Précarité étudiante : les mesures pour leur venir en aide !

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Depuis le début de l’apparition du coronavirus, de nombreuses annonces ont été faites par le gouvernement pour soutenir les étudiants précaires. Aujourd’hui, de plus en plus de personnes se mobilisent pour leur cause !

Courant 2020, Jean Castex animait plusieurs conférences de presse dans le but d’annoncer les mesures prises pour lutter contre la précarité des jeunes. Une précarité déjà existante depuis plusieurs années, mais qui s’est renforcée avec le début de la crise sanitaire l’an dernier. Stages, jobs, alimentation, logement… Rappelons ce qui a été mis en place pour subvenir aux besoins des étudiants les plus en difficulté et faisons un point sur les mesures à venir ! 

Les aides qui existent déjà

« C’est dur d’avoir 20 ans en 2020. » Prononcée il y a maintenant plusieurs mois, cette phrase d’Emmanuel Macron est bel et bien toujours d’actualité. En effet, alors que la Covid-19 frappe de plein fouet le monde entier début 2020, la France, elle, voit ses étudiants rencontrer de nombreuses difficultés, autant d’un point de vue personnel, que professionnel et donc économique

Jobs et soutiens monétaires pour les étudiants

Pour tenter de remédier à la détresse des jeunes en temps de Covid, Jean Castex avait annoncé, en mai 2020, qu’une aide de 200 euros allait être versée aux jeunes de moins de 25 ans qui avaient perdu leurs stages ou leurs emplois en raison des mesures adoptées pour combattre la pandémie en France. Ce coup de main visait essentiellement les étudiants les plus démunis

De plus, en novembre dernier, le Premier ministre avait également communiqué la création de 20 000 jobs étudiants, dont les contrats étaient passés avec le Crous, pour une durée de 4 mois et à raison de 10 heures hebdomadaires. Ces jobs représentaient déjà un investissement de 50 millions d’euros pour le gouvernement.  

Il est d’ailleurs prévu que, sur le long terme, le budget des Crous double à hauteur de 56 millions d’euros, pour permettre de verser des aides supplémentaires aux étudiants en situation de précarité. 

Le dispositif « 1 jeune, 1 solution » renforcé

Initialement prévu pour venir en aide à 100 000 jeunes à l’été 2020, « 1 jeune, 1 solution» voit son nombre de bénéficiaires doubler pour l’année 2021 ! 

Toutes les aides de ce dispositif, y compris financières, sont destinées aussi bien aux étudiants qu’aux jeunes diplômés cherchant un premier emploi

De même, la « Garantie jeunes» propose une allocation mensuelle d’un montant maximal de 484 euros et un accompagnement renforcé dans la démarche d’insertion professionnelle pendant un an, aux jeunes âgés de 16 à 25 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation et en situation de précarité financière.

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Entre orientation, formation, insertion professionnelle et soutien financier, le gouvernement souhaite tout entreprendre, afin de faire en sorte que les plus jeunes, très impactés par la situation, puissent s’en sortir au mieux, aussi bien d’un point de vue économique que psychologique.

À ce sujet, de plus en plus de jeunes se disent inquiets de leur santé mentale, c’est pourquoi le gouvernement a mis en vigueur, depuis le 1er février 2021, le « chèque psy », permettant aux étudiants de pouvoir consulter gratuitement un psychologue, un psychothérapeute ou un psychiatre. Ce « chèque d’accompagnement psychologique » ouvre droit à trois consultations de 45 minutes

Lorsque précaire rime avec solitaire

Solitude. Un mot fort que l’on entend de plus en plus depuis ces derniers mois. Initialement négligée par les autorités compétentes, la solitude des jeunes fait aujourd’hui partie des questionnements majeurs à mettre en avant. En effet, davantage d’étudiants font part, notamment à travers les réseaux sociaux, de leur détresse. Un sentiment lié principalement à l’isolement et au manque d’interactions sociales dont ils sont victimes. 

Afin d’agir et de lutter contre cet enfermement, le gouvernement, mais aussi et essentiellement des étudiants et des startups se mobilisent pour apporter des solutions à ce problème qui ne fait que s’intensifier au fur et à mesure que le temps passe.

Le gouvernement accompagne les étudiants

En plus d’avoir mis à disposition des chèques psy pour les jeunes dans le besoin et d’avoir décidé d’un retour progressif des cours en présentiel à raison d’une journée par semaine au sein des universités, le gouvernement tente tant bien que mal de rompre l’isolement auquel les étudiants sont actuellement confrontés.

À cet effet, des espaces de coworking, mais aussi cinémas, théâtres et restaurants du Crous, se sont reconvertis, partout en France, pour permettre aux jeunes de sortir de chez eux, de changer de cadre pour étudier et ainsi de lutter contre cet abandon

Les jeunes vont-ils peu à peu retrouver leur vie sociale ? C’est ce que souhaitent certains étudiants et auto-entrepreneurs qui élaborent des plateformes pour leur venir en aide.

