Doctorat rime-t-il avec emploi ?

Si le doctorat n'est pas considéré, par la majorité des français, comme un sésame permettant un accès illico au monde du travail, les études du Céreq (Centre d'études et de recherches sur les qualifications) sur l'insertion professionnelle des docteurs, pourraient quelque peu les inviter à repenser leur propos.

femme dans un laboratoire
Parmi les doctorants, la plupart travaillent dans l'enseignement et la recherche.

Ce sont les diplômés qui ont le plus de chances en termes d’employabilité. Les titulaires de doctorats sont 200 000 en France. Et malgré des premiers pas difficiles sur le marché du travail, les docteurs, une fois s’en sortent bien.

C’est une évidence, plus on fait des études de haut niveau, plus le salaire sera bon à la clé. Cependant, une note ministérielle parue mi-février 2017 fait le constat que les doctorants (bac+8) ne sont pas les mieux lotis en termes d’emploi à court terme.

Qui sont les doctorants ?

Avant d’analyser les chiffres de l’emploi des titulaires de doctorats, il convient de comprendre qui sont ces super-diplômés. En France, on compte 200 000 doctorants. Ces bac+8 sont plus souvent des hommes : 59 % contre 41 % de femmes. Il y a plus de doctorants dans le domaine de la santé que dans les autres domaines : 1,1 % des étudiants de l’enseignement supérieur long (bac+3 ou plus) vont jusqu’au doctorat en santé, et 0,7 % jusqu’au doctorat dans un autre domaine.

Les doctorants travaillent en majorité dans l’enseignement ou dans la recherche publique.

De la difficulté à trouver une stabilité

Une fois les 8 années d’études validées, toute la difficulté va résider dans la recherche d’un emploi stable. En effet, ce haut niveau d’études ne permet que rarement d’accéder rapidement à un CDI. En effet, dans ce domaine, les emplois peuvent souvent avoir une date de fin, notamment celle de la fin d’un projet ou d'un travail de recherche. Dans les secteurs publics de la recherche et de l’enseignement, un docteur peut être en CDD durant 6 ans, contre 18 mois dans le privé seulement…

Un taux de chômage assez élevé pour les jeunes diplômés

Pour les doctorants diplômés depuis moins de 5 ans, le taux de chômage atteint les 14 %. C’est 1 % de plus que celui des masters. Et bien plus que celui des diplômés d’écoles d’ingénieurs (8 %) et de commerce (9 %). Un taux de chômage qui baisse considérablement après 5 ans avec le diplôme bac+8 en poche.

Au fond, pas d’inquiétude à avoir, les débuts des diplômés semblent difficiles, mais la situation s’améliore après quelques années. En sont pour preuves les chiffres du chômage des doctorants pour la période 2010–2015 : 5 % pour les doctorants tous secteurs confondus, et 2 % pour les doctorants en santé.

De bonnes situations une fois en poste

Une fois que les doctorants ont trouvé un emploi, fini la précarité. En effet, le salaire médian d’un doctorant hors santé est de 3 000 euros par mois, et 3 630 euros pour un doctorant dans le domaine de la santé. Aussi, les doctorants occupent très souvent des postes de cadres, notamment dans la fonction publique d’État (13,9 % d’entre eux). Les secteurs d’activités les plus représentés sont la recherche et de développement scientifique (35,8 % des cadres) et l’enseignement (12,6 % des cadres).

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