Les conditions d'emploi s'améliorent pour les jeunes diplômés

Côté professionnel, la promotion 2016 des jeunes diplômés a eu le vent en poupe. En attestent les données publiées par le baromètre annuel publié par l'Apec le 4 avril 2018. Décryptage de ces chiffres encourageants.

Crédit Diplomeo

L’Apec* (Association pour l’Emploi des Cadres) expose des chiffres plus que positifs quant à l’insertion professionnelle des jeunes diplômés pour l’année 2016. Une tendance d’autant plus vraie pour ceux ayant atteint le niveau Master 2.

Les bac+5 champions de l’accès à l’emploi

En ce qui concerne le taux d'insertion des jeunes dans la vie active, les diplômés d'un niveau bac+5 semblent s'en sortir de mieux en mieux. 

Une embauche plus fréquente et plus rapide

Ainsi, le taux d’embauche des jeunes ayant obtenu leur bac+5 en 2016 est en hausse par rapport à celui de l’année précédente. En effet, on apprend que 94 % d’entre eux ont trouvé un emploi dans l’année suivant l’obtention de leur diplôme (+2 points). Ils sont même 70 % à avoir été embauchés en moins de six mois (+6 points). 

Ces chiffres diffèrent lorsqu’il s’agit des diplômés de niveau bac+3 et 4. Ces derniers sont sensiblement aussi nombreux que les bac+5 à avoir trouvé un emploi dans l’année suivant l’arrêt de leurs études, mais moins nombreux à être restés dans leur premier emploi (52 % contre 60 % des bac+5) : une stabilité professionnelle qui est donc moins importante, d’autant plus que les bac+3 et 4  de la promotion 2016 sont 13 % de moins que les bac+5 à avoir obtenu un CDI, et surtout 49 % de moins à avoir le statut de cadre. De plus, leur salaire médian à l’année est plus faible de 8000 euros. 

Une satisfaction et un optimisme prégnants

Des chiffres encourageants et favorables pour les bac+5 qui peuvent expliquer leurs dires auprès des enquêteurs : les diplômés d’un master 2 semblent pour la grande majorité d’entre eux ravis de leur situation professionnelle. Ils sont 74 % à affirmer que leur job correspond à leurs aspirations professionnelles. D’autre part, les interrogés donnent une note moyenne de 7/10 pour qualifier leur taux de satisfaction globale vis-à-vis de leur vie professionnelle, avec en tête des critères comblés les relations avec les collègues, le niveau d’autonomie puis l’ambiance de travail. 

Un statut plus pérenne

Autre élément encourageant à mettre en relief : les bonnes conditions d'emploi des diplômés. 

Les évolutions du statut des jeunes diplômés à l’embauche

L’étude de l’Apec nous apprend que la promotion 2016 des bac+5 obtient plus souvent de CDI qu’en 2015, un gage de « stabilité », « d’avenir » et de « sécurité » selon les jeunes : ils représentent 62 % des contrats signés contre 55 % l’an passé. Une augmentation au détriment des CDD qui ne sont plus représentés qu’à hauteur de 31 %. 

À noter également que les diplômés en postes sont plus nombreux à avoir obtenu le statut de cadre, généralement associé à un niveau de responsabilités, une pension de retraite et une rémunération plus élevées — mais qui signifie aussi des charges plus élevées : 59 % d’entre eux bénéficient de ce statut. Par ailleurs, l’Apec indique l’augmentation du nombre d’indépendants et autoentrepreneurs (7 % contre 3 % en 2015). 

Un salaire médian qui augmente

Pour la promotion 2016 des diplômés d’un Master 2, on observe que cette stabilité et cette pérennité professionnelle, déjà constituées par le grand nombre de CDI et de cadres, se cristallisent à travers un salaire médian à l’année plus élevé : il s’élève à 30 000 euros contre 28 000 euros en 2015. 

Des disparités qui persistent

Ces chiffres prometteurs ne le sont malheureusement pas à tous les niveaux. 

Selon le secteur d’activité choisi

En effet, en dépit de ces observations positives publiées par le baromètre annuel de l’Apec, il convient de nuancer ces données en rappelant qu’elles restent soumises à des variations en fonctions de plusieurs facteurs. Tout d’abord, dans une moindre mesure, le taux d’embauche des jeunes diplômés d’un bac+5 va légèrement différer selon la discipline de formation suivie par ces derniers. Ce sont les étudiants en sciences humaines et sociales qui sont les plus nombreux à avoir obtenu un emploi (96 % d’entre eux en un an), suivis de près par les anciens élèves en sciences, technologies et santé puis par ceux en droit, économie et gestion. Enfin, les diplômés en lettres langues et arts ferment la marche (91 % ont trouvé un job). 

Selon le genre

Mais le véritable point noir du rapport de l’Apec concerne la situation des filles par rapport à celle des garçons. En effet, ces dernières, pourtant diplômées d’un bac+5 au même titre que leurs homologues masculins, sont 3 % de moins qu’eux à avoir obtenu un emploi dans l’année suivant la fin de leurs études. Plus marquant encore, les jeunes filles sont 9 % de moins à avoir signé un CDI, et surtout 16 % de moins à avoir obtenu le statut de cadre. Une inégalité qui démontre les efforts qu’il reste à effectuer en termes d’accès à l’emploi pour les jeunes. 

*Baromètre Apec Jeunes diplômés édition 2018 reposant sur l’interrogation de 505 jeunes diplômés bac+3 et 4 et de 1060 jeunes diplômés bac+5, âgés de 20 à 30 ans au moment de l’enquête et ayant obtenu leur diplôme en 2016.

Amandine Martinet