Des projets contre l’isolement social

Les jeunes sont particulièrement impactés par les conséquences de la crise sanitaire, notamment d’un point de vue social. Pour combattre l’isolement de la génération Z, quatre étudiants de l’iaelyon ont créé Weemi. Ce site internet propose de rassembler les étudiants, afin d’enrayer la solitude qui résulte du manque de liens sociaux. Le but de cette équipe d’étudiants est simple : réunir une grande communauté étudiante et créer un lieu de rencontres et d’échanges en ligne.

Le projet propose la mise en place d’un « weemibar », un événement organisé sur Zoom, regroupant 100 personnes, elles-mêmes divisées aléatoirement en groupes de 5 personnes. Bien qu’encore en phase de tests, les étudiants souhaitent, dans l’avenir, faire de Weemi une application mobile

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D’autre part, la start-up Deskapad a lancé l’opération « Coworking Solidarité Etudiant », afin de faire face à la détresse grandissante des étudiants. À travers ce site, ces derniers ont accès à une carte de France qui recense tous les espaces de coworking et entreprises accessibles gratuitement. Ainsi, en plus d’avoir accès à des espaces dédiés au travail, les jeunes ont également l’opportunité de changer d’air et de rencontrer d’autres étudiants. Deskapad a déjà mobilisé 170 espaces partenaires de l’opération et compte près de 3000 réservations. 

Les toutes nouvelles aides et celles à venir

Depuis plusieurs mois, une mobilisation importante s’observe autour du sujet de la précarité des étudiants. En effet, de plus en plus de plateformes souhaitent apporter leur soutien, faisant de la fragilité des jeunes une réelle problématique à traiter.

Aujourd’hui, de plus en plus de voix se lèvent pour affirmer que les mesures gouvernementales ne sont pas suffisantes, puisque cette crise ne touche malheureusement pas que les étudiants boursiers, qui ont moins de moyens, mais également les non-boursiers qui se voient affronter actuellement de grands obstacles. Paniers-repas offerts, protections hygiéniques gratuites… Voici ce que les étudiants ne savent peut-être pas encore !

L’alimentation pour tous

Alors que le gouvernement avait déjà annoncé faire bénéficier de deux repas par jour au tarif de 1 euro pour tous les étudiants, boursiers ou non, depuis fin janvier 2021, certaines plateformes comme Aurore Market considèrent qu’il est possible et nécessaire d’en faire davantage

Lundi 22 février 2021, l’épicerie bio en ligne, une start-up fondée en 2018 par 4 étudiants, a lancé une plateforme solidaire et collaborative, rassemblant producteurs, associations ou encore citoyens, pour rendre le bio accessible à tous en offrant aux étudiants en situation de précarité des paniers de produits biologiques.

Ces paniers bio d’une valeur de 30 euros ont déjà attiré l’œil des plus démunis, puisque déjà plus de 2000 étudiants se sont inscrits sur la plateforme depuis son lancement. Un chiffre qui s’explique par une baisse de revenus allant de 5 à 10 % pour les jeunes entre 20 et 25 ans depuis l’été dernier, alors même que les frais de vie d’un étudiant ont tendance à augmenter au fil des années. 

De même, deux entrepreneuses lyonnaises, Marion Dolisy Galzy et Anne Wuattier, ont lancé une plateforme solidaire #1CabasPour1Etudiant, afin de mettre en relation, sur un même secteur géographique, les étudiants en difficulté et les familles prêtes à les aider. L’objectif est simple : donner un coup de main aux jeunes en précarité, notamment en leur faisant les courses. En plus des produits alimentaires, les familles qui le souhaitent peuvent également donner des produits d’hygiène aux étudiants, des livres, ou encore leur proposer des offres de stages ! 

Des protections périodiques gratuites pour les étudiant.es !

Eh oui, c’est bien vrai ! L’annonce tant attendue par des milliers de jeunes est tombée le 23 février 2021. À partir du mois de septembre, les protections hygiéniques seront gratuites pour les étudiantes et les étudiants transgenres. C’est ce qu’a annoncé la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, mettant ainsi en avant une mesure supplémentaire qui s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la précarité des jeunes.

Pour épauler les étudiant.es qui n’ont pas ou peu accès aux protections périodiques, 1500 distributeurs de protections hygiéniques vont être installés dans les Crous et sur les campus dans les prochaines semaines.

Une décision qui prend tout son sens lorsque l’on sait que, selon une étude de la FAGE (Fédération des Associations Générales Étudiante) menée auprès de plus de 6000 étudiants en France, un tiers (33 %) des étudiantes déclarent avoir des difficultés pour se procurer des protections hygiéniques. 

Adriana Da Cruz

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