Étudiants fantômes : un appel à l’aide face à la crise sanitaire

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Des étudiants font face depuis le début de la crise sanitaire du coronavirus à des difficultés financières et psychologiques sans précédent. Une tribune a été lancée le 13 février à l’attention du gouvernement pour réclamer de l’aide face à la détresse étudiante.

fantome devant un écran d'ordinateur

La situation sanitaire est jugée exceptionnelle pour tous les jeunes étudiants selon de nombreux représentants. Depuis plusieurs mois, les jeunes vivent un véritable “calvaire”, selon plusieurs organismes, pour suivre leurs cours à distance, confrontés à l'isolement et la précarité. Un collectif appelé “étudiants fantômes” se mobilise pour que la voix de tous leurs pairs soit entendue.

Depuis quelques semaines, les difficultés financières et psychologiques rencontrées par les étudiants sont débattues auprès de certains responsables pédagogiques. Face à un mal-être étudiant jugé “malsain” selon le communiqué, régnant depuis le début de la crise, plusieurs mesures ont été proposées afin d’assurer le “bien-être des étudiants et des générations futures”.

Une demande de réouverture des universités en “hybride”

“L’enseignement à l’Université passe avant tout par des interactions avec les professeurs”, affirme sur son compte Twitter le collectif “Etudiants Fantômes”. 

Il précise qu’il est important de tenir compte du risque de contamination lorsque les étudiants sont obligés de se déplacer pour passer des examens. C’est pourquoi le collectif demande au Ministère de l’enseignement supérieur de rouvrir des universités selon un modèle hybride: une “jauge maximale de 50% de présentiel, tout en diffusant en direct les enseignements pour les étudiants non présents”. Cela permettrait ainsi aux étudiants fragiles face au virus, vivant avec des personnes à risque, de poursuivre leur enseignement à distance s’ils le souhaitent.

Des mesures jugées insuffisantes

Le gouvernement est demandé “d’assumer sa responsabilité et d’investir davantage” pour éviter une quelconque tragédie à l’avenir, toujours selon le communiqué. Le doigt est pointé sur la santé mentale dépérissante des étudiants depuis le début de la crise.

Sur le volet psychologique, le nombre d’étudiants demandant une consultation avec un professionnel est en augmentation constante depuis ces derniers mois. Les chiffres parlent d’eux même selon le collectif : 73% des étudiants affirment avoir été affectés par la crise sanitaire aux niveaux psychologique, affectif ou physique.

“C’est dur d’avoir 20 ans”, documentaire du média français “Monsieur Student”, publié sur Youtube le 11 février 2021, a donné la parole à plusieurs étudiants afin de sensibiliser le public à la situation qu’ils traversent tous. Ils donnent le même ressenti : un sentiment d’oubli et d’abandon permanent de la part du gouvernement français. Dîtes vous qu’il y a un étudiant sur cinq qui est suicidaire...et le gouvernement ne fait rien pour nous, rapporte dans le documentaire Héloïse, 21 ans, étudiante en langues à Nanterre.

Autre difficulté importante : la précarité financière des étudiants. Si la généralisation du repas à un euro pour tous les étudiants est une première solution positive et accueillie à bras ouverts, des étudiants ayant perdu leur travail, sans bourse sociale, depuis le début de la crise sanitaire se sentent toujours lésés. Un appel à la généralisation d’un système d’aide exceptionnelle a été demandé pour les étudiants qui demandent une compensation des revenus perdus ainsi qu’une revalorisation des bourses. 

Il est ainsi demandé ,de la part du collectif Etudiants Fantômes, au gouvernement de considérer cette tribune comme un "appel à l’aide", ainsi qu’une demande d’investissement sur le long terme pour les prochaines générations étudiantes.

Tristan Alirezai

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