1,4 million de Français ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation, selon l’Insee. On les appelle les NEET de l’anglais « Not in education, employment or training ». Les termes pour désigner ces jeunes de 15 à 29 ans sont légion.
Au troisième trimestre 2022, la part des jeunes décrocheurs était de 11,6 % selon l’Institut national de la statistique. L’Observatoire des inégalités révèle quant à lui que 9 % des 18-24 ans quittent l’école sans aucun diplôme ou juste avec le brevet des collèges. Si ce chiffre est préoccupant, ils sont quatre fois moins qu’il y a 40 ans.
Vous avez entre 16 et 25 ans et vous vous reconnaissez ? Vous avez décroché depuis le lycée ou avez du mal avec les études supérieures ? Être en décrochage scolaire ne signifie pas abandonner pour toujours. Pour vous aider à y voir plus clair, retrouvez tous nos conseils !
j’suis en plein décrochage scolaire, c’est super grave
— 𝘔𝘢𝘵𝘺 (@NdyNabou) March 5, 2023
N’interrompez pas vos études : l’avenir sera moins rude
133 000 candidats en réorientation étaient inscrits sur Parcoursup® en 2019 selon un rapport de l’inspection générale de l’éducation du sport et de la recherche. Démotivation, peur de l’échec, problèmes personnels, Covid… les raisons d’un décrochage peuvent être multiples. Mais une chose est sûre : il ne faut pas abandonner. Même si vous avez l’impression que votre formation actuelle ne donnera rien, c’est peut-être simplement que vous n’avez pas encore trouvé celle qui vous convient ! Gardez en tête qu’il est tout à fait normal de tâtonner, surtout au début des études.
Il existe des milliers de cursus différents et des sous-domaines au sein d’un seul domaine. Exemple : la communication comprend moult familles de métiers, dont les métiers artistiques ou les métiers de la presse et des relations publiques. En général, il y a des formations pour tous les goûts. Si celle dans laquelle vous êtes inscrits ne vous convient plus, vous pourrez certainement vous réorienter vers une autre. Il vaut mieux se forcer un peu et valider son année, afin d’obtenir les crédits ECTS nécessaires à en entamer une deuxième, plutôt que d’arrêter brutalement sa L1, par exemple. À noter que des rentrées décalées s’effectuent toute l’année (généralement dans les écoles privées qui ont un certain coût) de manière à ce que chaque étudiant puisse s’inscrire entre décembre et mars.
Si c’est l’environnement qui vous déplaît, le simple fait de changer d’établissement peut changer votre vie. Vous êtes peut-être des élèves décrocheurs parce que rien autour de vous ne vous motive à garder le cap. Camarades de classe, professeurs et même parents peuvent être un frein sur le chemin des grandes écoles.
Vous avez une phobie scolaire ou sociale ? Si ce mode d’apprentissage est le plus adapté pour vous, de nombreuses formations se font à distance. Il arrive fréquemment qu’une école propose le même programme de façon hybride : en présentiel et en ligne. C’est le cas d’ITIC (Institut des techniques informatiques et commerciales), par exemple, mais aussi d’écoles de commerce de renom comme l’EDHEC. Cette configuration est idéale si vous exercez un emploi en parallèle.
Vous n’avez jamais travaillé, mais votre soif d’expérience professionnelle grandit ? Si vous entrez les deux pieds joints sur le marché du travail, vous risquez d’y prendre goût et de ne plus faire machine arrière. Au cas où vous l’ignoriez, vous n’êtes pas du tout obligés de quitter les bancs de l’école pour travailler !
plus la grève dure plus je fais du décrochage scolaire sérieux, c’est super compliqué de devoir tenir
— ًً (@cathyvercetti) March 20, 2023
Ne travaillez pas à temps plein : soyez malins
Votre cœur balance ? Optez pour une alternance. Éviter les frais de scolarité et être payé, c’est possible ! Le contrat d’apprentissage ou de professionnalisation permet aux jeunes de découvrir un métier tout en suivant une formation théorique dans les établissements scolaires de leur choix. Il arrive fréquemment que l’employeur recrute l’apprenti à l’issue de son cursus.
