Twitter crée de « nouvelles hiérarchies académiques »

Une étude américaine remet en cause le lien entre le prestige académique et le succès sur Twitter. Le réseau social mondialement utilisé créerait en effet de « nouvelles hiérarchies académiques » et mettrait en cause la mesure de l’impact des publications scientifiques dans les médias sociaux. Zoom sur les chiffres.

Twiiter et la hiérarchie.

Si vous pensiez que Twitter était égalitaire, détrompez-vous : il tend en fait à créer de nouvelles hiérarchies ! C’est ce qu'affirment les professeurs Kimmons de la Royal Roads University et Veletsianos de la Birgham Young University dans leur étude Scholars in an increasingly open and digital world: How do education professors and students use Twitter? (Les savants dans un monde de plus en plus ouvert et digital : Comment les professeurs et les étudiants utilisent-ils Twitter ?). L’un des buts principaux de l’enquête est notamment d’évaluer l’impact des recherches académiques sur les réseaux sociaux. Les chercheurs ont en effet analysé l’activité de 469 universitaires, notamment des doctorants et des professeurs. Mais qu’en ont-ils tiré exactement ?

Les professeurs plus suivis, mais...

Selon l’étude publiée dans le volume 30 de la revue The Internet and Higher Education, l’étude met en lumière le fait que les conférenciers et les professeurs sujets de l’étude possèdent en moyenne 557 followers contre 36 pour les doctorants. Un constat qui pourrait sembler évident, mais qui toutefois, et contre toute attente, est contredit par les recherches supplémentaires qu’ont menées les Américains. En effet, le nombre de followers des sujets sur les réseaux sociaux était très influencé par des facteurs qui n’avaient rien à voir avec le prestige universitaire, à savoir le nombre de tweets, de temps passé sur le réseau social et de personnes suivies par le sujet de l’étude. Ainsi, les utilisateurs observés qui suivaient 100 comptes twitter ne possédaient que 91 followers alors que ceux suivant 1000 comptes bénéficiaient quant à eux de 870 followers.

Quelles implications ?

Cette tendance de Twitter à « recréer ou entretenir des structures hiérarchiques alternatives » met notamment en cause l’usage desaltmetrics (Article Level Metrics), qui mesurent l’impact des publications scientifiques dans les médias sociaux. En effet, selon le professeur Kimmons, « nous devrions prendre très attentivement en considération les implications des médias sociaux en tant que plateforme altmétrique pour les universitaires, car il est difficile de différencier les comportements et les qualités qui reflètent les valeurs universitairesde celles qui reflètent seulement la capacité de prospérer sur les réseaux sociaux, ce qui signifie que les metrics pourraient favoriser ces universitaires qui utiliseraient le système social à leur avantage ». Autrement dit, «  bien que le nombre de followers pourrait être utilisé en tant qu’altmetric pour mesurer l’impact, c’est-à-dire la portée de l’universitaire, sa connexion à d’autres metrics liés au succès, comme la rigueur et le prestige, est douteuse ».

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