Étudiants : quels changements pour la rentrée 2019 ?

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Avant que vous entamiez votre rentrée, Diplomeo vous dresse la liste de ce qui va changer… et le programme est chargé !

Étudiants : quels changements pour la rentrée 2019 ?

Crédit Diplomeo

La fin de l’année est à peine arrivée qu’il faut déjà penser à l’année suivante. Nous vous proposons de découvrir quelques modifications apportées à votre quotidien d’étudiant.

Ce qui change dès la rentrée 2019

Préparez-vous à quelques changements dès le mois de septembre cette année !

Le coût de la vie étudiante augmente (encore)

Selon l’enquête 2019 de l’UNEF (Union Nationale des Étudiants de France) publiée le 16 août dernier, le coût de la vie étudiante s’envole… D’après le syndicat étudiant, celui-ci augmente en moyenne de 2,83 % pour cette rentrée, soit une croissance bien plus importante que celle de l’inflation, qui s’élève à 1,20 %. En 2018, le coût de la vie des jeunes avait déjà augmenté de 1,3 %...

Constat similaire pour la FAGE (Fédération des Associations Générales Étudiantes) qui affirme dans son enquête du 18 août que les frais courants des étudiants ont augmenté de 2,73%. En cause : l'augmentation générale des prix dans des postes de dépense centraux pour les jeunes. 

Hausse des frais de scolarité pour les étrangers

Parmi l’un des facteurs de hausse du coût de la vie étudiante, l’UNEF et la FAGE pointent du doigt la très controversée augmentation des frais de scolarité pour les étudiants étrangers extraeuropéens. En effet, à partir de ce septembre, les 100 000 jeunes qu’on estime concernés par cette hausse devront s’acquitter de  2 770 euros au lieu de 170 euros pour accéder à une année de licence, et de 3 770 euros plutôt que 243 euros pour intégrer un master.

Loyer, restauration : une hausse globale des prix

Dans leurs études récentes, l’UNEF et la FAGE mettent également en exergue l’augmentation du prix des loyers, qui représentent pourtant déjà 69 % du budget des étudiants. D’après l'UNEF, les étudiants devront débourser en moyenne 471 euros pour leur logement, contre 458 euros l’année dernière. 

Mais c'est surtout l'augmentation des prix de l'alimentation que les deux syndicats étudiants dénoncent. De fait, le prix de la restauration universitaire augmente de 1,54 % à la suite de 3 années de gel des prix. 

Et les étudiants de certaines régions souffriront davantage que d’autres de la vie chère : à Bordeaux, on constate une hausse cumulée des prix du transport et du loyer de plus de 8 % ! Les villes de Rennes, Lille, Reims, Mulhouse, Saint-Étienne, Nantes, Besançon, Lyon et Nancy affichent également une évolution à la hausse simultanée pour ces deux postes de dépenses... 

Une disparité de genres flagrante

Pour la première fois après 15 années d’enquêtes, l’UNEF a également mis en avant la différence conséquente du coût de la vie entre les étudiantes et les étudiants. En effet, le syndicat étudiant a calculé que les femmes qui étudient dans le supérieur doivent dépenser près de 530 euros de plus par an que les hommes. En cause, notamment, la « taxe rose » et les coûts de santé (contraception, frais gynécologiques…). 

Revalorisation des bourses sur critères sociaux

Alors que le coût de la vie étudiante grimpe en flèche, les bourses sur critères sociaux dispensées par le Crous vont bien heureusement augmenter de 1,1 % en septembre. 

Si vous êtes boursier, la demande de bourse se réalise en ligne, et est à remplir en amont de l’inscription à l’université. Consultez le montant de votre aide en fonction de votre échelon.

Échelon  Montant annuel  Montant mensuel 
0 bis 1 020 euros 102 euros
1 1 687 euros 168,70 euros 
2 2 541 euros  254,10 euros
3 3 253 euros 325,30 euros 
4 3 967 euros 396,70 euros
5 4 555 euros 455,50 euros 
6 4 831 euros 483,10 euros
7 5 612 euros 561,20 euros 

Pour rappel, depuis l’an dernier, les bourses sont versées chaque cinquième jour du mois pour que les étudiants puissent s’organiser plus facilement. 

