Le match des études : France VS Italie

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Pays frontalier de la France, l’Italie est une terre d’accueil pour bon nombre d’étudiants français. Si la proximité géographique des deux nations permet des échanges universitaires plus faciles, il n’empêche qu’il existe quelques rivalités entre nos deux pays : vin, football... Autant de raisons qui justifient le choix de faire notre cinquième match des études entre notre beau pays, la France, et l’Italie.

Crédit Diplomeo

Si vous envisagez d’aller faire vos études en Italie, il y a quelques informations que vous devez avoir. Le match des études vous permet de prendre connaissance des différences entre les études en France et en Italie.

Le fonctionnement de l’enseignement supérieur

L’Italie, comme la France, a adopté le modèle d’études supérieures Licence-Master-Doctorat, en 2001, qui facilite énormément l’accès aux études pour les étrangers. On observe d’ailleurs de plus en plus de jeunes qui choisissent d’y faire une partie de leur cursus. Nous vous proposons de découvrir quelques différences et similarités des deux systèmes éducatifs.

Les différents établissements

Le gouvernement de notre voisin laisse les universités très autonomes et les modalités d’accès peuvent être différentes d’un établissement à l’autre. Il en est de même en France, les universités sont plutôt indépendantes les unes des autres, mais également du ministère de l’Enseignement supérieur.
En Italie, on compte 58 universités d’état, 17 universités privées, 3 universités technologiques supérieures et 2 universités pour étrangers pour un total de 80 établissements en tout, soit 5 de plus qu’en France.
On ne compte plus le nombre d’écoles privées françaises qui permettent d’accéder à des secteurs divers tel que le design, l’audiovisuel ou autres. En Italie, les établissements privés sont également répandus notamment dans les domaines culturels et artistiques.

Les bacheliers italiens ont donc l’embarras du choix pour s’orienter. Cependant, certaines facultés sont soumises à un numerus clausus et sont donc sélectives. Plus particulièrement celles de chirurgie, de médecine ou encore d’architecture. Une similarité de plus avec la France, car, s’il n’existe pas de faculté de chirurgie, les établissements d’étude en architecture ainsi que les facultés de médecine sont également sélectives.

Les étudiants du supérieur peuvent intégrer une sculla de specializzazione (école de spécialisation) en Italie. Ces dernières sont accessibles après l’équivalent d’une licence ou d’un master et permettent de former des professionnels médecins, avocats ou enseignants. Les personnes qui les intègrent suivent un enseignement pouvant durer de 2 à 6 ans.

Les formations équivalentes

Le système universitaire italien est très similaire à celui français. En France nous avons la licence, en Italie les étudiants suivent une laurea. Les deux permettent d’acquérir 180 crédits ECTS et s’effectuent en trois ans. Cependant, les formations en France sont très différentes les unes des autres, les étudiants suivent trois années d’enseignements spécialisés pour, souvent, intégrer un master. En Italie, la licence n’a pas tout à fait le même objectif. Les étudiants choisissent celle qu’ils souhaitent effectuer parmi les 42 filières existantes. La première est une année de tronc commun qui aboutit sur : soit deux années d’enseignement professionnel, soit deux années d’enseignement général. Comme vous vous en doutez, les premières permettent de continuer ses études alors que les autres permettent d’intégrer directement le monde du travail.

La laurea magistrale (specialistica) est l’équivalent italien du master, comme lui, elle permet d’obtenir 120 crédits ECTS et s’effectue en deux ans.
Les titulaires d’une laurea un peu trop éloignée de la filière de la specialistica qu’ils ont intégrée peuvent suivre des cours de mise à niveau. L’entrée en master comme en Laurea magistrale peut être conditionnée par certaines épreuves écrites. En France, le master aboutit souvent sur la rédaction d’un mémoire, il en est de même pour les étudiants de « master » italiens.

Le doctorat français a également un équivalent italien, le dottorato di ricerca. Cependant, ce dernier peut durer 4 années et est accessible sur concours contrairement au doctorat français. Dans les deux cas, les étudiants sont relativement autonomes et développent un projet de recherche qu’ils doivent présenter à la fin de leur cursus.

Rythme scolaire

Les études italiennes ne respectent pas le même calendrier que les françaises et il existe de nombreuses différences dans le déroulement des études.

