Deux travailleurs sur trois sont victimes de discrimination

Selon une enquête de Qapa.fr, site de recherche d’emploi en ligne, près de deux tiers des travailleurs ont déjà été victime de discriminations au travail. Quelles ont été leurs réactions ? De quel type de discriminations parle-t-on ? Zoom sur les chiffres.

La discrimination à l'embauche...

Il y a peu de temps encore, l’association Elles Bougent révélait que 9 étudiantes sur 10 craignent la discrimination au travail. Leurs peurs semblent bien se confirmer avec l’étude de Qapa.fr, un site de recherche d’emploi en ligne. Selon l’enquête réalisée en mars 2016, deux tiers des travailleurs ont déjà été l’objet de discrimination dans leur milieu professionnel. En effet, parmi les 17.524 personnes interrogées, 67 % des femmes et 58 % des hommes avouent avoir été discriminés au travail. Mais ce n’est pas tout, plus de la moitié d’entre eux affirment également avoir été témoins de discrimination au travail. De quel type de discrimination parle-t-on exactement ?

Le sexisme et le racisme en tête

Alors que la moitié des femmes interrogées avouent avoir principalement été la cible de sexisme, les hommes quant à eux mettent en avant le racisme (33 %) et la discrimination religieuse (17 %). Dans un contexte de chômage où les plus jeunes et les plus vieux peinent à se faire une place sur le marché du travail, la discrimination liée à l’âge, envers les jeunes et les seniors, est pointée du doigt par environ 30 % des sondés, hommes comme femmes.

Ces discriminations se manifestent principalement par le dénigrement ou le harcèlement du côté de la gent féminine et par une absence d’embauche pour la gent masculine. Pour 20 à 30 % des sondés, ils souffrent d’une évolution professionnelle inexistante.

Un manque de réaction inquiétant

Si le nombre de travailleurs discriminés a de quoi en inquiéter plus d’un, il est d’autant plus alarmant de voir que face à de telles discriminations, un bon nombre des personnes interrogées ont favorisé l’inaction ou la fuite. En effet, une femme sur trois et presque un homme sur deux n’ont tout simplement pas réagi aux discriminations qu’ils subissaient. Presque un sondé sur trois, tout sexe confondu, a démissionné. Quant à ceux qui ont réagi, ils sont 20 % de femmes à avoir demandé à leurs supérieurs à ce que la discrimination cesse, et uniquement 9 % d’hommes à avoir eu recours aux prud’hommes.

Sans personne pour dénoncer de telles situations d’injustice, la discrimination au travail a-t-elle encore de beaux jours devant elles ? Des actions et mobilisations, telles que la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, le 21 mars, et la Journée des droits des femmes, le 8 mars, sont heureusement là pour nous rappeler que la discrimination n’est pas et ne doit pas être considérée comme une fatalité.

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