En France, plus de 20 % d’étudiants quittent l’enseignement supérieur sans diplôme, dont 25 % en première année de licence, d’après le site Infojeunes.fr.
Entrée en vigueur à la rentrée de septembre 2020, l’obligation de formation vise à répondre au décrochage scolaire. Ainsi, tout jeune de 16 à 18 ans peut bénéficier d’un accompagnement personnalisé afin de construire son avenir professionnel.
La prise en charge des jeunes en situation de décrochage s’effectue grâce à un partenariat de plusieurs Plateformes de suivi et d’appui aux décrocheurs ou PSAD. À ce jour, on en dénombre 380 en France.
Que vous soyez encore élève du secondaire ou étudiant dans le supérieur, découvrez les organismes vers qui se tourner en cas de décrochage !
Les organismes nationaux
Le 1er janvier 2023, la région Île-de-France a mis en place Oriane, « l’agence de la promesse républicaine et de l’orientation ». Elle se donne trois principales missions : l’orientation, la lutte contre le décrochage scolaire et l’insertion. Pour ce faire, la plateforme rassemble tous les dispositifs existants pour lutter contre le décrochage. Et ils sont nombreux !
« La Promo 16.18 »
« La Promo 16.18 » de l’AFPA (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes) est un programme de quatre mois qui se déroule dans les différents centres implantés sur l’ensemble du territoire. Vous avez entre 16 à 18 ans et êtes sorti du système scolaire ? Une équipe de formateurs, animateurs ou encore conseillers sont là pour vous aider à trouver votre voie et construire votre avenir.
Les Écoles de la deuxième chance
Le réseau des E2C (École de la 2e chance) accueille des jeunes de 16 à 25 ans sans qualifications ou titulaires d’un CAP, BEP, bac ou équivalent et qui souhaitent accéder à un emploi ou une formation. Des remises à niveau sont organisées en fin de collège, période charnière où beaucoup de jeunes jettent l’éponge. Des stages en entreprise permettent une intégration au niveau professionnel et social. Chaque année, les E2C accueillent 15 000 jeunes sur 139 sites répartis dans l’ensemble du territoire.
Les micros-lycées
« Les “Structures de retour à l’école” (“Microlycées” ou “Lycées de la Nouvelle Chance”) permettent à des jeunes déscolarisés de revenir en formation pour préparer un diplôme. », peut-on lire sur le site Éduscol, du ministère de l’Éducation nationale. Elles accueillent de jeunes volontaires aux parcours difficiles, tant sur le plan personnel qu’académique. Ces deux volets étant interdépendants. Consultez la liste des structures de retour à l’école.
L’Epide
Établissement public d’insertion dans l’emploi, L’Epideprend en charge les décrocheurs sans aucune qualification ni diplôme. Des sessions d’environ huit mois en internat sont organisées dans un objectif de resocialisation. Les 20 centres situés en France métropolitaine hébergent des stagiaires qui suivent des cours de remise à niveau. Ils sont également mis au fait des valeurs militaires sans toutefois être obligés d’intégrer l’armée.
SMA, SMV, SNU
Le SMA, Service militaire adapté, est un dispositif militaire d’insertion socioprofessionnelle dédié aux Ultramarins de 18 à 25 ans, éloignés du marché de l’emploi. Le SMV (Service militaire volontaire) est quant à lui un dispositif du ministère des Armées qui permet aux Français âgés de 18 à 25 ans de s’insérer dans la vie active. Pendant 6 à 12 mois, ils réalisent un parcours d’insertion au sein d’unités militaires spécifiques. Le but ? Se former à la vie collective et professionnelle.
Tout jeune de 15 à 17 ans peut se porter volontaire pour le SNU (Service national universel). Porté par le président de la République, Emmanuel Macron. Ce dernier a pour objectifs de :
- transmettre un socle républicain
- renforcer la cohésion nationale
- développer une culture de l’engagement
- accompagner l’insertion sociale et professionnelle.
Le SNU est constitué d’une phase obligatoire qui comprend deux semaines en séjour de cohésion en dehors du département d’origine, suivi de la réalisation facultative d’une mission d’intérêt général pendant 15 jours. Elle peut se faire au sein d’une association ou d’une quelconque administration sous forme de service civique.
Les organismes locaux
Sur le plan local, une multitude de dispositifs implantés dans les villes, départements ou régions sont là pour vous épauler !
Au niveau des territoires :
- des missions locales
- des GRETA (groupements d’établissements)
- des CFA (Centres de formation d’apprentis)
- des organismes régionaux de formation (renseignez-vous auprès de votre région)
- la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse)
ainsi que des associations telles que :
- AFEV
- Article 1
- La ligue de l’enseignement
- L’Agence du service Civique
- Energie Jeunes
- UnisCité, programme Booster.
En outre, des edtech comme EvidenceB, pourront vous aider à prévenir les risques de décrochage en vous redonnant goût à l’apprentissage.
Un manque de communication autour des associations de prévention
Aviez-vous déjà entendu parler de tous ces acteurs avant ? « Ni les profs ni les parents ne connaissent ces associations. Donc comment voulez-vous que les gens qui en ont besoin se dirigent vers elles ? », se demande Elisabeth Elkrief, directrice générale de la fondation AlphaOmega.
« Rattraper le décrochage à 25 ans est beaucoup plus difficile qu’à 5 ans. », rappelle la directrice. « Un adulte qui a abandonné les bancs de l’école précocement coûte plus cher à la société que l’investissement d’une association pour un gamin », ajoute-t-elle.
Dans l’idéal, la communication autour des organismes de lutte contre le décrochage devrait être reprise par l’État ou en tout cas par les ministères concernés, selon ses dires.
Une fois qu’il n’est plus en poste, un décrocheur « va avoir des problématiques de logement, de toxicomanie, de santé, etc. liées au décrochage. », poursuit Elisabeth Elkrief. Son organisation a estimé le coût complet que coûte un décrocheur à 236 000 €. Pour elle, il ne fait aucun doute : la prévention est préférable à la remédiation.
Selon une étude IFOP pour AlphaOmega, 73 % des NEETS (personnes sans emploi, études ou formation) ont abandonné un cursus en cours de route. Enfin, 78 % d’entre eux regrettent de ne pas avoir poursuivi d’études.