💰 Salaire moyen mensuel net : 2 200 € - 3 300 €
🎓 Niveau requis : de bac+3 à bac+5
🔒 Sélectivité : 6/10
L’acheteur, ce négociateur stratégique : rôle et missions au quotidien
Imagine : lundi matin, tu débarques au bureau avec ton café et, en ouvrant ta boîte mail, tu découvres une demande urgente de la production. Ils ont besoin de 10 000 composants électroniques pour la semaine prochaine. Pas de panique ! En tant qu’acheteur, c’est exactement ton terrain de jeu. Qu’il s’agisse de biens physiques, de services ou de prestations intellectuelles, ta mission reste la même : dénicher LE fournisseur qui livrera dans les temps, au bon prix et avec une qualité irréprochable. Un vrai jeu d’équilibriste entre les attentes de ton entreprise et les réalités du marché.
Ton quotidien commence par l’identification des fournisseurs potentiels. Tu passes au crible leurs capacités de production, leurs délais, leur fiabilité, leur santé financière… Bref, tu joues les Sherlock Holmes version business. Négocier un contrat de licence Microsoft pour 500 utilisateurs demande autant de finesse que de trouver le meilleur fournisseur de coton biologique ! Une fois que tu as sélectionné les candidats sérieux, place à la danse de la négociation. Tu discutes prix, volumes, délais, conditions de paiement, pénalités de retard, durée d’engagement pour les abonnements… Chaque euro économisé impacte directement la rentabilité de ta boîte.
- Salarié
- Métier de bureau
- Déplacements requis
- Métier à haute responsabilité
Mais ton boulot ne s’arrête pas à la signature du contrat. Tu assures aussi le suivi des commandes : les marchandises arrivent-elles à l’heure ? La qualité est-elle au rendez-vous ? Le logiciel répond-il aux besoins ? Les prestataires intellectuels engagés pour le conseil financier, la formation des employés ou la partie marketing tiennent-ils leurs engagements ? Le moindre retard de livraison peut paralyser toute une chaîne de production et un logiciel ou prestataire peu adapté peut plomber la productivité de toute une équipe. Tu gères également les litiges quand un fournisseur ne respecte pas ses engagements, livre des produits défectueux ou qu’un prestataire ne tient pas ses promesses.
Au-delà du quotidien opérationnel, tu participes à l’élaboration de la stratégie d’achats de l’entreprise. Tu identifies les opportunités de réduction de coûts, tu proposes des alternatives aux produits actuels, tu anticipes les fluctuations du marché, les tensions géopolitiques ou encore une éventuelle explosion des tarifs des abonnements cloud.
Certains acheteurs se spécialisent dans des domaines précis : achats industriels (composants, matières premières), achats IT (logiciels, licences, infrastructures), achats de prestations intellectuelles (conseil, formation, marketing), achats de services généraux (nettoyage, sécurité, restauration), achats publics… Bref, il y en a pour tous les goûts !
Tu exerces principalement dans les grandes entreprises industrielles, les centrales d’achat de la grande distribution, les PME en croissance, les collectivités territoriales ou encore les cabinets de conseil en achats. Ton bureau ressemble souvent à une petite tour de contrôle avec plusieurs écrans affichant les cours des matières premières, les tableaux de suivi fournisseurs ou encore les e-mails qui s’accumulent. Tu es en contact permanent avec les services internes (production, qualité, finance, R&D) et les fournisseurs externes, parfois à l’autre bout de la planète.
Dans certaines entreprises, l’acheteur peut télétravailler une partie de la semaine, mais les déplacements chez les fournisseurs ou dans les salons professionnels restent fréquents. Impossible de négocier efficacement sans jamais voir ses interlocuteurs en vrai !
Les études pour devenir acheteur : de bac+3 à bac+5, plusieurs chemins possibles
- Coût : entre 0 € et 20 000 € par an
- Durée des études : de 2 à 5 ans
- Alternance et stages possibles
- Concours : non
Au lycée, si tu veux maximiser tes chances d’intégrer une formation en achats, privilégie les spécialités mathématiques et SES (Sciences Économiques et Sociales). Ces matières te donneront les bases essentielles pour jongler avec les budgets, analyser les données économiques et comprendre les mécanismes de marché. Mais rassure-toi : aucune filière n’est réellement obligatoire. Ce qui compte, c’est ta capacité à développer un esprit analytique et commercial.
