Contrat d'engagement jeune (CEJ) : conditions, allocation et démarches

Contrat d'engagement jeune (CEJ) : conditions d'éligibilité, montant de l'allocation en 2026, démarches auprès de France Travail et bilan du dispositif.
Mis à jour le / Publié en novembre 2021
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Pas de diplôme en poche, pas d’emploi à l’horizon, des journées qui se suivent et se ressemblent un peu trop… si cette description te parle, tu es au bon endroit. Selon l’Insee, au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage des 15-24 ans atteint 21,6 %. Cela représente plus d’un jeune actif sur cinq. Mais un dispositif existe pour casser ce cercle, et il va bien au-delà d’un simple versement d’argent : il s’agit du contrat d’engagement jeune (CEJ).

Lancé en mars 2022 dans la continuité du plan « 1 jeune, 1 solution », le CEJ propose aux 16-25 ans sans emploi ni formation un accompagnement intensif, un conseiller dédié et une allocation mensuelle pouvant atteindre 566,17 € (montant en vigueur au 1er avril 2026). Comment ça fonctionne ? Qui peut en bénéficier ? Et surtout, est-ce que ça marche ? Diplomeo fait le point, chiffres et sources à l’appui.

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Le CEJ, c’est quoi au juste ?

Le contrat d’engagement jeune (CEJ) est un dispositif d’accompagnement vers l’emploi. Autant le préciser d’emblée : ce n’est pas un contrat de travail.

C’est un engagement réciproque entre un jeune et un organisme, que ce soit France Travail (anciennement Pôle emploi, renommé en janvier 2024) ou une mission locale. Les deux parties s’engagent mutuellement : le jeune s’investit activement dans son parcours d’insertion et l’organisme lui fournit un accompagnement personnalisé, un programme d’activités structuré et, sous conditions, une aide financière mensuelle.

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Ces formations et écoles accessibles sans le bac

Le CEJ a remplacé la Garantie Jeunes qui était un dispositif similaire mis en place en 2017. Le contrat d’engagement jeune s’inscrit dans la lignée du plan « 1 jeune, 1 solution », lancé par le gouvernement en 2020 pour répondre à la crise de l’emploi des jeunes aggravée par le Covid-19.

Tu l’auras compris, en pratique, quand tu signes un CEJ, tu bénéficies de trois choses :

  • Un conseiller référent qui te suit tout au long de ton parcours, de l’entrée dans le dispositif jusqu’à l’accès à un emploi durable
  • Un programme intensif de 15 à 20 heures par semaine, composé de stages en entreprise, de formations, de missions d’utilité sociale (service civique, Épide, École de la deuxième chance) ou encore de périodes de recherche d’emploi accompagnée
  • Une allocation mensuelle, l’ACEJ (Allocation du Contrat d’Engagement Jeune), dont le montant varie selon ton âge et ta situation fiscale

Qui peut bénéficier du CEJ ?

Pour accéder au CEJ, il faut réunir plusieurs conditions, liées à la fois à l’âge, à la situation professionnelle et au statut fiscal.

Du côté des conditions d’âge, il faut avoir entre 16 et 25 ans révolus (c’est-à-dire jusqu’à la veille de tes 26 ans). Cette limite est étendue à 29 ans révolus pour les personnes bénéficiant d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH).

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Pour ce qui est de la situation professionnelle, trois critères doivent être réunis simultanément :

  • Rencontrer des difficultés d’accès à l’emploi durable (c’est-à-dire avoir du mal à décrocher un CDI ou un CDD longue durée)
  • Ne pas être étudiant au moment de la signature du contrat
  • Ne pas suivre une formation professionnelle

Le contrat d’engagement jeune ne concerne donc pas les étudiants en poursuite d’études qui cherchent un job d’appoint. Il cible un public spécifique : les jeunes qu’on qualifie parfois de « NEET » (acronyme anglais pour Neither in Employment, Education or Training, c’est-à-dire ni en emploi, ni en études, ni en formation). Selon le rapport de l’IPP (janvier 2026), parmi les jeunes accompagnés dans le volet le plus renforcé du dispositif (le CEJ-Jeunes en rupture), près de la moitié n’ont aucun diplôme.

Ce qui a changé en 2025 💡

Depuis le 1er janvier 2025, la loi pour le plein emploi (loi du 18 décembre 2023) rend obligatoire l’inscription sur la liste des demandeurs d’emploi de France Travail pour tout jeune en CEJ ou en PACEA (Parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie) suivi par une mission locale.

Les jeunes déjà dans le dispositif au 31 décembre 2024 ont été inscrits automatiquement à partir de la base de données i-Milo, sans démarche de leur part. Pour les nouveaux entrants, l’inscription à France Travail se fait au moment de la signature du contrat.

