APB : ce qu’en pensent (vraiment) les étudiants

par Anaïs Duval dans apb

En cette grise rentrée 2017, l’Étudiant a mené l’enquête auprès de 1736 étudiants pour connaitre leur avis sur la célèbre plateforme APB. Et les résultats parlent d’eux-mêmes : un tiers des sondés juge cet outil « injuste ». À la veille de la disparition annoncée du dispositif d’admission, zoom sur ces chiffres alarmants.

Crédit Diplomeo

31,35% : c’est le pourcentage d’étudiants qui pensent qu’APB pratique une politique injuste. Tandis que 3000 élèves ont entamé ce mois de septembre sans affectation aucune, l’Étudiant s’est plongé au cœur de l’affaire, auprès des principaux concernés. Alors, les étudiants sont-ils pour ou contre la « mise à mort » d’Admission Post Bac ?

APB : injustice et source d’angoisse pour 48,47% d’étudiants

Les chiffres sont clairs : 31,35% trouvent APB « injuste », et 17,12% sont angoissés par cet outil. Des proportions pourtant ambiguës quand on les rapporte au nombre de sondés ayant eu leur affectation dès la première phase : 75,91 %.

Bien que ce sondage ne permette pas de savoir si ces étudiants ont été acceptés dans leur premier vœu ou un autre moins bien placé, il laisse néanmoins transparaitre clairement le problème de la plateforme. Il y a pratiquement un an, une mise au point sur le fonctionnement de l’algorithme d’APB avait été effectuée. Pourtant, elle ne semble pas avoir ravi tous les esprits, car 17 % des sondés pensent que l’outil reste « opaque ». Enfin, 4 % pensent qu’APB est « équitable ».

Globalement, l’opinion des étudiants ne semble pas avoir beaucoup évolué comparé à 2016, comme en atteste cette vidéo réalisée l’an passé :

Alors, pour ou contre une modification d’APB ?

D'après les chiffres de ce sondage, une majorité d’étudiants est clairement déçue d’APB. Et cette révélation ne peut qu’appuyer la récente décision du ministère de l’Enseignement de bouleverser les codes établis. C’est pourquoi dans son enquête, l’Étudiant a également questionné les élèves sur l’idée des prérequis, évoquée par le gouvernement depuis quelques semaines.

Et si l’on dit que les Français sont réfractaires au changement, ce résultat ne semble pas compter les interrogés : 45,23 % d’étudiants se disent clairement en faveur de l’instauration des prérequis à l’entrée en licence.

Mais tandis que certains élèves estiment que ce changement est nécessaire pour alléger les effectifs à l’université, d’autres pensent que les lycéens au niveau « moyen » seront laissés sur le banc de touche si l’université devient sélective. Une conséquence intolérable pour les 17,52 % de "militants" de la fac pour tous.

La fin d’APB programmée pour 2018

Annoncée le 3 septembre par Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, la fin d’APB arrive à grands pas : elle est prévue pour 2018. Mais que faut-il comprendre par « fin » ? Si les propos de la ministre sont clairs (« La plate-forme APB, c’est terminé l’an prochain »), on a également entendu parler de « réforme », « rénovation » et « changement de nom ».

Alors, coup de com', ravalement de façade ou chantier gros oeuvre ? Afin d’éclaircir la polémique, voici quelques idées directement proposées par Frédérique Vidal, et par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation :

  • Supprimer le tirage au sort, et précisément dans les filières les plus demandées
  • Remplacer le tirage au sort par l’instauration de prérequis
  • Limiter le nombre de vœux possibles pour réduire les choix par défaut

Si l’on en croit ces propositions, l’objectif serait à terme d’éviter les erreurs d’affectation, comme cela est le cas cette année, avec la grande majorité de bacheliers pros et technologiques dépourvus d’admission.

Si dans le sondage, 5,68% des interrogés affirment avoir obtenu une admission grâce à la procédure complémentaire APB (qui se poursuit jusqu'au 25 septembre), plus de 3000 bacheliers n'entreront dans aucune formation à la rentrée, faute d'affectation.

Le début du remaniement de l’algorithme d’APB a d’ores et déjà été annoncé pour fin octobre, par le site Educpros. Affaire à suivre.

Au-delà du problème APB, une défaillance générale à l’entrée en études supérieures

L’enquête menée par le média étudiant révèle enfin que 47,83 % des étudiants ne se sentent pas préparés correctement à l’entrée dans l’enseignement supérieur. Certes, des progrès ont été faits quant à l’information des bacheliers sur les changements entre le lycée et les études sup'.

Mais les lycéens doivent quand même, en majeure partie, s’informer par eux-mêmes sur ce qui les attend. Quand certains (65 %) se rendent aux journées portes ouvertes, d’autres épluchent le site de leur futur établissement ou consultent un conseiller d’orientation.

 

Le niveau de stress évoqué par le sondage a diverses sources : quitter le domicile parental, changer radicalement d’emploi du temps, se retrouver seul dans un univers où l’autonomie prime...

Un plongeon dans l’inconnu, qui enthousiasme tout de même 37,67 % des étudiants questionnés. Plus de liberté (43 %), mais aussi plus de responsabilités pour 82 % des élèves sondés.

Un passage dans la vie étudiante en demi-teinte, mais qui on l’espère, se déroulera au mieux pour tous les néo-étudiants cette année !

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