Le mal-être des étudiants en santé : une préoccupation pour le gouvernement

Epuisement, crises d'angoisse ou encore consommation d'antidépresseurs, voici les problèmes qu'affrontent de nombreux étudiants en santé. Face à la multiplication des burn-out et dépressions, le gouvernement souhaite mettre en place des solutions sous la forme de 15 engagements.

étudiants en médecine marchant

Entre la consommation d’anxiolytiques et d’antidépresseurs, l’angoisse quotidienne ou le stress causé par la compétition, les étudiants en santé sont nombreux à éprouver un certain mal-être. Certains songent même à arrêter leur formation. Pourtant, cela pose problème dans un système de santé où les médecins et infirmiers se retrouvent déjà débordés.

Un cursus difficile

78 % des élèves en santé se déclarent constamment stressés et 28 % souffriraient de troubles dépressifs. Ces chiffres s’expliquent notamment par la rigueur de ce cursus et un milieu bien souvent rude. En effet, ce malaise quotidien est directement lié à la pression des épreuves classantes pour le troisième cycle, la compétition parmi les étudiants, mais aussi le bizutage pour les premières années. Et la liste des facteurs environnementaux ne s’arrête pas là. Au-delà du stress des examens, le contexte professionnel semble être une vraie épreuve supplémentaire pour les étudiants. Avec un manque d’encadrement de leurs pairs et l’accumulation de la fatigue entre les cours et le stage, le cadre professionnel demeure l’un des principaux problèmes des cursus en santé. Confrontés régulièrement à la mort et à la souffrance, les stages dans le milieu hospitalier représentent pour les élèves une autre source d’anxiété. Tous ces facteurs et leurs conséquences ont été observés par les associations étudiantes ayant décidé de prévenir le gouvernement afin de prendre des mesures ensemble.

Une préoccupation centrale pour le ministère de l’Éducation et la Santé

Le mal-être, pouvant entraîner un arrêt de la formation, est un problème urgent selon le Gouvernement. En effet, si 66 % d’étudiants souffrent d’anxiété, c’est le futur de notre système de santé qui est en jeu. Ainsi, les mesures visent à améliorer leur quotidien sur le long terme. Pourtant, la France n’est-elle pas retardataire ? Le calvaire éprouvé par les élèves en santé n’est pas un constat français. Bien au contraire, quelques recherches internationales ont déjà prouvé que le suicide auprès des professionnels de ce domaine est plus élevé. Les symptômes dont souffrent les étudiants français sont alors connus. D’autres pays ont d’ailleurs décidé d’agir en créant des organisations pour venir en aide, depuis 2017 aux États-Unis et depuis 1990 au Québec. À l’instar de ces derniers, la France va également mettre en place ses propres mesures, notamment en améliorant la communication entre le Gouvernement et les associations étudiantes.

Des solutions pour tous

Le constat du mal-être a ainsi fait réagir, en raison des chiffres inquiétants des personnes faisant face à l’anxiété et au stress. Cependant, les mesures vont bel et bien s’adresser à tous. Le développement personnel est un des points récurrents. Au programme pour tous : relaxation notamment avec du yoga, amélioration de la qualité de vie grâce à l’allégement des cours ou diminution de la compétition à travers le changement du système. Toutefois, pour les étudiants jugés à risque ou nécessitant une prise en charge, la sensibilisation sera plus profonde. Des structures d’accompagnement permettront aux élèves de se confier sur leurs difficultés tout en gardant la confidentialité. Pour certains, une réorientation sera même envisagée et facilitée si elle est nécessaire. L’intervention des ministères de l’Éducation et de la Santé se fera également avec la mise en place de moyens pour les services de santé universitaires.

Par ailleurs, les mesures visent particulièrement à améliorer les stages et assurer de bonnes conditions de travail pour les étudiants. Les lois sur le repos et les réglementations sur le temps de travail, pas plus de 48 h hebdomadaires, devront ainsi être respectées. Il s’agira de repenser le cursus, surtout en privilégiant une orientation plus progressive, ainsi que des passerelles de sortie facilement accessibles. La compétition entre élèves étant aussi un facteur de stress, les mesures tenteront de la réduire en se focalisant sur les compétences à acquérir plutôt que les classements. Enfin, les associations étudiantes et le gouvernement devront réaliser afin de prendre connaissance des progrès faits sur le terrain. Ces derniers mettront en place des structures pour gérer les problèmes au niveau régional. Sur le plan national, l’objectif des ministères devient alors un défi collectif avec une sensibilisation pour détecter et mieux gérer le mal-être auprès des étudiants en santé.

Janis Koparanian