, à pratiquer le sabotage, le vol ou la désinformation, à enregistrer des individus à leur insu, à traduire des conversations ou documents, voire à récupérer des otages. Ceci étant dit, tous les agents secrets ne jouent pas nécessairement les gros bras ! Dans le renseignement, les profils sont variés. En tant qu’espion, tu peux très bien « seulement » faire appel à tes talents d’ingénieur, de traducteur, d’informaticien, d’historien ou de psychologue.
Les études pour devenir agent secret : tous les talents sont bienvenus
- Coût : entre 0 € et 10 000 € par an
- Durée des études : de 3 à 5 ans
- Alternance et stages possibles
- Concours : oui
Au lycée, si tu vises déjà une carrière dans le renseignement, privilégie des spécialités comme mathématiques, NSI (Numérique et Sciences Informatiques), LLCER (Langues, Littératures et Cultures Étrangères et Régionales) ou HGGSP (Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques). Ces disciplines te donneront des bases solides en analyse, langues étrangères et compréhension des enjeux internationaux. Cela dit, tous les profils peuvent réussir dans ce métier : l’essentiel, c’est ta motivation et tes aptitudes personnelles !
Pas de formation type, mais des domaines de prédilection
En France, il existe deux principaux organes de renseignement : la DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure) et la DGSI (Direction générale de la Sécurité intérieure). À l’instar de la CIA et du FBI, la première agence recherche principalement des informations à l’étranger, alors que la seconde agit surtout sur le territoire national.
Il n’existe pas réellement de formations requises pour devenir un agent de renseignement. Tous les talents sont les bienvenus. « Nous ne recommandons pas de formation particulière, mais nous recherchons des compétences en informatique, langues rares, etc. », informe la DGSI. Même son de cloche pour la DGSE ! Les missions qui te sont attribuées dépendent de ton niveau d’études et de tes aptitudes.
Toutefois, certaines disciplines sont mises en avant comme :
- La technique et l’informatique : développement et programmation, mathématiques, cryptographie, systèmes embarqués, big data et IA, cyberdéfense, administration systèmes et infrastructures, etc.
- Une spécialisation en géopolitique, économie, biosciences ou énergies
- L’archivage et l’analyse : gestion et intégration de données ou gestion et constitution de bases documentaires, par exemple.
- Les langues étrangères : traduction et interprétariat en chinois, russe, hébreu, arabe, dialectes africains, etc.
- L’administration et support : gestion RH ou manutention, par exemple
Les concours de la fonction publique : la voie royale
Le mode de recrutement principal est celui du concours, lequel permet d’exercer en tant que fonctionnaire. Il en existe trois volets :
Concours de catégorie A : adressé aux titulaires d’un diplôme de niveau bac+3 minimum. Il donne accès à des emplois comme analyste du renseignement, ingénieur, etc. Tu peux passer par une licence en géopolitique, relations internationales, informatique, langues étrangères appliquées (LEA) ou sciences politiques, puis poursuivre avec un master spécialisé (master en intelligence économique, cybersécurité, géopolitique, etc.).
Concours de catégorie B : ouvert aux diplômés du baccalauréat. Il mène à des emplois tels qu’exploitant de données, développeur, assistant-analyste, etc. Un BTS ou un BUT dans le domaine informatique, de la gestion ou des langues peut constituer une bonne base.
Concours de catégorie C : accessible sans condition de diplôme. Débouche sur des postes comme assistant ou agent de soutien, par exemple.
La DGSE et la DGSI recrutent également des militaires, des gardiens de la paix et des commissaires. Alors, passer par un concours de police ou te lancer dans une formation de l’armée sont autant d’autres options avant de devenir agent secret.
Le recrutement sur contrat : une alternative au concours
Il est aussi possible de rejoindre les services secrets tout simplement en postulant à une annonce. Le ministère des Armées, le ministère de l’Intérieur, ainsi que le site officiel Choisir le service public recensent les offres d’emploi du domaine du renseignement. Ce sont alors des CDD de trois ans ou des CDI qui sont proposés pour exercer en tant que contractuel.
Stages et alternances : une première immersion
Tu es encore en études ? Tu peux bénéficier d’une première immersion dans l’univers du renseignement. La DGSE et la DGSI proposent des offres de stages aux élèves ingénieurs et aux étudiants inscrits en master 2, ainsi que des alternances accessibles dès un niveau d’études bac+2. Ces expériences te permettent de découvrir concrètement le fonctionnement des services, de te constituer un réseau et de tester tes aptitudes avant de candidater officiellement.
