L'inégalité entre hommes et femmes perdure dans l'enseignement

A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le ministère de l’Education Nationale a publié ce 8 mars 2016 une étude statistique qui compare les parcours des filles et des garçons français depuis les bancs de l’école primaire jusqu’à la sortie de l’enseignement supérieur. Zoom sur les chiffres clés.

Répartition des étudiantes dans le supérieur.

Alors que l’on célèbre la journée internationale des droits des femmes en cette journée du 8 mars, le ministère de l’Education Nationale publie aujourd’hui une étude statistique afin de faire le point sur les différences entre filles et garçons dans l’enseignement. Quelles sont donc les grandes conclusions de cette enquête ?

Des chiffres peu surprenants

Sans grand étonnement, en 2016, les filles sont plus diplômées et obtiennent de meilleurs résultats scolaires que les garçons. Mais ce qu'on retient surtout, ce sont certaines inégalités. Déjà recensées auparavant, celles-ci se confirment dès l’enseignement secondaire et s’observent encore davantage à la sortie du baccalauréat. On note en effet des disparités flagrantes dans l’enseignement supérieur. Le constat est avant tout que les étudiantes boudent les filières sélectives, et d'autant plus les filières sélectives scientifiques, au profit de filières universitaires et de domaines comme les lettres, les services et la santé. De fait, environ 60% des étudiants diplômés à l’université sont des femmes. Au sein des écoles d’ingénieurs, les filles ne représentent que 30% des diplômés, et il en est de même pour les classe préparatoires scientifiques. A l'inverse, on trouve 74% de filles en classe préparatoire littéraire. Enfin, on compte entre 50 et 60% de filles en DUT et STS service contre 20% en DUT et STS production.

Des améliorations notables mais lentes

Si on peut constater que les disparités entre filles et garçons persistent, le milieu de l’éducation évolue néanmoins doucement vers plus d’égalité, notamment dans le secondaire. L’étude pointe en effet que la part des filles dans les filières scientifiques secondaires a augmenté : on passe de 33% à presque 42% de filles en terminale S entre 1994 et 2014, soit neuf points de plus en vingt ans. Les filières commerciales supérieures (classes préparatoires, écoles) quant à elles comptent un nombre plutôt égal d’hommes et de femmes (environ 5 filles pour 10 étudiants).

Une place sur le marché du travail toujours aussi inégale

Si l’étude ne recense que peu de chiffres concernant l’emploi des femmes après l’obtention d’un diplôme, elle met le doigt sur l’insertion des filles sortant d’une formation professionnelle dans le secondaire. Dans le domaine de la production, le taux d’emploi de celles qui sortent d’une formation professionnelle en apprentissage est inférieur d’environ 10 points par rapport à celui des garçons.

Face à la persistance de tels schémas produits par les étudiants souvent basés sur une culture des « différences naturelles » entre hommes et femmes, « le défi à relever» comme désigné dans l’étude, afin de parvenir à l’égalité entre hommes et femmes dans l’enseignement et de l’emploi, reste encore de taille.

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