Dissertation ou épreuve composée ? Comment choisir ? Qu’est-ce qui peut tomber cette année ? Ce sont autant de questions qui méritent des réponses nettes, surtout quand le compte à rebours est lancé. Avec un coefficient 16, 4 heures de composition et 9 chapitres au programme, l’épreuve de SES n’est pas là pour rigoler. Bien comprise, elle peut pourtant figurer parmi tes meilleures notes. Diplomeo te détaille le format officiel, les changements récents du programme et les sujets déjà tombés pour que tu arrives prêt le jour J.
Une épreuve de 4 heures, avec 16 points en jeu
Il faut compter quatre heures en tout à consacrer à un seul des deux exercices proposés. Le coefficient 16 fait de cette épreuve l’une des plus structurantes du bac général. Pour rappel, les deux spécialités conservées en terminale représentent ensemble 32 points sur 100 dans ton calcul de note finale. Chaque point ici a du poids !
L’épreuve de SES propose une véritable liberté organisationnelle : tu reçois un sujet unique, tu choisis ton exercice et tu disposes des quatre heures en entier pour le traiter. Pas de répartition imposée ni de chronométrage par partie ici !
Dissertation ou épreuve composée : lis les deux avant de décider
À l’ouverture du sujet, tu te retrouves face à deux exercices distincts : une dissertation et une épreuve composée. Le ministère est on ne peut plus clair là-dessus : « le candidat traite au choix le sujet de dissertation ou l’épreuve composée » et doit l’indiquer sur sa copie. Un seul exercice est à remettre, donc.
L’erreur classique au moment du choix ? Se précipiter sur le premier sujet qui semble familier. Lire intégralement les deux énoncés avant de se lancer est un réflexe utile et qui ne te coûte que quelques minutes. La thématique de l’épreuve composée peut être plus favorable que le sujet de dissertation, ou inversement.
La dissertation de SES décryptée
La dissertation de SES fonctionne comme une dissertation classique, mais elle s’appuie sur un dossier documentaire de 3 à 4 documents (graphiques, tableaux de données, extraits d’enquêtes ou chronologies). Ces documents sont là pour illustrer et enrichir ton raisonnement, pas pour le remplacer. Citer un graphique sans l’exploiter, c’est passer à côté de l’exercice.
Ce que l’épreuve évalue, selon la note de service n° 2020-033 du 11 février 2020 (BO spécial n° 2, encore en vigueur) : construire une argumentation à partir d’une problématique que tu auras toi-même élaborée, mobiliser des connaissances pertinentes, rédiger avec le vocabulaire économique et social adapté, et organiser le tout autour d’un plan cohérent aux parties équilibrées. En clair : introduction avec problématique, deux ou trois parties structurées, conclusion. Rien d’inattendu sur la forme, mais tout se joue sur le fond.
L’épreuve composée en trois parties
L’épreuve composée (couramment abrégée EC) se découpe en trois parties progressives notées sur 20 points au total. Chaque partie évalue des compétences distinctes, ce qui en fait un exercice plus morcelé que la dissertation et parfois plus rassurant pour ceux qui préfèrent travailler par étapes.
La Partie 1, Mobilisation des connaissances (4 points) soumet une seule question, sans document, à traiter uniquement à partir de tes acquis de cours. Courte, mais structurée : elle attend une réponse argumentée avec des exemples précis, pas une liste de définitions.
La Partie 2, Étude d’un document (6 points) présente un document statistique (graphique, tableau, carte ou radar) et deux questions à traiter. La première est descriptive (lire et restituer les données), la seconde explicative (mobiliser tes connaissances pour aller au-delà du document).
La Partie 3, Raisonnement appuyé sur un dossier documentaire (10 points) est, de loin, la partie la plus lourde. Elle se rapproche de la dissertation dans sa forme : un dossier de 2 à 3 documents, un raisonnement développé avec introduction, développement et conclusion. C’est souvent elle qui fait la différence sur la note finale.
Depuis la session 2023, il n’existe plus qu’un seul sujet d’épreuve composée par journée d’examen. Avant cette date, deux sujets d’EC étaient proposés et tu pouvais en choisir un. Cette option a disparu. Aujourd’hui, un seul sujet d’EC t’attend, sur lequel les trois parties portent sur trois chapitres différents du programme.