Le bac+2 : un premier pas vers les achats
Commence par les bases ! Un BTS ou un BUT peut te permettre d’entrer dans le monde des achats, même si tu démarreras probablement en tant qu’assistant-acheteur. Le BTS Négociation et Digitalisation de la Relation Client (NDRC) ou le BTS Commerce International te familiariseront avec les techniques commerciales et la négociation. Ces formations de deux ans, accessibles via Parcoursup, combinent théorie et pratique grâce aux stages ou à l’alternance.
Le bac+3 : la licence pro ou le BUT pour se professionnaliser
C’est souvent le niveau minimum pour décrocher un véritable poste d’acheteur junior. La licence professionnelle Gestion des Achats et des Approvisionnements est taillée sur mesure pour ce métier ! Elle se prépare en un an après un bac+2 et te plonge directement dans le concret : appels d’offres, gestion de portefeuilles fournisseurs, techniques de négociation…
Tu peux aussi opter pour un BUT Gestion des Entreprises et des Administrations (GEA) ou Qualité Logistique Industrielle et Organisation (QLIO) qui se déroulent sur trois ans en IUT. L’avantage ? Une formation plus longue et plus professionnalisante, avec des stages réguliers qui te permettent de te constituer un solide réseau.
Le bac+5 : le master pour viser plus haut
Si tu as l’âme d’un stratège et que tu vises des postes à responsabilités dès la sortie d’études, fonce vers un bac+5 ! Les masters en Achats, Supply Chain, Logistique, Management des Opérations ou en Gestion de Production sont particulièrement prisés. Tu peux les préparer à l’université et les intégrer via la plateforme Mon Master.
Plusieurs écoles de commerce proposent aussi une spécialisation achats, à travers des masters spécialisés (MS) : MS Achats Internationaux et Supply Chain, MS Manager des Achats, MS Manager de la Chaîne Logistique et Achats… Ces formations d’un an après un bac+5 (voire bac+4 si tu es ultra sérieux et fort de plusieurs expériences) te permettent de devenir un expert hyper-spécialisé. Attention, elles sont souvent payantes (jusqu’à 20 000 €), mais l’investissement peut valoir le coup si tu vises des postes stratégiques dans de grands groupes internationaux.
De plus en plus de masters intègrent des modules dédiés à la RSE et aux achats durables : évaluation de l’empreinte carbone des fournisseurs, circuits courts, économie circulaire, inclusion sociale… Tu n’apprendras pas seulement à conclure des deals au meilleur prix, mais aussi à dénicher des partenaires éthiques !
Qualités et compétences requises pour devenir acheteur : négociation, rigueur et flair commercial
Le gros pilier du métier d’acheteur est sans aucun doute la négociation. Face à un fournisseur qui refuse de baisser ses prix ou de raccourcir ses délais, il faut savoir argumenter, trouver des leviers et proposer des compromis gagnant-gagnant ! Parfois, tu devras faire preuve de fermeté pour défendre les intérêts de ton entreprise. D’autres fois, tu joueras la carte de la diplomatie pour maintenir une relation fournisseur sur le long terme.
Le sens du relationnel, c’est ton autre arme secrète. Tu passes tes journées à échanger avec des interlocuteurs aux profils très variés : fournisseurs français ou étrangers, collègues de la production qui te harcèlent pour obtenir leurs pièces plus vite, directeurs financiers qui veulent réduire le budget, juristes qui relisent tes contrats, etc. Il faut savoir adapter ton discours à chacun d’entre eux, créer du lien et tisser des relations de confiance. Parce qu’au fond, le meilleur fournisseur, ce n’est pas forcément le moins cher : c’est aussi celui avec qui tu travailles dans la durée et dans le respect mutuel.
Au Japon, dire « non » directement en négociation est impoli : on préfère un subtil « c’est difficile ». En Russie, le silence pendant une négo est un signe de force, pas de gêne. Au Maroc, refuser le thé à la menthe avant de négocier ? Impensable ! Les acheteurs internationaux doivent maîtriser ces codes culturels aussi bien que leurs tableaux Excel. Un vrai métier de diplomate !