Déroulement des études

Le rythme scolaire n’est pas tout à fait le même dans les deux pays. Dans l’hexagone, les étudiants sont habitués à commencer leurs cours début ou mi-septembre. Les Italiens eux, commencent à étudier début octobre. L’année est divisée en deux semestres, mais ce format peut différer selon les universités. Ainsi, les étudiants ont cours jusqu’à fin février et reprennent les cours début mars pour finir le second semestre fin juillet.
Encore une fois, ces dates peuvent varier selon les établissements.

En règle générale, les semestres comprennent 20 semaines de cours dont 16 semaines en classe et 4 semaines de révisions. Une différence frappante avec la France où les étudiants participent a à peu près 13 semaines de cours par semestre sans les périodes d’examen. D’autant plus frappante que la plupart des parcours universitaires français s’arrêtent en juin, de quoi profiter de l’été.

Examens

Si le calendrier universitaire italien est plus lourd, les étudiants doivent également fournir beaucoup de travail en dehors des cours pour préparer leurs examens. La forme des épreuves est également très différente. Noëlie, étudiante en L3 Économie et gestion à Bordeaux, est partie étudier un semestre à Venise, elle nous explique : « J’avais des essais à écrire et une présentation orale sur le sujet d’un de ces essais ». En effet, quasiment tous les examens italiens se font à l’oral, une différence majeure d’autant plus que les étudiants sont libres de choisir la date à laquelle ils veulent passer leur examen. Contrairement à la France où les étudiants ont des dates précises pour passer leurs partiels en fin de semestre. En Italie, les établissements d’étude proposent aux étudiants plusieurs dates auxquelles ils peuvent passer leurs oraux.

Vacances

La France est réputée pour ses nombreuses périodes de vacances et souvent, les personnes étudiant à l’étranger en ont beaucoup moins. « Je n’ai eu qu’une semaine de vacances pendant mon semestre d’étude », nous explique Noëlie. En effet, l’Italie comme beaucoup d’autres pays n’ont pas de vacances de Printemps ni à la Toussaint. Les principales vacances qu’ont les étudiants italiens sont celles de Noël et Pâques.

Les modalités d’études

Malgré nos profonds liens latins avec nos voisins, il y a quelques modalités à respecter pour partir étudier en Italie.

L’admission à l’université

Si les étudiants étrangers venant en France doivent seulement s’inscrire à l’université et à la formation qui les intéresse, ce n’est pas la même chose pour les étudiants voulant étudier en Italie. Une fois inscrits, ils doivent passer un test d’italien pour accéder à l’université qui les intéresse. En revanche, ce test n’est pas pratiqué par tous les établissements. Les écoles ne faisant pas passer ce test peuvent cependant demander aux candidats d’être titulaires du CILS, une certification d’italien comme langue étrangère.

L’inscription à l’université en France comme en Italie doit s’envisager tôt. Pour l’Italie, les étudiants étrangers doivent envoyer leurs dossiers directement aux universités. Il est préférable de le faire dès le premier semestre de l’année précédant le séjour en Italie. Généralement, ce dossier doit contenir : une copie du baccalauréat, des diplômes post-bac si vous en avez, une photocopie de votre pièce d’identité ainsi que quelques photos d’identité.

Le visa et l’assurance maladie

L’Italie et la France étant membres de l’Union européenne, leurs étudiants respectifs n’ont pas besoin de visa pour aller étudier dans l’un des deux pays.
En tant qu’étudiant, il faut simplement se munir d’une carte d’identité ou alors d’un passeport. Concernant l’assurance maladie, il y a une démarche à faire et qui est propre à tous les pays de l’Union européenne. Les étudiants doivent faire faire une carte européenne d’assurance maladie pour accéder aux soins. « J’ai simplement eu besoin de ma carte européenne d’assurance maladie », témoigne Noëlie.

Les Bourses

Les étudiants français ont accès, pour une grande partie, aux bourses étudiantes sur plusieurs critères sociaux : revenus des parents, situation géographique, etc. En Italie, à cause du nombre limité de ressources, les étudiants éligibles aux bourses sont triés sur le volet en respectant plusieurs critères précis de revenus. Les étudiants sont même sélectionnés sur concours.
La bourse au mérite maximale en Italie est de 4 500 euros sur une année contre 5 551 euros en France.

Les bourses Erasmus pour partir en France ainsi qu’en Italie sont du même montant : 230 euros par mois pour étudier, 380 euros pour un stage.
Cependant, pas de chance pour Noëlie qui a dû patienter pour obtenir ses bourses : « Je suis parti courant février et j’ai reçu l’intégralité de mes bourses il y a une semaine, car Venise est passé éligible aux bourses Erasmus pendant de mon séjour ».

