- Salaire mensuel net : de 2 450€ à 5 200€
- Niveau de diplôme : bac+9
- Sélectivité : 9/10
Les missions et le quotidien du médecin militaire : au cœur de l'action
Mi-Grey’s Anatomy, Mi-Soldat Ryan, le médecin militaire est le professionnel de santé par excellence des Armées. Mais contrairement à ton médecin de famille, celui-ci peut aussi bien ausculter des soldats dans une antenne médicale en France que soigner des blessés à l’autre bout du globe. Son quotidien ? Un savant mélange de consultations classiques, de préparation physique et d'interventions dans des contextes parfois extrêmes.
Ton rôle dépendra beaucoup de ta spécialisation. Si tu deviens médecin des forces, tu exerceras au sein même des unités militaires. Concrètement, tu assures les consultations médicales, les visites d'aptitude, les campagnes de vaccination et la préparation des militaires avant leur départ en mission. Par exemple, avant qu'un régiment décolle pour une opération extérieure, tu t'assures que chaque soldat est en condition optimale et apte au déploiement.
En tant que médecin hospitalier, tu travailleras dans l'un des hôpitaux d'instruction des armées (HIA) répartis en France. Ces établissements accueillent militaires et civils, avec des plateaux techniques de pointe. Tu pourras y exercer comme chirurgien, anesthésiste-réanimateur ou cardiologue. L'avantage ? Tu bénéficies d'une expertise unique en traumatologie, notamment grâce aux techniques développées pour les blessés de guerre.
Enfin, certains médecins militaires se spécialisent dans la recherche biomédicale. Au sein de l'Institut de recherche biomédicale des armées, ils développent des techniques de protection et de prévention pour les soldats. Ils peuvent aussi être déployés sur le terrain pour des missions d'investigation sanitaire.
- Fonctionnaire
- Métier stressant
- Horaires contraignants
- Déplacements requis
- Métier à haute responsabilité
Les opérations extérieures (OPEX) font partie intégrante du métier. Quel que soit le pays du monde, tu peux être envoyé pour soigner les blessés en zone de conflit, participer à des missions humanitaires ou assurer le soutien médical des forces françaises. C'est une expérience intense qui demande une grande adaptabilité. Garde bien en tête que tu vas beaucoup bouger avec ce métier ! On observe des mutations tous les 3 à 5 ans pour changer de corps d'armée ou de région.
Au quotidien, tu interagis avec une équipe pluridisciplinaire : infirmiers militaires, auxiliaires sanitaires, kinésithérapeutes, mais aussi tes supérieurs hiérarchiques et les chefs d'unité. La communication avec le commandement est essentielle pour conseiller sur les décisions médicales qui impactent les opérations.
Le Service de Santé des Armées est reconnu comme le plus performant d'Europe en matière de tri des blessés et d'innovation médicale. Les techniques développées pour les militaires profitent ensuite à la médecine civile !
Les études pour devenir médecin militaire : un engagement de longue haleine
- Coût : Gratuit (tu es rémunéré pendant tes études !)
- Durée : 9 ans minimum pour les généralistes, 10 à 12 ans pour les spécialistes
- Alternance et stages : Oui
- Concours : Oui
Pour devenir médecin militaire, deux grandes voies s'offrent à toi : intégrer l'École de Santé des Armées (ESA) juste après le bac ou rejoindre l'armée après des études de médecine classiques.
Quelles spécialités au bac pour devenir médecin militaire ?
Pour maximiser tes chances au concours ESA, trois spécialités sont fortement recommandées (tu dois en choisir deux parmi les trois). La première, l’incontournable : les mathématiques. Le concours comprend une épreuve de maths basée sur le programme de terminale. Cette spécialité développe ta logique et ta rigueur, essentielles pour réussir.
Si tu dois toucher au corps humain, tu t’en doutes, la SVT est indispensable ! Elle te permet de comprendre les mécanismes biologiques et de préparer l'épreuve scientifique du concours. C'est la base pour tes futures études de médecine.
Dernière spé incontournable, toujours dans les sciences : la Physique-Chimie. Elle est très utile pour l'épreuve scientifique et pour aborder sereinement les aspects techniques de la médecine (imagerie, pharmacologie).
La voie royale : l'École de Santé des Armées
Chaque année, le ministère des Armées organise un concours pour intégrer l'ESA de Lyon-Bron. Les inscriptions se font entre novembre et fin janvier sur le site du SIEC (parfois connu sous le nom de maison des examens). En 2025, environ 2 000 candidats se sont présentés au concours d'entrée de l'ESA pour seulement 120 places. Autant dire que la sélection est rude !
Pour candidater, tu dois avoir entre 16 et 23 ans maximum au 1er janvier de l'année du concours, être de nationalité française et être titulaire du baccalauréat (ou d’un diplôme équivalent). Tu dois également avoir fait ta Journée de Défense et de Citoyenneté et ne pas être déchu de tes droits civiques.