Gel des frais d’inscription à l’université

Pour l’année 2019-2020, les frais de scolarité à l’université seront gelés, l’État prenant en charge le reste du coût réel de la scolarité des étudiants. 

Voici donc le montant des frais d’inscription en fac pour la rentrée 2019 :

  • 170 euros pour une licence
  • 243 euros pour un master
  • 380 euros pour un doctorat

Une nouvelle aide à la mobilité sur Parcoursup

Les boursiers qui ont accepté une proposition d’admission sur Parcoursup pour une formation localisée hors de leur académie bénéficieront cette année d’une nouvelle aide créée dans le cadre du Plan étudiants. À hauteur de 500 euros, cette aide à la mobilité est cumulable avec d’autres, comme la bourse sur critères sociaux ou encore l’aide au mérite.  

Le régime de sécurité sociale étudiante abandonné

Dès le 31 août 2019, également dans le cadre du Plan étudiants, les jeunes inscrits dans l’enseignement supérieur ne seront plus rattachés à un régime de sécurité sociale étudiante. Dès cette rentrée, ils seront automatiquement rattachés à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) de leur lieu de résidence. Les jeunes n’auront ainsi plus aucune démarche à effectuer.

En ce qui concerne les mutuelles, les nouveaux inscrits continueront à bénéficier de la mutuelle complémentaire dont ils bénéficiaient l’année précédente, le plus souvent celle de leurs parents. S’ils n’en ont pas, ils pourront souscrire à une mutuelle de leur choix. 

Clap de fin pour la MANAA

Dans le cadre de la réforme des arts appliqués, le mois de septembre 2019 signera l’enterrement définitif des classes préparatoires de MANAA (Mise à Niveau en Arts Appliqués). Non diplômante, la MANAA est remplacée par le DNMADE (Diplôme National des Métiers d’Art et de Design) : un bac+3 qui s’inscrit dans le schéma LMD (Licence Master Doctorat) 

Après une première année généraliste, le DN MADE permettra aux étudiants de faire leur choix parmi une quinzaine de spécialités en deuxième et troisième année. 

Le DNMADE signera également l’arrêt de mort des BTS en arts appliqués et du DMA (Diplôme des Métiers d’Art) d’ici l’année 2021.  

Ce qui va changer en 2019 et dans les années à venir

Si la rentrée 2019 a déjà son lot de bouleversements, cela ne va pas pour autant s’arrêter durant les mois et années à venir...

Réforme du bac : grand chantier en perspective

Le baccalauréat se transforme considérablement à partir de cette année. Si la transition engagée par la réforme du bac ne sera tout à fait complète que d’ici 2021, les lycéens et leurs professeurs vont toutefois vivre un certain nombre de changements dès la rentrée 2019 !

Le bac général

Les terminales générales de l’année 2019 seront les derniers à connaître le baccalauréat sous forme de filières. En effet, à partir de 2021, le bac scientifique (bac S), le bac économique et social (bac ES) et le bac littéraire (bac L) disparaissent pour de bon et laissent place au nouveau système d’enseignements de spécialité

Effectivement,  avec ce nouveau mode de fonctionnement, les bacheliers généraux choisissent entre 12 spécialités différentes : art, écologie, histoire/géographie, littérature/philosophie, mathématiques, numérique, sciences et vie de la terre, sciences de l’ingénieur, sciences économiques, physique chimie, langues et littérature étrangères ou langues et cultures de l’antiquité. Parmi elles, les élèves de première devront choisir 3 disciplines, puis 2 au début de leur terminale. S’ils le souhaitent, ils pourront ajouter une ou deux matières facultatives dans leur emploi du temps. 

Le bac technologique

Du côté des bacheliers technologiques, si les filières STMG, ST2S, STHR, STI2D, TMD, STL, STD2A et STAV perdurent, certains élèves devront tout de même choisir parmi plusieurs enseignements spécialisés

Le bac pro 

Adieu les spécialités, bonjour les familles de métier. La filière professionnelle, elle aussi, se transforme. Désormais, lorsqu’un élève de troisième se lancera en pro, il devra choisir parmi 14 familles de métiers (et une trentaine de spécialités, trop spécifiques pour entrer dans une famille particulière). 

