Comment réussir son entretien collectif ?

L’entretien collectif est une pratique courante dans certaines entreprises. Diplomeo vous donne tous les conseils faire bonne impression auprès des recruteurs.

entretien collectif
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Certains entretiens font plus peur que les autres. L’entretien collectif en fait partie. De plus en plus d’entreprises y ont recours en France.

L’objectif ? Vous mettre en situation pour observer votre comportement, vos réactions et la position que vous adopterez par rapport aux autres candidats.

Comment se déroule un entretien collectif ?

Mais que signifie « entretien collectif » ? En quoi consiste ce mode de recrutement ? À quoi allez-vous être confronté lors de cet entretien ? Ce sont les premières questions que vous devez vous poser ! Car en sachant ce qui vous attend, vous pourrez vous y préparer de la meilleure des manières.

Déjà, il est important de savoir que toutes les entreprises ne font pas passer ce type d’entretiens. « Seuls certains cabinets de conseils et certaines grandes entreprises utilisent ce mode de recrutement », précise Marine Parmentier, responsable entreprises et carrière chez Toulouse Business School (TBS). « Souvent les grosses entreprises avec des ressources humaines très structurées organisent des demi-journées de recrutement, confirme Marielle Lassarat, responsable parcours carrière de l’EM Normandie. En général, il y a un entretien individuel pour tous les candidats, et un entretien collectif », ajoute-t-elle.

« Ils vont être jugés sur leur capacité à travailler ensemble »

Le déroulement des entretiens collectifs peut varier, en fonction des entreprises. « La plupart du temps, chacun commence par se présenter », introduit Marielle Lassarat. Une présentation d’une minute, voire moins, où il faut arriver à marquer des points. « Il faut bien préparer son pitch en amont pour pouvoir être bref tout en laissant une bonne première impression », précise-t-elle.

Puis, les candidats doivent travailler sur un projet choisi par l’entreprise. « Généralement, les recruteurs les lancent sur une thématique, détaille Marine Parmentier. Ils travaillent en mode projet, débattent. Le sujet est souvent basé sur un cas qui correspond au poste à pourvoir », poursuit-elle.

« Les candidats doivent essayer, ensemble, de trouver une solution à un problème donné. Ils doivent réfléchir, débattre et aller jusqu’au plan d’action. Ils vont être jugés sur leur capacité à travailler ensemble », ajoute Marielle Lassarat.

Que regardent les recruteurs lors de ce type d’entretien ?

Lors des entretiens collectifs, les recruteurs ne vous poseront pas de questions comme cela peut être le cas lors d’un entretien individuel. « Cela peut durer jusqu’à une demi-heure, décrit Marielle Lassarat. La plupart du temps, le groupe sera observé par deux personnes qui interviendront très peu. Ces deux personnes seront là pour observer le comportement des différents candidats, pour voir les personnalités qui se démarquent », ajoute-t-elle.

« Il faut rester soi-même, ne pas jouer un rôle »

Au cours de cette « épreuve », les recruteurs vont suivre les différents débats entre les candidats. Ils vont observer les positions prises par chacun d’entre eux. « Il est important de bien identifier en amont les compétences requises sur le poste recherché, conseille Marielle Lassarat. En ayant ça en tête le jour de l’entretien, ils connaîtront à peu près la grille d’évaluation du recruteur », précise-t-elle.

Quelle attitude adopter ?

Il existe plusieurs typologies de comportements lors des entretiens collectifs, selon Manuelle Malot, directeur Carrières et Prospective à l’EDHEC :

  • le « gouverneur », qui veut prendre le lead et répartir les rôles
  • l’« expert », qui prend la parole pour poser ses arguments, mais n’aime guère entendre de contradictions
  • le « silencieux », qui par timidité ou désintérêt ne prend presque pas la parole
  • le « profiteur », qui arrive à faire la synthèse en résumant les débats et en reformulant les propos des autres candidats
  • le « sage », qui se sert de son expérience pour apporter un témoignage éclairant au débat.

Alors, quelle posture adopter ? Faut-il impérativement prendre le lead, montrer que l’on sait diriger une équipe ? « Le premier conseil est de rester naturel, expose Marine Parmentier. Tout le monde n’a pas des compétences de leader, chacun à son tempérament. D’ailleurs, un chef de projet n’a pas forcément un tempérament très fort, mais doit être quelqu’un qui arrivera a emmener les gens avec lui », poursuit-elle.

« On a peu de temps pour convaincre, reprend la responsable entreprises et carrière de TBS. Il faut rester soi-même, ne pas jouer un rôle qui de toute façon nous fera défaut, donner le meilleur de soi pour essayer de convaincre le jury. »

« Prendre le lead n'est pas le plus important »

Un avis partagé par Marielle Lassarat. « Prendre le lead n’est pas le plus important, exprime-t-elle. Il faut être à l’écoute de tout le monde, de tout ce qui est en train de se passer. Le “grand chef” qui intervient tout le temps, le “pseudo-expert” qui va tout savoir, ceux-là vont être défavorisés. Celui qui est silencieux, à l’écoute, mais qui à la fin va tout reformuler et montrer qu’il a suivi la totalité des débats et pris en compte tous les avis, marquera des points », ajoute-t-elle.

Les recruteurs ne cherchent pas des extravertis ni des « petits-chefs », ils cherchent des personnes à l’écoute qui peuvent « exploiter les qualités des uns et des autres et qui ont l’esprit de synthèse », précise la responsable parcours carrière de l’EM Normandie.

Les pièges à éviter ?

En résumé, quels sont les pièges à éviter pour ne pas paraître « trop » ou « pas assez » impliqué dans l’entretien ? Comment ne pas faire mauvaise impression auprès des recruteurs ? Comment parvenir à faire la moyenne entre le leader égocentrique et le personnage effacé ?

Pour Marine Parmentier, il faut à tout prix éviter de « prendre la parole dès le début et de vouloir monopoliser la conversation ». Mais à l’inverse, « il ne faut pas être effacé, et surtout, ne pas oublier de se placer au bon moment ».

« Le gros risque, c’est que le groupe parte dans tous les sens »

« Le gros risque lors d’un entretien collectif, c’est que le groupe parte dans tous les sens, expose Marielle Lassarat. Si c’est le cas, il faut recadrer, ne pas s’égarer, réorienter la discussion », précise-t-elle.

En cas de conflit, mieux vaut être celui qui calme le jeu. « Il ne faut pas écraser les autres, reprend Marielle Lassarat. Si quelqu’un vous agresse, il faut savoir lui répondre avec tact et courtoisie. »

Et de conclure : « Celui qui est agressif, celui qui parle tout le temps, celui qui ne construit pas ces argumentations, celui qui réfléchit tout haut, celui qui coupe la parole, celui qui ne rebondit jamais sur ce que les autres disent, celui qui dénigre les propositions des autres, celui qui émet des critiques non constructives, celui qui n’est pas capable d’encourager les plus discrets, celui qui ne pense qu’à se valoriser : celui-là n’a aucune chance de réussir un entretien collectif ».

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