- Salaire moyen mensuel net : 1 900 € à 2 400 €
- Niveau de diplôme : de bac+5 à bac+8
- Sélectivité : 9/10
Les missions et le quotidien de l'historien : à la recherche du temps perdu
Tel un détective du temps, l'historien mène l'enquête dans les archives pour reconstituer les pièces du puzzle historique. Son rôle ? Comprendre le passé pour éclairer le présent. Tu vas passer tes journées à plonger dans des sources historiques variées : manuscrits poussiéreux, archives municipales, correspondances privées, photographies jaunies ou témoignages oraux. Chaque document est une piste potentielle pour ta recherche.
Ta mission principale consiste à collecter des informations sur ta période ou ton sujet d'étude. Imaginons que tu travailles sur la Seconde Guerre mondiale : tu vas consulter des archives militaires, des journaux intimes de soldats, des rapports officiels. Tu dois ensuite analyser et croiser ces sources pour vérifier leur authenticité et leur fiabilité. Pas question de te fier à n'importe quel document ! Tu dois développer un regard critique et méthodique.
L'historien passe aussi beaucoup de temps à formuler des hypothèses de recherche. Tu te poses des questions comme « Pourquoi cet événement s'est-il produit à ce moment-là ? » ou « Quel était le contexte politique et social de l'époque ? ». C'est un vrai travail d'enquête où tu dois rassembler les preuves et construire une argumentation solide.
Une fois tes recherches terminées, tu dois restituer ton travail. Là, plusieurs options s'offrent à toi : rédiger un livre, publier des articles dans des revues spécialisées, donner des conférences lors de colloques, participer à des documentaires télévisés ou encore enseigner à l'université. Si tu es maître de conférences ou professeur des universités, tu partages ton temps entre recherche et enseignement.
- Métier passion
- Métier de bureau
- Déplacements possibles
Au quotidien, l'historien interagit avec d'autres chercheurs, des archivistes, des conservateurs de musée, des éditeurs et parfois des journalistes spécialisés. Tu peux aussi être sollicité pour des missions d'expertise : authentifier un objet ancien pour un musée, conseiller un réalisateur sur l'exactitude historique d'un film ou inventorier les collections d'un monument historique.
La plupart des historiens exercent dans des universités ou centres de recherche, où ils disposent d'un bureau et d'un accès aux bibliothèques universitaires. Certains travaillent pour des musées, des institutions culturelles ou comme journalistes spécialisés. Garde en tête que tu dois régulièrement te déplacer pour consulter des archives ou participer à des événements scientifiques.
En France, on compte environ 2 500 historiens, dont les trois quarts sont enseignants-chercheurs à l'université. C'est un petit monde où tout le monde se connaît !
Les études pour devenir historien : un parcours de longue haleine
- Coût des études : de 0 € à 400 €/an
- Durée des études : de 5 à 8 ans
- Alternance et stages : oui
- Concours : oui (CAPES, Agrégation)
Pour devenir historien, il va falloir t’accrocher ! Si certains débutent juste après leur master (bac+5), les scientifiques reconnus, eux, vont jusqu’au doctorat (bac+8).
Quelles spécialités au bac pour devenir historien ?
Pour maximiser tes chances de réussite en études d'histoire, privilégie au lycée la spécialité Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques (HGGSP). Cette option t'apporte une solide base méthodologique et une première approche des enjeux historiques contemporains. La spécialité Sciences Économiques et Sociales (SES) est également pertinente car elle développe ton esprit d'analyse et ta compréhension des dynamiques sociales.
En ce qui concerne les matières plus littéraires, tu peux opter pour LLCA (Langues, Littératures et Civilisations de l’Antiquité). Cela te donnera un avant-goût de ce qui t’attendra à l’université. Enfin, Humanités, Littérature et Philosophie renforce tes capacités rédactionnelles et ton sens critique, indispensables pour l'analyse de documents historiques.