- Bac+2/3 : BTS ou BUT informatique, gestion, langues/Licence en géopolitique, relations internationales, LEA, informatique, sciences politiques
- Bac+5 : Master en intelligence économique, cybersécurité, géopolitique, relations internationales, défense et sécurité
- Formations militaires : École des officiers de la Gendarmerie nationale, École des officiers de l’Armée, etc.
Les qualités et compétences requises
Cela va sans dire : pour être un bon agent secret, tu dois savoir garder des secrets ! Tu auras accès à des informations classées « secret défense ». Tu ne devras les divulguer ni à l’organisation infiltrée ni à tes proches. La discrétion est de mise. Tu ne pourras pas alimenter ton compte Instagram personnel avec des photos prises en mission. Comme Batman, tu dois agir dans l’ombre et ne pas attirer l’attention.
En tant qu’agent de renseignement, tu peux être amené à voyager régulièrement. Cela nécessite une grande capacité d’organisation et d’adaptation. Tu dois pouvoir, à la fois, abandonner ton confort sans grincer des dents et lâcher tout un environnement sans prévenir après y avoir vécu assez longtemps en infiltration. Il faut bien pouvoir faire la part des choses pour ne pas t’emmêler les pinceaux et perdre pied.
- Parler plusieurs langues : maîtriser deux ou plusieurs langues étrangères permet de comprendre des sources variées, d’infiltrer des milieux différents et de communiquer à l’international.
- Avoir des compétences de rédaction et d’analyse : savoir collecter des informations brutes, les trier, les mettre en perspective et en tirer des rapports clairs est essentiel pour éclairer les décisions stratégiques.
- Maîtriser les outils techniques de surveillance et de communication sécurisée : savoir utiliser des logiciels de chiffrement, des équipements de surveillance et des systèmes de communication cryptée pour mener des opérations discrètes.
Une fine connaissance de la psychologie humaine est une autre corde solide à avoir à ton arc. Tu devras mentir aux uns et manipuler les autres. Pour anticiper des risques ou certaines réactions, tu pourras t’appuyer sur ton grand sens de l’observation. Être un espion, c’est pouvoir composer avec toute une toile d’informations et d’individus, et pouvoir jouer à l’équilibriste, sans tomber. Tu dois savoir décrypter les non-dits, repérer les comportements suspects et comprendre les motivations profondes de tes interlocuteurs.
Quelles perspectives d’insertion professionnelle pour un agent secret ?
Tu peux rejoindre la DGSE et la DGSI en tant que contractuel, fonctionnaire ou militaire. Selon les données officielles de 2024, les effectifs de la DGSE sont composés à 39 % de fonctionnaires, à 32 % de militaires et à 29 % de contractuels (source : DGSE). De son côté, la DGSI compte 59 % de policiers, 25 % de contractuels et 16 % de personnels administratifs (source : DGSI).
Au total, selon les sites internet de ces deux organisations, 7 200 agents travaillent pour la DGSE et plus de 4 000 pour la DGSI.
Une fois employé à la DGSE, tu seras d’abord affecté en région parisienne. C’est seulement par la suite que tu pourras être déployé à l’étranger. C’est plutôt la DGSI que tu comptes intégrer ? Sache que l’agence propose également plusieurs postes en région.
Le processus de recrutement est particulièrement sélectif et peut durer entre 4 et 6 mois. Il comprend une procédure d’habilitation au Très Secret, une évaluation psychologique poussée, et parfois des épreuves écrites et orales. L’enquête d’habilitation doit permettre de détecter chez le futur agent ou dans son entourage tout élément pouvant lui faire courir un risque de chantage ou de pression.
Quelles évolutions possibles ?
Ne deviens pas Malotru qui veut ! Si tu as regardé la série Le Bureau des légendes, tu as pu suivre les aventures de plusieurs officiers traitants agissant dans la clandestinité.
Avant d’arriver à ce stade, tu seras sûrement d’abord recruté par la DGSE ou DGSI en tant qu’analyste en géopolitique, contre-terrorisme, énergie nucléaire ou encore sécurité économique. Selon tes aptitudes, tu seras chargé d’une discipline et d’une zone du monde en particulier. Tes analyses seront envoyées aux plus hautes autorités de l’État. Dans ce rôle, tu passes tes journées à décrypter des informations brutes, à croiser des sources et à produire des notes de synthèse qui aideront à la prise de décision politique.
