Émilie, étudiante à l'ESSEC et coach ès-entretiens de personnalité

Diplomeo a rencontré Émilie, une étudiante ayant choisi d'intégrer le projet Yapuka, première plateforme de mise en relation entre jeunes et entraîneurs  élèves de grandes écoles, diplômés ou même professionnels des ressources humaines  pour une préparation personnalisés aux entretiens oraux. Le but ? Coacher au mieux les étudiants pour passer l'épreuve de l'entretien de personnalité, les entretiens d'embauche et autres oraux grâce à une technique bien définie dont Émilie nous parle avec passion. 

Peux-tu te présenter ?

Je m'appelle Émilie et je suis actuellement en deuxième année spécialisée dans le digital à l'ESSEC, après avoir effectué deux ans de classes préparatoires aux grandes écoles. Je suis très impliquée dans diverses associations de mon école : le bureau des élèves, ainsi qu'une association de comédie musicale et de théâtre.

Tu as toujours eu cette fibre de l'associatif ?

J'ai toujours adoré travailler en groupe et cela a toujours été important à mes yeux de travailler dans une logique d'équipe. Pour moi, on est plus efficace quand on n'est pas seul.

Comment a démarré l'aventure Yapuka pour toi ?

Un ami à moi y a fait un stage de six mois et m'en a parlé. Comme j'avais adoré passer mes entretiens de personnalité, je n'ai pas hésité. J'ai pris contact avec la plate-forme, et j'ai ensuite eu un rendez-vous pour une demi-journée de formation avec Sandra et Valérie, les fondatrices de Yapuka, dans leurs locaux, en compagnie de quelques autres personnes formateurs en devenir  des étudiants de divers cursus : écoles d'ingénieurs, Sciences Po… On nous ont parlé de la plate-forme et de la méthode Yapuka pour que l'on puisse l'appliquer après.

Sais-tu s'il existe des critères pour devenir entraîneur chez Yapuka ?

Je n'ai croisé que des personnes issues de grandes écoles chez Yapuka, mais je pense qu'ils recrutent également d'autres profils. Je sais que me concernant, ce qui a joué en ma faveur, c'est le fait que j'avais déjà donné des cours quand j'étais en classe prépa. Selon moi ce qu'il faut pour être tuteur, c'est avoir envie d'enseigner à des jeunes, avoir compris les rouages des entretiens.

Qu'est-ce qui t'a séduit dans la plateforme ?

C'est son format très particulier, rapide et efficace. En trois séances de 1h30, on comprend absolument tout ce qu'on attend de nous d'un entretien. C'est aussi le fait d'avoir un suivi personnalisé et non un cours avec une vingtaine d'autres personnes. Le tuteur connaît parfaitement son élève, et sait ce qu'il a à apporter en entretien, connaît la date de ses examens… C'est ce qui fait la différence : c'est un cours sur-mesure.

Peux-tu nous expliquer quelles sont ces trois étapes de la méthode Yapuka ?

Il s'agit de trois séances d'1h30. La première consiste à rencontrer l'élève, déterminer avec lui quelles sont ses forces et ses faiblesses. Certains les connaissant déjà, beaucoup ont l'impression de les connaître. En tant que tuteur, il faut faire comprendre à l'élève en face ce qu'il a de particulier, et comment il va réussir à le vendre en entretien.

La difficulté première c'est de poser les mots sur ce que l'on sait de soi, alors que c'est précisément ce que l'on nous demande en entretien. Les méthodes que l'on utilise dans cette première étape sont diverses : un portrait chinois etc. On nous donne un panel de possibilités parmi lesquelles nous, entraîneurs, pouvons choisir celle que l'on trouve la plus adaptée.

Lors de la deuxième étape, on entre dans le vif du sujet avec la méthodologie à proprement parler relative à l'entretien : comment résumer une expérience en quelques phrases, en étant synthétique mais pas trop concis, utiliser une bonne attitude et une bonne gestuelle…

La troisième séance est une simulation d'entretien avec l'entraîneur. L'élève doit nous vouvoyer et se mettre dans les mêmes conditions que lors de l'épreuve.

Peux-tu nous parler de tes propres expériences en entretien ?

