APB 2017 : encore 6 000 étudiants non affectés...

La rentrée 2017-2018 approche à grands pas et pourtant, il reste plus de 6 000 étudiants sans réponses d'APB. Une incertitude qui fait monter la pression et témoigne d'un système à bout de souffle, capable de laisser des milliers de candidats sur la carreau et dans un stress que l'on imagine intense...

Les amphithéâtres bientôt pleins à craquer.

« La rentrée sera particulièrement tendue ». C'est ce qu'à annoncé, à nos confrères du Monde, Lilâ Le Bas, présidente du syndicat étudiant Unef. En effet, outre les étudiants encore dans l'incertitude concernant leur affectation pour la rentrée, les universités poussent leurs murs et les amphis risquent de se retrouver bien pleins... Selon Le Monde, 6010 étudiants n'ont pas trouvé de formation grâce à la plateforme dédiée, Admission Post Bac (APB).

Le stress pour 6 010 non-affectés...

À la mi-juillet, la situation était d'autant plus inquiètante : 87 000 futurs étudiants n'avaient pas été admis dans une formation via la plateforme Admission Post Bac. Parmi ces jeunes, 9 726 avaient formulé un vœu 1 absolu dans une licence non sélective de leur secteur et sont toujours en attente d’une proposition pour leur premier choix. La situation étaient plus dérangeante pour les 2 465 néo-bacheliers, qui ne disposent pas d’autre diplôme que le baccalauréat.

Depuis, le chiffre d'étudiants non-affectés baisse logiquement mais reste inquiétant et pose surtout la question de la limite du système. Un système incapable d'orienter, à quelques jours de la rentrée, 6 010 étudiants ayant parfois des dossiers solides et aucune raison apparente de se voir sans voeu satisfait... C'est 30 % de bacheliers incertains en plus par rapport à 2016.

En cause : une augmentation du nombre de candidats qui ne semblaient pas avoir été prévue par la plateforme. 39 700 candidats (dont 25 800 bacheliers) de plus qu'en 2016 ont formulé un voeu sur APB.

Le budget des universités restant inchangé depuis plusieurs années, les établissements publics vont avoir de plus en plus de mal à faire face à l'afflux d'étudiants. Et le tout dans des conditions d'études pas idéales et des formations surbookées... 

Pour la ministre de l'Enseignement supérieur, « le véritable échec, c'est l'échec de 60 % des étudiants qui entrent en licence. APB est l'arbre qui cache la fôret ». 

La dernière chance : la procédure complémentaire

Au 14 juillet, date de la troisième et dernière phase APB, de nombreux candidats ayant placé leur université de secteur en premier voeu sur APB étaient encore en attente. C'était le cas dans 92 licences universitaires, soit 23 de moins que lors de la deuxième phase. Ces 92 formations sont réparties dans 17 académies. Les plus touchées sont celles de la région parisienne : Paris avec 25 formations, Versailles avec 14 et Créteil avec 10 formations.

La procédure complémentaire, mise en place jusqu’au 25 septembre, laisse un dernier espoir aux candidats d’obtenir un vœu. En effet, ils devront consulter fréquemment la plateforme pour voir si des places se sont libérées dans le cursus qu’ils désirent intégrer. Les inscrits sur APB ayant accepté une formation hors APB sont priés par la ministre de l’Enseignement supérieur de démissionner de leur vœux d’APB pour ainsi laisser leur place à un candidat sur liste d’attente. Depuis l'ouverture de la procédure complémentaire, le 14 juillet, 48 000 perosnnes ont trouvé une formation, selon la ministre.

Un tirage au sort sous tension

Des solutions ont été rapidement mises en place par le gouvermenent pour régler notamment la capacité d’accueil limitée à l’entrée en PACES (première année commune aux études de santé) en Ile-de-France. Mais tous les jeunes inscrits sur APB n’ont pu être satisfaits. Parmi les licences les plus demandées, on retrouve STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) qui reste la filière sous tension, elle correspond à 32,6 % des formations en attente pour les bacheliers ou étudiants en réorientation (chiffre à la mi-juillet 2017). Les sciences de l’éducation, les arts du spectacle, le droit ainsi que l’information-communication sont également très prisées.

Une concertation pour la rentrée 2018

Une réunion de concertation entre Frédérique Vidal, les présidents d’université, les syndicats d’étudiants a eu lieu ce lundi 17 juillet pour éviter que cette situation catastrophique ne se reproduise à la rentrée 2018. La conférence des présidents d’universités (CPU) alerte du danger imminent des conditions d’études dans les universités françaises en cas de surcapacité d’étudiants.

Pour remédier à cette problématique, la ministre a évoqué la mise en place d'un contrat de réussite étudiant. Son but ? Que l'orientation et l'affectation d'un étudiant à une formation supérieure soit traité au cas par cas et non en masse. En traitant les demandes des futurs étudiants individuellement, il s'agira de leur trouver une place adaptée à leur parcours et à leurs souhaits et ainsi diminuer le taux d'abandon et d'échec. « Il faut dire à l'étudiant qu'elles sont ses chances de réussite dans la filière qu'il a choisi et de travailler l'orientation en amont de l'entrée dans l'enseignement supérieur », a noté Frédérique Vidal.

À noter qu'une nouvelle concertation aura très bientôt, quelques jours avant la rentrée, pour parler plus particulièrement de la situation des bacheliers professionnels et technologiques, ainsi que de l'ouverture de places en apprentissage.

Une rentrée inquiétante pour les syndicats 

Autres sujets de tension pour la rentrée :

L'Unef et la Fage, les deux principaux syndicats étudiants appellent les jeunes à se mobiliser pour cette rentrée. Au Monde, Lilâ Le Bas (Unef) veut « faire reculer le gouvernement » et s'assurer que la réforme du code du travail ne fassent trop de victimes chez les jeunes. Jimmy Losfeld (Fage) annonce quant à lui, au sujet de la sélection à l'université : « s’il s’agit de faire une sélection sèche à la fac, nous irons dans la rue ». Au micro de RTL, Frédérique Vidal a tenté de les rassuré, ce 22 août, en les assurant que l'éducation et l'enseignement supérieur reste dans les priorités du gouvernement.)

Anaïs Quillié et Soizic Meur