La DGSE définit un clandestin comme « un officier de renseignement qui agit sous couverture sans faire état de son appartenance à un service de renseignement ». Il effectue ses missions sous une fausse identité. Il doit la maîtriser de A à Z. Les souvenirs d’enfance, les goûts et les couleurs… Il s’agit d’un véritable récit de vie, appuyé par des documents. C’est ce qu’on appelle une légende.
Après quelques années d’expérience et des formations internes spécifiques, tu pourras évoluer vers ce qu’on appelle la « recherche humaine » : tu iras directement auprès des personnes susceptibles de te fournir des informations. Ces missions se déroulent souvent à l’étranger. C’est à ce moment que tu pourras devenir officier traitant et travailler sous couverture avec une légende complète. Tu recruteras et gèreras des sources humaines dans des environnements complexes.
Une autre voie possible consiste à te spécialiser dans le renseignement technique : interception de communications, analyse de données massives ou surveillance numérique. Ces postes sont de plus en plus stratégiques avec la montée en puissance des enjeux cyber. Tu peux également évoluer vers des fonctions de management en devenant chef de section, chef de service ou directeur adjoint, où tu coordonnes les équipes et définis les priorités stratégiques.
Enfin, certains agents expérimentés se tournent vers la formation en devenant instructeurs dans les écoles de renseignement ou consultants pour former les nouvelles recrues. D’autres rejoignent le secteur privé en tant que consultants en sécurité pour de grandes entreprises ou des cabinets spécialisés en intelligence économique.
Le processus de recrutement pour rejoindre les renseignements compte plusieurs étapes sélectives. Tout le processus peut durer entre 4 et 6 mois :
- La procédure d’habilitation au Très secret : « l’enquête d’habilitation doit permettre de détecter [chez le futur agent] ou dans son entourage tout élément pouvant lui faire courir un risque de chantage ou de pression dans le but de le contraindre à collaborer avec des structures ou des agents malveillants désireux d’accéder aux informations classifiées en sa possession » explique la DGSI.
- L’évaluation psychologique
- En amont, des épreuves écrites d’admissibilité et des épreuves orales d’admission peuvent être organisées
Le salaire d’un agent secret
- Agent secret débutant :
- Salaire net mensuel : 1 900 € à 2 700 €
- Équivalent brut annuel : 29 000 € à 41 000 €
- Agent secret expérimenté :
- Salaire net mensuel : 2 900 € à 3 500 €
- Équivalent brut annuel : 44 000 € à 53 000 €
Les agents secrets ont chacun des aptitudes, un domaine d’expertise et un niveau d’études différents. La rémunération varie selon ces critères et la nature des missions. Certaines missions particulièrement sensibles ou dangereuses donnent également droit à des primes spécifiques qui ne sont pas publiquement détaillées pour des raisons de sécurité.
Selon les données officielles de la fonction publique d’État en 2023, le salaire net mensuel moyen s’établit à 2 886 euros (source : DGAFP-SDessi, données 2023). Ce salaire varie considérablement selon la catégorie hiérarchique : pour la catégorie C (accessible sans diplôme ou avec le bac), le salaire net mensuel moyen tourne autour de 1 900 à 2 200 euros. Pour la catégorie B (niveau bac à bac+2), il se situe entre 2 200 et 2 700 euros. Enfin, pour la catégorie A (bac+3 minimum), le salaire net mensuel moyen atteint 2 900 à 3 200 euros en début de carrière, et peut grimper bien au-delà pour les agents expérimentés.
Contrairement à ce que montrent les films, devenir millionnaire en tant qu’agent secret relève du mythe ! La rémunération reste celle de la fonction publique, avec ses grilles indiciaires. Ce n’est pas l’argent qui motive les agents, mais le sentiment d’être utile à son pays et de participer à des missions stratégiques majeures. Cela dit, se reconvertir dans le privé après plusieurs années passées dans le renseignement peut réellement rapporter gros !
À noter que le salaire des contractuels est généralement inférieur en moyenne à celui des fonctionnaires. En revanche, les agents déployés à l’étranger bénéficient d’indemnités d’expatriation qui peuvent significativement augmenter leur rémunération globale.