Je passé les oraux de trois écoles de commerce après ma prépa : un à Lyon, un à Lille, et un à Cergy. J'ai été à chaque fois plutôt à l'aise, mon expérience en théâtre m'a permis de bien gérer le stress. Le jury n'était pas toujours bienveillant, il pouvait parfois "chercher la petite bête" mais c'est aussi ce qui m'a plu. Quand le jury essaie de nous mettre mal à l'aise, c'est là qu'il y a un challenge et que l'on peut renverser la situation.

La période des oraux a été la meilleure période de ma vie : j'adore la logique des entretiens de personnalité : c'est quand même le seul moment où on nous demande de parler de nous pour une épreuve ! Et j'ai adoré cette sensation en ressortant d'avoir donné le meilleur de soi-même.

Si tu devais identifier les plus grosses difficultés lors d'un oral ?

Le plus dur pour moi, c'est de ne pas être déboussolé si le jury pose une question qui sort du schéma et du texte répétés au mot près quand on s'est entraîné. Quand l'entretien ne suit pas la trame qu'on s'est imaginée au préalable. Le vrai challenge en entretien, c'est essayer de prévoir, voire inciter le jury à poser les questions que l'on attend : c'est d'ailleurs très plaisant quand on arrive à le faire. Pour l'anecdote, j'avais tellement travaillé les oraux de l'ESSEC que quand à l'EDHEC on m'a posé LA question "pourquoi vous ?", j'ai répondu "j'ai vraiment l'impression de partager les valeurs… de l'ESSEC". C'est le problème : on est tellement formaté que parfois on n'arrive pas à se sortir de ça. Et le fait de "trop bien" maîtriser son texte peut aussi pénaliser par manque de naturel.

Est-ce que tu as un truc à nous donner pour réussir ses oraux à coup sûr ?

Tout le monde cherche la recette magique : comment faire pour réussir en entretien ? On demande aux autres, on achète des bouquins de 400 pages qu'on ne lit pas… Il y a cette phrase de Sun Tzu dans L'Art de la guerre que j'aime bien et qui dit : "Connais ton ennemi et connais-toi toi-même ; eussiez-vous cent guerres à soutenir, cent fois vous serez victorieux" Si on se connaît bien et qu'on se fait confiance, personne ne pourra nous avoir en entretien de personnalité. Il faut réussir à prendre de la distance et se rendre compte qu'un entretien, avant d'être un entretien d'embauche, pour une école etc, est un échange entre deux personnes. À un oral, c'est le contexte qui peut faire perdre pied : il faut bien réaliser que c'est un être humain que l'on a en face de soi, avec une vie de famille et des sous-vêtements comme vous et moi ! Une personne normale qui cherche juste à vous connaître davantage. On a très peu de chance de rater un entretien quand on est sincère et qu'on sait ce qu'on vaut.

"On a très peu de chance de rater un entretien quand on est sincère et qu'on sait ce qu'on vaut."

Trouves-tu que l'on est assez préparé aux oraux dans les cursus scolaires ?

Tout dépend à quel niveau. En classe prépa, on est bien préparé car il est évident que tout le monde va passer des oraux à l'issue de la formation. Par contre, au niveau du bac, beaucoup de personnes vont s'apprêter à passer des entretiens sans avoir eu aucun entraînement. Mais tout dépend des établissements : dans certains, les oraux sont passés au second plan et on n'est préparé qu'aux écrits. C'est dommage.

Penses-tu poursuivre l'aventure avec Yapuka ?

Tout à fait. Ça a un côté pratique pour l'élève comme pour l'entraîneur. J'ai toujours considéré qu'enseigner aux autres, cela permettait d'être sûr de ses acquis à soi. C'est pour moi le meilleur moyen de bien assimiler ses propres connaissances. Et ça me motive au quotidien de voir des jeunes qui travaillent dur pour atteindre leurs objectifs. Et puis, la méthode Yapuka est utile pour les oraux des écoles mais aussi après : elle me servira et me sert déjà pour mes entretiens d'embauche !

Quels sont tes projets pour la suite ?

Je vais jouer dans une comédie musicale aux Folies Bergères avec mon association. En juillet 2018 je vais commencer un alternance dans le digital sur deux ans. Et après, j'aimerais partir pour un voyage d'environ six mois. J'ai commencé à apprendre l'hébreu, donc pourquoi pas en Israël. Côté pro, j'aimerais maîtriser toute une sphère du digital pour développer une expertise dans le domaine : après un stage en vente du digital, je vais faire mon alternance en conseil digital et j'aimerais après faire du marketing digital.