En école d'ingénieurs, les études durent généralement de 3 à 5 ans. Et pour cause, pour pouvoir obtenir le titre d’ingénieur diplômé, il est nécessaire de valider un diplôme de niveau bac+5, c’est-à-dire, de grade master, reconnu par la Commission des Titres d’Ingénieurs (CTI).
Bien que les formations du cycle ingénieur soient très professionnalisantes et permettent une insertion professionnelle directe sur le marché du travail, certains étudiants font le choix de poursuivre leurs études supérieures. Plus précisément, ce sont 15,4 % des diplômés d’écoles d’ingénieurs en France qui décident de continuer à étudier (contre 4,9 % des diplômés d’écoles de commerce et de management). Si, comme eux, tu envisages de continuer ton parcours après ton diplôme, voici les différentes possibilités qui s’offrent à toi.
Suivre un mastère spécialisé
Le mastère spécialisé (MS) est une option envisageable par les ingénieurs diplômés d’un bac+5, sans pour autant opter pour une réorientation. Il s’agit d’un diplôme labellisé par la Conférence des Grandes Écoles (CGE) ,axé sur la professionnalisation et la spécialisation des diplômés ou la diversification de leurs compétences, bénéficiant d’une renommée internationale. Il débouche sur un diplôme de niveau bac+6 et délivre 75 crédits ECTS dont 30 correspondant à la thèse professionnelle.
En un ou deux ans, les étudiants peuvent via ce cursus d’excellence se spécialiser dans de nombreux domaines et acquérir une dernière expérience significative grâce à la période de stage proposée. À savoir que certaines écoles proposent des MS à temps plein et des MS en alternance.
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Les écoles développent également des méthodes pédagogiques se focalisant sur les projets pour une meilleure appréhension du monde du travail. Certains mastères spécialisés sont proposés par des écoles de management, d’autres par des écoles d’ingénieurs. D’autres encore naissent d’un partenariat entre ces types d’écoles.
Dans une école d’ingénieurs
Les écoles d’ingénieurs sont très nombreuses à proposer des mastères spécialisés. Selon la Conférence des Grandes Écoles, il existe 247 mastères spécialisés. Leur but est de renforcer des compétences techniques, mais aussi parfois managériales des ingénieurs qui ont décroché leur bac+5. Les spécialisations sont diverses.
Voici quelques exemples de domaines couverts par les mastères spécialisés :
- aéronautique
- agriculture
- agroalimentaire
- industrie
- énergies
- environnement et développement durable
- génie civil et construction
- informatique
- etc.
Tu peux aussi retrouver des mentions très précises de mastères spécialisés comme le mastère spécialisé « Gestion de l’environnement, transition écologique, biodiversité, écosystèmes » d’AgroParisTech ou encore « Statistical Analysis for Industry » de CESI. Voici d’autres exemples de mentions de mastères spécialisés en école d’ingénieurs :
- créateur de solution drones : technologies et usages innovants
- eau potable et assainissement
- génie civil des grands ouvrages pour l’énergie
- forêt nature et société
- management international
Dans une école de commerce
Non, les écoles de commerce ne boudent pas les étudiants ingénieurs, bien au contraire. Chaque année, de plus en plus d’ingénieurs diplômés font le choix d’acquérir une double compétence avec une business school, en suivant un mastère spécialisé au sein d’une école de management.
Il existe 132 mastères spécialisés labellisés par la Conférence des grandes écoles (CGE) dans ce type d’établissements. Toulouse Business School (TBS), par exemple, propose un mastère spécialisé « manager marketing et commercial dans les industries de santé ». Une formation très spécifique pouvant s’inscrire parfaitement dans la continuité d’un parcours en technologies médicales et santé. De même, l'INSA Rennes propose aussi un double-diplôme avec une formation ingénieur et management en partenariat avec une école de commerce comme Audencia Business School à Nantes ou Rennes School of Business.
Maîtriser les outils de gestion, être entrepreneur, piloter des projets ou encore être créatif sont plus que jamais des points très importants pour l’ingénieur d’aujourd’hui caractérisé par sa polyvalence.
Un manager ayant une base technique très solide est extrêmement recherché par les entreprises, quel que soit leur secteur. Un ingénieur ayant choisi de compléter sa formation avec un mastère spécialisé augmentera ses perspectives d’embauche.
Dans une école de design
La différence entre ingénierie et design est parfois mal comprise car il s'agirait de professions différentes, ne serait-ce que par leurs méthodes. C’est pourquoi un certain nombre d’écoles de design proposent aux jeunes issus d'écoles d'ingé d’intégrer l’un de leurs cursus pour acquérir des compétences pluridisciplinaires et transversales.
Strate École de Design, par exemple, dispose d’un mastère innovation et design, dont le programme en trois semestres permet de découvrir de « design thinking » et le « design doing ». Certaines écoles de commerce proposent également des mastères spécialisés en partenariat avec des écoles spécialisées en design et marketing. C’est le cas d’Audencia qui propose un mastère spécialisé marketing, design et création aux jeunes managers, designers et ingénieurs, leur permettant d’acquérir des savoir-faire transversaux, grâce à une co-accréditation avec l’école Centrale de Nantes et un partenariat avec l’école de design Nantes Atlantique.