Le concours se déroule en deux temps : des épreuves écrites (français, anglais et deux matières scientifiques au choix), qui auront lieu le 3 février 2026, puis pour les 300 admissibles, des épreuves orales et sportives du 18 au 22 mai 2026.
Une fois admis, tu signes un engagement de 21 à 24 ans minimum selon ta spécialité. Pendant tes 6 premières années, tu suis un double cursus : la formation médicale classique à l'université Claude Bernard Lyon 1 (comme n'importe quel étudiant en médecine) et une formation militaire spécifique dispensée par l'ESA. Cette formation militaire représente 1 800 heures supplémentaires : commandos, simulations de combat, stages en caserne, brevet de parachutiste, maniement des armes et sauvetage au combat.
Le gros avantage ? Tu es rémunéré pendant tes études : 450€ par mois la première année, puis 1 500€ par mois ensuite. En fin de sixième année, tu passes les épreuves digitalisées nationales et tu choisis ta spécialité parmi les postes militaires proposés (80% en médecine générale, 20% en spécialités hospitalières).
Tu poursuis ensuite ton internat de 3 ans (médecine générale) à 5 ans (certaines spécialités) dans l'un des 8 hôpitaux militaires français, géré administrativement par l'École du Val-de-Grâce. À l'issue, tu obtiens ton diplôme d'État de médecin ainsi qu'un mastère spécialisé en santé des armées.
L'engagement de 20 à 25 ans ne commence qu'après l'obtention de ton diplôme ! C'est un engagement sérieux qu'il ne faut pas prendre à la légère.
Le concours collatéral : rejoindre en cours d'études
Tu es déjà en études de médecine (de la 2ᵉ à la 6ᵉ année) ? Tu peux tenter le concours collatéral qui permet d'intégrer l'ESA en cours de route. Les inscriptions se font entre novembre et janvier, avec des épreuves spécifiques. C'est une excellente porte d'entrée si tu as raté le concours post-bac.
La voie classique : devenir médecin puis rejoindre l'armée
L'autre option consiste à faire tes études de médecine à la fac (via le PASS ou la L.AS), obtenir ton diplôme d'État, puis postuler pour devenir officier sous contrat ou officier commissionné. Les médecins généralistes diplômés peuvent signer un premier contrat de 3 ans renouvelable dans la limite de 20 ans. Les médecins expérimentés (officiers commissionnés) peuvent exercer jusqu'à 60 ans, avec une durée maximale de 17 ans de service.
- Diplôme d'État de docteur en médecine
- Mastère spécialisé en santé des armées (ESA)
- DES (Diplôme d'études spécialisées) selon ta spécialité
Les qualités et compétences requises pour devenir médecin militaire : l'excellence sous l'uniforme
Devenir médecin militaire, c'est cumuler les exigences de deux professions. Tu dois donc posséder les qualités d'un excellent médecin, doublées de celles d'un militaire engagé. Et tu t’en doutes, pour remplir à bien cette mission, le sens du devoir et du dévouement est primordial.
N’oublie pas que tu es là pour servir ton pays et soutenir les forces armées, même dans des conditions difficiles et dangereuses. Sur le terrain, en OPEX, tu peux être confronté à des situations extrêmes où chaque seconde compte. Il faut que ce soit une vraie vocation pour accepter de mettre sa vie en jeu au service des autres.
L'adaptabilité est une autre qualité indispensable. Un jour tu consultes dans une antenne médicale confortable en métropole, le lendemain tu peux te retrouver sous une tente au Sahel à pratiquer une chirurgie d'urgence avec du matériel limité. Les médecins militaires doivent faire preuve de débrouillardise et s'adapter aux ressources disponibles, qui sont parfois inexistantes ou très différentes du matériel civil.
Inutile de te dire qu’au regard des situations dans lesquelles tu risques de te trouver, tu dois être extrêmement résistant au stress. Dans les zones de conflit, tu dois garder ton sang-froid face aux blessures traumatiques, au chaos ambiant et à la pression du temps. Prendre des décisions rapides et efficaces pour sauver des vies demande une maîtrise émotionnelle exceptionnelle.
Au quotidien, tu ne travailles jamais seul : infirmiers, auxiliaires sanitaires, brancardiers... La cohésion et l’esprit d’équipe sont vitaux, surtout en mission. Le respect de la hiérarchie militaire et la capacité à communiquer clairement sont essentiels pour que tout fonctionne comme une mécanique bien huilée.
