Vie étudiante : les chiffres de la rentrée 2017–2018

par Camille Wong & Soizic Meur

À quelques semaines de la rentrée, l'Unef publie ses chiffres sur le coût de la vie étudiante pour la rentrée à venir. Une chose est sûre, la précarité étudiante n'est pas prête de diminuer : le coût de leur quotidien va augmenter de 2,09 % en 2017-2018.

Crédit Diplomeo

L’Unef a publié la version 2017 de son étude sur le coût de la vie étudiante. Parmi les chiffres, souvent peu réjouissants, on retrouve notamment le classement des villes où étudier coûte cher, voir très cher…

Le chiffre phare : étudier coûtera 2,09 % de plus qu’en 2016

Le principal chiffre qui ressort de la récente version de l’étude de l’Union National des Étudiants de France (Unef) est le coût de la vie étudiante, qui sera en hausse de 2,09 %. Cela peut paraître une petite augmentation, mais quand on connaît le budget des étudiants déjà faible, ces 2 % peuvent faire mal… L’inflation prévue par l’INSEE pour l’année à venir est de 0,7 %. En cause notamment, l’augmentation de prix des logements et des transports dans de nombreuses villes.

Rentrée 2017–2018 : les loyers à la loupe

Faute de place dans les cités universitaires aux loyers raisonnés, 93 % des étudiants doivent trouver une solution de logement par eux-mêmes. En passant par des agences ou en louant à des particuliers. Dans le privé, le coût moyen d’un logement est de 456 € par mois.

Pour illustrer concrètement cette hausse du coût de la vie étudiante, voici un comparatif des loyers moyens dans plusieurs villes entre cette année et l’an dernier.

VilleLoyer mensuel 2016Loyer mensuel 2017Evolution 2016–2017
Clermont-Ferrand 366 € 385 € 5,12 %
Evry 610 € 635 € 4,10 %
Rouen 400 € 414 € 3,65 %
Strasbourg 447 € 459 € 2,69 %
Paris 806 € 824 € 2,23 %
Mulhouse 330 € 367 € 1,86 %
Nîmes 380 € 387 € 1,68 %
Nancy 384 € 390 € 1,56 %
Rennes 397 € 401 € 1 %
Angers 354 € 357 € 0,89 %
Lyon 508 € 511 € 0,75 %

Les villes où les loyers seront les plus chers en 2017–2018 :

  • Paris : 824 € par mois
  • Guyancourt : 690 € par mois
  • Créteil : 689 € par mois
  • Nanterre : 673 € par mois
  • Saint Denis : 636 € par mois

Les villes où les loyers seront les moins chers en 2017–2018 :

  • Poitiers : 324 € par mois
  • Brest : 334 € par mois
  • Le Mans : 336 € par mois
  • Saint Etienne : 342 € par mois
  • Limoges : 351 € par mois

Les villes où les loyers augmentent le plus sont :

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  • Guyancourt : +8,66 %
  • Limoges : +7,6 %
  • Chambéry : +5,35 %
  • Brest : +5,18 %
  • Clermont-Ferrand : +5,12 %

Les villes où les loyers baissent le plus :

  • Toulon : –3,2 %
  • Bordeaux : –1,45 %
  • Saint Denis : –1,4 %
  • Saint Etienne : –1,19 %
  • Pau : 0,6 %

Et la taxe d’habitation ?

Une fois le loyer payé ce n’est fini… il faut encore ajouter la taxe d’habitation si vous logez dans le parc privé.

Les 5 villes où elle coûte plus cher sont :

  • Bordeaux : 241 € par an
  • Poitiers : 206 € par an
  • Amiens : 204 € par an
  • Grenoble : 201 € par an
  • Lyon : 198 € par an

Autre point noir des dépenses : les transports en commun

L’autre point de dépense pointé du doigt par l’Unef est le coût des abonnements aux services de transport en commun. La moyenne d’un abonnement annuel pour un étudiant non boursier est de 267 € et 7 euros de moins pour les boursiers.

5 villes dépasseront même les 300 euros annuels pour un abonnement aux transports en 2017–2018 :

  • Paris et sa région : 342 € (+2,43%)
  • Tours : 331 €
  • Rennes : 321 € (+1,26 %)
  • Dijon : 315 €
  • Lyon : 315 € (+1,61%)

À noter que 6 villes appliquent des réductions pour les étudiants boursiers.

La précarité étudiante : une réalité bien chiffrée…

L’Unef, à travers son étude, dénonce un système d’aides sociales inadapté et à bout de souffle. En effet, 72,8 % des étudiants sont exclus de ce système. « Plus de deux tiers des étudiants ne bénéficient d’aucune aide pour financer leurs études et doivent compter uniquement sur la solidarité familiale ou le salariat », note le syndicat étudiant. À noter que le montant maximal d’une bourse est de 555,1 € par mois, sachant que le seuil de pauvreté pour une personne seule se situe à 1 008 € par mois.

Résultat : 46 % des étudiants travaillent en parallèle de leurs études alors que cela représente le premier facteur d’échec universitaire… Autre chiffres l’impact de ce phénomène : 33,5 % des étudiants salariés constatent que cette activité leur provoque un stress supplémentaire et 17,7 % d’entre eux constatent un impact négatif sur leurs études…

Malgré tout, une bonne nouvelle…

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Face à ces hausses de dépenses, il y a tout de même une bonne nouvelle. Certaines dépenses sont gelées : c’est notamment le cas du prix du repas en restaurant universitaire ou des frais d’inscription à l’université. La sécurité sociale augmentera de 2 euros. Un petit soulagement pour l’Unef mais que l’organisation juge toutefois insuffisant pour endiguer la précarité étudiante.

L’Unef propose ses solutions

Malgré l’effort de l’État depuis plusieurs années (limitation des frais d’agence, aide au premier emploi, revalorisation des bourses, etc.), le syndicat estime que des efforts sont encore à faire. Parmi leurs idées :

  • l’ouverture de l’Aide à la recherche du premier emploi (ARPE) aux non boursiers
  • l’exonération de taxe d’habitation
  • la mise en place de demi-tarifs pour les abonnements aux transports en commun dans les villes universitaires
  • un meilleur encadrement des loyers pour arrêter l’augmentation des loyers des logements de petites surfaces et les abus des propriétaires
  • etc.

En 2016…

En 2016, le coût de la vie étudiante était déjà en hausse de 1,23 %. Encore une fois, c’était les transports en commun et les loyers qui étaient dans le viseur de l’Unef. Étudier en région parisienne (Paris, Créteil, Nanterre) demande davantage de moyens financiers, quand les bourses sont elles, calculées sans différence géographique. Ainsi, « selon le lieu d’étude, le coût d’une année universitaire varie du simple au double. Ces inégalités s’expliquent principalement par les variations des prix des loyers, qui […] peuvent atteindre dans certaines villes près de 3/4 du budget moyen, comme à Bordeaux », affirmait l’Unef en 2016.

Le syndicat étudiant, ajoutait : « L’absence de politique universelle en termes d’aides sociales (seul un quart des étudiants sont boursiers) crée des inégalités que villes et régions ne peuvent que difficilement compenser. » Les difficultés financières des étudiants deviennent un marronnier, que les syndicats continuent à dénoncer et que le gouvernement tente de palier. Sans réel succès pour le moment.

La rentrée 2016 en chiffres :

  • 1 156 € par mois : le coût de la vie étudiante à Paris (ville la plus chère)
  • 655 € par mois : le coût de la vie étudiante à Limoges (ville la moins chère)
  • 55 % : la part du loyer dans le budget d’un étudiant

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