La rigueur, elle, te sauve la mise au quotidien. Entre les contrats à vérifier ligne par ligne, les délais à respecter, les budgets à suivre au centime près et les tableaux de bord à mettre à jour, impossible de te permettre la moindre approximation. Une erreur dans un bon de commande ou un oubli dans les clauses contractuelles peut coûter des milliers d’euros à ton entreprise. Heureusement, ton organisation millimétrée et ton souci du détail te permettent de garder tous les dossiers sous contrôle.
Le sang-froid est indispensable quand la pression monte. Imagine : ton fournisseur principal annonce un retard de trois semaines sur une commande critique, la production menace de s’arrêter et ton patron débarque dans ton bureau pour comprendre ce qu’il se passe. Pas le moment de paniquer ! Tu gardes la tête froide, tu cherches des alternatives, tu gères la crise avec calme et méthode. Dans ce métier, savoir gérer le stress et prendre des décisions rapides fait toute la différence.
- Maîtrise des outils bureautiques et ERP : Excel pour les analyses financières, les ERP pour gérer les commandes et suivre les stocks, les outils de e-sourcing pour lancer des appels d’offres en ligne
- Connaissance des techniques d’achat et de négociation : sourcing fournisseurs, analyse du coût total de possession (TCO), méthodes de négociation, gestion des risques fournisseurs
- Notions juridiques et contractuelles : droit commercial, droit des contrats, réglementations douanières, procédures d’appels d’offres publics pour les acheteurs dans le secteur public
Perspectives d’insertion professionnelle de l’acheteur : un métier stratégique et recherché
Le métier d’acheteur recrute, et pas qu’un peu ! En 2025, près de 25 000 offres d’emploi ont été diffusées sur francetravail.fr pour seulement 7 780 demandeurs d’emploi inscrits. Fais le calcul : ça fait plus de trois offres par candidat ! Et ce n’est pas un hasard : France Travail pointe un manque de main-d’œuvre à 100 % dans ce métier. Autrement dit, les entreprises peinent à trouver des acheteurs qualifiés, et ça, c’est une excellente nouvelle pour toi.
Et ce qui rassure encore plus, c’est la qualité des contrats proposés. Contrairement à certains secteurs où tu enchaînes les missions ultra-courtes, toujours d’après les données de France Travail, 38 % des embauches se font directement en CDI. Certes, 37 % démarrent par des CDD de moins d’un mois (souvent pour tester le candidat), mais la stabilité reste au rendez-vous pour qui fait ses preuves.
Les premiers acheteurs professionnels étaient les marchands vénitiens de la Renaissance ! Ils sillonnaient l’Europe et l’Orient pour dénicher épices, soieries et pierres précieuses au meilleur prix. Leur arme secrète ? Un réseau de contacts solide et… beaucoup de patience pour négocier pendant des semaines. Finalement, pas si différent d’aujourd’hui, si ce n’est qu’on a troqué les chameaux contre les emails !
Petite surprise : 73 % des embauches se font dans des TPE et PME de moins de 10 salariés. Pourquoi ? Parce que ces petites structures ont un besoin crucial d’optimiser leurs coûts d’achat pour rester compétitives. Tu y seras souvent l’unique acheteur, polyvalent et autonome dès le départ. Un vrai terrain de jeu pour apprendre vite et bien ! Cela dit, les grandes entreprises (8 % des embauches) offrent des postes plus structurés avec des perspectives d’évolution intéressantes.
Question profil, les recruteurs ratissent large : 43 % des offres ciblent des bac+2, 22 % des bac+3/bac+4 et 25 % des bac+5. La bonne nouvelle ? Tu n’as pas besoin de 10 ans d’expérience pour décrocher ton premier poste ! 37 % des offres s’adressent à des débutants (moins d’un an d’expérience) et 47 % recherchent des profils avec 1 à 4 ans d’expérience. Autrement dit, si tu maîtrises les bases de la négociation et des outils d’achats, tu as ta place.
Et devine quoi ? Les acheteurs ne se contentent pas d’avoir du travail : ils sont carrément heureux ! Selon l’étude AgileBuyer-CNA 2025 menée auprès de 865 professionnels, 87 % se disent épanouis dans leur job (contre 82 % en 2023), et 80 % comptent bien y rester ces 5 prochaines années.
