Caméra à l'épaule sur un tournage, casque sur les oreilles dans une régie son, écran de montage saturé de rushes : pendant deux ans, tu as plongé dans la mécanique fine de l'audiovisuel et de ses 5 options. Le BTS Métiers de l'audiovisuel se termine bientôt, et le grand saut approche.
Reste une question, et pas la plus simple : tu te lances direct dans l'intermittence, avec un premier contrat de technicien à décrocher sur un tournage ou en post-prod ? Ou tu rallonges tes études d'un ou deux ans pour viser une licence pro, une école privée d'audiovisuel ou un concours prestigieux comme la FEMIS ? Diplomeo te présente tous les chemins qui s'ouvrent à la sortie de ton BTS Audiovisuel.
Continue tes études après un BTS Audiovisuel
Si le BTS Métiers de l'audiovisuel est un diplôme à vocation professionnalisante, nombreux sont les étudiants qui choisissent une poursuite d'études après leurs deux ans de formation. Avec un bon dossier ou une mention à l'examen, plusieurs portes s'ouvrent pour viser un bac+3, un bac+5, voire les écoles les plus réputées du secteur, en fonction de tes appétences et de ton projet professionnel.
Se spécialiser en un an avec la licence pro
C'est la suite la plus logique pour les diplômés qui veulent rester opérationnels et entrer dans la vie active rapidement. La licence professionnelle dure un an, valide un bac+3 et se prépare souvent en alternance, ce qui te permet d'enchaîner directement avec une expérience professionnelle rémunérée.
Plusieurs spécialisations existent :
- Licence pro mention techniques du son et de l'image : la plus directe pour les options Image, Son ou Montage. Au programme : prise de vues, prise de son, montage, postproduction et habillage.
- Licence pro mention gestion de projets et structures artistiques et culturels : taillée pour les diplômés en Gestion de production, avec un focus management de projets culturels, droit, financement et coordination d'équipe.
- Licence pro mention métiers du numérique: conception, rédaction et réalisation web: pour les profils qui veulent bifurquer vers le web et le multimédia, avec un mix de production de contenus, écriture pour le numérique et réalisation web.
L'admission en licence pro demande un dossier de candidature et entretien de motivation. Selon les établissements, tu devras passer un test de culture générale audiovisuelle, un entretien devant un jury ou un dossier artistique pour évaluer tes projets perso (courts-métrages, captations, montages…). Le BTS métiers de l'audiovisuel étant déjà très professionnalisant, les recruteurs valorisent surtout la cohérence de ton parcours et ton projet pro.
Vise une licence Cinéma et Audiovisuel à la fac
L'université accueille les diplômés du BTS en troisième année de licence mention Cinéma et Audiovisuel, parfois en deuxième année selon les facultés. C'est le bon plan si tu veux pousser tes études jusqu'au master pour devenir critique, scénariste ou enseignant en cinéma.
Le contenu change radicalement par rapport au BTS : moins de plateaux, mais plus de cours théoriques et d'ampithéâtres. En cours magistral, tu décortiques les œuvres de Truffaut, Lynch ou Varda, tu travailles l'analyse filmique, l'histoire du cinéma (coucou la Nouvelle Vague), l'esthétique et l'économie de l'audiovisuel. Une bonne culture ciné de base aide forcément, donc si tu n'as jamais ouvert Les Cahiers du Cinéma, c'est le moment de t'y mettre.
Une fois ta licence validée, tu as accès à une cinquantaine de masters universitaires spécialisés (scénario, production, études cinématographiques, recherche…) via la plateforme Mon Master.
Dirige-toi vers un bachelor en école privée d'audiovisuel
Si tu veux rester dans un cadre professionnalisant tout en visant un bac+3, les écoles privées spécialisées sont une vraie option. Elles forment aux métiers de l'image, du son ou de la production avec une approche très axée pratique : tournages, projets perso, courts-métrages, captations live (ambiance plateau plutôt qu'amphi).
Plusieurs écoles préparent à ces bachelors en France, parmi lesquelles l'ESRA (École supérieure de réalisation audiovisuelle), 3iS (Institut international de l'image et du son), le CLCF (Conservatoire libre du cinéma français), l'EICAR ou encore le Cifacom à Montreuil. Beaucoup proposent l'alternance dès la troisième année, ce qui permet de financer la scolarité par ton entreprise et de toucher un salaire d'apprenti pendant la formation.
À noter que les frais de scolarité montent vite quand tu n'es pas en alternance, parfois plus de 8 000 € l'année selon les écoles. Pense à comparer plusieurs établissements, à vérifier les reconnaissances de l'État (titre RNCP, visa) et à pousser la porte des journées portes ouvertes pour te faire ton propre avis.
Décroche une place dans une grande école d'audiovisuel
Pour les diplômés qui visent l'excellence, plusieurs écoles publiques prestigieuses recrutent sur concours après ton bac+2. La FEMIS, l'ENS Louis-Lumière, l'ENSATT à Lyon ou l'INA Sup sont les références du secteur pour se former à la réalisation, au scénario, à l'image, au montage, au son ou à la production. Ces établissements préparent les futurs grands noms du cinéma français, et leurs diplômés se retrouvent sur les plus grosses productions hexagonales. La FEMIS a notamment formé de grands réalisateurs comme Céline Sciamma, Christophe Honoré ou François Ozon.