L’objectif : mettre en place une seconde professionnelle commune à plusieurs spécialités qui permettra aux élèves de découvrir la famille de métier qui leur convient, les aider à acquérir des savoir-faire communs aux métiers d’un même secteur et les laisser sélectionner en connaissance de cause leur spécialité en fin d’année

Dès la rentrée 2019, 4 familles de métiers seront proposées : 

6 autres familles verront le jour en 2020, et les 5 dernières seront mises en place à la rentrée 2021.

Quant aux élèves de terminale professionnelle, ils devront faire face dès la rentrée à une toute nouvelle épreuve au bac. De fait, ils devront présenter un « chef-d’oeuvre » : un projet réalisé seul ou en groupe, qui devra être présenté à un jury lors d’un oral

Afin de rassurer élèves, parents et professeurs, le Ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé un comité de suivi qui permettra de cibler et corriger tout problème lié à la réforme du bac. 

Le DUT fait peau neuve

En juillet dernier, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal, a annoncé la création d’une « licence professionnelle de technologie », qui permettrait d’allonger la scolarité des Instituts Universitaires de Technologie (IUT) à trois ans. 

Tout comme l’arrivée du DNMADE, la licence pro de technologie s’inscrit dans le cadre européen LMD. Cependant, ce cursus bac+3 ne viendrait pas remplacer totalement le DUT (Diplôme Universitaire de Technologie). Effectivement, ce diplôme de niveau bac+2 serait maintenu sous sa forme actuelle pour faire office de « diplôme intermédiaire » avant la licence pro de technologie.

La ministre de l’Enseignement devrait dévoiler plus en détail ce projet d’ici octobre 2019.

Un grade de licence pour les bachelors en 2020

Autre annonce directement liée aux réformes engagées : certains bachelors devraient se voir attribuer le grade de licence dès la rentrée 2020, à condition de remplir un cahier des charges, qui sera défini dans un décret au mois d’octobre 2019.

Depuis longtemps réclamé par la CGE (Conférence des Grandes Écoles), le grade de licence permettra aux formations de bachelor éligibles de s’intégrer dans le parcours LMD et de faciliter la poursuite d’études des élèves inscrits dans de tels cursus. 

Sciences Po et Parcousup : une grande réforme des concours

D’ici les 3 prochaines années, les choses vont bouger du côté des IEP, notamment avec leur entrée sur le portail Parcoursup à partir de l’année prochaine.

Et Sciences Po Paris a rapidement pris les devants : l’école francilienne a en effet profité de ce changement pour abandonner son concours d’entrée sous sa forme actuelle. Sera ainsi mis en place un nouveau type de sélection dès 2021. La nouvelle procédure en question prendra en compte le dossier des élèves, leurs notes aux épreuves du bac, un essai écrit de motivation et un entretien oral

Du côté de Sciences Po Bordeaux, une réforme du concours est également prévue, a priori assez proche de celle de l’IEP de Paris. La mise en place de cette nouvelle modalité de sélection s’appliquera cependant plus tôt qu’à Science Po Paris, à savoir dès 2020

Les IEP de région, à savoir le Réseau ScPo (Saint-Germain-en-Laye, Lille, Lyon, Strasbourg, Toulouse, Aix-en-Provence, Rennes) et l’Institut de Grenoble, ont quant à elles annoncé le maintien de leurs concours communs, basés sur trois épreuves écrites. 

Réforme PACES 2020 : les études de santé chamboulées

Comme promis par le président de la République en 2018, le système de numerus clausus en études de santé a pour vocation d’être remplacé par un « numerus apertus » : un système d’admission en deuxième année qui serait fixé dans chaque faculté en fonction des besoins territoriaux, notamment dans le but de lutter contre les déserts médicaux. 

Ainsi, à l’avenir, les études de santé devraient s’appeler « études MMOP » (Médecine Maïeutique Odontologie Pharmacie). 

Ces filières seraient accessibles via deux grandes voies : 

  • le Portail Santé, qui remplacerait la PACES (Première Année Commune aux Études de Santé)
  • des licences à « mineure santé » dans certaines facultés universitaires françaises

Une fois ce fonctionnement mis en place, le redoublement ne serait plus une option après une première année d’études en filière de médecine. 

Le vote de la loi concernant les études de santé devrait avoir lieu en mars 2019, pour une mise en application à la rentrée 2020

La rédaction

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