L’insertion professionnelle des docteurs décevante pour la Cour des comptes

À en croire la conclusion d’un référé de la Cour des comptes remis en janvier dernier à la ministre de l’Enseignement supérieur, « les résultats en matière d’insertion professionnelle des jeunes docteurs sont insuffisants » malgré les moyens qui ont été investis. Que révèle ce document ?

Une insertion professionnelle décevante.

Un taux de chômage chez les docteurs décevant

Dans le référé de la Cour des comptes, il est question de l’intégration des jeunes docteurs et plus exactement du coût annuel de la politique publique du doctorat comme l’explique Le Monde. On découvre ainsi qu’« entre 700 millions et 1 milliard d’euros » ont été investis, un financement comparé au taux de chômage des docteurs trois ans après leur diplomation qui atteignait 9 % en 2009 d’après les chiffres du Céreq (Centre d’études et de recherche sur les qualifications). La Cour des comptes constate que ce diplôme (bac +8) « ne protège pas contre le chômage » et préconise plusieurs solutions parmi lesquelles la mise en place d’un « référentiel national normé » permettant d’évaluer les écoles délivrant ce grade en France. Le ministère a répondu que cette solution dépend du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES) créé en 2013.

Autre suggestion, la mise en place d’« éléments de flexibilité dans le contrat doctoral ». Ceux-ci permettraient de professionnaliser le parcours de ces étudiants grâce à des stages et contrats courts en entreprise. La réalité du monde du travail est en effet telle que 54 % des chercheurs en entreprise en 2009 étaient issus d’écoles d’ingénieurs contre 13 % de doctorats.

Des réformes encourageantes

La Cour des comptes reconnait toutefois dans sa conclusion que les différentes réformes concernant le doctorat depuis 1990 ont permis de faire de ce diplôme « un instrument d’attractivité face à la concurrence des grandes écoles et des organises de recherche ». Les doctorants sont également « davantage insérés dans un statut de jeunes chercheurs acquérant une première expérience professionnelle ».

La Cour révèle d’ailleurs qu’un texte « prévoit que, à titre exceptionnelle, sur demande motivée du doctorant, une césure insécable d’une durée d’une année peut lui être attribuée, afin de lui permettre de réaliser un projet dans abandonner la thèse » ce qui permettrait aux recruteurs de se tourner à nouveau vers ces diplômés.

En novembre 2015, Thierry Mandon, secrétaire d’État chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche demandait à ce que « les recrutements de la fonction publique [fassent] une place aux docteurs ». Le recrutement massif de ces jeunes diplômés n’aura cependant pas lieu, la Cour des comptes affirmant que « l’emploi public ne peut être envisagé comme la seule réponse satisfaisante ».

D’après le Céreq, moins d’un docteur sur deux en 2010 est devenu chercheur dans le public.

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