Le parcours universitaire classique : de la licence au doctorat
Pour devenir historien, la voie universitaire est la plus courante. Tu commences par une licence mention histoire (bac+3), accessible après le bac via Parcoursup. Cette licence aborde les quatre grandes périodes : histoire ancienne, médiévale, moderne et contemporaine. Tu y apprends la méthodologie historique, l'analyse de sources, la recherche documentaire et la critique historique. C'est là que tu commences à te forger ton œil de chercheur, selon l'ONISEP.
Avec ta licence en poche, tu continues vers un master mention histoire (bac+5), accessible via Mon Master. C'est en deuxième année de master que tu te spécialises véritablement : histoire contemporaine, histoire moderne, histoire médiévale, histoire ancienne ou même des approches thématiques comme l'histoire culturelle ou l'histoire économique. Tu rédiges un mémoire de recherche qui constitue ton premier vrai travail d'historien.
Mais attention, pour devenir historien professionnel, le master ne suffit généralement pas ! Tu dois poursuivre avec un doctorat (bac+8). Tu devras rendre une thèse et cela dure trois ans minimum. Tu devras présenter une recherche originale et approfondie sur un sujet très précis. Par exemple, tu peux travailler sur « Les pratiques alimentaires dans la bourgeoisie parisienne au XIXe siècle » ou « L'impact de la guerre froide sur les relations diplomatiques franco-africaines ».
Le doctorat exige rigueur, persévérance et passion. Tu es encadré par un directeur de thèse et tu dois soutenir ton travail devant un jury d'experts. D'après l'EHESS, les doctorants peuvent bénéficier de contrats doctoraux rémunérés autour de 2 200€ bruts par mois (soit 1 800 euros nets). Un bon moyen de financer tes recherches !
Les autres voies possibles
Si tu souhaites devenir enseignant d'histoire en collège ou lycée, tu peux passer le CAPES d'histoire-géographie (avec une licence) ou l'agrégation d'histoire (avec un master). Ces concours te permettent d'enseigner dans le secondaire tout en continuant éventuellement la recherche.
Certains établissements comme l'École des Chartes, l'EHESS ou Sciences Po proposent aussi des parcours spécialisés en histoire, avec des approches parfois plus axées sur les archives, l'histoire politique ou l'histoire contemporaine.
- Licence mention histoire
- Master mention histoire
- Doctorat en histoire
- CAPES histoire-géographie
- Agrégation d'histoire
Les qualités et compétences de l'historien : l'art de décrypter le passé
La première qualité indispensable pour devenir historien, c'est la curiosité intellectuelle. Tu dois avoir soif de comprendre, de creuser, d'explorer des pistes parfois improbables. Cette curiosité te pousse à lire énormément, à poser des questions et à ne jamais te contenter d'explications superficielles. C'est elle qui te fait remarquer un détail dans un document d'archive qui pourrait bouleverser ta compréhension d'un événement.
L'esprit critique est tout aussi essentiel. Face à un document historique, tu dois constamment te demander : qui l'a écrit ? Dans quel contexte ? Dans quel but ? Est-ce une source fiable ? Tu ne dois jamais prendre les informations pour argent comptant. Cette distance critique te permet de démêler le vrai du faux, la propagande des faits établis.
Tu dois être organisé, méthodique, capable de gérer des centaines de documents, de notes, de références. La rigueur méthodologique caractérise le bon historien. Chaque affirmation doit être vérifiée, chaque source doit être correctement citée. C'est un travail minutieux qui demande de la patience et de l'attention aux détails.
Enfin, l'intégrité intellectuelle est fondamentale. Tu dois rester objectif dans ton travail, ne pas laisser tes opinions personnelles ou tes croyances déformer ta lecture des faits historiques. L'historien doit être capable de présenter des événements ou des personnages sans jugement moral anachronique, en restant fidèle au contexte de l'époque étudiée.
