Mutuelles étudiantes : les critiques continuent

Il y a quelque temps était remis par le député Les Républicains Jean-Pierre Door un rapport portant sur la gestion et la productivité des mutuelles étudiantes. Cette fois encore les critiques sont nombreuses.

mutuelle etudiant

Les critiques s’accumulent

Retards de remboursements, remise de cartes vitales interminable, depuis quelques mois les critiques n’en finissent plus d’accabler les mutuelles étudiantes et leur mauvaise gestion du régime étudiant de la sécurité sociale.

En France, on compte deux réseaux de mutuelle, la LMDE (La Mutuelle Des Étudiants) et émévia (les mutuelles du réseau régional). La première a été placée sous sauvegarde judiciaire en février dernier puis a voté en faveur d’un plan de sortie de crise en mai, prévoyant l’adossement de son régime d’assurance obligatoire à celui de l’assurance maladie. C’est elle qui reçoit le plus de critiques, à l’image de celles émises par La Fage, le syndicat étudiant dans un communiqué publié cette semaine.

Dans son rapport, Jean-Pierre Door enfonce le clou, expliquant que « le régime étudiant concentre toutes les critiques », rappelant qu’il n’est pas le premier à s’attaquer au problème et citant par exemple les remarques déjà faites par l’Inspection Générale des Finances, l’Inspection Générale des Affaires Sociales, La Cour des Comptes, l’enquête du Défenseur des Droits ou encore les rapports d’information des sénateurs Kerdaon et Procaccia. Comme l’explique Jean-Pierre Door, il y a une « rupture de l’accès aux droits sociaux pour les étudiants. La filiation est tardive, pouvant atteindre presque une année. Ils doivent alors faire l’avance de leur dépense de santé. Le délai de remboursement est très important, pouvant aller jusqu’à un an ! Quant à l’accueil, il est désastreux ».

Des améliorations en cours

Depuis que la LMDE a vu le rattachement de ses activités de gestion à la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts), des changements ont eu lieu. Mais ils restent insuffisants selon Alice Clément, vice-présidente de la Fage en charge des affaires sociales. « C’est un bon début, même s’il s’est fait pour des raisons d’extrême urgence, pour sauver la LMDE. […]Ce système ne nous convient pas totalement » explique-t-elle. « La CNAM va toujours verser des remises de gestion à la LMDE, et les mutuelles sont toujours chargées de faire l’affiliation des étudiants et elles en profitent encore pour faire le lien entre la prise en charge obligatoire des étudiants et leurs activités de mutuelles complémentaires ». La Fage accuse les mutuelles d’entretenir « une certaine confusion dans l’esprit des étudiants » pour les convaincre de souscrire à leurs activités de mutuelles complémentaires. Concernant le réseau régional éméVia, elle poursuit en dénonçant une « grande hétérogénéité de qualité de service » sur le territoire, qui le rend « inégalitaire ».

Jean-Pierre Door émet enfin quelques craintes sur l’impact du régime de sécurité sociale étudiant sur les finances publiques. D’après lui, « un ajustement de la remise de gestion » est cours, passant de 50 € par assuré en 2014 à 46 € en 2017.

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