Écologie: un enseignement trop léger au lycée et à l'université ?

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Alors que les jeunes se mobilisent à travers le monde depuis des semaines pour exiger plus d'actions concrètes de la part des responsables politiques en faveur de l'environnement, la question de l'éducation à l'écologie et au dérèglement climatique à l'école et à l'université fait son chemin...

Pancarte "Save Our Planet"

À la suite de la grève climatique mondiale du 15 mars dernier qui a mobilisé des milliers de jeunes lycéens et étudiants, les débats autour des décisions à prendre pour préserver l'environnement ne tarissent pas.

De ces délibérations émergent de nombreuses revendications, notamment celle de donner une place prépondérante à l'enseignement du changement climatique et de l'écologie dans les établissements du secondaire et du supérieur... 

Dérèglement climatique: professeurs et étudiants demandent davantage de cours

"Je n’ai pas le souvenir d’avoir été sensibilisée aux enjeux climatiques pendant ma scolarité. La sensibilisation était très faible au primaire, et j’ai eu peut-être un cours au collège." lance Rosalie, élève en terminale, au ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer lors d'une rencontre à Vanves le 22 mars dernier. Ces propos, recueillis par le Monde illustrent la demande croissante des étudiants, mais aussi et surtout de leurs professeurs, d'un enseignement digne de ce nom abordant l'écologie et le changement climatique.

De fait, alors que tous les signaux écologiques et climatiques sont dans le rouge, nombre d'enseignants s'inquiètent pour la génération Z. En effet, ces derniers estiment que les jeunes doivent être préparés aux chocs futurs causés par l'instabilité écologique, ne serait-ce qu'en termes de compréhension des mécanismes clés du dérèglement climatique. À l'ère de l'émergence des "fake news" et du climatonégationnisme, le renforcement des cours autour de ces sujets semble d'autant plus évident pour les experts et intellectuels.  

Déjà en décembre dernier, 350 experts et enseignants-chercheurs signaient un appel pour demander plus de place à l'enseignement du développement durable et des enjeux écologiques dans les nouveaux programmes de l'enseignement secondaire."Comment la France, pays de l’accord de Paris, pourrait-elle traiter les bases scientifiques du climat et de la biodiversité comme des sujets marginaux, et ainsi laisser sa jeunesse démunie face à un avenir plus que jamais incertain ?" clamaient-ils sur le site de MediapartDe son côté, le gouvernement affirme pourtant proposer un programme écologique suffisamment dense dans le secondaire...

Du côté de l'enseignement supérieur, même son de cloche. Seul hic: l'offre de formation est décidée par chaque établissement, indépendamment des pouvoirs publics. Quelques voix s'élèvent toutefois pour réclamer davantage de formations en rapport avec l'écologie sur le portail Parcoursup. De même, dans certains établissements, comme l'École polytechnique, des associations proposent des conférences autour du changement climatique pour combler le manque dans les programmes.

Une mobilisation mondiale qui persiste

Alors que certains enseignants hésitent à aller plus loin dans l'enseignement du changement climatique, de peur de décourager voire d'angoisser la nouvelle génération, il semble que les étudiants et lycéens soient d'ores et déjà inquiets malgré un enseignement scolaire et universitaire jugé insuffisant.

Effectivement, d'après le sondage "Parole aux Jeunes" sur les Jeunes et l'Écologie, 94% des jeunes de 18 à 23 ans sont inquiets face à la situation environnementale actuelle, dont 61% sont très inquiets. Une angoisse bien moins présente chez les plus jeunes: seulement 53% des jeunes âgés de 18 ans se disent très inquiets contre 67% de ceux de 23 ans. Des chiffres qui seraient révélateurs du manque d'informations sur l'environnement dans l'enseignement secondaire ?

Dans tous les cas, la mobilisation internationale des plus jeunes et des moins jeunes pour l'environnement se poursuit. En Belgique, le mouvement Youth for Climate et ses soutiens s'installent devant le Parlement de Bruxelles, rue de la Loi, pour exiger l'adoption d'une loi climat. En France, les grèves étudiantes continuent dans plusieurs villes de France, comme à Rennes, et le mouvement de désobéissance civile écologiste "Extinction Rebellion", tout droit venu de Grande-Bretagne, vient tout juste de faire son arrivée officielle en France. Un climat de revendication mondial, qui ne semble pas prêt de s'essouffler...

Marie Leroux

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