- Salaire mensuel net : 1 600 € - 5 000 €
- Niveau de diplôme : bac+3 à bac+5
- Sélectivité : 8/10
Missions du commentateur sportif : bien plus qu'une voix derrière un micro
Le commentateur sportif, c'est celui qui transforme un match en récit épique. Son rôle ? Faire vivre l'action en direct aux téléspectateurs (ou aux auditeurs). Mais attention, être commentateur ne se résume pas à crier « Et c’est le buuuuut ! » au bon moment. C'est un vrai métier de préparation, d'analyse et de storytelling.
Avant chaque événement, tu dois te transformer en véritable enquêteur. Tu épluches les statistiques des équipes, tu te renseignes sur les joueurs, tu analyses les tactiques probables et tu prépares des anecdotes qui pourront enrichir ton commentaire. Un bon commentateur ne laisse rien au hasard : il arrive sur le plateau avec des fiches remplies de données et d'infos exclusives.
- Salarié / Pigiste / Indépendant
- Horaires contraignants (soirs, week-ends)
- Déplacements fréquents
- Métier passion
- Métier international
Pendant le match, c'est là que tout se joue. Tu dois décrire l'action en temps réel, apporter une analyse pertinente et maintenir l'attention du public tout au long de la rencontre. Parfois pendant plusieurs heures d'affilée (pense aux matchs de tennis en cinq sets !). Tu dois savoir improviser, réagir à l'imprévu et faire monter la tension quand le score se resserre. Tu l’auras comprix, c’est un exercice d'endurance mentale et vocale.
Le commentateur sportif peut aussi animer des émissions de débat, interviewer des athlètes, participer à des talks-shows sportifs ou même prêter sa voix à des jeux vidéos (comme Hervé Mathoux dans FIFA). Tu travailles pour des chaînes de télévision (TF1, Canal+, beIN Sports, France TV), des radios (RMC, RTL, Europe 1) ou des médias en ligne.
| ⚽ Le savais-tu ? Le commentaire sportif existe depuis plus d'un siècle avec la création du journal L'Auto-Vélo en 1900, l’ancêtre de L'Équipe ! Aujourd'hui, le métier évolue avec les plateformes comme Twitch ou YouTube, où de nouveaux commentateurs se font connaître auprès d'audience plus jeunes. |
Études pour devenir commentateur sportif : les voies qui mènent au micro
- Coût des études : de 243 € à 9 000 €/an
- Durée des études : 3 à 5 ans après le bac
- Stages obligatoires
- Concours : oui
Devenir commentateur sportif, c'est un peu comme viser la finale de la Coupe du monde : tout le monde en rêve, mais les places sont limitées. La bonne nouvelle, c'est que plusieurs chemins peuvent t'y mener.
Au lycée, privilégie un bac général avec des spécialités qui développent ta culture générale et ton aisance à l'écrit comme à l'oral. Les spécialités Humanités, littérature et philosophie (HLP), Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP) ou encore la spécialité Éducation physique, pratiques et culture sportives (EPPCS) sont de bons choix pour te préparer.
La voie royale reste l'école de journalisme. En France, 14 écoles sont reconnues par la profession (CPNEJ). Parmi les plus réputées : l'ESJ Lille, le CFJ Paris, Sciences Po Paris, l'IJBA Bordeaux ou encore le CUEJ Strasbourg. Ces formations de niveau bac+5 sont très sélectives : concours écrits et oraux après une licence (bac+3). Elles te forment à tous les supports (TV, radio, web, presse écrite) avec des stages en rédaction.
D'autres parcours existent aussi. Tu peux passer par un BUT Information-Communication parcours journalisme (à l'IUT de Lannion ou Cannes, reconnus par la profession), ou par des écoles privées non reconnues mais qui offrent de bonnes formations (ISCPA, EFJ, IEJ, Narratiiv...). Des licences ou masters en information-communication, en STAPS ou en management du sport peuvent aussi constituer des portes d'entrée vers le métier.
Certains commentateurs sont d'anciens sportifs de haut niveau qui se reconvertissent. L'INSEP et le CFJ proposent d'ailleurs une formation « Sportcom » dédiée aux athlètes souhaitant passer derrière le micro.
Qualités et compétences du commentateur sportif : le combo gagnant
Pour réussir dans ce milieu, il te faut un cocktail de qualités bien spécifiques. D'abord, une culture sportive en béton. Tu dois connaître les règles, l'histoire, les grandes dates, les joueurs emblématiques et les enjeux de la discipline que tu commentes. Si tu es fan de football, cela ne suffit pas. Il faut avoir des connaissances dans de nombreux sports : rugby, tennis, cyclisme, sports mécaniques... Plus tu es polyvalent, plus tu multiplies tes chances d’y parvenir.