- Médecine d'urgence et traumatologie : Maîtrise des gestes qui sauvent et du sauvetage au combat, indispensables pour intervenir en zone hostile
- Condition physique optimale : Le métier exige une excellente forme pour supporter les contraintes du terrain et les missions en milieu difficile
- Maîtrise de l'anglais : Essentiel pour les missions internationales et les échanges avec les forces alliées
L'insertion professionnelle du médecin militaire : une place assurée dans les rangs de l’armée
Malgré une formation et des conditions de travail difficAiles, sache que ton insertion pro ne sera pas un parcours du combattant ! Chaque année, le Service de Santé des Armées recrute environ 120 à 125 médecins via le concours ESA, auxquels s'ajoutent les recrutements d'officiers sous contrat et commissionnés. Avec plus de 200 postes disponibles partout en France dans les antennes médicales et hôpitaux militaires, trouver un emploi n'est pas un problème.
Le statut est attractif : tu es fonctionnaire dès ta sortie d'école avec un CDI garanti, offrant une vraie stabilité professionnelle. De plus, d'après le ministère des Armées, les besoins sont constants et les perspectives d'embauche restent excellentes pour les années à venir.
La mobilité géographique est importante : tu peux être affecté partout en France, dans les DOM-TOM ou à l'étranger. Mais cette diversité d'affectations fait aussi la richesse du métier.
Les perspectives d'évolution pour le médecin militaire : gravir les échelons
L'évolution de carrière suit la grille des grades militaires. Tu débutes comme médecin des armées (équivalent lieutenant), puis tu gravis les échelons : médecin principal (capitaine), médecin en chef (commandant), médecin-chef des services de classe normale (lieutenant-colonel) et médecin-chef des services hors classe (colonel). Les plus hauts gradés peuvent atteindre le grade de médecin général des armées.
Au-delà des grades, tu peux évoluer vers des fonctions à responsabilité : directeur d'antenne médicale, chef de service hospitalier, directeur d'hôpital militaire ou conseiller médical auprès d'un état-major. Cela te donne aussi l’assurance d’explorer d’autres univers, tout en continuant à exercer ton métier.
Après 3 ans de pratique en médecine générale, tu peux passer un concours d'assistanat qui te permet d'accéder à une spécialité (anesthésie-réanimation, chirurgie, psychiatrie, etc.). C'est une excellente opportunité pour ceux qui souhaitent se spécialiser après avoir exercé en médecine des forces.
Si tu souhaites quitter l'armée avant la fin de ton engagement (ce qui peut entraîner des pénalités financières), tu peux te reconvertir vers la médecine civile : médecin hospitalier, médecin généraliste libéral, médecin urgentiste ou médecin du travail. Ton expérience militaire est très valorisée, notamment en traumatologie et médecine d'urgence.
Enfin, certains médecins militaires se tournent vers l'enseignement au sein des Écoles militaires de santé de Lyon-Bron ou vers la recherche à l'Institut de recherche biomédicale des armées.
Le salaire du médecin militaire : au service de la Nation
Débutant :
- Mensuel net : 2 450€ - 2 800€
- Annuel brut : 37 000€ - 42 000€
Expérimenté :
- Mensuel net : 4 000€ - 5 200€
- Annuel brut : 60 400€ - 78 600€
Le salaire du médecin militaire est régi par une grille indiciaire, comme tous les fonctionnaires. Un débutant au grade de médecin des armées touche entre 2 450 et 2 800 euros nets par mois. Mais le principal avantage, c’est que tu es augmenté chaque année !
En progressant, au grade de médecin principal des armées, la rémunération oscille entre 3 270€ et 3 640€ bruts mensuels, ce qui fait entre 2 550 et 2 840 euros nets dans ta poche. Au plus haut de ta rémunération (en tant que médecin-chef des services hors classe des armées), tu pourras gagner jusqu’à 5 200 euros par mois. C’est le coût du risque.
À cette base s'ajoutent plusieurs primes et indemnités : supplément familial de traitement, indemnité de résidence, GIPA (garantie individuelle du pouvoir d'achat) et surtout l'indemnité OPEX pour les missions à l'étranger. Cette dernière peut multiplier ta rémunération par 2,5 pendant ta mission, ce qui compense largement les contraintes.
Autre avantage non négligeable : tu bénéficies de 9 semaines de congés payés, de réductions SNCF militaire (25% sur les billets) dès le début de ta formation, d'une mutuelle militaire avantageuse et d'un accès au logement conventionné. Ta retraite peut être liquidée dès 52 ans après une carrière complète.
Si la rémunération peut paraître intéressante, avant de te lancer, il faut te rappeler que le métier de médecin militaire n'est pas fait pour tout le monde. Il demande un engagement total, une condition physique irréprochable et une vocation profonde pour servir. Mais si tu es prêt à relever le défi, tu vivras une carrière exceptionnelle, loin de la routine d'un cabinet médical classique. Entre hôpitaux militaires, missions OPEX et innovation médicale, chaque jour sera différent.










