Ce que l'État souhaite faire en faveur des étudiants LGBT

Lecture

Dans un entretien accordé au magazine Têtu fin mars 2019, la ministre de l'Enseignement supérieur a parlé de son envie d'accorder des droits et des aides supplémentaires en faveur des étudiants LGBT. On fait le point sur les différents éléments qui devraient changer.

Le 29 mars 2019, Frédérique Vidal a détaillé auprès du magazine Têtu le contenu de ce qui s’annonce être le premier plan de lutte contre les LGBTphobies dans les établissements scolaires. En effet, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation semble nettement vouloir s’engager contre les discriminations envers les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres, en affirmant être « profondément attachée au fait d’être qui l’on est ».

Pour ce faire, la première décision prise par le ministère n’est autre que d’autoriser les étudiants transgenres à utiliser le prénom de leur choix à l’université : celui d’origine ou celui dit d’usage, c’est-à-dire choisi au cours de leur transition vers un autre sexe. Les jeunes pourront donc être dénommés comme ils le souhaitent, que ce soit lors de l’appel en cours, sur leurs cartes d’étudiant ou encore sur les listes d’examens, mais pas seulement : il est aussi prévu qu’ils puissent changer leur nom sur un diplôme, même si celui-ci a déjà été obtenu, à partir du moment où le changement à l’état civil a bien été effectif.

Actuellement, une quinzaine d’établissements applique déjà cette décision, mais Frédérique Vidal compte adresser une lettre à tous les chefs d’établissements en France pour étendre ce droit des LGBT à l’ensemble du territoire. Selon la ministre, il s’agit d’une des « petites choses qui ne sont pas vraiment compliquées à mettre en place, mais qui ont un impact important pour les personnes concernées ». Le ministère veillera d’ailleurs à ce que ce droit soit bien respecté par tous les établissements. À noter cependant que le choix libre du prénom par les étudiants transgenres ne fait pas l’unanimité, à l’image de l’UNI (Union Nationale interuniversitaire), syndicat étudiant de droite, qui y est catégoriquement opposé en arguant que cela pourrait poser des « problèmes administratifs ».

Outre cette première décision, voici une série de mesures que souhaite prendre l’État pour apporter son soutien aux jeunes lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres :

  • Le ministère de l’Enseignement supérieur va pour la première fois apporter un soutien financier à diverses associations de défense des LGBT telles que Le Refuge ou encore SOS Homophobie
  • Frédérique Vidal a affirmé à Têtu qu’elle demanderait aux CROUS et aux CNOUS de mettre à disposition des chambres dans les cités universitaires de la France entière au profit du Refuge, afin d’apporter un abri aux jeunes injustement rejetés par leur entourage à cause de leur « différence »
  • Une campagne de lutte contre les discriminations envers les personnes LGBT va être lancée dès la rentrée 2019, créée en collaboration avec les associations
  • Une formation sur « les valeurs de la République » va être incluse dans le tronc commun du programme des Écoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation, afin d’aider les futurs professeurs à repérer puis lutter contre les diverses discriminations qui pourront avoir lieu dans l’enceinte d’un établissement
  • La ministre se dit aussi favorable à l’instauration de toilettes neutres dans les établissements, mais estime que cette question doit être gérée au niveau local.

Avec ce plan d’action en faveur des élèves LGBT, Frédérique Vidal souhaite « aider avec bienveillance et sans aucun jugement de valeur » des jeunes ayant pris une « décision personnelle qui demande de la réflexion et du courage ».

Amandine Martinet

Partager