Reconnaissance du diplôme, encadrement des stages et précarité. Voilà les trois principaux problèmes que rencontrent les étudiants infirmiers. Pour faire entendre leur voix, ils s’associent au mouvement contestataire des professionnels des soins infirmiers.
L’une des principales revendications : la reconnaissance du grade master
Malgré une mobilisation qui devrait être moins importante que celle du 8 novembre 2016, les infirmières et infirmiers seront dans la rue ce mardi 24 janvier 2017. Leurs griefs sont malheureusement nombreux : suicides de collègues, mépris des autorités, restrictions économiques, conditions de travail toujours plus dégradées, etc. À cela s’ajoute des problèmes concernant les futurs infirmiers, notamment la non-reconnaissance du grade master. En effet, les étudiants qui, en plus d’avoir suivi les trois années en IFSI, et donc d’avoir obtenu un diplôme d’État de niveau licence, ont choisi de poursuivre leurs études pour se spécialiser, ne voient pas leur grade master (bac+5) reconnu. C’est le cas pour les infirmiers et infirmières de bloc opératoire, anesthésistes ou puéricultrices. Par voie de fait, leur rémunération une fois diplômé n’est pas cohérente avec d’autres professions de santé bac+5.
Autre problème, les étudiants qui souhaitent se réorienter ne peuvent inscrire qu’un bac+3 sur leur CV, alors qu’ils ont suivi 4 ou 5 années d’études de santé.
Des avancées sur les indemnisations de stage en novembre 2016, mais trop faibles…
Il faut noter qu’en novembre dernier, les étudiants et étudiantes en soins infirmiers avaient obtenu de belles satisfactions, notamment autour des bourses et des indemnités de stages. En effet, ils auront désormais le droit aux mêmes montants de bourses CROUS que les autres étudiants et ont vu leurs indemnisations de stage revalorisées de 25 %. Pourtant, les montants ne sont pas mirobolants… : de 28 euros par semaine pour un étudiant de première année à 50 euros pour une personne en dernière année. Marine, étudiante en IFSI vient de terminer son stage de deuxième année dans un service de néphrologie. « J’aurais dû toucher 180 euros, pour 6 semaines de stage. Étant donné que Pôle emploi m’aide à financer ma formation, l'organisme se sert sur mes indemnités. Il me reste 150 euros », calcule-t-elle. L’an dernier, pour 5 semaines de stage, elle a touché 93 euros.
Des chiffres qui creusent la précarité de ces étudiants, et qui font émerger une question : pourquoi sont-ils bien moins payés qu’un stagiaire d’un autre secteur, alors que leur métier est parfois difficile et qu’ils ont et auront notre santé entre les mains ? Marine n’a pas la réponse. « Ce ne sont que des stages courts, c’est peut-être pour ça. Quoique j’ai bientôt un stage de 10 semaines », remarque-t-elle sur son calendrier…
Pas le temps de s’occuper des étudiants
Autre problème soulevé par les associations d’étudiants infirmiers et le syndicat UNEF : l’encadrement des stages. Les conditions de travail des infirmiers et infirmières en poste influent sur cet accompagnement. Dans son communiqué, l’UNEF revendique un aménagement des emplois du temps des tuteurs et tutrices de stage, pour qu’ils aient le temps d’encadrer et d’accompagner les jeunes en stage dans leur service.
Marine confirme : « Ça dépend des services. Là, j’étais dans une petite unité où mes collègues arrivaient parfois à trouver du temps. Mais d’une manière générale, on sent tous que les conditions de travail des infirmiers influent énormément sur notre formation en stage. Ils n’ont pas le temps de s’occuper de nous ».
Ce mardi, Marine sera à la mobilisation organisée dans sa ville. Comme de nombreux étudiants infirmiers, elle s'associe aujourd'hui à ses collègues en poste pour mettre en lumière les problèmes de leur profession.