Le match des études : France VS Russie

Lecture

Ce n'est pas de foot mais bien des études dont il est question. Un certain nombre d'étudiants français sautent le pas chaque année et décident d'aller suivre une formation en Russie. Mais à quoi s'attendre en terme de scolarité et de coût de la vie ? Diplomeo compare pour vous les systèmes éducatifs français et russe pour ce sixième match des études.

france vs russie

Crédit Diplomeo

À moins de vivre dans une grotte ou en Antarctique avec les pingouins, vous n’avez pas pu passer à côté de l’actualité du moment : la coupe du Monde de football a commencé en Russie. Tous ces supporters qui affluent et toutes les télés du monde qui rapportent des images de Moscou et des grandes villes du pays susciteront peut-être chez certains étudiants une envie de s’expatrier le temps d’une année d’études en Russie. Pourtant, l’ex-URSS est encore loin d’être une des destinations les plus prisées par les étudiants français alors que le pays compte près de 900 universités. Diplomeo vous donne toutes les infos sur ce à quoi pourrait ressembler une année avec les Russes si l’envie vous prenait de faire vos valises.

L’enseignement supérieur en Russie 

L’enseignement supérieur en Russie n’est pas fondamentalement différent de celui que nous connaissons en France. Il existe de grandes similitudes notamment au niveau des diplômes. La majeure différence reste au niveau du nombre d’établissements, proportionnel à la taille du pays, soit 25 fois la France.

Les établissements russes

Le pays comporte 896 universités, dont 530 sont publiques pour 75 universités en France. Autant dire que les étudiants étrangers et locaux ont le choix en termes de formation et de spécialité. Elles accueillent près de 4 800 000 étudiants tous les ans. Les plus prestigieuses sont celles de Moscou et de Saint-Pétersbourg.

Il existe également un grand nombre d’écoles privées et d’instituts qui forment notamment aux métiers médicaux et aux métiers de l’éducation.

Les diplômes

Sur ce point, les formations proposées par les universités russes ne diffèrent pas vraiment du système adopté par la majorité des pays européens. Après l’équivalent du baccalauréat, les élèves peuvent intégrer un bakalavr degree, que l’on pourrait traduire par bachelor et qui se fait en 4 ans. Au bout de deux ans, les étudiants obtiennent un diplôme intermédiaire, sur le même système que le DEUG en France.

L’étudiant peut ensuite poursuivre en master degree, qui s’obtient au bout de 6 ans d’études, soit 2 années supplémentaires après le bachelor. C’est le diplôme qui s’apparente le plus à celui des écoles de commerce et qui permet aux étudiants de travailler au sein des entreprises russes à des postes de conseillers, d’experts, etc.

Autre solution, le specialist diploma, qui s’obtient lui au bout de 5 ans d’études et qui est l’étape indispensable pour ceux souhaitant poursuivre en doctorat. Pourtant, c’est le parcours de l’enseignement supérieur russe qui est le plus professionnalisant.

Enfin l’école doctorale se déroule ensuite sur 3 ou 4 ans, selon si l’étudiant suit son cursus en présentiel ou à distance.

Les étudiants français qui souhaiteraient se lancer dans des études en Russie ne devraient donc pas être réellement déstabilisés par le fonctionnement du système éducatif russe qui est très similaire au français.

Le rythme scolaire

Rien d’inhabituel non plus par rapport au système français, une année classique se déroule de septembre à juin avec des périodes de vacances à peu près équivalentes. Un cursus se divise également en semestre, avec des examens à chaque fin de semestre même si certaines formations ajoutent des partiels au milieu de chaque semestre, passant de 2 à 4 périodes d’examen par an.

Les différentes formules de cours 

Cependant, le système russe propose aux étudiants plusieurs formules pour suivre les cours. Une année peut se dérouler : 

  • en présentiel, l’étudiant assiste aux cours tous les jours du lundi au samedi,
  • grâce à des cours du soir, avec un mélange de présentiel et de cours suivis à distance,
  • complètement à distance 
  • uniquement par internet.

Il peut parfois s’agir d’un choix de l’étudiant lui-même, mais il lui est parfois imposé, car la place attribuée dans telle ou telle formule peut dépendre des résultats obtenus aux concours d’entrée aux universités.

Les cours et les examens 

Autre différence majeure avec les cours en France, l’obligation d’assister en cours. En France, les cours magistraux se vident parfois de leurs étudiants dès la deuxième semaine de l’année… Impensable en Russie où les absences sont rigoureusement contrôlées et les étudiants menacés d’exclusion de l’université s’ils ne sont pas présents en cours.

Au niveau du mode de contrôle russe, les étudiants sont amenés à écrire des essay, soit des dissertations, à faire des présentations orales pendant le semestre, des synthèses de lecture et obtiennent des notes pour leur assiduité et leur participation aux cours. Cependant, certains élèves étrangers au retour de Russie expriment le sentiment que les exigences sont moins élevées que dans certaines universités françaises, même si cela dépend des matières et des établissements.

L’anglais : le gros point faible  

La pratique de l’anglais est définitivement le gros point faible du système russe. Les élèves suivent quelques cours avant d’atteindre l’enseignement supérieur, mais ils sont incapables de tenir une conversation à la sortie du baccalauréat, à moins d’avoir suivi des cours en dehors de la formation classique. Les étudiants étrangers auront donc beaucoup de mal à trouver des Russes qui parlent anglais, pour pouvoir les aider ou pour tout simplement communiquer lors de leurs premières semaines en Russie. C’est la principale difficulté que rencontreront les étudiants français qui se lancent dans l’expatriation russe. Un apprentissage du russe avant de partir pour ses études est donc vivement recommandé.