Évolutions professionnelles de l’acheteur : vers plus de stratégie et de management
Après quelques années d’expérience, tu peux évoluer vers le poste de Responsable Achats ou Category Manager. Tu deviens alors responsable d’une ou plusieurs familles de produits (achats informatiques, achats de transport, achats de matières premières, etc.). Tu gères une équipe d’acheteurs, tu poses les grandes lignes de ta stratégie achats (privilégier le local ? Miser sur la qualité ? Optimiser les coûts à fond ?) et tu négocies les méga-contrats pluriannuels avec les partenaires clés de la boîte.
Si tu as la fibre managériale et stratégique, le poste de Directeur des Achats est le Graal ! Tu pilotes l’ensemble de la fonction achats de l’entreprise, tu travailles main dans la main avec la direction générale, tu fixes les grands axes stratégiques et tu gères des budgets colossaux. Dans les grands groupes internationaux, certains Directeurs des Achats peuvent gérer des équipes de plusieurs dizaines de personnes réparties dans le monde entier.
L’acheteur négocie les contrats et définit la stratégie fournisseurs sur le long terme. L’approvisionneur, lui, passe les commandes au quotidien et gère les stocks. Dans les grands groupes, ce sont deux postes bien distincts. Mais dans les PME/TPE (73 % des embauches !), tu porteras souvent les deux casquettes : bienvenue chez les acheteurs-approvisionneurs multi-tâches !
Une autre voie possible : la spécialisation sectorielle. Tu peux devenir expert en achats pharmaceutiques, en achats énergétiques, en achats publics, en achats de prestations intellectuelles… Cette hyper-spécialisation te permet de devenir une référence dans ton domaine et de booster sérieusement ta rémunération.
Certains acheteurs expérimentés se lancent aussi dans le conseil en achats. Ils accompagnent les entreprises dans l’optimisation de leur fonction achats, l’audit de leurs processus ou encore la formation de leurs équipes. Une belle manière de partager ton expertise tout en découvrant de nouveaux secteurs !
Salaire de l’acheteur : combien gagne-t-on vraiment ?
- Acheteur débutant
- Salaire net mensuel : 2 000 € - 2 600 €
- Équivalent brut annuel : 30 200 € - 38 800 €
- Acheteur expérimenté
- Salaire net mensuel : 4 000 € - 5 300 €
- Équivalent brut annuel : 61 000 € - 80 000 €
Première bonne nouvelle importée tout droit des données de Hellowork : dès ta sortie d’études, tu peux espérer entre 30 200 et 38 800 euros bruts par an, soit environ 2 000 à 2 600 euros nets mensuels. Diplôme d’école de commerce ou master spécialisé en poche ? Tu pourras viser le haut de la fourchette sans trop forcer.
Après 3 à 6 ans à négocier avec des fournisseurs et à optimiser les coûts comme un chef, ta rémunération fait un joli bond : entre 42 750 et 54 624 euros bruts annuels, soit 2 800 à 3 600 euros nets par mois, toujours selon Hellowork. Et si tu te spécialises dans l’IT, les projets industriels ou l’international, tu peux même gratter quelques milliers d’euros de plus.
De nombreux acheteurs touchent une part variable qui vient gonfler le salaire de base : bonus sur les économies réalisées, primes d’objectifs, intéressement… Exemple concret : tu négocies un contrat qui fait économiser 100 000 € à ta boîte ? Un joli chèque bonus peut t’attendre en fin d’année pour te remercier !
Passé la barre des 10 ans d’expérience, ou si tu décroches un poste de Responsable Achats, on entre dans une autre dimension : 61 200 à 80 000 euros bruts par an, soit 4 000 à 5 300 euros nets mensuels. Les Directeurs des Achats dans les grands groupes peuvent même franchir la barre des 100 000 euros bruts annuels.
Petit détour par les données France Travail : 80 % des offres d’emploi proposent un salaire mensuel brut compris entre 1 800 € et 3 750 €, doit une fourchette d’environ 1 400 € - 2 900 € net mensuels. Pourquoi de tels écarts ? Tout dépend de ton expérience, de la taille de ta boîte et du secteur dans lequel tu bosses.




















