Étudiants et sportifs de haut niveau : « La plus grande difficulté est de savoir gérer son mental et d’être organisé »

Ils ont fait le grand plongeon dans la vie étudiante, il y a peu. Malgré cela, Grace et Malek n’ont pas abandonné leur activité physique. Une vie de flottement entre vitesse et persévérance.
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Malek au championnat de France de 2019 ©Flopics.swim

Passer plus de la moitié de son existence dans un bassin : Grace et Malek l’ont fait. 11 ans de pratique pour elle, 17 ans pour lui et toujours la même maestria, la même régularité, la même fièvre. 

Tous deux ont jonglé entre compétition de haut niveau et préparation du baccalauréat. Tous deux sont désormais étudiants, entraîneurs et continuent la natation en parallèle de leurs études. 

Une routine chamboulée par les études à l’université

Il est 6 h. Grace, qui porte bien son deuxième prénom, Océane, se réveille et se prépare pour sa journée de cours. De 8 h à 16 h 40, elle suit attentivement les enseignements de sa licence STAPS accès santé à l’Université de Paris Nanterre. À partir de 18 h, l’étudiante en première année regagne le nord de la région francilienne, Sarcelles, pour rejoindre son club et s’entraîner pendant 2 h. En plus de cette routine, « une à deux fois par semaine, nous avons une petite séance de préparation physique d’une heure », précise la jeune femme. Comme Malek, elle donne également des cours aux plus petits. 

Étudiant en L2 STAPS à l’UPEC (Université Paris-Est Créteil), le coéquipier de Grace a quant à lui choisi l’option APAS (Activités physiques adaptées et santé). Il nage actuellement au niveau régional ou N2, mais cela n’a pas toujours été le cas. Malek a été jusqu’au plus haut niveau national, celui d'élite. Il a même participé aux championnats du monde, d’Afrique et aux Jeux olympiques des jeunes pour son pays d’origine, la Tunisie. Il n’avait alors que 17 ans. « J’ai arrêté parce que la natation à ce niveau est trop compliquée, surtout pour faire des études », confie-t-il. En effet, le haut niveau exige de s’entraîner deux à trois fois par jour, en comptant des séances de musculation. 

« J’ai réalisé que faire des études à côté de la natation de haut niveau, c’est quasiment impossible »

Lui qui nage depuis l’âge de cinq ans a été emmené en France par la fédération tunisienne. Il a réussi à décrocher son bac scientifique avec mention, nonobstant tous les défis autour. Mais les études supérieures ont eu comme un goût d’eau salée dans son train de vie rôdé. « J’ai réalisé que faire des études à côté de la natation de haut niveau, c’est quasiment impossible », reconnaît le jeune homme. Les entraînements biquotidiens, sans parler de la distance d’1 h 30 entre son domicile et le CNSD de Fontainebleau, lui ont rendu la tâche difficile. 

Grace, elle, fait ses premiers pas dans l’enseignement supérieur cette année. Pourtant, étudier sous pression, elle connaît bien. Trois fois qualifiée pour les championnats de France, dont ceux à venir en 2024, sa pratique sportive prend énormément de place dans son quotidien. « Mon sport a été un frein à partir de la fin d’année de terminale, car j’ai pu ressentir de la pression avec les derniers examens ». Mais, pour elle aussi, le choix a été évident. « J’ai dû louper quelques entraînements pour les cours », se remémore la nageuse. 

À la fac, elle a déjà trouvé son rythme de travail. « J’essaie de ne pas faire mes devoirs à la dernière minute et de toujours avoir des jours d’avance. » Si elle est déclarée comme sportive de haut niveau, aucun emploi du temps n’est aménagé en ce sens. En revanche, tout comme Malek quand il a atteint ce niveau, elle peut manquer des TD et être exemptée de certains examens.

©Malek Louissi pendant les championnats d’Afrique en 2017 en Égypte

Malek pendant les championnats d’Afrique en 2017 en Égypte ©Malek Louissi

« La natation est un sport qui demande un engagement total. » 

Passion n’est pas toujours égale à profession. À Tunis, Malek a d’abord mis en pause sa scolarité pendant deux ans pour se consacrer à la natation, avant de se raviser lorsqu’on lui a proposé de continuer les cours et d’améliorer sa pratique dans l’Hexagone. « J’ai choisi mes études. » D’autant plus que l’investissement dans cette discipline n’est pas récompensé à sa juste valeur, selon lui. « J’y mets beaucoup d’énergie pour pas grand-chose en échange. Je n’ai jamais touché un centime de ma fédération. » 

Il affirme que pour gagner sa vie avec la natation, il faut être champion olympique, par exemple, et avoir des sponsors. « En Tunisie, être simple participant, même dans des compétitions de très haut vol, ne rémunère pas autant que de les gagner ». Aujourd’hui, avec un seul entraînement par jour, il considère avoir « quasiment arrêté » la natation et continue juste pour le plaisir, en club ou dans l’équipe universitaire. 

« Le fait de passer un examen en même temps que de compétir m’a appris la discipline, la gestion du stress et de la pression. »

« Je place mes études en priorité, donc je nage quand j’ai le temps. En général, 5 à 6 fois par semaine. », continue-t-il. Pour les nageurs internationaux, le rythme d’entraînement va jusqu’à 11 séances hebdomadaires. Dorénavant, ses journées débutent à 7 ou 8 h, contre 5 h au lycée. « La natation est un sport qui demande un engagement total. Pour pouvoir en vivre, il ne faut faire que ça. » Mais ce sport lui a aussi apporté beaucoup, tant au niveau de la sociabilité que de la rigueur. « Le fait de passer un examen en même temps que de compétir m’a appris la discipline, la gestion du stress et de la pression. »

Même pour ceux qui n’envisagent pas d’en faire un métier, le caractère chronophage de ce sport ne permet visiblement pas de prendre son indépendance. « Quand tu fais du sport de haut niveau, il n’y a pas de place pour du temps libre ou pour un job étudiant. », regrette Malek. Sans soutien financier de leurs parents, les deux sarcellois n’auraient certainement pas pu continuer de nager. 

Malgré ces contraintes, l’amour de la nage reste plus fort que tout. « Mon sport m’apporte du bien-être, une satisfaction de maîtrise dans l’eau, et du plaisir après une bonne course », se réjouit Grace. Pour l'instant, elle ne voit pas du tout les entraînements comme un frein, puisqu’elle a le temps d’alterner. « La plus grande difficulté est de savoir gérer son mental et d’être organisé. », poursuit la néobachelière, dont les cours de médecine n'ont pas encore démarré. 

Si Malek veut devenir enseignant d’APAS, Grace pense moins à une carrière de nageuse professionnelle que de pharmacienne. Néanmoins, elle souhaite encore améliorer son temps et atteindre le niveau élite, qu’elle a raté de quelques secondes cette année. 

Avec légèreté pour l’un, sérieux pour l’autre, mais sans aucune cupidité donc, Malek et Grace veulent encore se plonger quelques années dans leur passion.

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