- Maîtrise des langues anciennes : le latin, le grec ancien ou l'arabe classique sont souvent nécessaires pour déchiffrer des documents d'époque, notamment pour les périodes antique et médiévale
- Paléographie : savoir lire et déchiffrer les anciennes écritures manuscrites, indispensable pour travailler sur des archives antérieures au XXe siècle
- Analyse critique de sources : capacité à évaluer la fiabilité, l'authenticité et le contexte de production des documents historiques pour construire un récit objectif
L’insertion professionnelle de l'historien : à la recherche du Saint-Graal
Malheureusement pour toi, le marché du travail pour les historiens n'est pas le plus accessible. Les postes permanents sont rares et la concurrence est rude. Sur les 2 500 historiens en France, environ 75% sont enseignants-chercheurs à l'université. Les places en tant que maître de conférences ou professeur des universités sont très convoitées et nécessitent non seulement un excellent doctorat, mais aussi de nombreuses publications scientifiques et une participation active à la vie académique.
Les débouchés existent néanmoins dans plusieurs secteurs. Les musées et les centres de recherche recrutent régulièrement des historiens pour des missions de conservation, d'expertise ou de valorisation du patrimoine. Certains historiens trouvent leur place dans le journalisme spécialisé, apportant leur expertise dans des magazines d'histoire ou des émissions documentaires. D'autres travaillent pour des institutions culturelles, des archives départementales ou des associations patrimoniales.
Le statut est variable : certains historiens sont fonctionnaires (dans l'enseignement ou la culture), d'autres sont contractuels ou exercent en tant qu'indépendants. Les débuts de carrière sont souvent précaires, avec des postes temporaires de post-doctorants ou d'attachés temporaires d'enseignement et de recherche (ATER) avant de décrocher un poste stable.
L’évolution professionnelle de l'historien : gravir les marches de l’Histoire
Les perspectives d'évolution pour l'historien sont principalement académiques. Si tu débutes comme maître de conférences, tu peux évoluer vers un poste de professeur des universités après avoir soutenu une habilitation à diriger des recherches (HDR) et passé un concours. Tu peux ensuite viser des postes à responsabilités comme directeur de département, directeur d'UFR (Unité de Formation et de Recherche) ou même président d'université.
Dans le domaine de la recherche, tu peux devenir directeur de laboratoire ou responsable de programme de recherche au CNRS ou dans d'autres institutions. Ces postes te permettent d'encadrer des équipes de doctorants et de coordonner des projets scientifiques d'envergure.
Si tu souhaites sortir du monde universitaire, plusieurs métiers s'ouvrent à toi grâce à tes compétences d'analyse et de synthèse. Tu peux devenir conservateur de musée, archiviste, chargé de mission patrimoine, médiateur culturel ou consultant en histoire pour des entreprises, des collectivités territoriales ou des productions audiovisuelles. Certains historiens se reconvertissent aussi dans l'édition ou le journalisme culturel, où leur expertise est très recherchée.
L'université d'Oxford a commencé à enseigner l'histoire en 1096, bien avant que la civilisation aztèque n'existe ! Pendant que les Aztèques fondaient Tenochtitlán en 1325, les étudiants d'Oxford étudiaient déjà l'histoire depuis plus de deux siècles. De quoi relativiser notre notion du temps !
Le salaire de l'historien : combien gagne un détective du passé ?
Débutant :
- Mensuel net : 2 200€ - 3 400€
- Brut annuel : 35 000€ - 53 000€
Expérimenté :
- Mensuel net : 4 100€ - 5 400€
- Brut annuel : 60 000€ - 78 000€
Le salaire d'un historien dépend fortement de son statut et de son employeur. Un jeune maître de conférences débute avec un salaire net mensuel d'environ 2 200€. Avec l'ancienneté, ce salaire peut grimper jusqu'à près de 5 400€ net par mois pour un maître de conférences hors classe.
Dans le secteur privé ou en tant qu'indépendant, les salaires sont plus variables. Un historien qui travaille comme consultant, expert pour des productions audiovisuelles ou qui publie régulièrement des livres peut augmenter significativement ses revenus. Les droits d'auteur, les conférences rémunérées et les missions d'expertise apportent des compléments de revenus non négligeables pour les historiens reconnus dans leur domaine.
Le salaire médian pour un historien-chercheur s'élève à environ 3 547 € brut par mois, soit 2 815 € net. Mais ces chiffres masquent de grandes disparités selon la localisation géographique, la spécialisation et la notoriété de l'historien dans son domaine. Alors, tenté à l’idée d’explorer le passé ?




