Sélection à l'université : APB dans le viseur

Le 4 juillet dernier, Libération publiait une enquête sur la sélection post-bac à l’université. Une pratique dénoncée par le quotidien, mais aussi par le principal syndicat étudiant, l’UNEF.

Pour accéder aux amphis, passez par la case sélection.

La sélection à l’université est la bête noire du gouvernement. D’un côté les universités veulent trier leurs élèves pour rendre leurs formations davantage qualitatives, de l’autre, l’Éducation nationale se défend et prône une université pour tous, vers moins de sélection. Pour autant, le guide d’utilisation APB, que Libération a pu consulter révèle une autre image de la sélection : des pratiques illégales.

Sélection sectorielle

Parmi elles, la sélection via le secteur. S’il est connu que la priorité est donnée aux élèves les plus proches, la zone géographique de l’académie peut se faire sur mesure. L’université a le choix d’élargir ou de rétrécir le périmètre de recrutement des lycéens, choisissant de fait, ses lycées préférés. Le texte précise : « l’utilisateur sélectionne la ou les académies concernées au travers du bouton “ajouter une académie” »

Réorientation : les mal-aimés

On observe également que les étudiants en réorientation sont lésés : avec APB, les universités choisissent via une case sur la plateforme, si elles les acceptent ou non. En outre, les étudiants externes (venus d’une autre université) qui se réorientent font l’objet d’une sélection par dossier, comme le stipule le guide APB « Les candidats néo-entrants de l’académie ne peuvent pas faire l’objet d’une sélection, par contre les autres candidats peuvent éventuellement être sélectionnés sur dossier »

Les critères de sélection à l’université

Vient ensuite le sujet le plus polémique : les critères de sélection des formations dites « en tension »Via leur outil APB, les universités ont la possibilité de sélectionner sur dossier ou sur conditions. Ces parcours dits « d’excellence » sont un paradoxe : d’un côté les futurs étudiants vont de droit à l’université et de l’autre, certaines filières ne leur sont pas accessibles. Une pratique encore « illégale », comme le dénonce le syndicat étudiant l’UNEF (Union Nationale des Étudiants de France) dans un communiqué.

Alors quels sont les critères de sélection ? Ils ne sont pas accessibles au public, mais le guide apporte quelques réponses : « L’établissement visualise la liste des éléments disponibles. Il suffit de sélectionner en cochant ou décochant les éléments souhaités. » Ces critères correspondent aux filières officiellement sélectives telles que les classes prépa, mais de fait, ils s’appliquent aussi aux formations universitaires sélectives. On trouve notamment une sélection sur la base des langues vivantes, des options, du statut social (boursier ou non), du nom et du prénom, de la commune de naissance, etc.

La sélection, « une démarche élitiste »

Le syndicat va plus loin et apporte des prémices de réponse « Si la sélection illégale prend différentes formes, elles relèvent d’une démarche élitiste. Sous couvert “d’orientation active” ce sont des bacheliers qui se voient refuser de manière pure et simple leur inscription à l’université. Peu préoccupées par l’enjeu de démocratisation des études, les universités préfèrent concentrer leurs moyens sur des filières sélectionnant un nombre réduit d’étudiant ». Également, le problème des budgets de l’université, en constante baisse, oblige les universités à baisser leur capacité d’accueil. Au détriment des bacheliers...

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