Les étudiants en médecine contre le tirage au sort

Les facultés de médecine parisiennes sont submergées d’étudiants souhaitant faire carrière dans le secteur de la santé. Malheureusement cette année, un nombre trop important d'inscrits sur la plateforme APB laisse place à une situation inédite : l'entrée en PACES s'est faite par tirage au sort.
Mis à jour le / Publié en mai 2016
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Un mode de sélection injuste

Alors qu’en 2016, les futurs étudiants en PACES (première année commune aux études de santé) avaient pu échapper au tirage au sort, les bacheliers 2017 n’ont pas été épargnés. Sur les 8 500 candidats ayant choisi en vœu n° 1 une PACES en Île-de-France, seuls 7 650 ont été acceptés. 857 jeunes restent donc sur listes d’attente, une situation injuste sur laquelle la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, s’est penchée afin d’y remédier. 

Encore une chance pour les étudiants refusés

L’Île-de-France compte sept UFR de santé, ce qui est insuffisant pour recevoir aujourd’hui tous les étudiants qui le souhaitent. Le tirage au sort était donc inévitable pour Frédéric Dardel, président de l’université Paris Descartes. C’est pour réparer cette injustice que la ministre de l’Enseignement supérieur a tenu une réunion le vendredi 9 juin. La décision ? Tous les candidats domiciliés en région parisienne ayant placé PACES en vœu n° 1 absolu se verront proposer une place le 26 juin, date de la deuxième phase d’APB. Un espoir d’intégrer la difficile première année de faculté de medecine est donc encore possible. 

Cette situation illustre les limites de la plateforme Admission Post Bac, dont le système sera modifié pour la rentrée 2018, l’assure Frédérique Vidal.

Un tirage au sort déjà vu d’un mauvais œil en 2016

Au vu du nombre d’étudiants candidats sur la plateforme APB, les universités de médecine d’Île-de-France promettaient de ne pas pouvoir tous les accueillir à la rentrée prochaine. Une solution envisagée : le tirage au sort. Ce à quoi le secrétaire d’État en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Thierry Mandon, s’était formellement opposé.

Mais que pensaient les étudiants de cet éventuel mode de sélection ? Étaient-ils pour ? Étaient-ils contre ? Trois d’entre eux témoignent.

Chanel, 20 ans, 2ème année de médecine à Limoges 

« Je trouve que le tirage au sort en médecine est une très mauvaise idée parce que tout le monde devrait avoir la chance d’essayer de réussir, et ce en travaillant et non sur un coup du sort.

Même si la première année est très mal faite, je trouve qu’il vaut mieux que toutes les personnes qui le souhaitent puissent essayer. Je vois d’ailleurs dans ma promo que ce n’est pas tant les facilités intellectuelles qui permettent de réussir, mais la motivation. Et ça, c’est vraiment important, parce que les études qui suivent sont longues et difficiles donc demandent cette motivation.

Si on tire au sort, on ne favorisera peut être pas certaines personnes très motivées qui n’ont juste pas de chance et en médecine, je trouve que ça ne devrait pas se jouer sur de la chance, mais sur des capacités et de la motivation, justement.

Ensuite, je trouve que ces études qui sont déjà stressantes le seront encore plus. Même avant d’y entrer, le stress sera présent. Au bout d’un moment, c’est trop.

Enfin, je considère que cela ne motive pas du tout les élèves au lycée parce qu’au final, même s’ils travaillent bien pendant tout leur lycée pour avoir des bases ou acquérir une technique de travail, tout ça ne servira peut-être à rien, car ils risquent de ne pas avoir la chance de tenter leur chance en médecine. »

Timothée, 21 ans, 4ème année de médecine à Montpellier 

« Je suis totalement contre. Ça ne sert à rien de tirer des gens au sort puisque cela pénalise tout le monde au final.

Moi je pense que s’ils veulent procéder à une présélection, il vaudrait mieux la faire avec les dossiers de terminale des candidats, ce serait plus juste.

Ceci dit, tout ça est à relativiser parce que ça dépend du type de sélection, mais empêcher quelqu’un de se présenter à un concours de façon aléatoire, c’est injuste, parce que le hasard n’est pas un critère de sélection objectif ».

Caroline, 28 ans, 9ème année de médecine à Paris 

« Avec le tirage au sort, on risque de ne pas prendre des étudiants avec un très bon niveau et qui auront toutes les chances de réussir le concours. D’autre part les étudiants qui voudront retenter leur chance ne pourront peut-être pas le faire l’année d’après. Pourquoi ne pas sélectionner les étudiants sur leur niveau scolaire ? Ou alors faire un examen en fin d’année de bac comme pour certaines écoles ? De plus, certains étudiants qui ont vraiment la vocation ne pourront pas tenter leur chance. »

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