Précarisation étudiante : la FAGE remporte le trophée du concours « La France s’engage »

Le syndicat étudiant la FAGE, avec son projet AGORAé vient de remporter le trophée de « La France » s’engage pour son engagement solidaire d’intérêt public. Un projet de lutte contre la précarité étudiante, qui, malgré les efforts du gouvernement, reste trop importante.

Vers une alimentation solidaire !

Soutenir l’innovation étudiante et lutter contre la précarité. Le 31 août 2016, le syndicat étudiant la FAGE (Fédération des Associations Générales Étudiantes) a fait partie des quinze lauréats du concours « La France s’engage », qui récompense les initiatives sociales et d’intérêt public innovantes. Avec son projet AGORAé, la FAGE s’est démarquée. « Le fait de remporter ce trophée a mis l’accent sur la précarité étudiante. Être reconnu par “La France s’engage” est un grand plaisir, ça va nous permettre de faire évoluer ce projet », s’enthousiasme Alexandre Leroy, président de la FAGE. L’AGORAé est une épicerie étudiante solidaire, qui met à disposition des aliments à faible coût, mais pas que : « Les AGORAé sont des lieux de sociabilisation, ce qui est un aspect aussi important que l’aide alimentaire », ajoute Alexandre Leroy.

Récompenser l’innovation solidaire

« La France s’engage » est un label soutenu par François Hollande et porté par Patrick Kanner, ministre de la Ville et des Sports. Il récompense des projets innovants et utiles et confère un accompagnement public ou encore des soutiens financiers. C’est tout l’intérêt de l’AGORAé : être solidaire et traiter des problèmes étudiants sans stigmatiser. Le président de la FAGE reconnaît qu’il y a « très peu d’étudiants qui fréquentent les aides alimentaires. On se rend vite compte que franchir le pas de la banque alimentaire n’est pas facile pour tous. » L’AGORAé a vocation d’être davantage un lieu d’échange, où chacun participe, « les bénéficiaires sont acteurs » ajoute-t-il. « La France s’engage » va alors leur permettre de « de passer à la vitesse supérieure (…) on a treize épiceries sur le territoire et on cherche à en développer davantage, actuellement on est sur un rythme de trois par ans. On veut doubler ce chiffre », précise le président.

Lutter contre la précarité étudiante

Le cœur du projet s’inscrit dans la lutte contre la précarité des étudiants. « On a eu un constat paradoxal : une bonne part de l’opinion trouve normal que l’étudiant galère. On est face à un problème de mal-être pour l’étudiant et quand il n’a pas d’argent il se salarie. Le salariat étudiant nuit gravement aux études, c’est la raison pour laquelle on a décidé d’agir. » déclare le président de la FAGE. Pour lutter contre la précarisation, le syndicat étudiant a deux bêtes noires à réformer : le logement et les aides sociales. Selon le syndicat, « Il faut faire diminuer le cout de la vie étudiante. Le logement coûte excessivement cher en France, il représente plus de 50 % du budget étudiant. Il faut aussi réformer les aides sociales, le système est très inégalitaire : pas assez d’aides pour les étudiants pauvres et d’un autre côté, trop d’exonérations fiscales pour les plus aisés. »

« On a l’impression que tout le monde veut éviter le sujet. »

La condition étudiante reste préoccupante : une étude de l’UNEF soulignait l’augmentation du coût de la vie des étudiants, en donnant le chiffre de +1,23 % sur un an. Malgré les efforts du gouvernement — plus de 500 millions d’euros d’investis en faveur de la vie étudiante depuis 2012 — le sujet reste alarmant. Un sujet qui pourtant, d’après le président de la FAGE, n’est que très peu abordé par les politiques, notamment ceux candidats à la future présidence de la République : « On a l’impression que tout le monde veut éviter le sujet. (…) On nous dit à longueur de journée qu’il y a trop de décrocheurs dans l’enseignement supérieur. Mais ça, c’est quand on doit faire 15 heures de boulot étudiant par semaine ! (…) Les responsables politiques n’ont pas envie de parler de la précarité. » C’est l’un des projets de la Fage pour cette année : interpeller les candidats à la présidentielle et les mettre face à la précarité étudiante pour qu’ils l’incluent dans leur programme. Un combat qui, en temps de clivages politiques, s’annonce difficile.

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