Insertion des diplômés des grandes écoles : des chiffres en forte hausse !

par Anaïs Duval

Mardi 13 juin se tenait la conférence de presse sur la publication de l’enquête Insertion 2017 au siège de la Conférence des grandes écoles (CGE). Et cette année, tous les témoins sont au vert !

jeunes diplômés courant vers l'avenir
La course des diplômés vers l'emploi !

Dans les locaux de la CGE au 11 rue Carrier-Belleuse à Paris, étaient réunis ce matin de grands noms de l’éducation. Parmi eux, Peter Todd, directeur général de HEC Paris et Anne-Lucie Wack, Présidente de la CGE (Conférence des grandes écoles).

Et pour cause, avait lieu la 25e édition des résultats de l’insertion professionnelle des diplômés des grandes écoles. Fortement attendue chaque année, cette conférence se base depuis 10 ans sur une enquête annuelle réalisée par l’INSEA, école nationale de statistique et d’analyse de l’information. 175 écoles de la CGE sur 184 ont répondu à l’enquête : 76 952 réponses d’étudiants ont été recueillies.

Diplomeo était présent à l’événement, et fait le point pour vous sur les chiffres de cette année.

Un bilan positif à tous niveaux

Peter Todd, qui préside cette conférence, qualifie les résultats obtenus de « meilleurs taux d’insertion depuis la crise financière en France ».

La réunion s’ouvre sur un chiffre significatif : l’insertion professionnelle en 2017 des jeunes diplômés des grandes écoles. Selon l’étude, 86,5 % d’entre eux décrochent un poste en moins de 6 mois après obtention de leur diplôme. C’est donc une hausse enregistrée à + 3,4 points par rapport à 2016. L’emploi est « une des forces des grandes écoles » ajoute Peter Todd.

La plupart de ces postes se trouvent en TPE/PME (39,8 %) et la majorité sont des CDI (79 % contre 77 % en 2016).

Les salaires sont également plus élevés que l’année passée : avec primes, en France, les chiffres montent à 37 998 € par an. Un écart est à noter : les diplômés managers* perçoivent, selon l’étude, plus de primes que les diplômés ingénieurs (respectivement 40 269 € et 37 089 €). Sans prime, ces chiffres ne présentent que peu de différence : 33 353 € pour les ingénieurs et 34 436 € pour les managers.

En règle générale en 2017, le salaire hors primes des diplômés grandes écoles tournent aux alentours de 33 625 € annuels. Des résultats dont se satisfait Anne Lucie Wack, qui les qualifie de « chiffres extrêmement positifs ».

L’apprentissage n’est pas en reste

En effet, 15 % des diplômés des grandes écoles ont effectué leur parcours en apprentissage, et 89,5 % d’entre eux ont trouvé un poste dans les 6 mois suite à l’obtention de leur diplôme.

Un taux d’insertion professionnelle très élevé (et supérieur à celui de l’ensemble des diplômés Grandes écoles), qui prouve que l’alternance est une passerelle efficace vers le marché de l’emploi. Si ces chiffres sont « encourageants », Anne Lucie Wack déclare vouloir « atteindre 25 % de diplômés » par la voie de l’apprentissage pour les années à venir.

1 étudiant sur 3 est embauché dans son entreprise d’accueil : cela représente 6 % des canaux d’accès à l’emploi.

Les autres moyens cités dans l’enquête pour trouver un poste sont les réseaux sociaux professionnels (5,1 %, +1,5 point depuis 2016), les sites internet spécialisés (12,8 %) et les stages de fin d’études (28,1 %).

Les secteurs d’activité les plus prisés par les diplômés de Grandes écoles

Pour les managers, la finance arrive en tête au niveau des secteurs d’activité professionnelle : 18 % des diplômés y trouvent un emploi, en tant que commercial, chargé d’études ou responsable marketing. Viennent ensuite les sociétés de conseil (17 %) et le commerce (10 %).

Les ingénieurs eux, se tournent majoritairement vers les sociétés de conseil (17 %), dans les services de R&D (recherche et développement), d’étude, et de production-exploitation.

Certains n’entrent pas tout de suite dans la vie active : une fois diplômés, managers et ingénieurs poursuivent leur scolarité. Selon Peter Todd, parmi les cursus supérieurs que choisissent les étudiants, c’est « la formation mastère spécialisé de la CGE qui a le vent en poupe ».

Enfin, 3 % des diplômés créent leur entreprise, alors même qu’ils sont encore étudiants en grande école ou juste après leur diplôme. C’est notamment « le cas pour les étudiants en Executive MBA », selon ce qu’a pu constater Peter Todd à HEC Paris. Ces diplômés entrepreneurs sont majoritairement managers (3,8 %, contre 2,3 % d’ingénieurs).

Si ce chiffre enregistre une légère baisse par rapport à 2016 (-1,1 point), c’est parce qu’il est « plus facile de trouver un poste de salarié dans le contexte actuel » justifie le directeur général de la Haute École de Commerce de Paris. 

Le talent reste en France

L’ouverture à l’étranger est une question de plus en plus importante pour les grandes écoles, qui tendent à s’internationaliser.

C’est d’ailleurs ce que prouve ce chiffre : 12,2 % des diplômés ayant répondu à l’enquête sur l’insertion sont des étrangers qui proviennent notamment du Maroc et de Chine. 66,2 % d’entre eux travaillent à présent en France.

Mais qu’en est-il des Français, justement ? Après leur diplôme de GE, 84,8 % d’entre eux restent travailler en France, ce qui est supérieur aux chiffres de l’année passée : en 2016, ils étaient 83,4 %.

Parmi les 15,2 % de diplômés français qui s’envolent vers l’étranger, 52,3 % choisissent de travailler en Allemagne, au Royaume-Uni, en Chine et en Suisse.

Les disparités femmes-hommes subsistent

Seul point noir au tableau : les écarts qui persistent entre femmes et hommes.

Si les diplômés masculins d’une GE gagnent environ 34 377 € annuels, leurs homologues féminins perçoivent 1948 € de moins, ce qui porte leur salaire à 32 429 € par an.

Au niveau du type de contrat qu’obtiennent les diplômés à la sortie d’une grande école, seulement 72,5 % de femmes trouvent un CDI, contre 83,4 % d’hommes.

Enfin, 89,9 % des hommes exercent une profession d’encadrement, pour 77,9 % de femmes cadres.

Si une amélioration est à noter par rapport aux années précédentes, Peter Todd déclare « qu’il reste encore des progrès à faire » pour la parité hommes-femmes.

*Au cours de cette enquête, les diplômés en management et en ingénierie sont fortement cités : selon Anne Lucie Wack, « ce sont les deux profils les plus représentatifs des étudiants en grandes écoles ».

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