Combien touche-t-on avec le CEJ en 2026 ?

L’allocation du CEJ (ACEJ) n’est pas un montant fixe. Elle dépend de ton âge et de la situation fiscale de ton foyer de rattachement. Elle est revalorisée chaque 1er avril. Voici le barème en vigueur depuis le 1er avril 2026 :

SituationMontant mensuel maximum
Majeur (18-25 ans), foyer fiscal non imposable ou fiscalement autonome566,17 €
Majeur (18-25 ans), foyer fiscal imposable (1re tranche)339,70 €
Mineur (16-17 ans)224,68 €
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Quelques précisions importantes :

  • L’allocation est non imposable, tu n’as pas à la déclarer aux impôts
  • Elle est versée chaque mois par l’Agence de Services et de Paiement (ASP), en général entre le 5 et le 10 du mois suivant
  • Tu disposes de trois mois pour transmettre les justificatifs nécessaires au versement
  • Si France Travail ou ta mission locale constate que tu es en rupture familiale, tu peux être considéré comme fiscalement autonome, même si tu es rattaché au foyer de tes parents sur le papier
Cumul avec d’autres aides : ce qu’il faut savoir 🔎

L’ACEJ est cumulable avec l’AAH (Allocation aux adultes handicapés). En revanche, elle n’est pas cumulable avec le RSA, sauf si tu es enfant à charge d’un foyer allocataire du RSA. Les indemnités chômage, la rémunération de stagiaire en formation professionnelle et la rémunération perçue en École de la deuxième chance sont déduites du montant de l’allocation. Les revenus d’une activité salariée ou non salariée sont partiellement déduits. 

Comment se déroule l’accompagnement au quotidien ?

Signer un CEJ, c’est s’engager dans un programme structuré de 15 à 20 heures par semaine. Le contenu de ce programme est personnalisé. Il est défini avec ton conseiller référent, après un entretien de diagnostic qui évalue ta situation, tes compétences, tes freins et tes envies.

Les activités proposées peuvent inclure :

  • Des mises en situation professionnelle (stages en entreprise, immersions)
  • Des périodes de formation qualifiante ou certifiante
  • Des missions d’utilité sociale : service civique, Épide (Établissement pour l’insertion dans l’emploi), École de la deuxième chance
  • Des phases de recherche d’emploi, seul ou en collectif, avec des ateliers (rédaction de CV, préparation aux entretiens, simulation)
  • Des formations en alternance (contrat d’apprentissage ou de professionnalisation)
C’est une formation avec un solide suivi derrière que tu recherches ? 💭

La durée du contrat d’engagement jeune est de 6 à 12 mois maximum. À la fin de cette période, France Travail ou la mission locale peut prolonger le contrat pour 6 mois supplémentaires (il dure alors 18 mois au total), mais uniquement à titre exceptionnel et sous conditions. Par ailleurs, si tu es engagé dans un autre parcours d’insertion ou de formation avant la fin du CEJ, celui-ci est automatiquement prolongé jusqu’à la fin de ce parcours.

Le CEJ « Jeunes en rupture » : un volet renforcé 🔎

Depuis 2023, un volet spécifique du CEJ existe pour les jeunes les plus éloignés de l’emploi et des services publics : le CEJ-Jeunes en rupture (CEJ-JR). Il cible des jeunes qui ne sont pas forcément inscrits en mission locale ou à France Travail. Ce sont des profils parfois qualifiés d’« invisibles ». L’accompagnement est assuré par un porteur de projet (association, structure d’insertion) qui mobilise le jeune avant même la signature du contrat en mission locale. Selon le rapport de l’Institut des politiques publiques (IPP) de janvier 2026, près de 25 000 jeunes ont été mobilisés dans ce cadre entre 2023 et début 2024.

Quelles démarches pour obtenir le CEJ ?

Bon, il est vrai que le terme « contrat » peut faire peur, mais la démarche est plus simple qu’il n’y paraît. Il n’existe pas de formulaire de demande spécifique au CEJ. C’est ton conseiller qui te propose le dispositif, après avoir évalué ta situation.

Voici les étapes :

  1. Tu te rends dans l’agence France Travail ou la mission locale la plus proche de chez toi. Tu peux aussi te renseigner sur tes droits via la plateforme 1jeune1solution.gouv.fr.
  2. Un conseiller organise avec toi un entretien de diagnostic. Il prend en compte ton âge et évalue ta situation fiscale, ton parcours, tes freins (logement, santé, mobilité) et ton projet professionnel, ou alors l’absence de projet, ce qui est tout à fait courant.
  3. Si tu es éligible et que le CEJ est adapté à ton profil, le conseiller te le propose. Si tu acceptes, tu signes le contrat.
  4. Tu commences ton programme et perçois l’allocation, sous réserve de respecter tes engagements.

