L’étude Timss (Trends in International Mathematics and Science Study) analyse ce que savent faire les élèves de CM1 et terminale S, sur la base des notions communes des programmes scolaires mondiaux. Elle révèle des résultats sous la moyenne pour la France. L’Union des Professeurs de classes préparatoires Scientifiques (UPS) demande des mesures d’urgence pour redresser la barre.
Une baisse de niveau impressionnante en terminale S
Les élèves de terminale S ayant participé à l’étude Timss ont obtenu, en moyenne, un score de 463 points en mathématiques et 363 en physique. Des résultats en baisse car la France avait déjà participé à cette étude en 1995 et les scores moyens étaient de 569 pour les mathématiques et 469 points pour la physique… Parmi les trois niveaux que définit Timss, à savoir « avancé », « élevé » et « intermédiaire », seul 1 % des élèves de terminale S atteignent le niveau « avancé », contre 15 % en 1995. 11 % ont un niveau « élevé », contre 64 % il y a 22 ans.
Alors, à quoi est due cette baisse de niveau ? Le ministère de l’Éducation a répondu au Monde, en faisant remarquer que les questions de Timss ne couvrent que 60 % du programme de mathématiques français, que le programme a bien évolué en laissant une plus grande place aux probabilités, aux statistiques, etc. Des spécialistes ajoutent que ce programme serait moins exigeant, pour permettre au plus grand nombre d’élèves d’entrer en terminale S.
Là où la France obtient une petite satisfaction, c’est dans le nombre d’heures de maths dispensées aux élèves. L’hexagone détient le record avec 222 heures par an pour les terminales S. Une preuve donc que les bons résultats ne sont pas question de volume horaire… Pour justifier les mauvais résultats des élèves de CM1, le ministère a mis en avant la formation des professeurs des écoles, qui ont souvent suivis des études en lettres ou en sciences humaines et peu à l’aise avec les mathématiques et le sens à leur donner. Une excuse peu applicable pour les professeurs de lycée, spécialisés dans une ou deux matières…
L’Union des professeurs de classes préparatoires Scientifiques réagit
L’UPS (Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques) a réagi ce mercredi 30 novembre aux chiffres révélés par l’étude Timss. Avec des sociétés savantes et des associations de spécialistes, l’UPS réfléchit depuis 3 ans à la question de la formation scientifique.
Cette union met en avant, pour expliquer les faibles résultats des élèves de terminale S aux tests de Timss, la réforme du lycée. Elle estime que les professeurs de classes préparatoires scientifiques (accueillant d’anciens élèves de terminale S, donc) ont dû « mettre les bouchées doubles » pour former des étudiants en phase avec les attentes des entreprises. « Nous appelons de nos vœux une prise de conscience courageuse des dégâts occasionnés, suivie d’un redressement rapide de la situation », note l’UPS dans un communiqué.
Aussi, l’UPS montre du doigt le grand nombre d’heures dont bénéficient les terminales S français. « En admettant que ce soit le cas, ce qui est très contestable, il faudrait en tirer des conclusions drastiques sur les programmes », poursuit l’association. Pour l’UPS, ce programme de mathématiques où les probabilités sont enseignées « comme un empilement de boîtes noires » et où les liens entre les matières scientifiques sont rompus, contribuent à l’affaiblissement du niveau des jeunes.
L’Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques affirme qu’un élève de terminale S ne peut pas suivre autant d’heures de mathématiques par an, sauf s’il suit une spécialité maths (20 % des élèves seulement) qui ajoute 2 heures par semaine à son emploi du temps.
Aussi, selon l’UPS, les heures d’accompagnement personnalisé, mise en place avec cette réforme du lycée, sont très souvent mal employées et bénéficient peu à la formation scientifique.
Des mesures d’urgence
Pour redresser la barre, l’UPS fait des propositions. « Sans attendre, nous demandons que dans l’urgence, les heures d’accompagnement personnalisé soient fléchées « sciences » pour tous les élèves de première et terminale S qui souhaitent s’orienter vers l’enseignement supérieur scientifique. Une circulaire de rentrée peut y suffire, en attendant qu’aboutisse un long et nécessaire travail de fabrication de nouveaux programmes mieux articulés et plus formateurs. Dans la foulée, tout le monde y gagnera, tant la clarté des raisonnements peut aider, quel que soit le domaine d’activité et le niveau de responsabilité », conclut l’organisation dans un communiqué. Après avoir soulevé un espoir : « Nous espérons que la publication de ces études* jouera le rôle de déclencheur et que nos offres de services seront maintenant prises en compte pour qu’à l’horizon 2020, nous ayons participé à restaurer le niveau scientifique et mathématique de nos bacheliers ».
À l’étude Timss sortie ce mardi 29 novembre 2016, viendra s’ajouter l’étude PISA, le 6 décembre 2016.