L'aisance orale est évidemment indispensable. Tu dois être capable de parler pendant des heures sans bafouiller, de trouver les mots justes en une fraction de seconde et de moduler ta voix pour faire monter l'émotion. C'est un vrai travail sur toi-même : diction, rythme, intonation... Tout compte.
La réactivité et la capacité d'improvisation sont également cruciales. Un but inattendu, une décision d'arbitre contestée, un incident sur le terrain : tu dois réagir instantanément et toujours trouver quelque chose de pertinent à dire. Ça demande une mémoire solide et une grande vivacité d'esprit.
Enfin, il te faut de l'endurance (certains évènements durent des heures), de la rigueur dans ta préparation, et un vrai sens du storytelling pour transformer un match en récit captivant.
- Maîtrise des techniques journalistiques : savoir rédiger, mener une interview et construire un reportage pour produire un contenu structuré et captivant
- Connaissance des outils audiovisuels et numériques : être à l'aise avec les logiciels de montage, les régies et les plateformes de diffusion (TV, radio, streaming)
- Bonne maîtrise de l'anglais : indispensable pour couvrir les compétitions internationales et échanger avec des athlètes ou collègues étrangers
Insertion professionnelle : un terrain de jeu sélectif
Le marché du commentaire sportif ne fait pas de cadeaux. En 2024, la France compte environ 35 000 journalistes titulaires de la carte de presse selon la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels (CCIJP). Parmi eux, l'Union des journalistes de sport en France (UJSF) regroupe près de 3 100 journalistes sportifs professionnels. Résultat : la plupart des jeunes diplômés démarrent comme pigistes.
Tu es alors payé à l'article (entre 60 et 100 € selon les médias) ou à la prestation. C'est souvent comme ça qu'on se fait repérer et qu'on tisse son réseau. Stages, premières piges dans des médias locaux ou spécialisés... Chaque opportunité compte pour se faire une place.
Côté débouchés, les portes sont multiples : presse écrite (L'Équipe, So Foot), chaînes de télévision (GroupeTF1, France Télévisions, Canal+, beIN Sports, Eurosport), radios (RMC, RTL), agences de presse ou médias en ligne (Foot Mercato, Gentside E-sport). Et puis, il y a les nouvelles plateformes, comme Twitch ou YouTube, qui ouvrent des perspectives intéressantes pour les profils créatifs capables de fédérer une communauté.
Évolution professionnelle : du micro local au plateau national
Avec de l'expérience et un bon réseau, un commentateur sportif peut gravir les échelons. Tu peux commencer par des matchs de divisions inférieures ou des sports moins médiatisés, puis progresser vers des évènements majeurs : Ligue 1, Roland-Garros, Tour de France, Jeux olympiques, Coupe du Monde...
Tu peux aussi te spécialiser dans une discipline précise pour devenir une référence incontournable (football, tennis, rugby, sports mécaniques...). Certains commentateurs deviennent présentateurs d'émissions sportives, chefs de rubrique sport ou rédacteurs en chef. D'autres se tournent vers le consulting, l'animation d'évènements ou la production audiovisuelle.
Les évolutions possibles incluent également des postes de responsable éditorial, de directeur de la rédaction sport, ou même de consultant pour des marques et des fédérations sportives.
Salaire du commentateur sportif en 2026 : du SMIC au jackpot
- Commentateur sportif débutant
- Entre 24 000 et 30 000 € brut annuel, soit 1 500 à 2 000 € net/mois
- Commentateur sportif expérimenté :
- Entre 40 000 et 70 000 € brut annuel, soit 2 600 à 5 000 € net/mois
Parlons chiffres. En début de carrière, quand tu fais tes armes comme pigiste ou jeune journaliste, attends-toi à un salaire modeste, autour de 1 500 € net par mois. Beaucoup commencent d'ailleurs bien en dessous, en cumulant les piges payées à l'article (entre 60 et 100 € le papier selon Hellowork).
Avec l'expérience et la notoriété, les salaires peuvent grimper significativement. Un commentateur confirmé dans une grande chaîne peut atteindre 5 000 € nets par mois, voire beaucoup plus pour les voix les plus connues. Les stars du commentaire, comme Grégoire Margotton (TF1), toucheraient environ 10 000 € mensuels, selon certaines sources.
Les consultants (souvent d'anciens sportifs de haut niveau) peuvent atteindre des rémunérations encore plus élevées. Le salaire dépend énormément de la rédaction qui t’emploie, de ta spécialisation (le football reste le sport le plus rémunérateur), de ta notoriété et de ton pouvoir de négociation. C'est un métier où les écarts sont considérables : entre le pigiste et la star du PAF, il y a un monde.

