L’alternance n'est pas une formation initiale. Elle implique de travailler à 35 h par semaine. Même si les jours d’école et de travail ne sont pas les mêmes, cela peut s’avérer très compliqué. Vous préférez un contrat plus léger ? Si vous avez des difficultés à boucler les fins de mois ou que vous souhaitez prendre votre indépendance, trouvez un job étudiant qui vous permettra de subvenir à vos besoins. Une bourse sur critères sociaux pourra également vous aider à vous en sortir. Constituer votre dossier social étudiant, si ce n’est pas déjà fait.
Les secteurs de l’hôtellerie-restauration, du tourisme ou encore de la vente recrutent à foison tout au long de l’année pour des contrats à temps partiel. Il est donc tout à fait possible de concilier vie professionnelle et études.
Notez qu’à l’université, n’importe quel étudiant salarié a la possibilité d’aménager son emploi du temps en fonction de ses horaires de travail. Et si cela devient trop complexe, demandez une réduction d’heures à votre employeur ou à votre établissement, si possible.
Vous avez du temps libre et préférez une expérience plus courte ? Effectuez un service civique. Celui-ci vous permet à la fois de découvrir un secteur et de recevoir une gratification. En outre, il vous aidera à identifier vos centres d’intérêt. En revanche, la rémunération en alternance est bien plus intéressante qu’en stage ou service civique.
En effet, les alternants peuvent percevoir un salaire en moyenne entre 50 et 100 % du SMIC selon l’âge. Sachant que ce dernier est fixé à 1353, 07 € net mensuel au 1er janvier 2023. Alors que les stages en entreprise ou autres services civiques sont payés entre 500 et 600 € environ.
Le décrochage scolaire 😍😍😍😍😍 aidez moi purée
— 4 🧢 (@4laywww) March 20, 2023
Faites de votre passion une profession
Pour ne pas avoir à décrocher, rien de mieux que de faire ce qui vous plaît ! Vous avez une activité parascolaire ? Que ce soit le sport, la cuisine, la pêche… Devenez-en expert et alliez l’utile à l’agréable.
Amateur de jeux vidéo ? À Paris, la formation gratuite et rémunérée « Avenir en jeu » permet à des jeunes sortis du système scolaire de devenir « QA testeur ». Pour la mettre sur pied, l’association Horizon Jeu Vidéo s’est associée à plusieurs partenaires, dont l’École de la 2e chance ou E2C !
Votre mission consistera à tester des jeux vidéo dans le but de faire remonter des bugs ou autres soucis d’interactions. La première promotion a démarré en octobre 2022. Pour y participer, quelques conditions sont à respecter :
- avoir entre 18 et 25 ans
- habiter Paris ou la Seine Saint-Denis
- être non bachelier.
Attention : les places sont limitées. Une sélection est effectuée en fonction de l’aptitude et de la motivation du candidat. Et si vous en avez marre du gaming, votre expérience du secteur pourra certainement en intéresser plus d’un ! Intéressés ? Faites un tour sur le site dédié.
Si vous êtes plutôt attiré par la programmation, l’École 42 vous forme à devenir développeur informatique pour la modique somme de zéro euro ! Elle dispose de 47 campus à l’international, dont 7 sur le territoire français. D’autant plus que les métiers de l’informatique peinent à recruter des personnes qualifiées !
Autre bon plan : à Paris, DesCodeuses forme des femmes venant de quartiers défavorisés à savoir coder. À la clé : un titre RNCP de niveau 6 (Bac+ 3/4).
Passionnés de sport ? Les filières sports-études comme les licences STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) vous permettent de combiner votre activité physique et les cours. Pour les sportifs de haut niveau, si vous en présentez la preuve, vous pourrez gérer votre rythme d’études selon vos disponibilités. En fonction de vos hobbies, différentes opportunités existent dans chaque domaine.
C’est possible d’etre en decrochage scolaire meme en allant en cours ?
