Coût de la vie étudiante : fortes disparités entre les villes

L’UNEF a publié le 16 août 2016, le classement des villes universitaires françaises les plus onéreuses. Avec de fortes inégalités géographiques, le coût de la vie étudiante observe une hausse significative. En cause, le logement, le transport et les collectivités territoriales.

Et pourquoi pas habiter dans une grotte ?

Chère, très chère Paris. Il faut en moyenne à un étudiant, débourser 1156 euros par mois pour vivre dans la Capitale, c’est ce que révèle une étude de l’UNEF (Union nationale des étudiants de France), principal syndicat étudiant. Grâce au classement des 34 plus grandes villes étudiantes de France, le syndicat dénonce les fortes inégalités entre les villes, prenant en compte les dépenses courantes, le loyer et le transport : vivre à Paris coûte près de deux fois plus cher qu’à Limoges (655 euros en moyenne).

Hausse du coût de la vie étudiante

Avec le chiffre de 1,23 %, l’UNEF dénonce une augmentation du coût de la vie étudiante, supérieure à l’inflation annuelle des ménages de 0,2 % annoncée par l’INSEE en juillet dernier. Selon le syndicat, « cette hausse va accentuer les inégalités sociales et la précarité déjà existante pour les étudiants ». Sont remises en cause, les hausses des prix des transports en commun pour les étudiants. Cinq villes dépassent les 300 euros annuels (Paris, Tours, Rennes, Dijon, Lyon). Les grandes villes n’hésitent pas, cette année, à augmenter leurs tarifs : c’est le cas de Bordeaux, avec +7,43 % (+15 euros) par an, de Paris avec +2,4 % (+7 euros sur le Pass ImagineR). Nice et Lyon observent aussi une hausse de plus de 2 %. Seule Limoges baisse significativement ses tarifs, avec –100 euros sur un an.

Disparités géographiques dénoncées

L’étude pointe du doigt les fortes inégalités entre les villes pour les étudiants. Souvent, la mobilité géographique est la seule possibilité pour un jeune de faire les études de son choix. Mais étudier en région parisienne (Paris, Créteil, Nanterre) demande davantage de moyens financiers, quand les bourses sont elles, calculées sans différence géographique. Un étudiant boursier échelon 3 touchera 321,50 euros, qu’il habite à Paris, Lille, Marseille ou Orléans, même si la distance avec son domicile familial est calculée dans les critères. Ainsi, « Selon le lieu d’étude, le coût d’une année universitaire varie du simple au double. Ces inégalités s’expliquent principalement par les variations des prix des loyers, qui (…) peuvent atteindre dans certaines villes près de 3/4 du budget moyen, comme à Bordeaux. » affirme l’UNEF. Un loyer à Créteil coûte en moyenne deux fois plus cher qu’à Brest (685 euros contre 318 euros) et les transports sont trois fois moins onéreux à Toulouse (100 euros) qu’à Lyon (310 euros). En cause : les subventions régionales. Chaque collectivité peut fixer des tarifs préférentiels pour les étudiants, notamment au niveau des transports. L’UNEF explique : « Un certain nombre de collectivités fait reposer cette année encore le poids de leurs difficultés budgétaires sur les épaules des étudiants en augmentant leurs tarifs » et prend notamment l’exemple de Bordeaux, Lyon et Paris. Le syndicat demande « la généralisation d’un demi-tarif étudiant pour les transports dans toutes les villes universitaires. »

Les loyers dans le viseur

Le principal coût des étudiants reste le loyer. En moyenne, il représente 55 % du budget total. Un étudiant parisien paye alors 806 euros mensuels, un bordelais 490 euros tandis qu’un brestois 318 euros en moyenne. L’UNEF, pour limiter les inégalités, revendique l’encadrement systématique des loyers ou encore l’exonération pour les étudiants de la taxe d’habitation. Celle-ci représente « l’équivalent d’un loyer mensuel, rajoutant un 13e mois de loyer aux étudiants. ». À propos de l’encadrement des loyers, il s’est généralisé à Paris, mais reste préoccupant pour les petites surfaces — privilégiées par les étudiants — , qui continuent à pratiquer des prix excessifs en Île-de-France. Le syndicat demande aussi « la poursuite de la construction de logements étudiants dans le cadre du plan 40 000 annoncé par le gouvernement », ce à quoi le ministère de l'Éducation répond, dans un communiqué : « la construction de 40 000 nouveaux logements d’ici fin 2017 est poursuivie ». Le rythme de construction des logements sociaux étudiants s’est ainsi accéléré : 6 700 logements sociaux étudiants ont été construits en moyenne par an depuis 2013. »

Poursuivre les efforts envers les étudiants

Le ministère de l’Éducation nationale s’engage dans un communiqué, à poursuivre ses efforts « pour l’amélioration des conditions de vie des étudiants. » Il affirme avoir mobilisé pour les étudiants plus de 500 millions d’euros depuis 2012. On peut noter, au niveau des réformes, la revalorisation des bourses, le gel des tarifs d’inscription à l’université (184 euros en licence, 256 euros en master, 391 euros en doctorat et 610 euros pour les diplômes d’ingénieurs), la limitation des frais d’agence, ou encore l’ARPE (Aide à la recherche du premier emploi) en juillet dernier. Des mesures en faveur des étudiants, mais qui ne réduisent pas forcément les inégalités entre les villes. L’UNEF, le principal syndicat étudiant, ajoute : « L’absence de politique universelle en termes d’aides sociales (seul un quart des étudiants sont boursiers) crée des inégalités que villes et régions ne peuvent que difficilement compenser. » Les difficultés financières des étudiants deviennent un marronnier, que les syndicats continuent à dénoncer et que le gouvernement tente de palier. Sans réel succès pour le moment.

Coût de la vie étudiante par ville

Classement des 15 premières villes les plus coûteuses de France. Retrouvez l'intégralité ici 

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