Les étudiants français titulaires d’un bac + 4 peuvent aussi bénéficier d’une bourse de recherche du ministère des affaires étrangères italien à condition d’intégrer une université ou un autre organisme italien.

Cout de la vie

Les coûts de vie d’un étudiant français et d’un italien sont à peu près les mêmes, à quelques choses près.

Logement

Le prix du logement peut varier dans les capitales des deux pays. Les places en résidence étudiante en Italie sont des denrées rares et souvent prisées des étudiants. Vous pouvez essayer d’en obtenir une, mais ce n’est pas chose aisée lorsque l’on n’est pas sur place. La deuxième option qui vient logiquement à l’esprit : la colocation. « J’ai trouvé mon appartement sur les sites que m’a communiqués ma fac, je payais 400 euros dans une collocation à 4 ce qui faisait 1600 euros en tout. ».
C’est à peu près le prix dans la plupart des villes italiennes, il faut compter entre 200 et 450 euros de budget logement. En France la fourchette est plus grande, il faut compter entre 210 et 745 euros par mois en dehors de la capitale.

Nourriture

La nourriture est sans doute la deuxième plus grosse dépense pour tous les étudiants. Le prix de la nourriture française peut varier selon les types de magasins où on l’achète. Par exemple, il faut éviter les épiceries ou les supérettes de quartier qui peuvent vite augmenter votre budget. Préférez donc les grandes surfaces qui peuvent vous faire faire des économies. En Italie, le prix de certains aliments du quotidien est généralement moins cher. La bouteille d’eau parisienne est à 0,74 euro contre 0,54 pour la Romaine. Idem pour les œufs, en France 12 œufs sont à peu près à 2,71 euros contre 2,59, une aubaine pour Noëlie plutôt amatrice : « J’ai mangé beaucoup d’œufs, des œufs brouillés, des œufs à la coque, des œufs au plat... ». Une source d’économie considérable donc pour ce petit cordon bleu.

« La part de pizza est à 2 euros à Venise, on allait aussi au marché acheter des fruits et légumes, mais ça devenait vite plus cher, pareil pour le poisson. Pour la nourriture cela dépend vraiment d’où tu vas. » Il faut donc compter à peu près 200 euros de budget pour se nourrir, exactement la même chose que pour un étudiant français.

Frais de scolarité

En France, les frais de scolarité ne sont pas élevés, ce n’est pas la même chose pour les étudiants italiens qui doivent débourser entre 800 et 1500 euros selon les revenus familiaux et le cursus choisi par l’étudiant. Les étudiants sont obligés de payer deux choses, les droits d’inscription ainsi que les frais de scolarité. Dans le privé, ces frais peuvent vite grimper à plusieurs milliers d’euros, mais on peut observer le même phénomène en France.

Informations diverses

Transports : Les titres de transport dans les capitales peuvent également constituer un budget en eux même. A Paris, on connaît c’est la carte Navigo que vous devez payer. Pour un mois et avec un accès à toutes les zones de Paris, il faut débourser 75,20 euros. Dans la capitale italienne, il n’y a pas de forfait au mois, les gens se déplacent beaucoup en voiture et les transports en commun sont très irréguliers. Une carte pour une semaine coûte 24 euros, contre 22,80 euros pour Paris. En revanche, le ticket pour un voyage est moins cher en Italie 1,50 euros, celui de Paris est 40 centimes plus cher.

Bières : La bière est un élément de comparaison devenu presque emblématique du match des études. La pinte française est en moyenne à 5 euros. Noëlie nous explique la situation en Italie : « La bière est à 5,50 euros, mais il n’y a pas d’happy hour, du coup j’ai découvert le spritz que l’on peut avoir pour 2,50 euros. » L’absence d’happy hour fait de la France, l’indéniable vainqueur de cette manche voir du match.

Météo : Si vous partiez en Italie, il y a des chances que vous bénéficiez d’une météo plutôt clémente. Sur l’année la température moyenne à Rome est de 15, 7 degrés. En France et plus particulièrement à Paris, la température moyenne annuelle est de 11,3 degrés. Cependant, les Italiens sont tout autant sujets aux précipitations que nous « J’ai même eu de la neige ! » déclare Noëlie à propos de la météo.

Valentin Agbo Aclozo

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