— 🅱️00.ᐟ🧝🏽♀️🧞♀️🛸⭐️ (@cr0ftk00ki3) March 6, 2023
Témoignages : ces trois garde-fous ont un message pour vous
Issa a grandi dans une cité. Malgré une scolarité en REP (Réseau d’éducation prioritaire) jusqu’au lycée, il est aujourd’hui étudiant à Sciences Po Paris. À vous qui êtes peut-être sur le point de décrocher, il vous conseille de prendre conscience que l’école est avant tout pour soi. « Je pense que la première chose à faire, c’est de se demander ce qu’on veut faire de sa vie. Quel métier, quel parcours ? Ensuite, il faut prendre confiance en soi et se dire que tout le monde peut y arriver. » Mais il n’a pas eu son déclic tout seul. Des associations ont croisé sa route à des moments décisifs de sa vie. Notamment au collège et au lycée. « Il y aura toujours des professeurs, des associations ou d’autres programmes pour faire en sorte que vous réussissiez malgré les difficultés. Même si vous avez de mauvaises notes, il faut vous dire que l’école est là, il faut garder de l’espoir, car demain sera meilleur. », ajoute-t-il.
Même son de cloche pour Thaïs, qui a obtenu un bac+3 sans avoir le baccalauréat. Pour la jeune femme, prendre le temps de l’introspection est nécessaire : « Si vous avez besoin de faire une pause, faites-le et questionnez-vous sur ce que vous voulez vraiment faire de votre vie. Dans quoi vous voulez vous investir, qu’est-ce qui vous ressemble le plus ? ». Autant de questions pour lesquelles les réponses ne sont pas toujours évidentes.
Elisabeth Elkrief, directrice générale de la fondation AlphaOmega et qui connaît parfaitement ces thématiques, a aussi un message à vous faire passer. « D’abord, quand on se sent en décrochage, il ne faut pas baisser les bras. Il faut savoir qu’il y a des organismes et des gens dont c’est la spécialité de penser ce genre de problème, de favoriser l’accueil et surtout d’avoir des solutions pour. » Son organisation a pour objectif d’éradiquer le décrochage scolaire. Selon elle, deux axes sont nécessaires pour ce faire : la prévention du décrochage et la remédiation. « La remédiation pour ceux qui sont malheureusement sortis de l’école sans diplôme ni emploi. »
© Fondation AlphaOmega
Actuellement en décrochage scolaire, à 3 semaines de la fin des cours.
— Chichi (@Lei_chou) March 17, 2023
Décrochage scolaire : qui contacter quand on ne sait pas quoi faire ?
Le risque de décrochage apparaît très tôt dans le système éducatif. Aussi, la fondation AlphaOmega accompagne des associations éducatives de lutte contre le décrochage scolaire dans la prévention de celui-ci aux moments clés. « Elles sont sur le terrain, au contact des jeunes qui en ont besoin et elles complètent l’action des profs et de la famille », souligne Elisabeth Elkrief.
Les six associations interviennent auprès de jeunes défavorisés de 5 à 25 ans. Dans les primaires, collèges, lycées et jusqu'àn la fac. « Elles accompagnent 40 000 jeunes et 100 000 professeurs », ajoute-t-elle. Si Energie Jeunes intervient surtout auprès des collégiens de quartiers populaires, Article 1 ou encore Entreprendre pour apprendre travaillent davantage sur l’orientation et l’insertion professionnelle.
Hormis le tissu associatif, vous pourrez trouver de l’aide auprès des Centres d’information et d’orientation, de votre professeur principal, des missions locales, ainsi qu’auprès de certains réseaux comme les E2C. Tous sont mobilisés et en mission de lutte contre le décrochage scolaire. N'ayez pas peur d’en parler.
Si vous avez d’ores et déjà jeté l’éponge, sachez qu’il n’est jamais trop tard et que rien n’est définitif. Plusieurs chemins mènent à la réussite éducative. Encore faudrait-il savoir où vous voulez aller. (R) accrochez-vous. Vous y arriverez !