L’accès à l’enseignement supérieur

C’est au niveau de l’accès à l’université que se trouve la plus grande différence avec la France.

Une sélection drastique

Les élèves russes passent en même temps que le baccalauréat, « l’examen d’état unifié » qui permet de les classer afin de déterminer leur université d’affectation. Les élèves peuvent passer également, des examens d’entrée extrêmement sélectifs pour espérer entrer dans les universités. Les étrangers qui souhaitent se rendre en Russie pour étudier en dehors d’un échange seront également soumis à ces tests.

D’autres établissements peuvent également réclamer des résultats au TORFL (équivalent du TOEFL pour la Russie) ou proposer de passer une année en classe préparatoire au sein des universités russes pour apprendre la langue cyrillique et acquérir les bases dans les matières que l’étudiant souhaite suivre ensuite.

Un coût inaccessible pour les classes moyennes russes

Une fois la sélection passée, les étudiants russes font face au montant des frais de scolarité qui reste inatteignable pour la classe moyenne russe. Une année en licence coute 1800 euros dans les universités les moins chères, mais ce montant peut rapidement augmenter selon les établissements. En France, une licence coute 184 euros, sans la sécurité sociale étudiante.

Ce montant avoisinant les 2000 euros pour une année d’étude supérieure ne choque pas en France, car certaines écoles de commerce, d’ingénieur ou de communication sont bien plus gourmandes au niveau des frais de scolarité. Il faut surtout le rapporter au salaire moyen des Russes qui ne dépasse pas les 500 euros. La sélection se fait aussi bien sur les résultats à l’examen d’état unifié que sur les moyens financiers.

Les bourses d’État

Le gouvernement propose aux étudiants les plus démunis de les aider à financer leur scolarité. La bourse leur est attribuée selon leurs résultats aux examens. Si l’étudiant justifie tout au long de sa scolarité de bons résultats, alors il continue à percevoir la bourse. Elle prend en charge les frais de scolarité, le loyer pour un lit dans une résidence étudiant et elle octroie 27 euros par mois à l’étudiant, ce qui est loin de pouvoir subvenir à ses besoins.

Il y a donc une pression supplémentaire pour les étudiants, dont les familles n’ont pas les moyens de payer une année en université, même publique. Les étudiants étrangers peuvent aussi avoir le droit à une Bourse académique d’état et doivent en faire la demande lors de leur inscription.

Le Visa : attention aux phobiques des procédures administratives 

Ce document administratif qui permet aux étudiants français d’entrer sur le territoire russe est relativement complexe à obtenir. C’est un parcours semé d’embuches et de procédures administratives complexes qui attend l’étudiant. Il doit envoyer son dossier à l’ambassade et entrer en contact avec des représentants de Rossotroudnitchestvo, l’agence publique chargée du rayonnement culturel de la Russie et qui s’occupe de la sélection des étudiants étrangers. L’étudiant reçoit ensuite une invitation à venir en Russie et doit fournir des papiers qui lui permettent d’obtenir un visa de 3 mois. Une fois sur place il doit se présenter à l’administration territoriale sur les migrations pour obtenir un visa d’un an qui lui permet de résider, d’entrer et de sortir de la Fédération de Russie autant qu’il le souhaite.

La vie quotidienne en Russie

Bonne nouvelle pour les étudiants souhaitant s’expatrier, le coût de la vie est relativement peu élevé. La monnaie locale est le rouble, et 1 euro correspond à, environ 72 roubles.

Le logement étudiant

Les étudiants russes ont la chance d’avoir des places dans des résidences universitaires automatiquement avec leur inscription à l’université. Chaque établissement dispose de grands bâtiments où il loge ses étudiants pour un prix dérisoire, même si certains d’entre eux sont parfois très excentrés. Pour 25 euros par mois, vous avez le droit à un lit dans une chambre que vous partagez avec deux ou trois personnes, avec une cuisine commune pour chaque étage. Rien à voir avec les 150 à 450 euros demandés pour une chambre en résidence étudiante du CROUS ou dans certains internats dont les places sont extrêmement limitées et qui sont loin de pouvoir accepter tous les étudiants. Par contre, si vous souhaitez vous offrir le luxe d’un appartement au centre de Moscou, vous serez face à des logements dont les loyers se situent dans le même ordre de prix que Paris.

Pour les petites faims et les grandes soifs

En raison des sanctions européennes, l’étudiant peut oublier l’achat de produits français qui sont très chers. À l’inverse, le coût de la vie est très peu élevé, vous pouvez facilement trouver de quoi manger dans un établissement de restauration rapide pour bien moins que 5 euros

Au niveau des boissons, voilà une information qui devrait plaire aux supporters de foot en ce moment en Russie, mais aussi aux étudiants, la pinte de bière est à un prix ridiculement bas. À Paris, comptez en moyenne 5 euros tandis qu’à Moscou, vous n’aurez qu’à débourser en moyenne 1,35 euro

Les transports

Concernant les transports, les tarifs russes sont imbattables, les Parisiens vont sauter au plafond. Pour un réseau comprenant 12 lignes, le ticket de métro moscovite ne coute que 75 centimes à Moscou contre 1,90 € à Paris. Les étudiants peuvent s’en tirer avec 365 roubles par mois, soit 5 euros environ pour un abonnement mensuel contre 38 euros par mois à Paris.

La météo

La Russie, pays de la Sibérie est recouvert par la banquise, une grande partie de l’année. Il ne faut pas s’attendre à pouvoir sortir en short régulièrement, même si les étés peuvent être cléments à Moscou. En comparaison, les Moscovites connaissent 150 jours de gel par an contre 25 à Paris. Les étudiants étrangers ont donc intérêt à s’équiper pour affronter le froid durable des hivers russes. 

Camille Lorgnier

Partager