Le mastère spécialisé peut être un réel avantage, car il donne l’opportunité d’ajouter au CV des références solides. Le nom d’une école de commerce dont la réputation n’est plus à faire peut notamment faire mouche auprès d’un employeur.
Opter pour un diplôme d’ingé de spécialisation
Le diplôme d’ingénieur de spécialisation est moins connu que les mastères spécialisés, mais peut être suivi après un parcours dans une école d’ingénieurs. Tout comme le mastère spécialisé, il permet de valider un bac+6. La CTI le définit comme « un diplôme intermédiaire entre le grade de master et celui de docteur ». Ce diplôme valide le « titre d’ingénieur de spécialisation ».
Cette formation permet donc aux diplômés d’acquérir une expertise dans un domaine très précis qu’ils n’auraient pas suffisamment approfondi au cours de leurs études afin de répondre aux besoins des entreprises. Si tu es issu d'un cursus généraliste, n diplôme d’ingénieur de spécialisation peut avoir tout son sens.
Tout comme les autres diplômes d’ingénieurs, celui-ci permet de travailler dans de nombreux secteurs comme la recherche et le développement, la production, le conseil en stratégie ou même le commerce.
Le petit plus : les écoles proposant ces spécialisations bénéficient d’une reconnaissance toute particulière de leurs compétences dans leur domaine.
Intégrer un MBA
Le Master of Business Administration (MBA) est un diplôme accessible après un bac+4 ou un bac+5. Celui-ci répond aux mêmes enjeux d’employabilité que le mastère spécialisé. Dans le viseur de bon nombre d’employeurs, le MBA permet aux étudiants d’acquérir des aptitudes de manager, de penser différemment, de changer leur approche professionnelle en adoptant la casquette d’« ingénieur-manager ». Cette polyvalence est extrêmement recherchée. Les MBA sont toutefois la plupart du temps intégrés après plusieurs années d’expérience professionnelle en tant qu’ingénieur.
De plus, le MBA accorde une importance toute particulière à son ouverture à l’international : son approche est globale et permet de former des ingénieurs aptes à travailler à l’étranger ou dans un contexte interculturel. De plus, le MBA ayant été créé aux États-Unis, il bénéficie d’une grande reconnaissance dans le monde entier.
Poursuivre son cursus en doctorat
Avec un bac+5 en poche et donc un master, une voie est tout à fait accessible aux jeunes diplômés : celle de la recherche. Grâce au doctorat, il est possible d’entamer un travail de recherche appelée thèse qui te conduira à un bac+8. La validation de la thèse conditionne donc l’obtention du diplôme. Pour s’engager dans une telle voie, il est nécessaire de formuler une réelle envie d’expérimentation scientifique. 3 ans d’études supplémentaires sont tout de même nécessaires pour devenir docteur. À noter que les doctorants peuvent choisir entre recherche publique ou recherche privée.
Cette option de poursuite d’études s’adresse principalement aux profils ayant déjà témoigné de leur intérêt pour la recherche et le développement au cours de leur parcours en école d'ingé, à travers des stages en entreprise ou autres expériences professionnelles.
À l’issue de ce cursus, les doctorants peuvent exercer plusieurs métiers : devenir chercheur (au CNRD par exemple) ou bien enseignant-chercheur tout comme intégrer le service recherche et développement (R&D) d’une entreprise. Une autre possibilité : les cabinets de conseil et d’ingénierie.
Les doctorants sont rémunérés pour leur travail de recherche, qu’ils travaillent dans un laboratoire public ou pour une entreprise privée grâce au dispositif des Conventions Industrielles de Formation par la Recherche (CIFRE).
Intégrer le monde professionnel
Bien évidemment, le cycle ingénieur ou le Programme grande école (PGE) permet aux étudiants qui ont décroché leur précieux sésame d'intégrer le monde professionnel. En effet, ces derniers peuvent intégrer le marché du travail dans différents secteurs professionnels : chimie, environnement, automobile, génie civil, informatique, aéronautique, industrie, énergies, biologie moléculaire, technologies de l'informatique, bureaux d'études, sociétés de conseil, etc.
En fonction de tes appétences, de ton projet professionnel, tes stages et alternances effectués et de la spécialisation que tu as choisi pendant tes études, il existe une large palette de métiers dans plusieurs secteurs d'activités. Tu as l'embarras du choix pour choisir le métier pour lequel tu t'identifies le plus !
Voici quelques exemples de métiers :
- administrateur systèmes et réseaux
- architecte logiciel
- chef de projet industriel
- chef de projet informatique
- consultant en technologie de l'informatique
- consultant en responsabilité sociale des entreprises
- conducteur de travaux
- data engineer
- data scientist
- devOps
- développeur web
- développeur iOT
- expert en normalisation et réglementation
- ingénieur en génie industriel
- ingénieur en logistique et supply chain
- ingénieur en environnement et développement durable
- ingénieur en énergie et réseaux électriques
- ingénieur qualité agroalimentaire
- ingénieur systèmes et réseaux
- product manager
- responsable d'unité et de production
- responsable de la sécurité industrielle
- scrum aster
- spécialiste test validation
... et plein d'autres !
Alors, qui a dit que l’école d’ingénieurs permettait d’envisager une seule et même voie ?