Le programme de SES évaluable au bac 2026
Depuis la session 2025, le périmètre de l’épreuve de SES a été modifié. Une note de service du ministère, référencée MENE2416667N, parue au BO n° 35 du 19 septembre 2024, a supprimé 3 chapitres du programme évaluable et mis fin au système d’alternance paires/impaires qui existait depuis 2021. Ce que cela signifie concrètement : les 9 chapitres ci-dessous sont évaluables à chaque session, 2026 inclus :
Science économique
- Quels sont les sources et les défis de la croissance économique ?
- Quels sont les fondements du commerce international et de l’internationalisation de la production ?
- Comment lutter contre le chômage ?
- Quelles politiques économiques dans le cadre européen ?
Sociologie et science politique
- Comment est structurée la société française actuelle ?
- Quels sont les caractéristiques contemporaines et les facteurs de la mobilité sociale ?
- Quelles mutations du travail et de l’emploi ?
- Comment expliquer l’engagement politique dans les sociétés démocratiques ?
Regards croisés
- Quelle action publique pour l’environnement ?
Les trois chapitres retirés du périmètre de l’examen depuis 2025 (les crises financières, l’action de l’École et les conceptions de la justice sociale) continuent de figurer au programme officiel de terminale et doivent donc être connus. Ils ne peuvent en revanche plus faire l’objet de questions le jour du bac. Autant te concentrer sur les 9 qui comptent.
Si tu te demandes comment le programme était organisé avant 2025, une répartition par années paires et impaires s’appliquait. Ce système a été intégralement supprimé. Les annales de 2025, 2024 et 2023 restent toutes pertinentes pour s’entraîner, même si certains chapitres n’étaient pas évaluables certaines années avant 2025.
Le rattrapage de SES : ce qui t’attend à l’oral
Si ta moyenne générale au bac se situe entre 8 et 10, tu peux être convoqué aux épreuves de second groupe : le rattrapage. Pour la spécialité SES, il prend la forme d’un oral de 20 minutes, précédé de 30 minutes de préparation.
L’oral se déroule en deux parties distinctes. La première est une question principale notée sur 10 points, qui prend appui sur deux documents courts (un texte de 1 300 signes maximum et un document statistique de 65 données chiffrées au maximum). La deuxième réunit trois questions dites « simples », également notées sur 10 points au total : les deux premières portent sur des notions issues de deux champs différents du programme (3 points chacune), et la troisième, en lien avec l’un des documents remis, évalue ta maîtrise des outils quantitatifs (4 points). Tu disposes de 30 minutes de préparation pour répondre à l’ensemble.
L’épreuve porte sur le même périmètre de programme que l’épreuve écrite, c’est-à-dire les 9 chapitres évaluables. Pas de programme restreint ni de chapitre exclu pour le rattrapage.
Comment bien préparer l’épreuve de SES
Participer en cours, c’est le premier investissement. Les SES sont une matière où les notions se construisent par emboîtements successifs : la croissance appelle le commerce international, le commerce international appelle les politiques économiques, les politiques économiques renvoient à l’environnement institutionnel européen. Manquer un bloc, c’est parfois ne pas comprendre le suivant.
Les fiches de révision, structurées chapitre par chapitre, permettent de ne pas se noyer dans le volume de cours. L’enjeu n’est pas de tout mémoriser, mais de retrouver vite une définition, un mécanisme ou un auteur-clé : Marx, Bourdieu, Keynes, Tocqueville ou Schumpeter, selon les chapitres.
S’entraîner sur des annales en conditions réelles (4 heures, sans internet) reste le meilleur entraînement. Et ce, même à quelques jours de l’épreuve : une heure sur une Partie 1 et une Partie 2 d’EC calibre mieux qu’une relecture passive des cours. L’objectif n’est pas de tout repasser, mais de trouver ton rythme et de te souvenir que tu sais beaucoup plus que tu ne le crois.
Dernière piste, souvent négligée : les documentaires, podcasts et articles de fond sur des sujets liés au programme comme les inégalités en France, la mondialisation, l’engagement citoyen. Les SES sont l’une des rares spécialités où regarder Arte à 22 h peut franchement servir le jour J.