Depuis le 1er janvier 2025, rappelons-le, l’inscription comme demandeur d’emploi auprès de France Travail est obligatoire pour tout jeune entrant en CEJ, y compris ceux suivis par une mission locale.

France Travail ou mission locale : quelle différence ? 🔎

Selon les données de la DREES (édition 2025), les missions locales accompagnent environ 74 % des bénéficiaires du CEJ, contre 26 % pour France Travail. La différence tient au profil des jeunes et au périmètre d’accompagnement : France Travail cible plutôt des jeunes proches de l’emploi avec un projet relativement défini, tandis que la mission locale dispose d’un mandat plus large. Elle peut t’accompagner aussi sur le logement, la mobilité, la santé et la gestion du budget.

Et si tu ne respectes pas tes engagements ?

Le CEJ repose sur un principe de réciprocité : tu t’engages à participer activement aux actions prévues et à être assidu. En contrepartie, l’État finance ton accompagnement et ton allocation. Si tu ne tiens pas ta part du contrat, il y a des conséquences, mais elles restent progressives et non brutales.

En cas de manquement (absence à une formation sans motif légitime, refus répété d’une offre d’activité, non-respect du programme), France Travail ou la mission locale peut réduire ou supprimer temporairement l’allocation. La décision intervient après que tu as eu l’occasion de présenter tes observations. Tu n’es pas sanctionné sans être entendu !

Au troisième manquement constaté sans motif légitime, le contrat peut être rompu. C’est le responsable de la mission locale ou de France Travail qui prend la décision.

Tu n’as pas encore de projet précis pour la rentrée ? 🤔

Point important : si tu es inscrit à France Travail en parallèle, l’allocation chômage peut elle aussi être réduite ou supprimée. En revanche, la sanction ne peut pas être une radiation de la liste des demandeurs d’emploi.

Le CEJ, ça marche ? Ce que disent les chiffres

Après plus de quatre ans de fonctionnement, le bilan du CEJ est nuancé et les chiffres varient énormément selon que l’on regarde du côté de France Travail ou des missions locales.

Chez France Travail, les résultats sont encourageants. Selon un rapport relayé par Vie publique en février 2024, 86 % des jeunes entrés en CEJ en mars 2022 avaient accédé à un emploi dans les 18 mois suivants, dont 60 % à un emploi durable (CDI ou CDD de plus de six mois).

Côté missions locales, le tableau est différent. Seuls 24 % des contrats signés ont mené à un emploi durable. L’écart s’explique par les profils accompagnés. France Travail suit des jeunes globalement plus proches du marché du travail, tandis que les missions locales accueillent des jeunes souvent sans diplôme, cumulant des difficultés liées au logement, à la santé et à la mobilité.

En volume, le dispositif reste massif. Selon les données du portail POEM du ministère du Travail (mise à jour au 31 juillet 2026), 289 500 jeunes sont entrés en CEJ en 2025 (hors renouvellements) et près de 160 000 bénéficiaires étaient comptabilisés fin avril 2026, dont environ 119 000 en mission locale et 41 000 à France Travail.

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FAQ

Le CEJ est-il renouvelable ?

En principe, un nouveau CEJ ne peut être signé qu’au terme d’un délai de six mois après la fin du précédent contrat. Il existe toutefois une exception : si tu as respecté tous tes engagements lors de ton premier CEJ et que tu fais face à des difficultés spécifiques, un nouveau contrat peut être conclu sans attendre ce délai.

Le CEJ est-il compatible avec un job étudiant ou une activité salariée ?

L’allocation CEJ est partiellement déduite si tu perçois des revenus d’activité. Elle reste intégralement versée tant que tes revenus nets ne dépassent pas environ 300 € nets par mois (selon les barèmes en vigueur). Au-delà, une déduction partielle s’applique.

Peut-on signer un CEJ si on est mineur ?

Oui, le CEJ est ouvert dès 16 ans. L’allocation maximale pour un mineur est de 224,68 € par mois (barème au 1er avril 2026). Les conditions d’accès sont toutefois plus strictes : il faut être sorti du système scolaire et avoir un projet d’insertion identifié.

Quelle différence entre le CEJ et le PACEA ?

Le PACEA (Parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie) est un dispositif plus souple, géré par les missions locales, qui ne comporte pas forcément le volet intensif de 15-20 heures par semaine du CEJ ni l’allocation dédiée. Le CEJ peut s’inscrire à l’intérieur d’un PACEA. Le CEJ en est, en quelque sorte, le volet le plus structuré et le plus accompagné.

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