Néanmoins, les taux d'admissions sont très sélectifs. Au concours général 2025 de la FEMIS, seulement 39 candidats ont été admis sur les 1 110 ayant passé le premier tour, soit un taux d'admission de 3,5%. La sélection s'étale sur plusieurs jours et combine analyse filmique, dossier d'enquête personnelle, épreuves spécifiques au département choisi (réalisation, image, son…) et entretien oral devant un jury de professionnels.
Pour mettre toutes les chances de ton côté, il faut commencer ta préparation dès la deuxième année de BTS, avec une vraie culture cinématographique, des projets perso aboutis (courts-métrages, captations, documentaires) et un dossier qui sort du lot. Une mention à l'examen reste un plus, mais ce qui fait vraiment la différence, c'est la singularité de ton regard et ta capacité à raconter une histoire.
Les débouchés métiers après un BTS Audiovisuel
Le BTS Métiers de l'audiovisuel reste avant tout un diplôme professionnalisant : beaucoup des diplômés rejoint directement les plateaux de tournage, les studios de post-prod ou les régies des chaînes de télévision.
Selon l'option choisie pendant tes deux ans, tes premières missions ne ressembleront pas à celles de tes camarades. Voici un tour d'horizon des métiers accessibles option par option, avec les structures qui recrutent et les postes les plus représentés en sortie de BTS.
- Multiplie les stages dès la première année : le réseau dans l'audiovisuel se construit sur les plateaux, pas sur LinkedIn.
- Garde tes contacts au chaud : les régisseurs, les chargés de prod et les techniciens que tu croises te recontacteront pour leurs prochains projets si tu as bossé sérieusement.
- Sois polyvalent au démarrage : un opérateur prise de vues qui sait aussi monter ou prendre du son décroche plus de contrats qu'un profil ultra-spécialisé.
- Inscris-toi sur les plateformes pros comme Profilmgo ou Talents Catalogue, et pense aux groupes Facebook spécialisés où circulent les annonces de tournages.
- Prépare ton showreel dès la fin du BTS : un montage de 1 à 2 minutes des projets les plus solides que tu as réalisés en stage ou en cours.
Métiers de l'image : opérateur prise de vues, cadreur
Tu as choisi l'option qui te place derrière la caméra. Tes premières missions se feront en tant qu'opérateur de prise de vues ou assistant cadreur, sur des tournages de films, séries, documentaires, publicités ou émissions de télévision.
Tes missions ? Préparer le matériel, régler la lumière, gérer les angles de prise de vue selon les indications du réalisateur ou du chef opérateur. Avec quelques années d'expérience, tu peux évoluer vers un poste de cadreur autonome puis viser le métier de directeur de la photographie sur les grosses productions, après une formation complémentaire ou des années sur le terrain.
Métiers du son : opérateur prise de son, mixeur, perchman
Casque vissé sur les oreilles et perche en main, l'option Son t'envoie sur les tournages, dans les studios d'enregistrement ou en régie de spectacle. Tu démarreras probablement comme perchman (celui qui tient la perche au-dessus des comédiens), opérateur de prise de son ou assistant son, avant d'évoluer vers des postes de mixeur, monteur son ou sound designer. Les débouchés couvrent autant le cinéma et la télévision que le spectacle vivant, la radio ou les studios d'enregistrement musical. Avec de l'expérience et un bon réseau, le poste de chef opérateur son ou ingénieur du son devient accessible.
Montage et postproduction : monteur, monteur truquiste
Les yeux rivés sur ton écran, des heures de rushes à dérusher et un scénario à respecter : le quotidien du monteur se joue principalement en post-production, après le tournage. En sortie de BTS, tu démarres généralement comme assistant monteur sur des projets de fiction, documentaires, clips, publicités ou contenus pour le web.
vec l'expérience, tu peux viser le poste de chef monteur ou te spécialiser comme monteur truquiste (effets spéciaux, compositing). Le secteur recrute aussi de plus en plus du côté des influenceurs et des créateurs de contenu YouTube ou sur les réseaux sociaux, des agences de communications et des marques qui internalisent leurs équipes vidéo, ce qui ouvre pas mal de portes en dehors du cinéma traditionnel.
Gestion de production : assistant de production, régisseur
L'option la moins technique du BTS forme les chevilles ouvrières de toute production audiovisuelle. Tu démarreras comme assistant de production ou régisseur, avec un quotidien partagé entre suivi administratif (factures, contrats, plannings), gestion logistique (transport, hébergement, repas, location de matos) et coordination des équipes sur le terrain.
Les sociétés de production, les chaînes de télévision et les prestataires événementiels recrutent en continu pour ces postes. Avec l'expérience, le métier de chargé de production puis de directeur de production devient accessible, avec des responsabilités élargies sur la gestion budgétaire et le pilotage de projets entiers.
Techniques d'ingénierie : technicien d'ingénierie audiovisuel
Après un BTS option techniques d'ingénierie, tu démarres comme technicien d'ingénierie audiovisuel ou technicien de studio, avec pour mission d'installer, paramétrer, exploiter et maintenir tous les équipements techniques d'une production : caméras, mélangeurs vidéo, régies de captation, systèmes de diffusion, infrastructures réseaux.
Les recruteurs privilégiés sont les chaînes de télévision, les sociétés de prestation technique, les distributeurs de matériel pro ou les studios d'enregistrement. Le profil est rare (seulement 19 établissements proposent cette option en France), donc plutôt recherché. Avec l'expérience, tu évolues vers des postes de coordinateur technique, chef d'équipements ou responsable maintenance dans les grosses structures.






